Front des Forces Socialistes
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Front des Forces Socialistes


Mise à jour : 3 janvier 2008
©Pascal Holenweg, Geneve, 2008

Avertissement :

Cette page n'est pas une page officielle du FFS, mais une page d'archives de la Commission socialiste de solidarité internationale (CSSI, Genève)






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Sommaire


Message de Hocine Aït Ahmed au Conseil national du FFS (26 juillet)

Résolution du Conseil national (26-27 juillet)

Rapport final de la conférence des élus du FFS

Hocine Aït Ahmed : Allocution d'ouverture du 4e congrès du FFS

Résolutions du 4e congrès du FFS

Message de Hocime AIT AHMED au Conseil national du FFS du 6 décembre


20ème anniversaire de l'assassinat d'Ali-André Mécili : communiqué du FFS-Ile de France, lettre ouverte d'Annie Mécili, hommage de Hocine Aït Ahmed, Hocine Aït-Ahmed : Préface à l'édition de 2007 de L'AFFAIRE MECILI
Mémorandum du Front des Forces Socialistes à l'intention de la "troïka" européenne
La Plate-forme de Rome (janvier 1995)

D'autres pages de la CSSI consacrées à l'Algérie sont accessibles :

FRONT DES FORCES SOCIALISTES
56 av. Souidani Boudjemaa
ALGER
Tel. (02)1694141
Fax (02)1484554


FRONT DES FORCES SOCIALISTES - Délégation à l'étranger
32 rue de Meudon
F-92100 Boulogne
Tél : 01 46 21 57 08 - Fax : 01 46 10 93 51  

e-mail : ffs-etranger@wanadoo.fr
Instances nationales du FFS

PRESIDENT : Hocine AÏT AHMED

La composition du secrétariat national du Front des Forces socialistes (FFS)

Premier secrétaire : KARIM TABBOU

Secrétaires nationaux 
au mouvement estudiantin et chef de cabinet : RACHID CHAIBI
chargé des dossiers et du suivi des affaires judiciaires : DJAMEL BAHLOUL
aux droits de la personne humaine et affaires maghrébines : BETATACHE AHMED
à la politique financière : BELAHSSEL HAKIM
chargé des affaires administratives : NACER OURABAH
chargé de la logistique et des moyens : HADDAD MEHFOUDH
à l'animation politique : TAMADARTAZA MOUSSA
chargé du suivi des fédérations et du développement du parti : NEBOU MOHAMED
aux relations et à la solidarité internationales : KARIM BALOUL
au monde du travail et aux relations syndicales : NACER TOUTOU
à l'animation culturelle et mouvement associatif : BOUGUERA ABDELLAH
à la jeunesse : BENAMEUR BELKACEM
chargé de la solidarité et à la formation militante : SEBA SLIMANE
chargé de l'ouverture et des relations militantes : KAMEL EDDINE FEKHAR
chargée de l'environnement et du développement durable : MEZIANI LEILA 
chargé du suivi des élus : OUZELAGUE EL HACHEMI
chargé des études et des statistiques : CHERIFI AHMED
aux anciens de 1963 : OUADHI AHMED
à la condition féminine  : OUAHIBA TOUATI
chargée des questions de l'éducation et à la famille : KAHINA HARBI

Commissions statutaires : - Commission Nationale de Contrôle des Finance : - Commission Nationale de Médiation et des Conflits : Commissions permanentes : - Commission Nationale à l'Organisation - Commission Economique et Sociale - Commission Mouvement Associatif - Droits de l'Homme - Commission Solidarité et anciens du FFS - Commission Politique Générale - Commission Formation politique et Stratégie - Commission Jeunesse - Commission Education, Formation, Culture et Recherche



RAPPORT FINAL DE LA CONFERENCE DES ELUS DU FRONT DES FORCES SOCIALISTES

Tizi Ouzou, 12-13 juillet 2007

Message de Hocine AIT AHMED

Chers élus, chers camarades,

Au moment où s'ouvre la conférence d'évaluation de votre mandat, j'ai une pensée lancinante pour tous nos compatriotes victimes d'assassinats ciblés et, en l'occurrence, pour nos frères du parti tombés dans l'exercice de leur responsabilité d'élus. Et quel sens des responsabilités exceptionnelles avez-vous montré dans un pays spolié de ses rêves de paix, de liberté et de justice à l'orée même de son indépendance? Tandis que la majorité écrasante des Algériennes et Algériens du "Deuxième collège" - comme au temps de la colonisation étrangère, continue à être ghéttoïsée dans une version totalitaire d'un statut de l'indigénat on ne peut mieux indigène.

En réalité, cet esprit de responsabilité chez la plupart de nos militants et de nos cadres dépasse le simple devoir d'obligation morale ou contractuelle ; ce qui est déjà, reconnaissons-le en toute humilité, un acquis important dans leur culture civique et leur maturité démocratique. D'autant que d'effroyables processus d'expropriation culturelle, politique, économique et sociale ont sévi contre notre société depuis des décennies, au profit de l'infime minorité du premier collège post-colonial. Il en est résulté un système de non droit et de corruption systématique des moeurs politiques et des mentalités. Un environnement autoritaire et à ce point hostile à toute norme ainsi qu'à toute règle du jeu que ces super citoyens - Aqtab Ellil wennahar, Mouh'tarifin Fi Rabeh Rabeh wa loukane Khasrin - ne se sentent guère comptables, ni requis, ni liés, encore moins tenus par n'importe quel engagement national et international - que ce soit par ignorance ou arrogance et, le plus souvent, les deux à la fois -: en un mot, vous aviez, nous avions donc fort à faire ensemble contre le règne d'une jungle, en opposition pacifique contre la loi du plus fort, du plus fourbe, du plus argenté.

Chers camarades,

Oui ! Pour vous, la qualité d'élus n'est pas une carrière ou une sinécure, une gloriole familiale ou "tribale" ; elle est vécue principalement comme une vocation, pour des citoyens dignes et à la fois pour de vrais Iqeddacen de la démocratie ; vous avez respecté vos engagements de servir avec détermination et intelligence, les intérêts et les aspirations des électrices et des électeurs qui vous ont fait confiance. J'irais plus loin encore, les missions que vous vous êtes assignées, et que vous avez poursuivi en dépit des obstacles administratifs et des pressions, relèvent des faits de résistance politique, de l'esprit de résistance. Comme pour survivre, vous deviez mobiliser et mettre en jeu vos intuitions militantes et vos réflexes identitaires avec pour levier traditionnel un sens de l'honneur tel qu'il s'était trempé et modernisé dans les luttes d'émancipation politiques et sociales, et dans les résistances armées contre la domination coloniale.

Cette notion d'honneur, forme de noblesse individuelle et collective qui, avant d'être et pour être authentiquement patriotique et humaniste, s'était élaborée dans un longue pratique traditionnelle du respect des autres, de la vie et de la vérité.

Chers camarades,

Il n'y a pas d'honneur dans les discours mégalomaniaques et mensongers, dans la terreur d'Etat, le crime organisé, les reniements, les coups d'Etat et de Jarnac contre les partis autonomes, contre les syndicats et les associations libres capables de constituer une société civile garante de l'unité nationale et d'une sortie de crise crédible. Il y a des valeurs comme la paix civile, l'Etat de droit, le développement durable, la justice sociale et la justice tout court, la vérité, les libertés publiques, l'esprit de solidarité, la sauvegarde de la dignité individuelle qu'un Etat digne de ce nom ne peut se permettre de démolir. Il n'y pas de conduite honorable, dans une guerre multiforme menée tambour battant contre son peuple par un Etat " raté ".

Cela me renvoie à une intervention que j'ai faite en 1985 sur les droits de l'homme dont vous trouverez ci-joint une copie et qui me semble d'actualité. Je disais alors que "la multiplication des régimes de dictature nous rappellent l'Ordre Nouveau Européen inspiré par les nazis, un ordre pan-étatique en voie de développement sous la pression des super puissances". Si j'évoque aujourd'hui devant vous la structuration du monde en ordre pan-étatique, c'est parce que je considère que les politiques de l'Occident, Europe et Etats-Unis, ont favorisé l'émergence des dictatures dans les pays anciennement colonisés à l'origine de tous les malheurs que connaissent les populations de ces pays.

L'Algérie n'a pas échappé à cette règle. Le droit à l'autodétermination est nié au peuple algérien. Alors que ce Droit d'avoir des droits, constitue la raison d'être et la légitimité fondatrice de l'Etat algérien. Les libertés individuelles et collectives sont violées systématiquement. Pour éviter tout contre-pouvoir, l'Etat centralisé et policier contrôle le parlement, la justice et la presse et empêche la société civile de s'organiser de façon indépendante. Il pourchasse tous les acteurs autonomes de la société et entrave par tous les moyens - les intimidations, les gardes à vue, jusqu'à l'assassinat de militants - l'action de l'opposition politique. Pour boucler le tout, il limite les prérogatives des élus locaux proches des populations, réduisant à néant l'autonomie administrative et financière des collectivités locales. Pour contenter ses partenaires occidentaux, cette dictature se drape d'une façade démocratique avec un parlement illégitime conçu par la fraude, et justifie ses violations des droits de l'homme par l'état d'urgence en vigueur, qui, dans les réalités quotidiennes est purement et simplement un Etat d'exception sans aucun garde fou légal ou temporel. Tout en modulant un sempiternel terrorisme résiduel à faire fantasmer les derniers quarts d'heure de l'innommable Roberte Lacoste, et tout aussi étrangement à les faire renaître de leurs cendres; et ce, toujours aux "bons endroits" et aux "bons moments".

Les dictatures peuvent ainsi agir à leur guise, à huis clos derrière leurs frontières et sous l'allégation spécieuse du "principe de la souveraineté des Etats et de la non ingérence dans leurs affaires intérieures", déniant leur souveraineté aux peuples et aux citoyens.

Les collectivités locales et les associations représentatives étant empêchées de tout lien avec le reste du monde, le pays se transforme progressivement en prison à ciel ouvert de tout un peuple qui ne voit d'issue que dans le rejet des élections, (l'abstention massive au scrutin du 17 mai en est la démonstration flagrante), dans les émeutes au quotidien, dans l'oubli que procure la drogue, le suicide ou l'exil dans des embarcations de fortune avec au bout la mort par noyade ou la vie clandestine des sans papiers.

