Le hockey subaquatique est né en août 1954, au "Southsea Sub-aqua Club", dans le Sud de l'Angleterre. Son
créateur s'appelle Alan BLAKE.
Son apparition et sa pratique aux Etats-Unis
La discipline a été "réinventée" aux Etats-Unis, en 1960, dans la région de Chicago. Le
jeu créé par un certain Bill NEIL reposait sur l'utilisation de crosses de hockey sur glace raccourcies, tenues
à deux mains, contrairement au jeu anglais qui s'appuyait sur des crosses spécifiques, plus courtes, et tenues d'une seule
main. Cette dernière formule s'est d’ailleurs progressivement imposée aux Etats-Unis et au Canada dans les années
soixante-dix, probablement du fait d'une influence anglaise.
Son apparition et sa pratique en Afrique du Sud
Intéressés par un article décrivant cette nouvelle activité publié dans la revue américaine
"Skindiver" en octobre 1961, des chasseurs sous-marins de Durban en mal d’entraînement hivernal ont commencé
à jouer au hockey subaquatique en 1962. Deux plus tard, ils organisaient le premier Championnat national sud-africain dans
la forme de jeu inventée par Bill NEIL. Situés dans la zone d’influence sud-africaine, le Zimbabwe et la Namibie se sont mis
au hockey subaquatique à la fin des années soixante-dix (premier contact en 1974 en Rhodésie). L'Afrique du Sud est
membre fondateur avec l'Angleterre de la commission des jeux de la CMAS (1977).
Son apparition et sa pratique en Australie
L'Australie pratique également le hockey subaquatique depuis le milieu des années soixante. La discipline a
été importée en 1963/64 par des immigrants anglais, et s'est développée assez rapidement,
principalement dans le Sud-Ouest du Continent. Le premier Championnat national australien s'est déroulé en 1965, dans le
style de jeu anglais également appelé "octopush" (jeu de mots s'appuyant sur le fait que jusqu'en 1984, une
équipe était composée de huit joueurs).
Son apparition et sa pratique en Nouvelle-Zélande
En Nouvelle-Zélande, les toutes premières traces de pratique remontent au début de 1963, mais le hockey ne
s'est véritablement développé qu'à partir de 1975. En 1977, un sud-africain, Malcom Mac DONALD, a introduit le
style de jeu pratiqué en Afrique du Sud reposant sur l'utilisation d'une crosse "longue". Mais les contacts avec les Australiens
ont poussé définitivement les Néo-zélandais dans le camp du style de jeu anglais en 1980.
Son apparition et sa pratique en France
C'est en 1967, à Montauban, que l'on a joué au hockey subaquatique pour la première fois. Sous
l'impulsion de Roger CHATELAIN, les plongeurs et chasseurs montalbanais se sont mis à pratiquer un jeu ressemblant
beaucoup à la discipline lancée à Chicago en 1960, et reprise à Durban quelques années plus tard.
En 1973, sans avoir connaissance de ce qui se faisait à Montauban, Roger RENAULT a également
démarré une activité hockey au sein du Club Sous-Marin du Nord. L'initiative lui est venue après avoir
assisté à une compétition en Hollande où des clubs anglais et hollandais s’affrontaient dans la forme
de jeu anglaise.
Le Lille Université Club a démarré peu après, pratiquant quelque temps sur la base du
règlement sud-africain (75/77), avant de revenir à la crosse "courte" en 1978 afin de participer à la
première Coupe d'Europe des Clubs qui s'est tenue à Charleroi au début de l'année 1979. Les Montalbanais
se sont également ralliés au style anglais en 1981, afin de participer aux premiers Championnats de France
organisés à Reims en 1982, championnats qui marquent le véritable début de la discipline dans
notre pays.
Son apparition et sa pratique en Hollande
Le hockey subaquatique s'est implanté en Hollande en 1971, après que le club des "Barracudas" de La Haye ait
participé à une compétition en Angleterre. Le premier championnat de Hollande a été organisé
en 1973. Le jeu d'Alan BLAKE a supplanté le rugby sous-marin qui a connu un début de pratique au Pays-Bas en 1972.
