Cannes, d'un
Festival
l'autre
FESTIVAL INTERNATIONAL
du
FILM
de
CANNES
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2000
2001 2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
 
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61ème Festival du Film International de Cannes
2008
Palme d'or, juste " Entre les murs " de mai
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60ème Festival du Film International de Cannes
2007
A la recherche d’un 60ème anniversaire...
à fleur d’écran
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59ème Festival du Film International de Cannes
2006
Cannes 2006, le retour de flamme
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58ème Festival du Film International de Cannes
2005
CANNES 2005, la Palme au
consensus
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57ème Festival du Film International de Cannes
2004
CANNES 2004, le meilleur en
questions
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CANNES 2003, Le labyrinthe
existentiel
Les sélections du festival de Cannes ressemblent fort souvent à
un puzzle dont les aficionados tentent d'établir une hiérarchie
des valeurs!....
En 2003, il s'agissait davantage d'un labyrinthe dans lequel la critique
médiatique n'aura pas réussi à discerner l'essence d'une
56ème édition réputée dénuée de
tout film d'exception!....
De la
"Compétion
officielle" à
"Un certain
regard", de
"La Semaine
de la critique" à la
"Quinzaine
des réalisateurs", c'est comme si le virus du signifiant avait
tenté de saper les certitudes d'une métaphore
cinématographique, censée rendre compte à chaque mois
de mai d'un état du monde compréhensible par tous!....
Seule la caméra d'or aura su communiquer le sens caché de
ce désarroi général, en récompensant, toutes
sélections confondues, un premier film nommé cette année:
"Reconstruction",
résonnant pour les festivaliers comme un objectif pieu à
atteindre!....
Et pourtant, peut-être que jamais édition du Festival de
Cannes ne fut-elle aussi représentative des 553 jours de l'année
où, ne brillant pas des paillettes de la Croisette, le principe de
réalité ne permet pas nécessairement de comprendre avec
évidence, la marche erratique du monde!....
Dos au mur, les films semblaient y parler d'un vide existentiel non en
formulant des concepts intellectuels mais en suggérant des imaginaires
brisés par des forces hostiles et indifférenciées!...
A ce titre,
"Elephant" pouvait
effectivement constituer une palme d'or emblématique de ce chaos!...
Cependant, c'est sans doute la caution morale de "Bowling for Columbine",
prix spécial du 55ème anniversaire, dénonçant
ouvertement la vente libre des armes aux USA qui autorisait Gus van Sant
de reconstituer le carnage de cette université sans jamais lui-même
prendre parti, comme si la subjectivité de sa caméra était
en soi un appel à la réflexion!...
Ce lien virtuel du documentaire à la fiction n'est-il pas un leurre
que le jury de Patrice Chéreau a voulu par surcroît
récompenser du prix de la "meilleure mise en scène", pouvant
laisser croire à un choix davantage esthétique
qu'éthique?
Nous n'affirmerons pas qu'un pachyderme
ça peut tromper mais néanmoins ça pourrait masquer quelques
oeuvres subtiles et complexes, à l'instar d'un cheval de Troie
exposé en vitrine des
"Temps
modernes"!....
Nul en effet n'est à l'abri des
"Invasions
barbares", surtout lorsque c'est par l'humour teinté de cynisme
que Denys Arcand a choisi de montrer le délabrement d'une
société occidentale effrayée par le volontarisme
affectif.
Que ce soit Lars von Triers osant le minimalisme du théâtre
pour exprimer sur la pellicule la force du ressentiment dans
"Dogville" ou
Alexander Sokurov l'intrication identitaire et poétique d'un
"Père et
fils" hors de repères spatio-temporels, ils sont tous
"Off the map" comme Campbell
Scott qui, imaginant une vie hors contingences, peut s'octroyer les rêves
et les effrois les plus fous!...
"Sang et or" de Jafar Panahi
et
"Osama" de
Sedigh Barmak fustigent avec une persuasion superbement stylisée,
la menace suicidaire inflationniste suscitée par la corruption gangrenant
les collectivités et les Etats!...