C'est dans le contexte de cette dure réalité que se tient votre rencontre. Ceci ne doit pas vous décourager. Je n'entre pas dans les débats que vous allez avoir pour tirer les leçons de votre expérience d'élus et qui aideront le parti à mieux servir la population Mais je considère que votre rencontre est un moment fort de la vie du parti qui doit vous permettre d'interpeller les autorités et de prendre à témoin l'opinion nationale et internationale.

Il importe de dénoncer plus que jamais la politique d'hypercentralisation policière et maffieuse. En réalité, le refus d'accorder une autonomie administrative et financière aux collectivités locales comme cela se fait dans toutes les démocraties du monde a pour but :

En effet, pour continuer à s'assurer impunité et pérennité il est en train de s'opposer systématiquement à tout aggiornamento des institutions de l'ONU et à leur reconstruction dans la perspective d'une restitution aux peuples et aux individus du Monde en Tiers, leurs droits d'avoir des droits, au plan national et international. Et, typique comme option anti-révolutionnaire, la politique déshonorante de soutien systématique aux répressions sauvages, à l'exemple des crimes contre l'humanité qui continuent à décimer les populations du Darfour ; le déni de protection et de solidarité à ce peuple martyr, relève aussi des complicités stratégiques et des leurres tactiques qui, certes, nourrissent de fausses espérances, mais, en réalité, ne font que donner du temps et du grain à moudre aux éradicateurs de Khartoum.

Permettez-moi, chers camarades, de terminer par quelques conseils pratiques.

Il faut revendiquer haut et fort l'agrément et le soutien par le pouvoir et par l'Etat des associations et syndicats autonomes. Il faut prendre appui sur les engagements souscrits par "l'Etat" au plan international pour réclamer le droit de ces associations à adhérer à des ONG régionales et mondiales ; il s'agit notamment d'établir des coopérations décentralisées en particulier au niveau du Maghreb. Et, par dessus tout, militer à part entière pour renforcer les mouvements associatifs capables de faire émerger et renforcer les sociétés civiles internationales avec pour objectif de désamorcer une apocalypse planétaire, Now-and-Tomorrow, à l'échelle de la planète.

Un tout dernier mot. Etant proches des populations, et forts de leur appui, c'est par vous et à travers vous que nous pourrons impulser une dynamique nationale et internationale l'évolution progressive démocratique et pacifique. N'oublions jamais qu'il fut un temps où l'Algérie, par désespoir de cause, avait été reléguée aux tout derniers rangs de la décolonisation. Ce qui explique les étonnants titres de noblesse et l'immense respect qu'elle suscitera tout au long de sa résistance armée et qu'elle continue d'ailleurs d'inspirer dans la mémoire des Damnés de la Terre. Il n'y a d'historique que le phénomène d'auto mobilisation exemplaire des citoyennes et des citoyens autour du GPRA. Le peuple algérien a payé si cher son accession révolutionnaire à l'indépendance et surtout à son droit suprême à l'autodétermination, principe qui résumait parfaitement ses aspirations et ses horizons démocratiques.

Question de survie et d'honneur, la nation algérienne a un besoin vital de respirer, de sortir de l'ombre, de l'isolement et d'une omerta généralisée pour dire non au règne du mensonge et des manipulations meurtrières et ainsi honorer la mémoire de ses enfants tombés au champ d'honneur.

Wa Ech'hadou ! Wa Ech'hadou ! Temoignez ! .. Témoignez  !..
Salams.


Intervention de Karim TABBOU, Premier secrétaire

Chers amis, Chers camarades, honorables invités

Notre rencontre d'aujourd'hui est une opportunité importante à saisir pour participer activement au large débat qui se déroule actuellement dans le parti. Un débat rendu nécessaire par les défis que nous devons tous relever à l'effet de construire une alternative politique crédible et inébranlable. Nous avons réfléchi, assumé et décidé de rester constant dans nos positions de refus de toute compromission avec le système en place.

Nous avons fait le choix, que quelque soit les difficultés et les embûches qui sont semées et qui seront semées sur notre parcours, nous resterons attachés aux idéaux de paix, de démocratie et de solidarité.

Depuis des années, le FFS n'a pas cessé d'assumer ses responsabilités et d'alerter sur les dérives populistes, claniques, sectaires qui caractérisent le mode de gouvernance de notre pays. Nous avons choisi de rester aux cotés de la population, c'est notre camp naturel.

Bien évidemment, choisir le camp de la population dans un pays ou la corruption politique fait office de stratégie d'aliénation, ou le mensonge est élevé au rang de norme de gouvernance, ne fera que renforcer notre crédibilité et notre contrat de confiance envers et avec la population.

A tous ceux qui misent sur l'érosion de notre courage, sur le tarissement de nos valeurs, la lassitude politique et sociale, nous leur faisons la démonstration par le débat et le partage, que nos idées et nos convictions sont inoxydables. .

Nous ne sommes pas seuls, nous sommes nombreux à croire et nous sommes encore plus nombreux à continuer de faire dons de leur jeunesse, de leur temps de leur énergie et de leurs moyens pour l'instauration de la démocratie véritable et pour le triomphe des libertés, toutes les libertés.

De manière éloquente, les Algériennes et les Algériens ont encore signifié le 17 mai dernier, pacifiquement, au régime que son discrédit est total. Ni les instances officielles, ni les fausses représentations politiques et ni les réseaux clientélistes maffieux n'ont réussi à mobiliser la population pour lui soutirer un mandat de légitimité. C'est pour cette raison que nous devons agir, il est de notre devoir de faire en sorte que l'impasse du régime ne soit plus une impasse pour le pays.

Nous devons nous organiser, nous devons débattre et nous devons nous créer des possibilités et consolider nos liens de confiance avec la population pour accomplir tous ensemble un de nos devoirs historiques qui complète l'indépendance territoriale du pays : LA LIBERATION DE L'INDIVIDU.

C'est dans cet esprit que je vous demande de participer au débat pour enrichir nos réflexions et préparer dans d'excellentes conditions, nos échéances politiques et statutaires.

Merci de votre écoute

Bonne réussite dans nos travaux


Intervention d'El Hachemi OUZELAGUE

Secrétaire national chargé du suivi des élus et de l'action de proximité

Chers camarades ; Cher ami (e) s honorable assistance

Après l'événement sur les assises de l'Audit, et à la veille des échéances tant organique, le troisième congrès du parti, que politique à savoir, les élections locales et l'avènement des nouveaux codes communal et de wilayas ; voilà une fois de plus , nous nous retrouvons réunis, comme le prévoient nos statuts, à la troisième conférence nationale de nos élus, qui est une étape ultime et nécessaire, pour nous évaluer, apprécier nos actions, recenser nos points forts et nos faiblesses, afin d'assurer notre mise à niveau tant au plan local, régional, national, voir international.

Cette conférence, dont les travaux doivent nécessairement s'inscrire dans l'innovation, la recherche de nouveaux comportements basés sur un constat préalablement fait sur l'état des lieux , nos carences, nos limites sur nos capacités humaines engagées dans les précédentes mandatures ( 1997-2007), et la nécessité de revoir les critères de choix , qui imposent aujourd'hui, l'introduction de nouveaux critères basés sur la compétence, l'intégrité et l'engagement sur un contrat politique bien établit entre les candidats et la population, conditions siné qua non pour assoeire notre différence envers les autres formations politiques et l'administration.

Les exigences énumérées précédemment se justifient par notamment, les constats établis récemment par le comité d'écoute qui fait état de conflits et de comportements de nos élus, ce qui n'est pas nouveau, car ces déviations ont marqué pendant longtemps notre représentation. Aujourd'hui, certains nos élus sont invités à répondre de leurs actes de gestion, souvent seuls, sans aucune information préalable des instances du parti. C'est d'ailleurs, la raison pour laquelle, nous avons lancé un questionnaire pour connaître tous les cas de figure.

Chers camarades,

Nous souhaitons que ces assises nationales soient l'occasion idoine pour nous imposer vision rétrospective, critique et constrictive, afin de dégager une perspective nouvelle, objective, rendue nécessaire par la situation actuelle de notre parti, ses objectifs stratégiques d'avenir, la conjoncture politique plus contraignante que jamais, je vous invite à vous investir chacun personnellement pour apporter vos idées, votre expérience, et surtout propositions dans le travail d'enrichissements des différents thèmes que consacrent les ateliers suivants:

1°/ Evaluation bilan
2°/ Relation élu/ parti
3°/La bonne gouvernance et décentralisation,
4°/L solidarité (l'intercommunalité et l'inter wilaya)
5°/Le projet de refonte des codes communal et de wilaya
6°/Les contrats politiques et moral : l'élu/ part- élu/ population

Je vous remercie pour votre attention, et vous souhaite plein succès à ces travaux.


Rapports des ateliers

Pour permettre le bon déroulement des travaux de la conférence nationale des élus et afin de rationaliser l'utilisation des moyens mis à notre disposition, la plénière a décidé de scinder les groupes de réflexion en trois ateliers de débat qui sont les suivants :

1.	Autonomie et démocratie locales
2.	le développement local et l'intercommunalité
3.	Démarche pour la satisfaction des besoins des citoyens

1. L'autonomie locale

Le développement local exige une décentralisation des responsabilités et des moyens au profit des collectivités locales et une participation effective des citoyens dans la gouvernance locale. Autonomie locale et démocratie locale sont des facteurs essentiels du développement local.

Les municipalités sont les institutions les plus proches de la population. Elles sont quotidiennement face aux problèmes concrets et quotidiens des citoyens mais ne disposent pas d'allocations budgétaires suffisantes et à temps pour y apporter des solutions durables.

Le gouvernement parle de décentralisation mais dans la pratique il transfère aux communes la responsabilité de satisfaire les besoins des populations sans accorder les moyens nécessaires pour exercer cette responsabilité.

L'autonomie au niveau communal ne doit pas être confondue avec l'autonomie régionale. L'option de l'autonomie de la Kabylie n'est pas dans l'intérêt des citoyens de cette région pour des raisons politiques, économiques et sociales évidentes. Oui à la décentralisation des pouvoirs administratifs au niveau local dans le cadre de l'instauration d'un Etat de droit et d'une véritable démocratie politique avec tous ses attributs. La création d'un niveau de gestion régionale, avec une dimension économique, sociale et culturelle, ne peut être que l'aboutissement de la construction d'un Etat démocratique. Non à la "régionalisation" conçue pour ghétoïser une population, diviser le pays et contenir l'émergence d'une alternance démocratique qui gagne du terrain dans tout le pays.

