[ Reporter Sans Frontiére,Robert Ménard]
Ce livre aborde la situation au Maghreb, son titre est: "Le silence tunisien."
Nous vous livrons :
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Sa préface par un militant authentique des droits et libertés Robert Ménard Directeur et principal animateur de Reporter sans frontière.- Le texte " prétexte " du Professeur Jacques Zybelberg, connu à l'echelle international en sciences politique, actuellement en exercice à luniversité de Laval Québec.
Lune des personnes présentes au lancement de ce livre, ayant surtout contibué à sa concrétisation par l'action de l'organisation à laquelle il appartient, Gérard Laverdure directeur de lACAT francophone Canada, écrivait. " ... lancement du livre avec Lise Garon chez l'Harmattan. ...à Montréal. ... le livre est excellent ".
Les pages suggérées ici, par quelques amis sont choisies arbitrairement sans aucun autre critère, que servir l'information, les droits et libertés:


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...il
faut encore remercier ceux qui ont financé la recherche (archives et terrain), et sans
qui ce livre neût pas été possible : LUniversit Laval, le FCAR
(Fonds québécois de formation des chercheurs et daide à la recherche), le CRSH
(conseil de la Recherche en Sciences humaines ) du Canada, et le Centre international des
Droits de la personne et du développement démocratique.

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Table des matières PAGE
LE SILENCE TUNISIEN
LES ALLIANCES DANGEREUSES AU MAGHREB
Remerciements 9
Table des matières 11
Préface de Robert Ménard 15
Prétexte de Jacques Zybelberg 17
Avant propos 19
PREMIÈRE PARTIE - LES AGORAS DU MAGHREB :
CONVERGENCES ET DIVERGENCES
Mise en scène 27
CHAPITRE I - TUNISIE OU LA CAVERNE DE PLATON : DOMINATION 29
La transition démocratique tunisienne naura pas lieu 30
LÉtat, cest moi 31
Un régime prétorien 33
Un système judiciaire captif 39
Limpossible alternance 44
CHAPITRE II - TUNISIE OU LA CAVERNE DE PLATON : SOUMISSION 49
Prologue : la société civile tunisienne avant la chute 50
Lalliance fatale 53
La destruction dAl-Nahda 58
La déstabilisation de la Ligue tunisienne des
Droits de lHomme 60
CHAPITRE III - TUNISIE OU LA CAVERNE DE PLATON : VERROUILLAGE 65
Une presse peu développée 66
Comment fut neutralisée la presse tunisienne 70
Quelques stratégies de survie 75
Les relations avec la presse étrangère 79
CHAPITRE IV - ALGÉRIE : LES ENFANTS DE JOCASTE 87
La naissance de la société civile 88
La tentation dOedipe 99
Le verrouillage inachevé de lagora 104
La presse et son rôle dans lévolution politique 106
Entre dissidence ouverte et opposition " modéré " :
perspectives pour une naissance 113
CHAPITRE V - MAROC : LA LENTE REMONTÉE DE SISYPHE
Laffaire Amaoui 117
Une longue tradition pluraliste 126
Le modèle marocain de construction dune société civile 133
Les facteurs déquilibre et de blocage 138
Conclusion sur les scènes maghrébines 145
DEUXIÈME PARTIE
APRÈS LES ALLIANCES DANGEREUSES : LES TRANSFORMATIONS ET LES CONSTANTES DE LA SCÈNE PUBLIQUE
Entre cris et chuchotements 155
CHAPITRE VI - RÉCITS AUTORISES DE LA TUNISIE HEUREUSE 157
Un rêve pour touristes et investisseurs étrange 157
Le délire sécuritaire 160
CHAPITRE X - ET LISLAM ? (POUR EN FINIR AVEC UN CLICHE) 247
Proposition 1 : La religion est un thème marginal dans la presse 249
Proposition 2 : LIslam ne constitue pas lexplication de toute chose 250
Proposition 3 : Lorsquil se produit, leffet structurant de la référence
islamique est important 251
Proposition 4 : Toutefois, leffet structurant de la référence islamique
ne sexerce que sur des thèmes ou à propos dévénements marginaux
dans lagenda 252
Proposition 5 : Culturellement, lIslam est aussi un produit des
systèmes politiques maghrébins 254
CONCLUSION GÉNÉRALE 267
Annexe 1 : Cadre conceptuel et méthodologie de lanalyse de la presse internationale (chapitre VII) 271
Annexe 2 : Cadre conceptuel et méthodologie de lanalyse de la presse du Maghreb (chapitre V, IX et X) 283
Liste des tableaux et des graphiques 293
Ouvrages de sociologie, témoignages, documents 295