En contrepoint de nombreux hommages en cette année horribilis pour
le cinéma français (Maurice Pialat, Jean Yanne, Daniel Toscan
du Plantier), de Chaplin à Fellini, de Claude Sautet à, bon
pied bon oeil, Jeanne Moreau, pouvaient laisser penser qu'une époque
se terminait en multipliant les commémorations d'un festival en proie
à la nostalgie, avant que Gilles Jacob et son équipe n'offrent
l'alternance....au devenir du 7ème
art!....
Au passage Philippe Noiret aura pris le plaisir de se faire le porte-parole
des comédiens aux carrières tellement consacrées qu'aucune
récompense ne semble devoir leur être
décernée!....
En revanche Julie Bertuccelli, voilà un nom couronné par
la semaine de la critique qui, avec
"Depuis qu'Otar est parti", aura montré que le
mensonge peut être élevé en art de vivre dignement la
perte insupportable d'un fils!...
Des vibrations similaires secouent
"Shara" de Naomi
Kawase qui transgressent la disparition soudaine et inexpliquée d'un
enfant, pour en sublimer l'imaginaire d'une nouvelle naissance!...
Emily Young aurait pu mériter pareillement des honneurs pour son
"Kiss of life" qui
révèle en temps réel l'abrogation du temps et de l'espace,
lorsque des êtres en empathie se ressentent en danger vital
mutuel!...
Bref comme à l'accoutumé, une respiration cinéphilique
exigeante, faisant fi de la diversité des accréditations se
télescopant dans le savant ordonnancement des gardiens du temple,
a cherché par delà les marches fastueuses, l'immersion en
apnée dans la dialectique des cinématographies venues de
partout.... jusqu'aux mythiques auras des phares de La Croisette!...
Theothea le 03/06/03
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CANNES 2002, V.O.
INTEGRALE
Du 54ème au 55ème Festival du Film
de Cannes, un simple article défini passant du féminin au masculin
aura réussi à transformer trois prix remis en 2001 au film
de Michael Haneke (Jury, interprétations féminine et
masculine) en un seul pour celui de Roman Polanski (Palme d’Or 2002),
en les réunissant autour du titre magique de
«PIANISTE»!...
S’il y avait une «LECON» à retenir
de cette transformation, c’est bien celle «du PIANO» qui,
déjà lauréat de la Palme en 1993 (Jane Campion),
s’avère donc être un instrument conceptuel, fidèle aux
plus grandes récompenses cannoises !...
De même, la Palme 2001 attribuée
à «LA CHAMBRE DU FILS» s'est synthétisée en
un audacieux «LE FILS» pour décerner le prix
d’interprétation masculine 2002!...
Ainsi irait l’épopée syntaxique
aléatoire du Festival du Film que son Président
délégué Gilles Jacob aura si bien suggérée
dans un premier court métrage de mémoire toute Fellinienne
en montrant les jurys annuels qui se succèdent par strates
différenciées tout en se fondant dans une continuité
rigoureusement cinéphile!...
Ainsi le Festival de Cannes se définirait
d’abord et avant tout, par son histoire!... Il était judicieux d’en
témoigner à l’occasion de son 55ème
anniversaire!...
A commencer par celle des oubliés des
palmarès composites, voire des laissés pour "contes" en
remue-mémoire qui en exaltent les réminiscences sans jamais
pouvoir en épuiser tous les profits!….
Ainsi
en l'occurrence, emmêlée dans les mailles du puzzle, surgit
la souvenance tourmentée de
"SPIDER" (de
David Cronenberg) ne sachant
différencier dans la substitution auprès d'un père
respecté et craint, le fantasme de la mère tant aimée
de celui de la maîtresse détestée, ne pouvant en
conséquence distinguer la symbolique du meurtre de sa
culpabilité!…
Inéluctablement l'insistance du temps
développera en spirales infinies sa confrontation avec l'inconscient,
sans pouvoir laisser s'exprimer d'autres signes que celui d'une
schizophrénie errante, en quête de désespoirs sur
elle-même!….
Dénié par le jury de la compétition
officielle, l'inspiration de ce tourment mental resurgira grâce à
celui de la
"Semaine de la
critique", dans une allégresse tonique!...
