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Les
chansonsLes Cours d'Amour
Une chose est sûre : il nous reste 21 jugements de Cours d'Amour. Etait-ce des "cas" inventés ou bien des plaintes réelles ? De toutes façons, il s'agit de la preuve de l'existence d'une codification de l'amour dans la bonne société... A partir de ces cas exemplaires se crée une jurisprudence qui permet à chacun de modeler son comportement amoureux vis-à-vis du monde. Les amoureux ne sont pas seuls au monde, ils sont membres de la chevalerie d'amour et ils doivent se conduire selon les règles et la sanction est sociale. Cette partie est, bien sûr, indossociable de celle sur le Code d'Amour.
Une dame qui aimait fort peu un chevalier, lui accorda
l'espérance d'amour contre un serment. Le chevalier devait
obéir à tous ses ordres et ne point y manquer sous peine
d'être privé d'amour. Il prononça l'engagement solennel. Le
premier ordre donné fut une défense de paraître amoureux
et de célébrer des louanges de sa dame en public. Il se contint
et observa scrupuleusement la règle. Un jour, il entendit dire
du mal de sa dame et contredit les interlocuteurs en prononçant
un vibrant éloge de sa dame. Celle-ci déclara qu'il devait
être privé de son espérance d'amour.
Marie de Champagne affirma que "cette dame a été trop
rigoureuse dans son exigence. Elle n'a pas craint, en effet, d'arrêter
par une injuste décision celui sui s'était entièrement
soumis à sa volonté, et à qui elle avait donné
l'espérance de son amour en se l'attachant par serment. C'est une
tromperie qui n'est permise sans motif grave à aucune honnête
femme. Le dit amoureux n'a commis aucune faute en s'efforçant par
de justes reproches, de convaincre d'erreur les détracteurs desa
femme.En effet, s'il s'est engagé par un tel serment c'est pour
obtenir plus aisément son amour. Il semble donc injuste que la dame
lui ait ordonné de ne plus s'inquiéter au sujet de cet amour."
Un chevalier avait demandé à sa dame un congé pour aller se lier avec une autre dame. un mois plus tard, il revint en disant qu'il n'avait souhaité qu'éprouver le coeur de son amante. Elle le repoussa. Aliénor d'Aquitaine répondit :"En amour, il est bien reconnu que souvent les amants font semblant de souhaiter des caresses nouvelles, pour mieux éprouver la fidélité et la constance de leur amie. Elle offense donc la nature suprême de l'amour celle qui, pour cette raison, arrête les habituelles caresses de son amant ou refuse de l'aimer, à moins d'une preuve évidente que la foi promise à été violée."