Convaincu que seul un système de gouvernance basé sur des institutions démocratiques issues d'une expression libre souveraine de la population, est capable de garantir la paix et l'ordre social.

Le Front des Forces Socialistes revendique une loi sur la décentralisation effective qui doit se traduire par:

2. La démocratie locale

Les citoyens sont fondamentalement concernés par la démocratie dans leur vie quotidienne. La dimension de démocratie locale, ce qu'on appelle la "démocratie de proximité" contribue, par la participation à la gestion de la cité, à mieux satisfaire les besoins fondamentaux des populations concernées.

La participation dans les instances communales et sa traduction dans le "budget participatif".

Le Maire doit s'engager à associer les citoyens à la gestion de la commune. Cette participation ne doit pas se limiter à les faire assister à titre d'observateur aux débats du conseil communal. La population doit être consultée effectivement sur les décisions touchant ses conditions de vie. Cette consultation doit notamment trouver son expression lors de l'élaboration du budget communal fixant les affectations des dépenses de fonctionnement et d'investissement. La méthodologie du "budget participatif" exige la consultation village par village, quartier par quartier des populations organisées dans des comités ou des associations, la prise en compte des priorités exprimées par les citoyens et leur plein accord sur les arbitrages budgétaires arrêtés. Le conseil municipal doit rendre compte dans les mêmes conditions de l'état d'exécution des engagements pris.

Il y a lieu d'insister sur les critères de transparence de gestion et de responsabilité devant les citoyens de la commune ("accountability"), que chaque assemblée communale doit s'engager à respecter.

Pour être plus proche du citoyen, la mairie doit aller vers lui et ne pas l'attendre derrière un guichet. Dans le monde, des initiatives sont prises par les municipalités pour tenir périodiquement des séances de travail par les fonctionnaires municipaux dans les différents quartiers, y délivrer des pièces d'état civil, apporter une assistance sur place à ceux qui ne peuvent pas se déplacer et y recueillir des doléances. Cela s'appelle "la mairie dans la rue".

C'est dans l'esprit de la recherche des possibilités d'une participation effective des citoyens dans la gestion des affaires locales, que les élus réunis en conférence nationale de débat et d'évaluation, s'engagent à mettre en place un mécanisme consultatif

Les élus du FFS soutiennent que la gestion participative des affaires locales se fera avec le concours et le soutien du mouvement associatif local. Le Soutien aux association et leur participation dans l'élaboration du budget, dans le recensement des besoins et dans l'affectation des ressources disponibles est un gage de réussite et de vulgarisation de l'action des élus.

Les élus du FFS dénoncent le caractère sélectif et différencié de l'attribution des subventions qui privilégie les associations proches de l'administration au détriment des associations représentatives et actives sur le terrain.

1. Le développement local
A) Accès des citoyens aux services sociaux de base

La population attend de leurs élus qu'ils apportent des solutions à ses problèmes quotidiens: alimentation en eau potable, assainissement et autres aménagements pour l'amélioration de la qualité de vie, travaux d'équipements dans les zones défavorisées, juste répartition des lots communaux à bâtir et des logements sociaux, accueil des citoyens et facilitation de la délivrance des documents d'état civil, aide sociale aux personnes démunies.

Une recommandation pour l'avenir: chaque commune gagnerait à faire un inventaire des services à améliorer et des besoins à satisfaire puis à dialoguer avec les citoyens sur les priorités à retenir et les moyens de les réaliser, en évitant de faire des promesses insensées ou de verser dans la démagogie.

B) Facilitation des investissements locaux par l'aménagement de zones d'implantation

La commune doit créer un environnement favorable à l'implantation d'activités économiques génératrices de recettes fiscales et d'emplois locaux. La création de zones d'activités économiques viabilisées permettant à des investisseurs locaux de disposer de terrains pour leurs investissements doit être une priorité dans le programme d'action municipal.

Dans les communes de bord de mer et les zones de montagne à vocation touristique, il faudra examiner de près ce qui pourra être fait pour attirer les touristes et faciliter leur séjour.

C) Aide aux personnes les plus vulnérables (handicapés, personnes âgées, personnes sans ressources en priorité: les femmes et les enfants)

Le budget municipal doit comporter une rubrique "fonds sociaux" pour porter secours aux personnes vulnérables vivant dans la pauvreté. Une aide administrative doit être apportée à ces personnes pour faire valoir leurs droits à l'assistance auprès des différentes institutions nationales concernées.

2. La coopération municipale

La coopération municipale, régional, national et international permet de partager des expériences de bonne gestion, d'exploiter les complémentarités existantes et de mobiliser l'assistance technique et financière disponible.

Les élus doivent s'engager résolument à promouvoir cette coopération pour partager leurs expériences de gestion et tirer profit de leurs complémentarités.

Les élus du Front des Forces Socialistes dénoncent la politique d'enfermement des élus municipaux par l'administration de tutelle en les empêchant de participer à des rencontres internationales ou d'établir des partenariats avec leurs homologues étrangers.

Recommandations et réflexions

L'atelier recommande aux élus de maîtriser :
1.	Aspect de stratégie 
2.	Aspect d'ingénierie de la formation et du développement 
3.	Aspect du management et du développement territorial 

A cet effet les membres de l'atelier ont eu à apporter des composantes au développement local selon les réalités vécues par l'élu sur le terrain, ou 19 points ont été soulevés:

L'improvisation n'est pas tolérable dans la gestion municipale. La méthodologie pour établir un programme d'action et un budget doit obéir à des règles très strictes:

INTRODUCTION

La démarche pour la satisfaction des besoins des citoyens suppose l'implication effective de ces derniers. Susciter l'intérêt à participer à la gestion des affaires de la commune est impératif. Il est donc du devoir absolu de l'Assemblée Populaire Communal (éventuellement des candidats ou des militants) de mener une campagne de pédagogie et d'explication pour convaincre les citoyens que la gestion de leur commune, avec leur participation réelle, est centrée sur la satisfaction de leurs besoins prioritaires.

Les citoyens doivent comprendre, de leur coté que la commune est le lieu où ils ont la possibilités d'exercer le pouvoir à l'échelle locale.

Faire l'AUDIT de la mairie dès l'investiture du président d'APC peut constituer l'une des manières qui permettront de stimuler le citoyen à s'intéresser à la gestion de sa commune.

RECOMMANDATIONS :

CONCLUSION

1) Interpeller les pouvoirs publics à coordonner leurs services pour éviter la diversité des centres de décisions et surmonter les entraves bureaucratiques et les interférences.

2) Des actions populaires pour faire pression sur les pouvoirs publics dans le but de les amener à prendre en considération les revendications des citoyens sont vivement recommandées.

Nous, élus locaux, réunis les 12 et 13 juillet 2007 en conférence d'auto-évaluation de notre mandat, visant à apprécier les résultats accomplis et tirer les leçons de nos insuffisances pour améliorer l'exercice de la fonction d'élus local,

Nous nous félicitons des réalisations enregistrées dans la majeure partie des communes pour la satisfaction des besoins des populations en dépit de l'insuffisance, et des retards de mise à disposition, des crédits alloués aux collectivités locales ainsi que des obstacles dressés par les différents échelons bureaucratiques de l'Administration centrale.

Nous avons enregistré une série de contraintes majeures tout au long de notre mandat, entravant le bon fonctionnement des services à la population, notamment :

-	le faible degré d'autonomie administrative et financière des communes
-	la fiscalité locale insuffisante pour faire face aux besoins locaux
-	une allocation budgétaire dont le montant ne couvre pas les besoins exprimés 
-	des procédures administratives très lourdes pour obtenir et débourser les fonds.
-	des interférences constantes de l'administration dans la gestion des élus

Nous interpellons les autorités administratives au niveau des daïras, wilayas et des ministères concernés, pour réaliser :

Nous continuerons à œuvrer et nous engageons les futurs élus à :

Nous restons persuadés que l'ensemble, de ces dispositions seront sans effet sans une coordination politique et une cohérence de programme assuré par le Parti, au niveau des instances nationales et locales.

Tizi Ouzou, le 13 juillet 2007


MESSAGE DE HOCINE AIT AHMED AU CONSEIL NATIONAL DU FFS (26 juillet)

Questions insolites aux membres du Conseil National réunis en session ordinaire à Alger, 26/07/2007

Chers camarades, chers amis,

Massa Ennour, Azul moqren, salutations affectueuses,

A l'occasion de votre dernière session ordinaire qui précède la tenue de nos prochaines assises, j'ai pensé plus sympa de vous faire une surprise en vous posant quelques questions qui, certes se moquent de la langue de bois, mais ne sont ni surprenantes dans la forme ni légères dans le fond.

Il s'agit d'un exercice sérieux de réflexion, que je souhaite sous la marque FFS de l'humour et de la dérision. Les conclusions pourraient être éventuellement soumises au congrès.

Quid de l'attaque contre la caserne de Lakhdaria, située dans le périmètre " kabyle " et des effets d'annonce tragiques concernant la grande offensive du " GSPC " à Yakouren, haut lieu de la lutte de libération ? Ne sommes nous pas également dans le scénario désormais classique toutes les fois que s'aggravent les luttes de pouvoir à propos de la succession à El Mouradia. Pourquoi faut-il régler leurs comptes par massacres interposés comme ce fut le cas au cours de la sale guerre en particulier dans la Mitidja ? On doit une fière chandelle à l'ambassadeur des USA, non pas tellement d'avoir protégé la présidence du général Zéroual, mais d'avoir stoppé les hécatombes en chaîne en direction de la capitale.

Quels liens avec le vieux et permanent complot stratégique visant à Tchétchéniser la province algérienne de Kabylie ; afin de la "pacifier" et d'y éradiquer le politique et la démocratie ? Le printemps noir et les grandes manipulations militaro-policières des "Arouch" pouvant être considérées comme des préludes.

Par qui et comment a été commise - plus grave qu'un crime - la faute politique de créer systématiquement l'insécurité dans cette région dans l'objectif de faire imploser l'unité nationale.

