La préciosité.
 
 


 



 
 
 
 
 
 
 
 

De quoi s'agit-il?
          Né dans la noblesse en réaction contre la grossièreté et la licence de la cour  d'Henri IV, l'esprit précieux est d'abord, avant de dégénérer, un esprit de mesure et de politesse ; il vise à réintroduire la décence, la bienséance, à rechercher la délicatesse, l'élégance et le raffinement dans tous les domaines : le langage, les manières, l'habillement, la décoration intérieure, l'expression des sentiments ( et de l'amour en particulier), l'art (peinture, musique, danse, et, bien sûr, littérature).
 
          La préciosité s'est développée et épanouie au XVIIe siècle dans les salons de la noblesse et de la haute bourgeoisie parisiennes. 
          Mais bien vite, la préciosité devient un maniérisme ridicule. Tombant dans l'excès, cette affectation  a été tournée en dérision par Molière dans Les Précieuses ridicules.


 
 


 



 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les salons :
              C'est dans les salons que s'est développée la préciosité. On y discutait de la qualité de la langue, on écoutait les écrivains lire leur nouvelle oeuvre, on y parlait de l'amour, on s'adonnait à l'analyse psychologique, on y jouait à des jeux de société...
 
  L' hôtel de Rambouillet
  Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, surnommée "la belle Arthénice" y recevait dames de l'aristocratie ( la marquise de Sévigné entre autres), grands seigneurs, écrivains...dans sa "chambre bleue" ( le bleu était alors une couleur très originale car les couleurs utilisées à l'époque pour les intérieurs étaient le rouge et le tanné.)

Le salon de Mademoiselle de Scudéry
Mme de Montespan Mme de Maintenon

 
 


 



 
 
 
 
 
 
 
 
 

La littérature précieuse :

 - La poésie galante : énigmes, madrigaux, portraits, bouts-rimés, ballades...La Guirlande de Julie recueil de madrigaux (dont chacun porte le nom d'une fleur) écrits par les habitués de l'hôtel de Rambouillet et offerts à Julie d'Angennes (fille de la Marquise) pour sa fête.

 - Le roman pastoral ( les personnages sont des gentilshommes déguisés en bergers dans un cadre bucolique, champêtre ) dont le plus célèbre est L'Astrée d'Honoré d'Urfé.

La Carte du Tendre : itinéraire symbolique que devaient suivre les amants menacés par "le lac d'indifférence" à travers les villages de "l'Empressement", de "l'obéissance", de la "Tendresse" etc... 


 
 
 
 
 
La mode précieuse :

L'amour précieux


 








        Les précieuses veulent un amour platonique, désincarné :  l'amour charnel est exclu et elles se révoltent quand on prononce le mot de mariage...  elles adorent les aventures romanesques et l'amour est avant tout jeu verbal, badinage, compliments, galanteries ; la cour faite par un homme à une précieuse pouvait durer fort longtemps : Julie d'Angennes promena pendant près de 15 ans le duc de Montausier à travers le pays du Tendre avant de l'accepter pour époux ! Elles exigent de leur soupirant un respect total, une soumission absolue.
 Molière a incarné cela dans le personnage d'Armande des  Femmes savantes qui refuse ainsi le mariage avec Clitandre, lequel, las de soupirer en vain, se détourne d'elle et la quitte.
 
 





Le langage


 









               Les précieux développèrent l'art de la conversation, épurèrent et enrichirent notre langue : ils créent des mots nouveaux comme "félicité,anonyme,enthousiasmer, incontestable, savon ",  des alliances de mots nouvelles ; c'est à leur suite que nous disons aujourd'hui par exemple:   "rire d'intelligence", "laisser mourir la conversation"," se brouiller avec le bon sens", "faire bonne figure dans le monde";
                  Ils cherchent aussi à éliminer les mots vulgaires, populaires ;  mais peu à peu, le langage devient affecté; il affectionne les termes abstraits, les expressions superlatives, les adverbes en -ment, les métaphores filées, les périphrases dont voici quelques exemples:
         on ne dit plus "une cheminée" mais "le siège de Vulcain" ; "un verre d'eau" = "un bain intérieur" ; "les pieds" = "les chers souffrants" ; "le nez" = "les écluses du cerveau", "le chapeau" = "l'affronteur du temps", "les yeux" =""les muets interprètes", "le fauteuil" = "les commodités de la conversation"; "un miroir" = "le conseiller des grâces" ; "les joues" = "le trône de la pudeur"...
 

 

Le costume

                Il est, pour l'homme comme pour la femme, chargé de rubans, plumes, canons,  petite-oie; la coiffure est extravagante, le visage porte des mouches, ces petits ronds de taffetas noir collés où l'on voulait attirer le regard. 

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