Son apparition et sa pratique en Belgique
La Belgique a suivi le mouvement en intégrant quelques équipes dans le championnat hollandais peu de temps après
(77/78).
EVOLUTION DU JEU
Crosse "longue" vs crosse "courte"
Trente ans ont été nécessaires pour trancher entre les tenants de la crosse "longue", conduits par l'Afrique du Sud,
et ceux qui, réunis derrière la Grande-Bretagne, ont voulu faire du hockey subaquatique une discipline réellement
originale. C'est en effet après les championnats du Monde de Chicago en 1984, que les Sud-africains, venus en observateurs
aux Etats-Unis et derniers à utiliser les crosses longues, se sont ralliés au jeu d'Alan BLAKE. Il est vrai que la partie
était perdue depuis les premiers championnats du Monde de Vancouver en 1980, suivis par ceux de Brisbane en 1982, tous deux
organisés sur la base d'un texte réglementant le jeu anglais. Le règlement officiel C.M.A.S publié dans la
foulée du Mondial de Chicago, est venu consacrer définitivement cet usage.
Avantages de l'utilisation de la crosse "courte"
Il convient de souligner ici l'importance de cette "victoire" du style anglais pour le développement de la technique individuelle,
ainsi que pour l'agrément du jeu. En effet, le maniement de la crosse "longue" (environ 60 cm) était beaucoup moins
aisé que celui de la crosse "courte" (30 cm), d'autant que les deux mains du joueur devaient rester constamment en contact avec
le manche de la crosse. Surtout, la crosse courte a permis la réalisation de tirs puissants qui sont à la base du
développement d'un jeu collectif aéré et rapide.
Le jeu dans sa forme actuelle
Au niveau international, le hockey subaquatique de compétition se pratique dans un bassin de 25m x 15m, avec une profondeur
constante de 2 mètres environ. Les rencontres opposent deux équipes de 10 joueurs (6 dans l'eau et 4
remplaçants pouvant intervenir à tout moment), durant deux périodes de 15 minutes.
Le jeu consiste à placer, en le faisant circuler de joueur en joueur, un palet de 8 cm de diamètre et de
1,3 kg dans un but, long de 3 mètres, posé au fond à chaque extrémité du bassin.
Equipement individuel
Les joueurs qui évoluent sous l'eau en apnée sont équipés d'un masque, d'un tuba et de palmes, ainsi que
d'une crosse de 30 centimètres de long environ, tenue d'une seule main. Le hockey pouvant être classé
parmi les sports de contact, les joueurs utilisent un gant pour protéger leur main, et un bonnet afin d'éviter les
accidents aux oreilles qui pourraient survenir en cas de chocs.
Evolution technique et tactique
De la "préhistoire" du hockey subaquatique, c'est à dire de la période 60/70, il reste peu de chose, notamment en
ce qui concerne les tactiques utilisées, ou l'apparition des premiers gestes techniques. Ce que l'on sait toutefois, c'est que
lors de la première grande confrontation internationale en 1980, le jeu était primitif (peu de passes, beaucoup de
heurts ...). Depuis, le niveau technique des équipes a connu une progression continue, qui s'est accélérée
au début des années quatre-vingt-dix.
Le développement de la dimension technique doit beaucoup à l'organisation, au début de façon officieuse (1980
et 1982), puis à partir de 1984 de façon officielle, de championnats du Monde réguliers. En effet, l'organisation
tous les deux ans de cette compétition majeure a incontestablement poussé toutes les nations pratiquantes à rivaliser
d'ingéniosité, et d'entraînement, pour tenter de conquérir le titre suprême. Mais il doit aussi
énormément, à une génération de joueurs d'exceptions "produits" par le C.A.M.O. de Montréal.