N'y a t-il pas lieu d'attribuer aussi aux généraux de "l'opération Jumelles", l'intention de punir les villageois de Kabylie pour avoir accueilli, organisé et protégé le congrès de la Soummam. Evénement sans lequel les processus tactiques d'intégration civique, politique et révolutionnaire - comme prévu par le déclenchement technique du 1er novembre 1954 - seraient, sinon problématiques, du moins terriblement retardés. Avec pour conséquence catastrophique de rendre impossible la dynamique et la légitimation du GPRA, l'instrument révolutionnaire par excellence, qui sera le levier fondamental à la fois de l'internationalisation de la question algérienne et de la négociation de l'indépendance.

N'oublions jamais cette réalité subversive: les manipulations mensongères, qu'elles soient politiques ou criminelles, sont la géométrie officielle de la culture ambiante du système. Ce n'est pas le souci du bien et de la sécurité des compatriotes qui anime les " gouvernants " c'est celui de la conservation de leur puissance et de leurs intérêts.

Devant tant de bienveillance, et peut être de pitié à l'égard d'un peuple si glorieux, une certaine décence de la part des gouvernants algériens aurait dû inspirer un renvoi d'ascenseur en faisant moins de répressions visibles. Or jamais, jamais les répressions n'ont été aussi permanentes, systématiques et généralisées.

D'où viennent cette hargne et cet empressement à faire le nettoyage politique, sans aucun égard au contrat clair et transparent qu'ils venaient de signer. La motivation qui pousse les décideurs à multiplier les gaffes et les empressements irresponsables est qu'ils réalisent qu'ils maîtrisent l'espace national et les " indigènes " mais pas le temps. L'impunité garantie par la corruption et l'esbroufe n'est pas éternelle. Hitler n'a-t-il pas dit dans mein kampf " un contrat ou un accord vaut ce que valent les circonstances dans lesquelles ils sont signés." Pourquoi donc ces dénis fou furieux des Droits de l'Homme ?

Serait-il violer le secret en disant parce que le stalinisme a longtemps réussi à s'emparer de ces mêmes valeurs, leitmotiv et leit-bildung ( leading ideas and images ), pour les enraciner dans sa vitrine et sa propagande, avec un culot "révolutionnaire" c'est à dire mensonger.

Chers camarades, chers amis,

Puis-je suggérer que nous baptisions notre prochain congrès ; à vous, aux camarades militants et cadres de proposer une dénomination adéquate. Moi je pense à un Congrès du Millénaire, du 21e évidemment ; avec l'ensemble des grandes thématiques proclamées. En rejetant Dhimniyen, les systèmes fascisants et totalitaires du siècle précèdent mais qui aujourd'hui s'évertuent à renaître de leurs cendres. Qui dit mieux ? Je l'espère en tout cas ; Ana abd edhaâif comme disent nos potentats.

Peut-être même pourrions-nous nommer chacune de nos commissions au Congrès par un martyr d'une qualité transcendante. J'ai personnellement pensé à Larbi Ben M'Hidi, et Kacem Zidoun l'un des premiers brillants diplomates militants arrêté à Oran le 1er novembre 1954, torturé, coupé en morceau et jeté à la mer dans un sac. Face aux vitesses de l'histoire et aux terribles distances qui séparent les évènements, il n'est pas inutile de s'engager dans des quêtes de rapprochement des racines et des causes plus profondes, quand celles-ci sont camouflées par les préjugés ou ces apparences qu'elles sont censées avoir provoquées.

D'évidence, les gouvernements totalitaires comme le nôtre, ont le génie malfaisant d'ouvrir de profondes fosses communes pour y enterrer les faits et les évènements précis qui leur font toujours peur. Comme la destruction du GPRA par le groupe de Tlemcen. Condamner le passé comme s'il n'avait jamais existé. Mais le passé existe avec force et, quand il bégaie dans le présent, c'est qu'il refuse de passer vers l'avenir.

Pensées affectueuses et respectueuses.

Hocine Ait-Ahmed

RESOLUTION DU CONSEIL NATIONAL (26-27 juillet)

Le conseil national du Front des Forces Socialistes, réuni en session ordinaire les jeudi 26 et vendredi 27 juillet 2007 et après un large débat, a adopté la résolution politique suivante :

Le pays est dans l'impasse. Le régime n'a ni la volonté et ni la compétence pour impulser une démarche d'ouverture sur la population. Bien au contraire, depuis la débâcle politique et électorale du 17 mai 2007, les tenants du système accentuent les pressions sociales sur la population.

Malgré une aisance financière sans précédent, les Algériens continuent de subir les politiques anti-sociales qui les enfonce de jour en jour dans la misère, la précarité, le chômage et le désespoir.

Mis à part les décideurs et leurs relais maffieux qui se partagent les richesses nationales, le pays continue à perdre ces cadres qui préfèrent l'exil à l'indignité tandis qu'une partie de sa jeunesse reste tentée par des aventures suicidaires de toute sorte.

Ce constat est le vécu quotidien de la majorité des citoyens

Au sein même des tenants de ce " système " on fait aujourd'hui le constat de son inefficacité et de son fonctionnement à vide, de sa régression vers des archaïsmes qui minent la société et d'un " Etat " de plus en plus réduit à celui des appareils sécuritaires.

Le conseil national du FFS constate :

Le pays traverse une situation particulièrement dangereuse. Les indices d'une explosion politique et sociale à grande échelle sont visibles. Les Algériens ne trouvent de possibilités d'écoute et d'expression de leurs ras le bol et leur désarroi que dans la défiance électorale et la révolte.

Au lieu d'une écoute responsable de tant de révoltes et d'alertes populaires, le pouvoir continu de pratiquer la politique de la peur et de l'insécurité, du chantage et de la corruption.

La recrudescence de la violence ces derniers mois prouve l'échec des politiques sécuritaires menées depuis le coup d'Etat militaire de 1991. La politique de gestion et de régulation de la violence, doublée d'une terreur aux relents sectaires et racistes expose le pays aux dérives et aux aventures.

La stratégie de la terre brûlée faite d'incendies volontaires, de volontaires, de bombardements à proximité des habitations, de multiplication de vrais-faux et de faux vrais barrages dans la région de Kabylie, soulèvent des inquiétudes et des interrogations.

L'absence d'une stratégie de développement national cède la place à l'improvisation économique.

Le pays est méthodiquement dépossédé de ses richesses et de son patrimoine national.

Les promesses de mise à niveau des entreprises publiques, de création d'emploi et de construction de logement se sont avérées fausses et irréalisables.

L'illégitimité des institutions, la corruption qui se généralise, le sectarisme et le régionalisme qui dominent les relations " institutionnelles " risque d'hypothéquer définitivement l'avenir de la population.

En dehors de la direction de l'UGTA devenu un cercle de la rapine, l'alliance présidentielle qui sert de façade institutionnelle, des " partis politiques " ayant acceptés de siéger dans les institutions sans aucun mandat populaire en contre partie d'une incorporation dans les affaires et la corruption, la majorité du peuple algérien vit une situation économique et sociale insoutenable.

De larges couches de la société sont réduites au statut d'indigènes et de misérables.

Les augmentations décidées sur les prix des produits de première nécessité à la veille de la rentrée scolaire, du mois sacré de Ramadhan et de la fête de l'Aid sont vécu par les algériens comme un chantage alimentaire voire une répression sociale.

La population est livrée à elle-même. Les fléaux sociaux, les crimes, les suicides, la prostitution, la drogue prolifèrent à une allure inquiétante et contaminent tout le pays.

La situation des droits de l'homme est catastrophique. Le droit à la vie, premier des droits n'est pas garanti. Des dizaines de victimes civiles et militaires tombent chaque semaine.

Les libertés individuelles et collectives sont inexistantes et le pays vit toujours sous le régime de l'état d'urgence. La capitale du pays est interdite à toute manifestation politique de l'opposition et des organisations autonomes.

Alors que la situation se dégrade dangereusement dans tous les domaines, les différents cercles du pouvoir, s'affairent à partager la rente et à négocier les successions et les alternances internes au sérail.

Le constat ayant été fait que ce régime n'a ni la volonté, ni la compétence pour impulser des réformes qui modernisent le pays et le restitue à ses habitants.

Convaincu que seule une mobilisation de toutes les forces démocratiques et autonomes autour d'un contrat pour alternative démocratique et sociale, est capable de rendre espoir à la population.

Le Front des Forces Socialiste considère qu'il est du devoir de toutes les forces éprises de paix et de démocratie d'agir pour que l'impasse du régime ne soit plus une impasse pour le pays.

Le FFS appelle l'ensemble des citoyens, les acteurs sociaux autonomes, les personnalités politiques crédibles, les universitaires et les associations indépendantes, les femmes et les jeunes à faire de la rentrée sociale prochaine un moment d'action en faveur de la démocratie.

Le FFS appelle l'opinion internationale à agir pour garantir le respect des droits de l'homme, les principes de la bonne gouvernance et à soutenir les forces démocratiques du pays.


4ème Congrès du FFS, Zéralda, 6-7 septembre 2007

ALLOCUTION D'OUVERTURE DE HOCINE AÏT AHMED AU 4E CONGRÈS DU FFS

Zéralda - 6 septembre 2007

Chers camarades,
Chers compagnons,
Chères sœurs,
Chers invités.

C'est en votre nom, c'est devant vous, c'est avec vous que j'ai envie de pousser un cri de vérité , un cri de joie " idheli, assa, azeka, le FFS yella ! Yella ! ", " el barah, el youm, wa inchallah ghadwa le FFS hay ", " hier le FFS était, aujourd'hui il est, demain il sera ".

Nous voici grâce à l'engagement et aux efforts de chacune et chacun d'entre vous réunis sous le regard du peuple algérien avec nos amis pour tenir notre 4ème congrès. Et pour construire un avenir pour toutes et pour tous.

Cet avenir que nous devons et pouvons construire s'énonce clairement comme l'accomplissement des objectifs historiques :

·	l'indépendance 
·	la démocratie
·	la construction du Maghreb

Pourquoi avons-nous intitule ce rendez vous : congrès du millénaire ?

Notre parti a l'ambition légitime de construire un état de droit selon les normes universelles et de gouverner le pays selon les principes démocratiques. Les objectifs du millénaire pour la démocratie et le développement tels qu'énoncés par l'ONU sont en cohérence avec notre programme et nos valeurs. Nous aurons à en débattre.

Un état de droit de tous les droits qu'ils soient politiques, économiques, sociaux ou culturels.