En
effet, sur
"RESPIRO" souffle la
liberté du grand large et le désir du "grand bleu", car la
mère (Valeria
Golino) s'y inscrit malgré le
carcan psycho-social de l'île sicilienne, en pourfendeur des contraintes
coercitives!…
Cependant la faille existentielle
y affirme les cassures contradictoires et même violentes de la cyclothymie
familiale alors que l'humour distancié du metteur en scène
(Emanuele Crialese) saisit
l'opportunité de multiples portraits
truculents!…
Même en séance spéciale à minuit dans la
sélection "Un certain regard", nul besoin d'un don de
"DOUBLE VISION" pour remarquer
la maîtrise du style et la force de l'écriture agissant comme
une série de coups de poing formels et dialectiques sur une assistance
médusée et sachant exprimer sa ferveur à l'égard
d'un jeune metteur en scène taïwanais (CHEN
KUO-FU) !…
Comblons les trous du canevas
et voilà que surgit plus de trente ans plus tard, le temps du "je"
(jeu) restauré et plébiscité : "PLAY
TIME" dans sa version originelle
intégrale!…
Jacques Tati
y poétise la déshumanisation
annoncée avec le développement exacerbé de la technologie
moderne!… Le manège de "Jour de Fête" a laissé place
à une ronde d'individualités en mal d'inadaptations
patentes!…
Pendant ce temps sur la Croisette, la Palme d'or
trône virtuellement dans le faisceau des projecteurs tentant de
l'identifier!…. Sur ce manège, d'aucuns s'essaieront à la
décrocher, tous célébreront son aura!... Tournent donc
les Films et Le
Palmarès!…
Theothea le 12/06/02
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CANNES 2001, LE RETOUR DE LA CINEPHILIE
Le Festival du film de Cannes 2001 avait été annoncé
comme celui de l'émotion cinéphilique; ainsi le fut-il
effectivement!... Assurément en surfant au travers des différentes
sélections (compétition, un certain regard, quinzaine des
réalisateurs, semaine de la critique etc...), les amoureux du cinéma
y trouvent chaque année l’assouvissement de leur passion!...
Cependant la caractéristique du premier Festival du troisième
millénaire, fut que la plupart des films de la sélection officielle
pouvaient également correspondre aux critères des autres
sélections!... C’est donc dire le haut niveau d’ouverture, de
découverte, et d’éclectisme inhérent à la
compétition 2001!...
Peut-être d’ailleurs le jury s’est-il laissé décontenancer
par cette profusion de talents tous azimuts, sans être en mesure de
récompenser la qualité dans sa diversité et son
originalité!...
Cela a été maintes fois affirmé depuis la proclamation
du palmarès; Nanni Moretti (La chambre du fils) et Isabelle Huppert
(La pianiste) méritaient d’être plébiscités avec
passion!...
Cela étant dit, d’autres talents majeurs auraient pu partager avec
eux les différents prix du jury, de mise en scène,
d’interprétation, de palme...
Ainsi, il nous semble que pareillement aux cinq Molières
attribués pour la saison théâtrale 00-01 à «Une
bête sur la lune», les trois prix décernés à
«La Pianiste» font pléonasme, ne rendant pas suffisamment
compte des oeuvres en présence, lors de cette 54ème édition
du Festival du film!...
Comme nous en témoignons plus loin et sans prétendre à
l’exhaustivité, Michel Piccoli ( Je rentre à la maison), «De
l’eau tiède sous un pont rouge», et «Moulin rouge»
auraient dû, selon notre point de vue, faire partie de ce
palmarès!...
Par ailleurs sachant qu’à Cannes la rencontre avec un film tient
bien souvent de la roulette russe, citons pêle-mêle des films
comme «Mariage tardif» de Dover Kosashvili (notre
préférence pour le prix de la Caméra d’or) ,
«Shrek» de Victoria Enson & Andrew Adamson, et
«Carrément à l’ouest» de Jacques Doillon qui selon
des modalités propres à chacun, ont su éveiller notre
engouement!...
Maintenant nous aimerions associer Michel Piccoli («Je rentre à
la maison» de Manoel de Olivera), Béatrice Dalle ( «H
Story» de Suwa Nobuhiro) et Jean-Pierre Léaud («Et là-bas,
quelle heure est-il ?» de Tsai Ming-Liang) dans le culte qu’ils ont
suscité chez trois metteurs en scène étrangers,
révélant ainsi que le cinéma français continue
de créer des références universelles, voire
intemporelles!...
