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Une
bien triste américaine
 
 
C'est dans le "Chicago Tribune Syndicate" qu'Aggie Mack apparaît pour la première fois aux petits américains. Très rapidement, dès mars 1947, Aggie part à la conquête des pages de "Fillettes".
Croqué par Hal Rasmusson , le personnage est bien noir.
Une mère quasi inconnue, car décédée prématurément; un père absent pour cause de traversée au long cours, Aggie est bien seule. Sa belle-mère flanquée de sa fille Mona se décharge des tâches quotidiennes sur notre jeune amie.
Seule lumière dans cette existence, Moustachu, petit chien perdu lui aussi, recueilli par la sensible Aggie dans le N°1.
Les albums se suivent, mais n'ont malgré leurs titres, pas de véritable histoire. Jusqu'au N°9, la vie de cette américaine apparaît misérabiliste, presque trop caricaturée pour qu'on y croit. Et pourtant le charme prend et des milliers de lecteurs tremblent et souffrent avec Aggie.
 
 
La volte-face
 
 
Au N°10, le commandant Mack prend la décision d'abandonner la navigation pour un travail sur le continent le ramenant près des siens. Avec le retour du père, c'est l'atmosphère de la maisonnée qui va s'en trouver transformée. La présence du commandant apaise les tensions: Madame Mack se prend à aimer sa belle-fille. Même si les sentiments de Mona n'ont pas changé (ne rêvons pas), au moins évite-t-elle de chercher des noises à Aggie sous les yeux du père. D'ailleurs elle apparaît dorénavant de façon sporadique, pour disparaître totalement au numéro 12, sans raison. On apprendra par la suite qu'elle travaillait à
Paris Elle reviendra au N°18 pour annoncer son mariage avec un photographe: ce numéro est à marquer d'une pierre blanche puisque c'est le seul où Mona se montre gentille avec sa demi-soeur.
Libérée de cette tyrannie domestique, Aggie est transfigurée. Elle devient enfin une jeune américaine d'après-guerre: gaie, enjouée, un peu écervelée mais enfin pleine de vie.
Alors que les épisodes précédents étaient remplis
de repassage, ménages et autres réjouissances, on entend enfin
parler de surprises-parties, d'amis, de robes du soir. Voilà l'Aggie
que l'on aime: entourée de tous ses camarades (Rosemary, Youyou)
et même associée à un chevalier servant, Bob. Evidemment
aucun geste déplacé ne pourra leur être reproché
tout le long des 34 albums, mais on sent bien les tendres sentiments qui
les unissent. Chaque album n'est plus que la succession des scènes
de la vie quotidienne d'une jeune américaine des années 50
bien dans son temps.
En 1962, Hal Ramusson cède la place à Roy Fox. Peu Après c'est le bien connu Al.G aidé de Paulette Blonay pour les textes qui reprendra la série. Heureusement, le lecteur n'est pas dépaysé par ces changements.
 
 
Le retour de Mona
 
 
Au N° 20 se produisent deux événements majeurs dans la vie de notre héroïne: son père est obligé de reprendre du service en mer et Mona, ne s'entendant plus avec son époux revient vivre à la maison.
Les ingrédients du départ refont surface: on se retrouve plongé
10 numéros en arrière. Aggie redevient la souillon domestique
des débuts, tyrannisée par Mona qui s'est trouvée une
nouvelle alliée en la personne de Trixie, jalouse camarade de classe
d'Aggie. Chaque épisode relate dorénavant une véritable
histoire où la malheureuse héroïne doit bien souvent
déjouer les mauvais tours de sa demi-soeur.  
 
La relève
 
 
Au N°27, la nouvelle tombe, laissant les lecteurs désemparés: Al.G est mort. C'est Pierre-Lacroix qui reprend le flambeau. L'esprit y est, mais on a du mal à adhérer au graphisme. On reconnaît à peine notre Aggie. Pourtant le sommet de la déception sera atteint quand Pascal prendra à son tour les pinceaux (heureusement pour un seul épisode): le dessin est trop agressif, trop "moderne".
Avec Aggie en France, le lecteur respire: Anne Chatel a ressuscité notre héroïne: elle est redevenue physiquement comme on la connaissait et respire la joie de vivre. Un vent de fraîcheur qui ne durera malheureusement que 5 numéros.
Rééditées au milieu des années 90 par les éditions
Vent d'Ouest, les aventures d'Aggie n'ont heureusement subi aucune
tentative de résurrection. On nous a au moins épargné
d'improbables Aggie internaute ou Aggie au Mac Donald!  
 
 
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