Chaque algérienne, chaque algérien, a le droit d'avoir des droits ; tous ses droits.

Chaque algérienne, chaque algérien, a droit à la vie, à la liberté, à la dignité et au bonheur.

La raison d'être du FFS est que sur la terre des chahidates et chouhadas soient bannis, soient interdit, soient sanctionné les pratiques d'intimidation, de terreur, de torture et les disparitions.

Ce combat nous le mènerons avec notre peuple, avec d'autres peuples ; pour notre peuple, pour d'autres peuples.

Ce combat nous le menons pour bannir à jamais la guerre civile, la guerre contre les civils et toutes les violences et les dérives à caractères ethnicistes et régionalistes.

Notre ambition pour le parti, notre ambition pour le pays demain, est d'être au premier rang pour soutenir un système des relations internationales fondé sur l'éthique et les droits humains.

Pour un observateur non averti quoi de plus normal pour un parti agrée de tenir ses assises dans un pays qui jouit de son indépendance depuis 45ans et qui a pour devise " République Algérienne Démocratique et populaire " même si un état d'urgence de plus de quinze ans maintenant est là pour nous rappeler la vanité rhétorique du " tout va bien " dans un pays qui va bien.

Pour un observateur initié, pour vous, c'est un miracle si le FFS est encore là. Et ce miracle vous l'avez construit petit à petit comme un nid' pierre par pierre comme un temple de la démocratie, mot par mot comme un lexique d'espérance, douleur après douleur comme un champ de résistance. Aussi par reconnaissance aux anciens et aux plus jeunes, je vais esquisser l'odyssée du FFS pour arriver à ces assises.

C'est en votre nom, en votre présence et dans le souvenir de ceux qui nous ont quittés que je souhaite la bienvenue à nos amis du Maghreb, d'Afrique, de l'Orient, de la Méditerranée, d'Europe, d'Asie, d'Amérique, d'ici et d'ailleurs. je remercie les représentants du corps diplomatique qui ont répondu à notre invitation et nous ont honoré de leur présence. Je remercie les personnalités politiques et les représentants de partis politiques qui assistent à nos assises. Quant à nos compatriotes, ils savent qu'ils sont ici chez eux et comme le dit un ami très cher " nous habitons dans la même maison même si nous sommes dans des pièces différentes"

Nos 4e assises revêtent une importante capitale pour notre histoire commune, pour notre pays, pour le Maghreb, pour notre société et pour notre mouvement et j'espère pour chacune et chacun d'entre nous et pour nous tous collectivement.

C'est dans vos yeux, c'est dans votre regard juvénile, c'est dans votre détermination, c'est dans votre énergie communicative que je puise la force nécessaire pour continuer l'action politique.

Vous voulez vivre, vous voulez travailler, vous voulez voyager, vous voulez respirer. Vous ne voulez pas, vous ne voulez plus qu'on décide de vos têtes, de votre sort au dessus vos têtes ( our thavghim ara athrayan a fi kouray anwan anig ikaray anwan ) (ma athabouche aydabrou ala rissan koum fouk rissankoum )

Vous êtes le nombre, vous êtes la force, vous êtes la richesse de ce pays ; vous êtes ici avec nous pour prendre en main votre destin, vous saurez trouver les chemins de l'avenir, de la liberté et de la solidarité.

En 1963 le FFS est né, d'abord et surtout pour barrer la route à la guerre civile. Un jour cette vérité historique sera reconnue et justice lui sera rendue.

En 1963 le FFS naquit pour la liberté, les libertés, toutes les libertés, pour un socle constitutionnel incontesté et incontestable, pour le respect du pluralisme et de tous les pluralismes. Ces fondements et ces objectifs restent encore à atteindre et à concrétiser.

Objectivement l'Algérie de 2007 n'est pas l'Algérie de 1963. Mais force est de reconnaître que cette constitution comme les précédentes souffre du double handicap : illégitime et provisoire.

L'état est plus que jamais privatisé.
La société est de plus en plus étatisée.
Les rapports sociaux sont encore empreints de violence et de brutalité. 
Le désordre social est ordinairement banal.
La paix civile est obtenue par la domination, elle n'est pas le fruit d'une démarche ou d'un esprit de négociation.

Dès sa naissance le FFS opta pour un credo : la force de la politique et non la politique de la force. La popularité de cette devise, son appropriation par de larges segments de la société firent craindre le pire au pouvoir qui considérait et considère toujours la politique comme une hérésie et des politiques comme des apostats de la révolution.

Le FFS eut alors à subir les affres d'une répression féroce et un procès en sorcellerie sous le fallacieux chef d'accusation de régionalisme et de séparatisme.

Je rappelle ces faits avec un sentiment de douleur car beaucoup de camarades de lutte, d'amis, de frères, moururent par des balles fratricides. Des centaines de militantes et de militants qui connurent les tortures dans des sinistres lieux de détention coloniale furent retortures dans des geôles nouvellement nationales par des mains de compatriotes -permettez-moi de saluer ici pour certains leur mémoire et pour d'autre leur courage et surtout leur fidélité au serment de novembre et à leur rêve d'indépendance et de liberté- (el isteqlal wa el houria).

Je voudrai exprimer ici clairement et obstinément deux idées qui expliquent le comment et le pourquoi de toutes nos positions ultérieurs.

L'une me concerne directement, ayant eu à vivre et à partager des pans de vie entière avec les Belouizdad, Ben m'hidi, Benboulaid et des milliers d'anonymes, des hommes et des femmes exceptionnels, des héros au quotidien pour qui les mots avaient leur plein sens, chaque mot était dans son sens, son juste sens, pas plus que son sens mais pas moins aussi, et dont les faits et gestes quotidiens reflètent à chaque instant une harmonie entre dire et faire, entre parole et acte. Leurs souvenirs ne me quittent jamais. Aussi me suis-je fait l'obligation de ne jamais m'éloigner de ce chemin, de ne jamais renier nos engagements originels, de ne jamais abdiquer devant aucune oppression et de ne céder à aucune sirène de pouvoir ou de gloriole personnelle.

Je me suis senti et me sent toujours redevable envers ma conscience et mes amis de continuer le chemin commun même quand tout concourt à vouloir arrêter ou à désespérer.

Est-ce être rigide, oppositionniste chronique qui d'être fidèle dans l'instant et dans la durée à ses engagements personnels et collectifs ?

Par tempérament je ne rejette aucun compromis. J'explore toute issue pacifique possible mais je n'accepte aucune compromission et je ne prête concours ni ne cautionne aucune crise ou impasse, même si les sentiments de fraternité ou de camaraderie sont convoqués.

Je voudrai expliciter ici une deuxième idée : les clans qui se sont succédé au pouvoir, dans leur ressemblance et leur différence ont toujours substitué aux propositions politiques du FFS,à ses questionnements ou à ses propositions de débats des attitudes de mépris et d'arrogance. Quand c'est nécessaire ils instruisent des procès qui vont de l'argutie administrative en passant par l'accusation de traîtrise en finissant par l'assassinat de cadres ou d'élus s'ils n'ont pu les détourner.

Vous l'aurez compris, ils nous accusent de ce dont ils sont capables de faire. Par quels mécanismes moraux ou mentaux ils nous imputent leurs actes et leurs travers. Ils expriment un désir obsessionnel de nous voir leur ressembler comme si notre différence les dérangeait. Je vous rassure tout de suite, nous ne sommes ni parfaits ni exempts de défauts. J'y reviendrai tout à l'heure car c'est une saine thérapie que de se soigner sous le regard de camarades et d'amis non complaisants. Notre mutuel respect c'est d'abord construit avec des attitudes de vérité avec soi-même et avec les autres.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre pays :

Le développement d'un pays,de notre point de vue passe par le développement de sa société,une société démocratique ou chacun défend ses intérêts ou peut se structurer en fonction de ses intérêts, peut développer un pays durablement. Nous n'avons cesse de proclamer que l'homme -l'HUMAIN- doit être au centre de toute politique de développement. Si nul n'est indispensable, chacun peut et doit contribuer à un effort d'ensemble. Pour cela, des institutions crédibles, légitimes, débarrassées des scories népotiques et mafieuses qu'elles connaissent aujourd'hui, sont nécessaires.

Aucun pays fut -il la suisse, le Vatican ou l'Algérie ne peut se passer d'une armée. C'est une institution républicaine. Elle est nécessaire à la défense du pays, à son intégrité et à son développement.

Quand de gré ou de force, elle outrepasse ses missions, quand pas un jeu de rapport de force elle soumet les autres institutions elle se fait du mal à elle-même d'abord et devient le contraire de ce qu'elle souhaite être et de ce qu'elle doit être.

L'histoire jugera et dira qui respecte l'armée .celui, celles et ceux qui lui rappellent ses devoirs et ses missions et le respect de la discipline l´égale ou les laudateurs et autres aventuriers qui louent sa force et l'incitent à l'utiliser à l'exclusion des voix ou d'issues plus politiques, moins expéditives, moins sanglantes.

Le FFS dans ce domaine n'a pas hésite à alerter les uns et les autres sur les dangers d'un recours à la violence armée en 1991. Il réitérera son appel à une sortie de crise pacifique et ordonnée par un mémorandum remis au président et aux généraux décideurs.

Le contrat national signé à Rome se voulait et se veut toujours une tentative d'arrêter l'effusion de sang, d'amorcer une approche pacifique des conflits et une médiation politique dans les crises. Ces contributions pour éviter ou dénoncer les crises ont valu à nos partenaires et à nous mêmes les qualificatifs de traîtres et de renégats.

Les révélations tardives et les nombreuses mise au point faites ces derniers jours par des acteurs de l'époque qu'ils soient de premier plan ou seconds couteaux montrent avec quelle légèreté s'est joue le destin du pays.

Ces révélations qui sont autant de témoignages tardifs si elles étaient faites à temps auraient épargne au pays une décennie sanglante.

Si les affaires du pays avaient été menées dans la transparence sous le regard des algériennes et les algériens, sous le regard de l'opinion nationale et internationale notre pays se serait épargne une décennie sanglante.

On mesure aujourd'hui les conséquences néfastes des décisions clandestines prises entre complices. - A l'évidence les esprits n'étaient pas murs pour une médiation politique car il n'y avait pas dans la période précédente, dans les us et coutumes du régime des habitudes et des dynamiques de négociation. Il n'y avait pas le sentiment de la nécessité du compromis.