Evoquons donc la sublissime Misa Shimizu venue avec son partenaire Koji
Yakusho présenter seuls «De l’eau tiède sous un pont
rouge» de Shohei Imamura dans l’incapacité de faire le
déplacement à Cannes, et qui ensemble sont repartis les mains
vides, non sans avoir imprégné ceux qui restaient vigilants
en cette toute fin de festival, du symbole poètique de
l’écoulement de l’eau jusqu’au torrent, suggérant avec une
grâce indicible les mystères oniriques de l’attirance sexuelle,
de l’accouplement et de la reproduction de la vie!...
En outre, reconnaissons volontiers que visionner le merveilleux «Moulin
rouge» au sein d’une sélection officielle dense plutôt
qu’en ouverture de Festival, c’était être grandement tenté
de lui décerner la palme d’or, à l’instar l’année
précédente pour «Dancer in the dark»!...
Enfin «last but not the least», EN COULISSE souhaitant établir
un pont effectif entre spectacle vivant et septième art, quel film
plus subtil, quelle interprétation plus remarquable que celle de Michel
Piccoli (trois fois nommé dans cette chronique) pour «vous para
casa», c’est-à-dire «I’m going home», soit en
français «Je rentre à la maison»?
Manoel de Olivera qui, toutes sélections confondues, livre à
Cannes depuis des lustres, sa création cinématographique annuelle,
a composé ici un portrait d’acteur se reflétant dans le double
de son metteur en scène!...
Cette union constitue de fait un testament artistique sur la dimension
du geste théâtral confronté à celle du temps selon
toutes les acceptions, y compris celle de l’humour en sa
«solitudine»!...
Ce film mérite tous les honneurs suprêmes!... Il les gagnera
assurément avec la postérité!..
Alors, jouant les prolongations après la clôture pour cause
de tournage de «Femme fatale» par Brian de Palma, le décor
des marches du Palais s’accorda un délai de grâce, semblant
s’attarder quelques journées pour mieux annoncer à l'avance
la 55ème édition!... Que vive donc le Festival du film en 2002!...
Theothea le 28/05/01
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Cannes 2000, un Festival mythique !
Oui, le Festival de Cannes est magique!...
La 53ème édition a confirmé de nouveau avec superbe,
cet adage qui bruisse sur la Croisette, de l'hôtel Miramar jusqu'au
vieux port du Suquet!...
Comme choyés dans une bulle qui se loverait depuis les projections
du petit matin jusque dans les profondeurs des fêtes de la nuit, les
festivaliers investissent tous les recoins de temps et d’espace que chaque
année, ces dix jours de mai offrent à la discrétion
des cohortes sans cesse renouvelées des porteurs de badges!...
En effet des marches du Palais aux halls des Palaces, un ballet incessant
d’affairement et de connivence ludiques invente une planète qui aspire
avec compulsion ses initiés vers des écrans où
l’exaltation se décline en affinités thématiques!....
En un cocktail de soleil paradisiaque et de chambre noire, cette retraite
cinéphilique à dose massive lave les têtes et
élève les esprits hors des contingences environnantes,
échafaudant au passage une solidarité messianique de cartons
d’invitations partagés entre adeptes!...
Mais où donc se trouve la Palme? Elle est passée par ici
mais se trouve déjà là-bas!... A chacun de saisir au
vol ce qui pourrait fort bien rappeler le pompon des manèges forains
de l’enfance!...
Cependant la compétition officielle possède ses propres
antidotes en faisant la part belle aux célèbres sélections
parallèles,
«Quinzaine
des réalisateurs»,
«Semaine de la
critique» ainsi qu’en galvanisant habilement et toujours plus le
vivier de «Un certain regard»!...
Face à cette profusion cinématographique, nul ne peut sortir
indemne et quoi qu’il arrive le sentiment de frustration s’invite en
surcroît au programme!... et pourtant combien sont passionnantes et
réjouissantes les découvertes qu’elles soient marginales ou
fédératrices!...
C’est ainsi qu’en cette année 2000, qui aurait pu ignorer, au terme
de la projection de
«Dancer in
the dark» mis en scène par Lars van Trier et avec
l'interprétation faramineuse de Björk, qu’il venait assurément
de visionner le film Lauréat?
