Présentation
 
 
Vous voulez faire plus ample connaissance avec notre blonde héroïne? Tout connaître ou presque de son évolution? Alors, suivez-moi!  
 
 
Les débuts
 
 
C'est dans les pages de Fillettes de l'année 1909 que des milliers d'enfant font pour la première fois connaissance avec notre héroïne. C'est alors la plume de Jo Valle qui lui font vivre des aventures pleine de surprises, alors que les pastels d'André Vallet lui donnent corps. En 1921, c'est René Giffrey qui reprendra l'illustration, lui faisant même connaître le mariage en 1923.  
 
Enfin, en 1948, après une inévitable interruption due à la guerre, Elisabeth -Alice-Amélie-Elise-Marie-Line d'Orbois dite Lili revient en force dans Fillettes ainsi que sous forme d'albums de la "Société Parisienne d'Edition" devenus plus tard les biens connus "Beaux Albums de la Jeunesse Joyeuse". Pour ce come-back d'après-guerre c'est Bernadette Hiéris (pseudonyme d'un très digne professeur au jardin d'acclimatation, ce qui éclaire le personnage fort érudit du Professeur Minet d'un jour nouveau!) qui prend les commandes des scénarii, alors qu'Alexandre Gérard (as Al. G.) lui donne forme. C'est par ces albums que Lili s'est faite connaître de la majorité d'entre nous.  
 
Les Beaux Albums de le Jeunesse Joyeuse
 
 
Que d'évolution tout le long des 46 albums! Mais commençons par le début.
Dans les premiers numéros, Lili est une petite fille très dissipée que ses parents tentent à coup de leçons et de pension d'assagir un peu. Madame, très chic et représentative de la femme élégante des années cinquante, est plus encline à la compréhension envers son petit démon de fille. Monsieur, lui, personnifie l'autorité, et est toujours à l'origine de mesures "disciplinaires", comme d'envoyer Lili sur un bateau école (N°4). 
Dès le premier numéro nous faisons la connaissance de Monsieur Minet, qui n'est pour l'instant que son professeur de littérature, mais dont le caractère inquiet est déjà bien campé. Entourée d'amis inséparables, Kadiou, Françoise et Bob, la très jeune fille va faire les quatre cent coups! Evidemment dans ces premiers numéros de l'immédiat après-guerre, Lili est pétrie de bons sentiments. Bien souvent, elle se dénonce pour éviter des ennuis à ses amis. Elle est aussi la première à pardonner et à donner une seconde chance aux petits "traîtres" qu'elle peut croiser. Immuablement vêtue d'une jupe à carreau et d'un chemisier blanc, Lili ne semble pas avoir plus de 13 ans.  
 
Dès le 7ième numéro, changement de taille. Les parents font leur ultime apparition: ruinés, ils sont contraints de partir à l'étranger laissant leur fille seule. A partir de cet instant, Lili est obligée de gagner sa vie. Elle va donc multiplier les petits boulots, ce qui sera dorénavant la trame de chaque album. Les cousines de Saint-Herbu mère et fille, descendantes du roi Dagobert (ceci expliquerait peut-être cela...), jalousent leur parente Lili et ne vont pas rater, à peu près à chaque album, l'occasion de lui jouer de biens mauvais tours.
Peu à peu l'univers de la jeune fille s'enrichit de personnages récurrents. C'est d'abord Gédéon, ami photographe de Minet, qui fait son apparition dans l'album N°9. Il deviendra même, dès le numéro suivant le colocataire de Monsieur Minet. Petit à petit Lili mûrit, ainsi elle adopte une queue de cheval et une jupe plissée plus femme dans l'album Lili représentante. Dan, camarade américain, revient (N°15) pour ne plus repartir. D'abord simple camarade, il deviendra peu à peu l'amoureux transi de Lili sans aucun geste déplacé: bienséance oblige!
En plus de Dan, notre héroïne qui ne cesse de mûrir, va s'enticher d'un drôle de perroquet: Rarahu. Ce petit volatile impertinent, officiellement confié à la garde de Gédéon (N°23), va devenir le petit compagnon attitré de Lili dès le N° 25.
Et enfin, en même temps que Rarahu, nous faisons la connaissance de Grand-Pop, grand-père texan de Dan. Cet excentrique milliardaire a pris Lili en affection et ses facéties vont émailler quelques aventures.
C'est d'ailleurs dans ce numéro que Bernadette Hiéris cède la place à Paulette Blonay pour les textes. La veine initiale est préservée et on retrouve avec plaisir notre jeune fille qui s'est transformée en femme. Effectivement, Lili adopte une coiffure plus courte et des ensemble plus féminins: on lui donnerait facilement 20 ans. Finis les espiègleries bien enfantines: Lili est devenue une belle jeune femme. Ses sentiments envers Dan se sont affirmés même si la chasteté reste de rigueur. Les affrontements entre les deux cousines ont d'ailleurs de plus en plus souvent Dan comme enjeu.  
Elle nous emmène d'aventure en aventure, mais les voyages prennent peu à peu le pas sur les emplois pour fournir un prétexte aux histoires.  
 
La nouvelle relève
 
 
Au numéro 47, se produit un changement lourd de conséquence pour les habitués de cette pétillante héroïne: Al. G est mort et il semble bien que Lili aussi. Jacarbo reprend le relais pour une poignée d'albums suivi par Jo Martin, mais les lecteurs sont déboussolés. Lili est maintenant une jeune femme moderne, trop peut-être pour les nostalgiques, et les histoires tournent de plus en plus à des énigmes policières bien que Paulette Blonay s'occupe toujours des scénarii.  
 
Pour être tout à fait complet, il nous faut dire un mot des nouveaux albums publiés en 1996. Dessinés par Anne Chatel (qui a aussi repris le graphisme des Aggie) et racontés par le duo Garnier/Crémoux, notre Lili n'est décidément plus la même: elle rencontre Jean-Paul Gaultier et part à Chérie FM! On ne peut que louer ce désir de vouloir raviver dans les esprits ce personnage; mais elle est un peu trop actuelle pour les "vieux" lecteurs que nous sommes. Au moins ces "nouvelles aventures" ont-elles eu le mérite de rendre accessible ce personnage à la jeune génération en le rendant un peu moins vieillot (mais c'est c'est qui nous plaît justement!).