Il n'y avait ni le self-contrôle ni le regard populaire ni le contrôle populaire.

Quant à la classe politique qui n'a pas de relais ni d'ancrage populaire s'insérer dans la proximité du pouvoir était une urgence vitale. Un autre motif plus violent, plus vaste et plus dévastateur fut le sentiment de peur réelle et sciemment entretenu qui s'est emparé d'une large partie de notre société.

Ce sentiment de peur a généré et génère encore des postures de violences et de contre violence endémiques, de suspicion permanente dont le pays et la société peinent à en sortir.

Ces assises revêtent une importance capitale pour le Maghreb.

Le cloisonnement social et politique à l'intérieur de nos sociétés découle de cette vision policière des problèmes et surtout de leur approche sécuritaire. Et c'est tout naturellement que s'est installé un cloisonnement entre les pays du Maghreb que tout a uni jadis et que tout peut unir aujourd'hui et demain et surtout une approche démocratique des problèmes. Le dire avec force aujourd'hui c'est dire l'urgence d'un Maghreb de la société civile et des droits de l'homme. Des sociétés savantes et scientifiques Maghrébines existent et fonctionnent bien m'assure-t-on.

Ici et pour ce cadre j'appelle à l'élection d'un parlement Maghrébin élu au suffrage universel.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre société.

Beaucoup d'observateurs, de chercheurs nationaux, d'institutions internationales s'accordent à dire que les paramètres de développement humain et que les indicateurs sociaux sont au rouge dans notre pays.

Je n'exagère rien en disant que les incuries dans la gestion et dans les relations avec la société relèvent plus du désordre social que du contrat social.

Il ne s'agit pas ici de faire un énième procès du régime ou l'absoudre de son bilan calamiteux, il s'agit pour nous :

-de créer une nouvelle proximité avec la société. 
-de renforcer notre présence dans celle-ci. 
-d'être à son écoute.

Cette société si admirable dans ses résistances à l'oppression,à la pauvreté subit des pressions intolérables . Ici et là on note ou une apathie ou un bouillonnement désordonné ou suicidaire.

Il s'agit pour nous d'être humble, devant l'énormité des problèmes et d'être aussi déterminés à accompagner les mouvements sociaux les revendications pacifiques catégorielles et de faire un véritable travail de formulation sociale et sociétale.

Ces assises revêtent une importance capitale pour notre mouvement.

J'avais dit tout à l'heur que nous ne sommes pas parfaits et que nous ne sommes pas exempts de défauts.

Aucune raison, aucun alibi d'image ou de cohésion organique ne doivent empêcher de faire le point sur notre fonctionnement et nos dysfonctionnements. La concertation, le débat doivent être la règle à tous les échelons du parti. C'est consacre par nos textes, cela doit être plus consacre encore par nos comportements. Cependant aucun texte ne peut être brandi pour casser l'âme du FFS, son âme de résistance à la dictature et l'oppression. Aucun texte ne peut soumettre l'autonomie stratégique du FFS pour l'arrimer à je ne sais quel clan, à je ne sais quelle communauté fut elle génétique. Aucune manipulation frondeuse ne nous fera dévier de notre ligne originelle pour le combat de la démocratie. Aucune ambition, aucun calcul ne fera abdiquer notre volonté d'ouverture.

Nous avons choisi notre camp, il est dans la société avec toutes et tous les hommes intègres de ce pays. Nous sommes libres de nos fréquentations et nous sommes jaloux de notre liberté à choisir nos fréquentations.

L'habitude a été prise par certains de reprocher au FFS une chose et son contraire, d'annoncer sa mort et d'annoncer en même temps que c'est une menace aux frontières, qu'il deale avec les islamistes et qu'il manque aux démocrates, qu'il est compromis avec le pouvoir et en même temps qu'il est un opposionniste chronique et irréductible.

La qualité de ceux qui nous attaquent, leur parcours suffisent à nous dispenser de leur répondre.

Néanmoins gardons -nous d'un excès de vertu et de pureté. Le FFS a failli dans son ouverture vers la société et surtout vers les femmes, vers les handicapés, les chômeurs et les exclus. Les pesanteurs sociales, l'environnement hostile ne sauraient expliquer cet état de fait.

Dans beaucoup de nos compartiments, les jugements de valeur l'emportent sur les attitudes d'écoute et sur la reconnaissance des qualités des uns et des autres.

Souvent le vice fait procès à la vertu. La vérité, ce n'est pas uniquement le contraire de mensonge c'est aussi ce qui élève l'autre à nos yeux et à ses propres yeux.

Les Conférences Politiques D'évaluation et l'audit si elles ont révèle l'étendue des problèmes, elles ont aussi contribue à les dépasser et à clore le chapitre de l'introspection, notre introspection individuelle et collective. Elles ont aussi génère une décantation qualitativement et quantitativement positive. Nous sommes dans une phase de mobilisation pour nous ancrer et nous reancrer dans la société. Nous sommes dans une phase ou il s'agit de recenser et de fédérer les potentialités de notre pays.

Votre mission est d'édifier la 2eme République Démocratique et sociale promise par novembre et consacrée par la SOUMMAM. Votre mission et de réaliser la construction du maghreb. Notre devoir et de vous y aider. Pour ma part je suis disponible et je suis prêt à vous servir.

J'ABORDE MAINTENANT LE VOLET INTERNATIONAL

Un pouvoir qui maltraite un peuple- le sien ou un autre - ne peut être l'ami d'aucun autre peuple.

Un pouvoir qui viole les lois, qui ment, qui fait de la force et de la violence le principal instrument de sa victoire ne peut être l'ami de la moindre cause juste. Et ne peut que multiplier les malheurs.

Un tel propos n'est pas le fruit d'une philosophie abstraite ou d'un idéalisme rêveur, il est le résultat de l'observation du monde qui nous entoure et s'inscrit dans la poursuite d'une politique internationale conforme aux intérêts des peuples du monde, au sein desquels se trouve le peuple algérien qui, autant que les autres, a tout intérêt a voir triompher :

Le Droit sur la Force
La justice sur le fait accompli,
La démocratie véritable sur la violence et le chaos

L'ALGERIE se trouve dans CE monde et non sur un plan abstrait de l'univers des dogmes et des croyances.

C'est dans CE monde que les Algériens évoluent et tentent de faire entendre leur voix ; essaient de se faire une place ; d'identifier leurs amis , repérer leurs adversaires etc.….

La politique INTERNATIONALE n'est en définitive que la poursuite de la politique intérieur, de SA propre politique sur un plan plus vaste.

Il est important de faire certains rappels pour faire échec - d'abord - à la somme astronomique de mensonges, d'illusions, de pièges et de leurres qui se dressent devant l'action internationale. Ils sont très souvent le reflet des mensonges et des leurres développés à usage interne.

Il est important de rappeler que l'Universalité des Droits commence et se vérifie aux plans local et national.

L'Algérie se trouve dans ce monde et il serait pour le moins étrange que son gouvernement soit l'ami des peuples palestinien, iraquien, tchétchène ou somalien, alors qu'il n'arrive à gérer son propre peuple qu'à coups de matraque, d'injustice, de manipulation, de paupérisation, de spoliations multiples commençant dans le détournement des urnes et se poursuivant dans le détournement des coffres de la Banque d'Algérie et dans les passations de marchés qui font de tout le pays un immense coffre ou des multinationales et autres Golden Boys de tous les continents viennent se servir pendant que des pans entiers de la société algérienne allant de l'ouvrier au professeurs d'Université sombrent dans la précarité.

Nous vivons dans un monde qui n'a pas tenu ses promesses.

D'abord celles qui ont été faites par les vainqueurs de la Deuxième Guerre Mondiale qui promettaient un monde meilleur fonctionnant sur la base du Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

Le carnage du 8 mai 1945 en Algérie, les massacres de 1947 à Madagascar, la spoliation du peuple palestinien en 1948 ont vite fait d'éclairer sur le Double Discours des Pouvoirs Dominants.

Arrêtons-nous un instant ici pour préciser un élément fondamental :

Ce ne sont pas les idéaux de Liberté des peuples et d'universalité des Droits de l'Homme qui ont failli ! Ce sont les Pouvoirs dominants qui les ont trahi !

Les idéaux ont continué - quant à eux - à irriguer les sociétés et à se frayer un chemin au sein des peuples dominés qui se les ont appropriés et s'en sont servi comme langage Universellement décodable pour faire entendre la voix de leur humanité écrasée, humiliée, spoliée et niée par la domination féodale des régimes archaïques autant que par la domination coloniale et le racisme.

C'est parce que les peuples dominés et les Sociétés avancées ne se sont pas découragés devant la TRAHISON DES POUVOIRS DOMINANTS que les idéaux de liberté et d'universalité des Droits de l'Homme ont continué à constituer un langage universellement décodable et ont fini par impulser une force irrépressible au mouvement mondial de décolonisation.

Ceci est un point fondamental de l'Histoire passée et un élément central de celle qui est en train d'advenir ! Sans un Langage Universel, le formidable mouvement de Solidarité Internationale n'aurait pas pu se produire et la lutte des peuples sous domination coloniale n'aurait pas bénéficié de l'ample mouvement de décolonisation qui balayait le monde.

La mondialisation dont beaucoup croient qu'elle est fille d'aujourd'hui et n'intéresse que quelques experts en économie a constitué un Elément central pour l'indépendance de nombreux pays dont le notre : l'Algérie.

Cette mondialisation là est celle des peuples et sociétés en lutte pour un Monde plus juste et régi par le Droit , le Dialogue et le Respect. C'est la mondialisation qui repose d'abord sur l'existence de valeurs et de normes universelles constituant un langage commun à tous les peuples de la terre par-delà la diversité des cultures et l'inégalité dans l'auto construction politique des sociétés.

La première trahison à l'égard du mouvement mondial de décolonisation a consisté d'abord à enlever aux peuples nouvellement indépendants les instruments leur ayant permis d'accéder à ce langage commun : L'autodétermination des peuples sur la base de l'universalité des Droits.

Freiner l'auto construction politique des sociétés anciennement colonisées a été un acte majeur dans le retour de la mondialisation hideuse à laquelle nous assistons aujourd'hui et qui est, elle, la riposte des POUVOIRS à l'Emancipation des peuples et des sociétés, au vaste mouvement de solidarité internationale qu'a été la décolonisation.