Tellement différent!... Tellement poignant!... Comme un état
de grâce qui aurait envahi les imaginaires déjà
saturés d'images de très haute qualité mais que le
génie artistique n’avait pu jusque-là différenciées!...
Ainsi avec évidence en ce mois de mai 2000, un film d'emblée
mythique venait sous l'ensemble des regards admiratifs, de naître en
direct du Festival
du Film International de Cannes!...
Theothea le 25/05/00
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Cannes 99 ou d’un certain regard l’autre!...
Récompenser et encourager le cinéma de
«L’Humanité» (Bruno Dumont), «Rosetta» (frères
Dardenne) et «La lettre» (Manoel de Oliveira), voilà qui
réconfortera ceux qui apprécient l’étrangeté,
la poésie, la force spécificique du style et de
l’écriture cinématographique mais alors au nom de ces valeurs
de référence, pourquoi oublier «l’Eté de
Kikujiro» (Takeshi Kitano) en perpétuelle recherche entre imposture
et génie artistique et à qui nous aurions volontiers attribué
la Palme d'or? (illustration ci-dessous -dossier de presse-)
Par ailleurs pourquoi ne pas admettre que ce qui transcende les personnages
de «l’Humanité» et «Rosetta», ce sont
précisément le charisme et la détermination de leurs
metteurs en scène respectivement primés qui, en pygmalions
inspirés, ont façonné les rôles dans le
«matériau vierge» que sont les non-acteurs professionnels
choisis?
Serait-ce donc l'emblême «Antoine Doisnel» consacrant
jadis le Jean-Pierre Léaud des «Quatre cents coups» qui
rejaillirait par intermittences à Cannes? Encore que François
Truffaut eut le talent de perpétuer son personnage, le faisant
évoluer de l’autobiographie à la fiction en plusieurs films
jusqu’à le faire passer définitivement par pertes et profits
dans «L’Amour en fuite»!
Mais suite à leur prix d'interprétation que pourra-t-il
advenir d’une Emilie Dequenne (Rosetta), d'une Séverine Caneele et
d'un Emmanuel Schotté (L'Humanité) pour un prolongement
de leurs destins dans le 7ème Art? Pourraient-ils a contrario composer
en acteurs professionnels d’autres personnages, d’autres vécus
différents? Qu’il nous soit permis ici d’en douter!...
Le travesti de «Tout pour ma mère» (Pedro Almodovar)
déclare en substance que la véritable authenticité
n’apparaît que dans le projet que l’on a de soi-même, fût-il
hors normes conventionnelles! Alors quelle vérité
artistique pour quel film et pour quel comédien? Certes pas simple
d’être jury!...
Pas simple non plus d’être Cinéphile dûment
accrédité!... Souhaitant assouvir son désir de projections
avec satisfaction, ce festivalier doit nécessairement s’appuyer sur
la solidarité, certes sympathique, des accrédités
professionnels!... toutefois cette conviviale redistribution «à
la criée» des invitations sur le parvis du palais incite à
penser qu’une meilleure répartition initiale de ces dernières
serait sans doute souhaitable!...
En outre contredisant les potentialités du badge «Forum Cannes
99», devenu en la circonstance plus une décoration qu’un
sésame, l’accès au Palais du Festival sans invitation ponctuelle
fut irrémédiablement refusé à ses détenteurs
désappointés pour cause officieuse de "vigi-pirate"!...
Sans doute le syndrome du bouc-émissaire a encore sévi chez
les responsables bien pensants que le danger viendrait comme il se doit des
non-professionnels de la profession!...
Vous avez dit «cohérence» pour le Festival de Cannes
99, alors disons que dans cette perspective, la
«Sécurité» ne fut pas «raccord» avec
le Palmarès!... Une preuve de l’esprit d’escalier en quelque sorte,
c'est-à-dire celui des «fameuses Marches» bien
évidemment!...
Enfin pour la bonne bouche, alors que le film de
Pedro Almodovar (TODO SOBRE MI MADRE compétition) se déroule
sous fond de représentations théâtrales d’un «Tramway
nommé désir», nous souhaitons mentionner spécialement
pour EN COULISSE deux superbes
films l’un concernant la liberté d’expression théâtrale
avec le jeune Orson Welles dans le New York de 1936 (CRADLE WILL ROCK - Tim
Robbins - compétition), l’autre les tourments amoureux et paternels
confrontés à la pratique du Kathakali (mime et théâtre)
durant les années 30 au Kerala dans le sud de l’Inde. (VANAPRASTHAM
- Shaji Karun - Un certain Regard).