Il est nécessaire de s'appesantir ici sur l'apport immense des québécois, en ce qui concerne l'éclosion du
hockey subaquatique moderne.
En effet, les prémices de cette "révolution" dans le domaine de la technique individuelle étaient perceptibles
dès 1984, la plupart des observateurs s'amusant des exercices techniques effectués sur le bord du bassin avant chaque
match, par tous les joueurs. Deux ans plus tard, ces mêmes joueurs étaient sacrés champions du monde, résultat
obtenus aux dépens des australiens, chez eux !
On ne dira jamais assez l'exploit des canadiens face aux australiens, qui, jusqu'en 1998, n'avaient laissé échapper que ce
titre. Mais au-delà du résultat, c'est la manière qui importe le plus: ce qui fit la supériorité des
canadiens en 1986, ce n'est certainement pas la tactique on ne peut moins collective (1 avant x 2 ailiers x 1 pivot avant x 1 pivot
arrière x 1 goal !), ni la puissance physique (les Québécois sont plutôt de petits gabarits), mais c'est bien
l'incroyable technique individuelle de ces joueurs.
Le secret est pourtant simple: observation de trouvailles gestuelles chez certains joueurs (l'art), et apprentissage systématique
par tous les autres membres de l'équipe, poussés en cela par une concurrence interne forte (le travail).
Le séjour de l'un de ces virtuoses (Daniel TETRAULT) en 1985/86 en Australie, a d'ailleurs fourni l'occasion aux perdants de 1986
d'investir particulièrement dans le domaine de la technique individuelle, et de rétablir leur suprématie lors des
quatre éditions suivantes du Mondial! De façon plus générale, toutes les nations pratiquantes ont suivi ce
mouvement, et ont fortement investi dans cette dimension du jeu depuis 1986.
Cas de la France
Cette évolution a été suivie avec retard. Obscurantisme d'une partie de l'encadrement, et caractère
indiscipliné des pratiquants nationaux, font que la dimension technique a tout bonnement été mise au second plan...
jusqu'en 1991.
Actuellement, le fossé est en passe d'être comblé, tant au niveau de l'équipe nationale, qu'en clubs.
Le Hockey Subaquatique dans le monde
L'extension actuelle de la pratique du hockey subaquatique déborde largement en dehors du monde anglo-saxon dont il est issu.
Ainsi, une dizaine de nations sont régulièrement présentes à chaque édition des championnats du Monde
qui se tiennent tous les deux ans (Afrique du Sud, Australie, Belgique, Canada, Colombie, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Hollande, Nle
Zélande, et France). Une quinzaine d'autres pays connaissent le hockey subaquatique à des niveaux de pratique assez
divers (Allemagne, Andorre, Argentine, Brésil, Chili, Ecosse, Irlande, Italie, Japon, Namibie, Philippines, Russie,
Slovénie, Suisse, Yougoslavie, Zimbabwe, ...).
Les maîtres de la spécialité sont les Australiens, champions du Monde à de multiples reprises tant
chez les hommes que chez les femmes. Toutefois, cette suprématie est aujourd'hui fortement contestée par les
Sud-africains. L'équipe féminine, championne du Monde en 92, 96 et 98, et l'équipe garçons,
vice-championne lors des trois dernières éditions du Mondial, traduisent parfaitement cet état de fait.
La France a créé la surprise lors du dernier Mondial en s'adjugeant le titre chez les garçons.
Je tiens à remercier Lionel DUMEAUX (responsable équipe de France et entraineur de l'équipe masculine)
pour son soutien et ses informations concernant l'historique du Hockey Subaquatique.
Un grand MERCI également pour leur concours précieux à :
- Carol ROSE pour les USA,
- Murray BROOKS pour la Nle Zélande,
- Ray HORN pour l'Australie,
- Andee KARRENBELT pour la Hollande,
- Terry MARCHANT pour l'Afrique du Sud,
- Cliff UNDERWOOD pour la Grande-Bretagne,
- Roger CHATELAIN et Roger RENAULT pour la France.