Là encore, l'ALGÉRIE s'est particulièrement illustrée !

Comment comprendre qu'une Révolution sortie victorieuse de plus d'un siècle de domination coloniale en s'appuyant sur les conquêtes de la communauté humaine qu'ont été les principes de l'Universalité des Droits des peuples et de la personne humaine - s'en détourne au nom de la spécificité et de l'authenticité ?

Le mot-clé dans cette triste affaire est DETOURNEMENT !

Car si le recours aux principes d'Universalité des Droits ne devait être qu'une parenthèse dans l'histoire de notre peuple vers son Emancipation, deux éléments demandent à être clarifiés :

L' "authenticité" sous domination donne-t-elle à la société la possibilité de briser les liens de la dépendance sans s'épuiser dans des révoltes sans perspectives réelles?

Celui qui met les principes universels au service de la libération d'un peuple tenu pendant des siècles à l'écart du développement de l'Humanité est-il réellement moins " authentique " que celui qui l'invite à idéaliser ses " carences " faites de despotisme archaïque et de fatalisme culturaliste entre deux révoltes sans lendemain ?

Ces questions sont aussi cruciales aujourd'hui qu'elles l'ont été hier et les réponses conditionnent gravement ce que sera demain.

Entendons-nous bien : l'Universalité dont nous parlons comme conquête de l'humanité, est celle des droits des peuples, des sociétés et des individus qui les composent sans discrimination aucune !

Car le dernier " tube " à la mode auprès des élites dominantes des pays anciennement colonisés est l'Universalité des droits des castes dirigeantes !

En dehors du paradoxe manifeste entre " Universalité " et " Castes ", il n'y a strictement rien de nouveau dans cette posture qui elle-même participe de nos archaïsmes séculaires puisque de tous temps : Sous les Romains, sous les Ottomans ou sous la colonisation, les élites participant au système de domination des peuples disposaient de quelques droits " spécifiques " que ces élites se soient drapées de " gandouras authentiques ", de " tarbouches stamboul " ou de " costumes européens " !

Soyons sérieux ! Universalité des droits, cela signifie clairement : Peuples - Sociétés - Individus !

Quiconque veut jouer un de ces éléments contre les autres, ne peut aboutir qu'à la destruction du lien entre les trois. Lequel lien est la seule garantie de viabilité d'un Etat, d'une société organisée sur la base de lois qui rassurent et protègent l'individu.

On comprend mieux aujourd'hui le sens du monstrueux détournement opéré au lendemain de l'Indépendance qui, pour des raisons de pouvoirs de clans, a sapé les fondements mêmes de la dynamique de Libération Nationale.

Il n'y a aucune exagération dans ces propos, juste un peu d'amertume devant le gâchis.

Car le détournement monstrueux a consisté à profiter du formidable potentiel de solidarité dont l'Algérie a bénéficié sur la scène internationale pour procéder méthodiquement à sa neutralisation au bénéfice des réseaux d'affaires et de trafics en tous genres.

D'ami des peuples en lutte pour leur libération, l'Algérie est progressivement devenue l'amie de puissances dominatrices.

Le chemin qui mène de la Déclaration du 1er Novembre à la recherche désespérée d'un traité d'amitié avec une France officielle qui connaît un mouvement notable de colonialisme décomplexé, ce chemin-là qui mène de la Conférence de Bandoeng aux manœuvres militaires et à la collaboration tous azimuts avec une Administration américaine contestée par tous les esprits sages dans le monde et dans son propre pays ; ce chemin-là commence par la dictature et ne peut mener qu'au chaos.

Il ne s'agit pas pour nous de critiquer le Pouvoir pour le critiquer, cela il s'en charge tout seul en agitant ses opposants d'opérette.

Suivre pas à pas le cheminement intellectuel et politique dans le discours et dans l'action qui ont mené au tragique échec que vit aujourd'hui l'Algérie, hier porteuse de tant de promesses ; est pour nous un élément essentiel dans la consolidation d'une conscience politique nationale véritablement au service de son peuple.

Nous l'avons souvent répété : il ne sert à rien de changer les hommes du régime si c'est pour maintenir en place les procédés qui ont conduit au désastre actuel.

Mais il est essentiel de comprendre que quiconque opte pour le meurtre et le mensonge pour éluder des problèmes politiques, finit dans le camp des bourreaux des peuples et insulte par cela son propre passé de lutte - s'il en a.

Nous vivons dans un monde qui n'a pas tenu ses promesses.

Prenons garde toutefois à ne pas renforcer ceux qui ont trahi la promesse d'un monde plus juste en rejetant, comme le font les inconscients et les désespérés, l'idée même d'un monde plus juste.

Le cynisme des ambitieux pressés de jouer au petit chef des micro-Etats qui naissent tous les jours, l'aveuglement et la colère face à l'injustice, la résurgence dramatique du fanatisme sous toutes ses formes religieuses ou " douaristes " sont non seulement moralement condamnables, mais également politiquement criminels ; car ils renforcent la domination, de la plus proche à la plus globale.

Encore un mot sur les liens entre les premières dérives opérées par la dictature et la collaboration actuelle avec les pires politiques en cours sur la scène internationale.

Tout responsable, à quelque niveau qu'il se tienne sur la terre, se doit au moment d'assumer sa charge, d'opérer des choix stratégiques au premier rang desquels, je dis bien au premier rang, se tient le choix des partenaires.

Un militant politique, un cadre d'entreprise, un chef de gouvernement et un chef d'Etat ont tous, à un moment qui sera déterminant pour l'ensemble de leur action, l'obligation de choisir le type de partenariat qui correspond le plus à leurs ambitions politiques. Et à leur morale politique.

Tout comme on ne choisit pas impunément de méthode, on ne choisit pas impunément de partenaires.

Il n'y a nul mystère insondable à ce que ceux qui ont choisi le mensonge et le meurtre de leurs opposants se retrouvent à être ceux qui ont également opté hier pour la complicité des barbouzards de tous bords, plutôt que pour le dialogue entre partenaires politiques.

On commence par croire que l'on peut s'allier au diable et on finit par se retrouver à son service.

On commence par assassiner ses opposants, puis liquider son peuple en masse.

Pour ce qui nous concerne, il nous semble, aujourd'hui comme hier, que la seule action qui s'inscrive dans le sillage du 1er novembre 1954, notre principale victoire sur le colonialisme en tant que système de domination et sur nos archaïsmes en tant que facteurs aggravant cette domination, reste encore et toujours :

Plus que jamais, notre pays comme le monde, a besoin que toutes les forces agissant en faveur de l'émancipation des sociétés et de la libération des peuples fassent que l'action citoyenne et l'arbitrage du droit l'emportent sur la voix de la guerre et de la violence.

Si le monde des pouvoirs dominants, anciens et nouveaux, a trahi les promesses faites aux lendemains de la 2ème guerre mondiale et à l'aube de la décolonisation, le combat des sociétés n'a jamais cessé et s'il a souvent été étouffé par le vacarme des néo-colonialistes dans leur version " moderne " ou " archaïque ", il connaît un nouveau souffle avec les victoires des peuples sud-américains et avec les résistances qui s'expriment partout à travers le monde devant le scandale de l'arrogance et de la force brutale qui n'épargne ni les hommes, ni les économies, ni les richesses, ni la nature elle-même.

Si notre société est terriblement éprouvée par les malheurs qui lui ont été imposés durant toutes ces années ; si elle est si fragilisée par les souffrances subies aggravées par la déroute gestionnaires d'un Pouvoir qui se contente de lui interdire l'auto-organisation, il appartient à tous les militants de lui redonner confiance en elle-même et en les autres peuples du monde.

Du militant de base en n'importe quel coin perdu de la planète, au dirigeant associatif, syndicaliste ou politique de 1er plan, le seul mot d'ordre qui vaille est : tenir ses promesses.

Nous choisissons nos partenaires sur cette base, nous élaborons notre programme dans cette perspective. Et nous serons jugés sur cette base.

Chers amis

Chers invités

Je voudrai a travers vous m'adresser à la communauté internationale peuple et institution

D'abord un peu d'histoire

FRANCO, est arrivé au pouvoir, grâce au soutien ouvert des Allemands et des Italiens mais aussi parce que les Anglais et les Français, effrayés par le péril bolchevique et par Moscou n'ont pas apporté aux républicains espagnols toute l'aide qu'ils pouvaient attendre. Eux aussi ont objectivement choisi FRANCO.

Cette politique préparait la voie au nazisme ; elle explique son ascension foudroyante et irrésistible ainsi que bellicisme au pouvoir.

Le sort de révolution algérienne s'est joué à Paris, Rabat et le Caire. La déposition du GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) allait sonner le glas de toute évolution pluraliste et démocratique du pays. Le GPRA fut l'unique et le dernier gouvernement pluraliste qu'ait connu l'Algérie. Ce gouvernement était remarquable pour son souci constant de respecter les droits humains, au plus fort d'une guerre atroce et d'une répression sans exemple.

Les logiques de guerre froide, ont permis voire accéléré les dérives de la décolonisation.

Aujourd'hui, la tolérance envers les pouvoirs autoritaires est la source de dérives intérieures mais aussi extérieures de la part des dirigeants.

Au plan intérieur, la tolérance internationale envers ces pouvoirs pousse les populations à l'effondrement moral et la non résistance ; progressivement les sociétés de ces pays se défont.

Au plan extérieur, la grande stratégie policière qui intègre et subordonne la diplomatie évacue de facto, à la fois le droit national et le droit international, notamment dans son volet : Droits humains

Les jeux d'équilibres internationaux actuels, les enjeux de la lutte internationale contre le terrorisme facilitent la mise en œuvre de cette stratégie.

Chers invités

Les tolérances d'aujourd'hui préparent les désastres de demain. C'est ici et maintenant qu'il faut démasquer les impostures autoritaires et donner un coup d'arrêt aux dérives violentes.

La prévention stratégique des crises et des conflits dans les pays du SUD, c'est l'appui à l'émergence d'une opinion publique, a l'émergence d'une société civile, au respect et à l'enracinement des droits de l'homme dans ces pays.

Si non demain il sera inutile de s'apitoyer sur nos malheurs ou de pleurer sur nos tombes.