Page 15 - PRÉFACE
Investigation : " recherche suivie, systématique (...). Il est rare, malheureusement trop rare, de lire un travail signé par une universitaire qui réponde aussi bien à cette définition du Petit Robert, malgré lapproche scientifique dont se réclame lauteur. Louvrage que vous avez aujourdhui entre les mains est lune des meilleures enquêtes quil nous ait donné de lire sur les trois pays du Maghreb que sont lAlgérie, le Maroc et la Tunisie. Une enquête comme on aimerait en découvrir plus souvent dans les colonnes de journaux qui se targuent pourtant de pratiquer le journalisme dinvestigation.
Lise Garon va au-delà des clichés. Ce qui nest pas facile quand on aborde un pays comme la Tunisie. Oser écrire que cet eldorado pour vacanciers en mal de soleil et dexotisme à bon compte est un véritable État policier, que son Général-Président a brisé tus les récalcitrants, que les organisations internationales de défense des droits de lhomme sont interdites de séjour à Tunis, que la presse a été " neutralisée ", nest pas si courant. Exit la langue de bois souvent maniée, même par des esprits éclairés, pour décrire la Tunisie de Djerba ou dHammamet. Lise Garon a su dynamiser la vision " euphorisante et attrayante " que tentent de nous vendre les attachés de presse du régime de M. Ben Ali. Elle a réussi à replacer au cur de la réalité tunisienne le délire sécuritaire et la répression tous azimuts qui sont le vrai visage de cette " démocratie-spectacle ".
Même approche décapante du voisin algérien. Là encore, et quoi quen disent les militaires au pouvoir et leurs sbires appointés, les jeux sont plus troubles quil ny paraît. Pour ne prendre que lexemple des médias (au centre, il est vrai, de cet ouvrage) il nétait pas inutile de rappeler quils sont un " otage pris entre les feux croisés de larmée et de ceux qui viennent dêtre brutalement exclus du jeu politique (les islamistes, dont les partis politiques ont été interdits au lendemain du coup dÉtat de janvier 1992) ". Une presse tenue, pour ne pas dire bâillonnée, par la loi, la publicité (distribuée généreusement par lÉtat à ses obligés) et la " logistique " (imprimeries et importation de papier) contrôlée par le pouvoir. Mais une presse qui a peut-être " accepté de ne pas tout dire et de ne pas toujours dénoncer ".

Page 16 suite
On est loin des idées un peu courtes, trop facilement colportées par des médias paresseux. Il ny a pas de presse réellement indépendante sans une société civile " développée et différenciée ". Ce constat vaut pour Alger comme pour Rabat. Au Maroc où, contrairement à ce quune lecture superficielle de la réalité sociale du royaume chérifien pourrait laisser croire, la société civile "a mieux survécu quen Algérie ". Le pluralisme politique marocain est une tradition ancienne et vivace ", écrit, avec justesse, Lise Garon, même sil est clair, précise-t-elle, que " le Maroc nest pas une démocratie ". Reste que le roi y est " redevable de sa gestion politique ", malgré la fraude électorale et une magistrature encore largement " aux ordres ".
Le livre de Lise Garon ne fait pas que porter un regard acéré sur les enjeux de la scène publique maghrébine. Il pose également quelques questions fort dérangeantes pour les Occidentaux : comment tant dobservateurs ont-ils pu se laisser berner, manipuler par ces régimes à poigne ? Pourquoi les médias étrangers ont-ils mis tant de temps à déjouer la propagande algérienne ? Pourquoi a-t-il fallu attendre un livre (Notre ami le Roi, de Gilles Perrault) pour que lopinion internationale découvre les " jardins secrets " de Hassan II ?
Sur ces questions, il est impossible de faire limpasse. Dautant que le rôle de linformation, lauteur le souligne, est capital. La presse " de lintérieur " est un véritable baromètre des libertés. Elle est aussi une arme : " Si le secret est essentiel au maintien des dictateurs, linformation ne peut que provoquer leur chute ". Et de rappeler que le monopole du pouvoir sur la parole publique a servie " à masquer la réalité de la tyrannie aux yeux de lopinion nationale et internationale ".
Mais Lise Garon reste optimiste. Même si " les alliances entre le pouvoir et les acteurs civils se sont constituées aux dépens des libertés " dans ces trois pays, " le virus de la liberté nest quaffaibli, pas détruit ", " Le futur nest jamais scellé ", nous offre-t-elle en forme de conclusion. A condition , est-on tenté dajouter, dapporter tout notre soutien, dépauler de toutes nos forces les dissidents, les réfractaires, les résistants.
Robert Ménard




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- PRÉTEXTE
Je viens de terminer la lecture du livre de Mme Garon . Ce livre renforce ma mélancolie, mon découragement, mon désenchantement, près de cinquante ans après ladoption, par lAssemblée générale des Nations Unies, de la Déclaration universelle des droits de lhomme. Ma génération aura connue le nazisme, le stalinisme, le maoïsme, la guerre du Vietnam, la guerre dAlgérie, les génocides cambodgiens et rwandais et tant dautres violations majeures des droits et libertés, à commencer par le droit à la vie privée et à lintégrité physique.
Créon et la déraison dÉtat renaissent sans cesse de leurs cendres. Lunivers étatisé aura connu la nouvelle trahison des clercs qui rationalisent sans cesse la folie de Créon, Prince paranoïaque de lordre, de la sécurité, et dun État : reflets du souverain.
Gramsci avait énoncé la paradoxe du pessimisme de la raison et loptimisme du cur. Cet optimisme repose sur et dépend de la résurrection dAntigone. De temps en temps, avec force, des voix résistent à la vocation mercenaire ou à lindifférence cynique de la république des lettres devenue tribu des scribes fonctionnaires.
Notre collègue Lise Garon est un de ces voix. Elle a aimé, elle aime le Maghreb avec passion. Elle lanalyse avec raison. Le livre de cette professeur duniversité représente les trois faces dune personne courageuse, qui aime " lhumanité ", frémit dhorreur face à " linjustice ", mais analyse froidement la chaîne doccultation, de déformation, de désinformation, de " modération ", qui anesthésie la citoyenneté, non seulement dans le Tiers-Monde, mais encore et surtout en Occident. Humaniste, citoyenne, professeur, Lise Garon ne pouvait quécrire un livre stimulant.
Jacques Zylberberg
Professeur de science politique, Université Laval