Que vive désormais le fastueux Festival de Cannes 2000!...
Theothea le 25/05/99 |
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LES MARCHES DU PALAIS
One Man Show filmé
par Bernard Dartigues
Mise en scène:
Philippe Caubère
avec Philippe
Caubère
Le "Festival de Cannes" qui se regarde à travers
les yeux de Philippe Caubère? Ce 4ème épisode du "Roman
d'un Acteur" filmé par Bernard Dartigues et présenté
en séance spéciale à l'occasion du cinquantenaire du
Festival, constitue un tableau surréaliste de la présentation
du "MOLIERE" d'Ariane Mouchkine sélectionné en 1978 en
compétition officielle.
Ce film rejeté alors par la presse, lors de sa présentation
à Cannes est l'occasion pour Philippe Caubère d'observer ce
phénomène médiatique et culturel annuel qu'est le Festival
de Cannes en multipliant les points de vue, navigant des contraintes du protocole
officiel aux soucis de l'hébergement et de la restauration organisés
par la production, en passant par la hantise des conférences de presse,
le photo call, les rencontres avec la profession, le voyage aller et retour
avec les autres membres de l'équipe etc....
Philippe Caubère pointe le Festival de Cannes comme le lieu de
toutes les exacerbations qu'elles soient bénéfiques au film
ou destructrices; en effet remontent lors de la présentation aux
Festivaliers toute l'Histoire et toutes les histoires qui ont participé
à la réalisation du film sélectionné avec en
premier lieu évidemment le montage financier auquel viennent s'associer
immédiatement les louables intentions artistiques....
Alors fleurissent les jugements à l'emporte pièce et
définitifs sur tel ou tel comédien, sur l'incompétence
de tel producteur, sur la mauvaise foi des critiques, sur ce linge sale qu'on
ne peut laver qu'en famille, fût-elle de théâtre ou de
cinéma!....
Ces portraits féroces tracés sens dessus dessous et tout
azimut accumulent une énergie de passion dont seuls les sentiments
humains portés à leur incandescence peuvent connaître
l'intensité! Goûter à ce trop plein, c'est à coup
sûr vouloir s'en débarrasser pour mieux s'en délecter
la fois suivante....
Un peu comme si bourreaux et victimes s'interchangeaient au fur et à
mesure des palmarès ces rôles de poupée chiffon qui cachent
en fait un incommensurable plaisir de la confrontation dans la sphère
de l'expression artistique....
Philippe Caubère ignore les amertumes car il montre cette
nécessité qu'ont les créateurs de s'opposer, de construire
les conflits, de compliquer les situations pour parvenir enfin à la
re-connaissance de leurs pairs....
Et c'est ainsi que sur la toile de fond d'une Sélection officielle
à Cannes, il interprète cette scène d'Anthologie entre
Ariane Mouchkine et lui-même confinés dans une vieille 2cv où
les noeuds oedipiens vont être malmenés à souhait pour
mieux les faire rompre au grand jour et aux yeux de tous.....
Dire que le film de Dartigues/Caubère est hilarant et savoureux
est bel et bien euphémisme, mais affirmer qu'il pourra plaire à
tous est néanmoins une contre-vérité car si
l'interprétation en forme de charge caricaturale de Caubère
est constamment efficace quoique quelquefois redondante, il est indéniable
que la connaissance du contexte est indispensable pour apprécier à
sa juste valeur ce numéro exceptionnel d'un comédien au paroxysme
de ses moyens...
Par conséquent une connaissance relative de l'histoire de la troupe
d'Ariane Mouchkine élaborée tout autour du Théâtre
du Soleil à la Cartoucherie de Vincennes et une vision du film "MOLIERE"
ne sont pas inutiles si l'on ne veut pas laisser aux seuls "Happy few" la
satisfaction de sourire en hurlant de rire aux contorsions hystériques
et généreuses d'un acteur en plein roman!.....
Theothea le 21 Mai 97 |
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