Mes chers compatriotes ;

-serait-il encore sérieux, Serait-il encore réaliste de s'illusionner sur les possibilités d'ouverture du régime, quand celui-ci bénéficie encore d'un soutien indéfectible et inconditionnel en dépit de ses options,

- serais ce courir après de fantômes que de croire qu'au sein du pouvoir existe des secteurs ou des hommes convaincus que le changement et l'ouverture sont vitaux pour le pays, que le statu quo est intenable et exige un prix politique et humain très lourd à cause d'explosions de violence et de répression inéluctables.

A ceux là je dirai : exprimez vous et agissez ici et maintenant de manière publique.

A vous mes chers compatriotes, à toutes les militantes et militants des droits humains, des libertés et de la tolérance, je vous appelle à vous rassembler, à vous organiser, et mener des luttes autour d'objectifs politiques clairs et de mesures sociales urgentes pour soulager les souffrances et la détresse de larges couches de la population,

Je vous appelle à une constance inébranlable dans l'action politique, pacifique et non violente,

Vous avez toujours le choix quelque soit la situation ; si vous êtes conscients politiquement, vous ne serez jamais acculés à la violence.

Je vous remercie


Résolutions du 4e Congrès du FFS

ATELIER KACEM ZIDOUN : Les objectifs du millénaire des Nations Unies pour le développement

RÉSOLUTION

L'Algérie a été classée par le PNUD 102ème sur 177 pays en matière de développement humain. Ce classement traduit l'échec du gouvernement, malgré ses ressources financières, dans la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement adoptés par l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2000. Le gouvernement algérien en même temps que ceux de l'ensemble des pays membres de l'ONU ont pris l'engagement de réaliser ces objectifs au nombre de 8 avant l'année 2015 comme suit :

1.	Réduire de moitié l'extrême pauvreté et la faim 
2.	Assurer l'éducation primaire universelle 
3.	Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes 
4.	Réduire de deux tiers la mortalité des enfants de moins de 5 ans 
5.	Réduire de trois quart la mortalité maternelle 
6.	Inverser la tendance en matière de propagation du VIH/sida et du paludisme 
7.	Réaliser un développement durable et assurer la viabilité de l'environnement 
8.	Etablir un partenariat mondial pour le développement, avec des objectifs pour l'aide, 
                les échanges et l'allégement de la dette. 

L'échec du gouvernement est lié à sa mauvaise gouvernance du pays, à son programme économique et social qui n'a pas pris en considération la priorité à accorder à ces objectifs. La cause première de cette situation est l'absence de démocratie qui empêche la population de choisir les orientations économiques et sociales qui répondent à ses besoins de première nécessité, à l'incompétence des dirigeants qui cachent leur mauvaise gestion derrière de fausses statistiques et le mensonge d'Etat et à la corruption qui gangrène tous les rouages de l'Administration.

Les conséquences pour la population sont dramatiques : aggravation de la pauvreté et des inégalités sociales, marginalisation des femmes, dégradation des secteurs de la santé et de l'éducation, destruction de l'environnement et entrave à la coopération des acteurs locaux et de la société civile indépendante avec leurs partenaires étrangers.

I- Mesures immédiates

1-Devant la dégradation dramatique du pouvoir d'achat des Algériens et les lenteurs dans les prises de décision et leur application effective par une bureaucratie centralisatrice et inefficace, les Congressistes exigent des mesures immédiates pour soulager la détresse des citoyens, notamment:

-	Le soutien effectif des prix à la consommation des produits de base, en particulier le pain, le lait, la semoule, l'huile et le sucre
-	La gratuité des soins pour les personnes sans couverture sociale
-	La dotation gratuite de fournitures scolaires pour les enfants de parents sans ressources
-	La généralisation des cantines scolaires à tous les niveaux de l'enseignement
-	La revalorisation des salaires dans la fonction publique et dans les entreprises
-	L'institution d'un revenu social minimum garanti pour les familles sans ressources

Les Congressistes réclament une décentralisation effective et immédiate des ressources au profit des collectivités locales pour faire face rapidement aux besoins sociaux des populations en détresse

Les Congressistes revendiquent une autre politique d'urgence économique et sociale basée sur l'utilisation de la rente pétrolière, des réserves de change et du fonds de stabilisation, pour un égal accès de tous à la santé, à l'éducation et au logement.

II- La question sociale

En même temps que ces mesures d'urgence, les congressistes ont examiné la question sociale et les réponses à y apporter dans les meilleurs délais possibles.

L'Algérie a été classée par le PNUD 102ème sur 177 pays en matière de développement humain, dans son Rapport de cette année. Les critères de classement portent sur l'espérance de vie à la naissance, le taux d'alphabétisation des adultes, le taux brut de scolarisation combiné dans le primaire, le secondaire et le supérieur, le Produit Intérieur Brut par habitant.

Essayons d'analyser de plus près :

-   la situation sociale existante, 
-   les causes de la régression sociale dans le pays en dépit de ressources disponibles, 
-   et les moyens d'y remédier. 

Les mesures ponctuelles prises au cas par cas pour répondre à des urgences sociales n'ont pas d'impact durable sur les conditions de vie et de travail de la population, notamment des plus défavorisés. Souvent trop peu et trop tard. Il faut pour cela une politique sociale. Faisons tout d'abord un diagnostic de la situation.

1- Le constat

1- L'Algérie est  devenue une société duale: 
une Algérie minoritaire dedans et une Algérie majoritaire dehors

Peut-on parler de rentrée sociale, en ce mois de septembre, comme dans tous les pays modernes, qui associent cette période à une reprise des activités productives et scolaires.

En Algérie on devrait d'avantage parler de ceux qui sont exclus car ils sont la majorité si l'on additionne les sans emplois et les exclus du système scolaire avant terme. Ces gens là ne font pas de rentrée sociale, Ce sont des exclus sociaux.

Il faut ajouter également que la probabilité est plus grande à l'avenir pour nos concitoyens de figurer dans l'Algérie du dehors que dans l'Algérie du dedans car les pertes d'emploi générées par la libéralisation en cours sont certaines alors que les créations d'emplois annoncés dans les plans de relance et de croissance sont incertaines.

Combien sont -ils ?

Toute cette masse d'algériens hors des circuits organisés, où sont- ils au juste ? A t'on un état des lieux, commune par commune, des gens sans activité, hors des circuits administrés et sans ressources ? Non. Comment dès lors s'attaquer à la pauvreté si on ne situe pas la population concernée.

2-La pauvreté s'accroît, le pouvoir d'achat décroît, les inégalités progressent

On a souvent cité le chiffre de 1 algérien sur 2 qui vit en dessous du seuil de la pauvreté. Quel est ce seuil en Algérie ? Difficile à situer à cause de la libéralisation des prix et de la stagnation relative des salaires qui ont réduit le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent. Quant à ceux qui ne travaillent pas, l'aide sociale est quantitativement et qualitativement insuffisante.

Les conséquences sont visibles dans tout le pays : mendicité, suicides, prostitution, alcoolisme, drogues, vols, agressions et délits de droit commun, émeutes, violence armée, émigration.

3-Le déficit de représentation sociale

Ce déficit résulte d'une part du monopole syndical et de son ancrage limité dans le monde du travail, et d'autre part de la non- reconnaissance des autres syndicats dès lors qu'ils sont autonomes..

Il faut ajouter que l'UGTA créé pour défendre les intérêts moraux et matériels des gens en activité sur leur lieu de travail est un appendice du pouvoir qui ne vise qu'à étouffer les revendications salariales et se soucie très peu de la satisfaction des besoins sociaux des chômeurs.

Le plus grand nombre ne peut s'exprimer qu'à travers les émeutes villageoises, les manifestations de rues et autres mouvements citoyens pour obtenir l'accès aux services sociaux de base comme le logement, l'eau potable et l'assainissement, les soins primaires et l'éducation/formation….Manifestations souvent réprimés.

4- Le système de décision pour satisfaire les besoins sociaux est inefficace à tous les échelons 

Les problèmes sociaux se situent sur le terrain à proximité des populations alors que les ressources comme les décisions d'attribution sont centralisées.

Les relais entre les décideurs et les échelons d'exécution sont si nombreux et si longs que le citoyen dans le besoin ne reçoit rien ou bien reçoit une aide insuffisante ou bien se trouve secouru alors que son voisin plus démuni est toujours dans l'attente d'une aide..

Le système a tendance plus à réagir qu'à agir. C'est à celui qui crie le plus fort. Ce n'est en général pas le pauvre qui donne de la voix. La pauvreté est souvent silencieuse.

5- Le système d'information sociale est défaillant

Le système de prise de décision qui est centralisé nécessite des informations fiables de la base au sommet. Ce n'est malheureusement pas le cas.

Les systèmes d'information sont plus orientés vers l'économie que vers la société. L'information sociale est faiblement collectée, traitée partiellement et insuffisamment diffusée. A quand remonte l'enquête sur les revenus et la consommation des ménages ? Où sont les poches de pauvreté dans notre pays?

 6- Les ressources existent mais sont centralisées et mal réparties.

Les ressources existent : des réserves de change de l'ordre de 60 milliards de dollars, des recettes annuelles dépassant les 40 milliards et des liquidités importantes inutilisées dans le fonds dit de stabilisation et au niveau des banques. Si vous posez la question aux Algériens, qu'est ce qui a changé dans votre vie ? La majorité vous répondra que l'année dernière est meilleure que cette année.

Les inégalités sont criardes entre les revenus salariaux et non salariaux. Par ailleurs, le rapport est de 1 à 30 entre le salaire le plus élevé et le SMICar.

Les responsabilités sont transférées vers les collectivités locales qui ne disposent pas de moyens correspondants pour y faire face.

7- Il existe certes une protection sociale mais inadéquate et pas de politique sociale

On aide quelques handicapés par- ci et quelques orphelins par- là, on distribue de la soupe pendant le ramadhan, on montre quelques veuves avec des clefs d'un logement social ou bien des jeunes bénéficiant d'un emploi spécifique ou d'un micro.-crédit. Tout cela ne constitue qu'un cache misère, une thérapeutique qui soulage mais qui ne guérit pas, pour les besoins d'une propagande politicienne alors que les différentes régions du pays connaissent une régression sociale visible, souvent dramatique.

2. Les causes de la régression sociale

Plusieurs causes à cette régression :

1- Les causes politiques

2- Les causes économiques