Magazine du Spectacle vivant ...

   

     

 Cannes, d'un Festival l'autre 

     

FESTIVAL  INTERNATIONAL  du  FILM  de  CANNES

1997  1999  2000   2001  2002  2003  2004  2005  2006  2007  2008

     

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 - La Chronique du Théâtre à Paris -

   

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61ème Festival du Film International de Cannes 2008  61ème Festival de Cannes  
 Affiche sélection officielle - Compétition 
 photo DR. Presse Festival

     

       

Palme d'or, juste " Entre les murs " de mai 08   

   

     

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60ème Festival du Film International de Cannes 2007  60ème Festival de Cannes  
 Affiche sélection officielle - Compétition 
 photo DR. Presse Festival

     

       

A la recherche d’un 60ème anniversaire... à fleur d’écran     

   

     

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59ème Festival du Film International de Cannes 2006

        59ème Festival de Cannes  
 Affiche sélection officielle - Compétition 
 photo DR. Presse Festival    

         

         

Cannes 2006, le retour de flamme

     

          

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58ème Festival du Film International de Cannes 2005

        58ème Festival de Cannes  
 Affiche sélection officielle - Compétition 
 photo DR. Presse Festival    

         

         

CANNES 2005,  la Palme au consensus    

         

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57ème Festival du Film International de Cannes 2004

        57ème Festival de Cannes  
 Affiche sélection officielle - Compétition 
 photo DR. Presse Festival    

         

         

CANNES 2004,  le meilleur en questions

         

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CANNES 2003,  Le labyrinthe existentiel   

     Site officiel du Festival de Cannes

Les sélections du festival de Cannes ressemblent fort souvent à un puzzle dont les aficionados tentent d'établir une hiérarchie des valeurs!....

En 2003, il s'agissait davantage d'un labyrinthe dans lequel la critique médiatique n'aura pas réussi à discerner l'essence d'une 56ème édition réputée dénuée de tout film d'exception!....

De la "Compétion officielle" à "Un certain regard", de "La Semaine de la critique" à la "Quinzaine des réalisateurs", c'est comme si le virus du signifiant avait tenté de saper les certitudes d'une métaphore cinématographique, censée rendre compte à chaque mois de mai d'un état du monde compréhensible par tous!....

 RECONSTRUCTION  
 La semaine de la critique 
 Prix de la Caméra d'or

Seule la caméra d'or aura su communiquer le sens caché de ce désarroi général, en récompensant, toutes sélections confondues, un premier film nommé cette année: "Reconstruction", résonnant pour les festivaliers comme un objectif pieu à atteindre!....

Et pourtant, peut-être que jamais édition du Festival de Cannes ne fut-elle aussi représentative des 553 jours de l'année où, ne brillant pas des paillettes de la Croisette, le principe de réalité ne permet pas nécessairement de comprendre avec évidence, la marche erratique du monde!....

Dos au mur, les films semblaient y parler d'un vide existentiel non en formulant des concepts intellectuels mais en suggérant des imaginaires brisés par des forces hostiles et indifférenciées!...

 ELEPHANT 
   Palme d'or du 56ème Festival

A ce titre, "Elephant" pouvait effectivement constituer une palme d'or emblématique de ce chaos!... Cependant, c'est sans doute la caution morale de "Bowling for Columbine", prix spécial du 55ème anniversaire, dénonçant ouvertement la vente libre des armes aux USA qui autorisait Gus van Sant de reconstituer le carnage de cette université sans jamais lui-même prendre parti, comme si la subjectivité de sa caméra était en soi un appel à la réflexion!...

 Nicole Kidmann 
 DOGVILLE  
 Compétition officielle

Ce lien virtuel du documentaire à la fiction n'est-il pas un leurre que le jury de Patrice Chéreau a voulu par surcroît récompenser du prix de la "meilleure mise en scène", pouvant laisser croire à un choix davantage esthétique qu'éthique?

 SANG ET OR 
 Un certain regard

Nous n'affirmerons pas qu'un pachyderme ça peut tromper mais néanmoins ça pourrait masquer quelques oeuvres subtiles et complexes, à l'instar d'un cheval de Troie exposé en vitrine des "Temps modernes"!....

Nul en effet n'est à l'abri des "Invasions barbares", surtout lorsque c'est par l'humour teinté de cynisme que Denys Arcand a choisi de montrer le délabrement d'une société occidentale effrayée par le volontarisme affectif.   

 DEPUIS QU'OTAR EST PARTI  
 Prix de la Semaine de la critique

Que ce soit Lars von Triers osant le minimalisme du théâtre pour exprimer sur la pellicule la force du ressentiment dans "Dogville" ou Alexander Sokurov l'intrication identitaire et poétique d'un "Père et fils" hors de repères spatio-temporels, ils sont tous "Off the map" comme Campbell Scott qui, imaginant une vie hors contingences, peut s'octroyer les rêves et les effrois les plus fous!...

"Sang et or" de Jafar Panahi et "Osama" de Sedigh Barmak fustigent avec une persuasion superbement stylisée, la menace suicidaire inflationniste suscitée par la corruption gangrenant les collectivités et les Etats!...

     Julietta Massina & Frederico Fellini 
 sur la Place del Popolo à Rome 
 Un an jour pour jour avant la mort du Maestro 
 photo Theothea.com

En contrepoint de nombreux hommages en cette année horribilis pour le cinéma français (Maurice Pialat, Jean Yanne, Daniel Toscan du Plantier), de Chaplin à Fellini, de Claude Sautet à, bon pied bon oeil, Jeanne Moreau, pouvaient laisser penser qu'une époque se terminait en multipliant les commémorations d'un festival en proie à la nostalgie, avant que Gilles Jacob et son équipe n'offrent l'alternance....au devenir du 7ème art!....

 Sans Légende !...

Au passage Philippe Noiret aura pris le plaisir de se faire le porte-parole des comédiens aux carrières tellement consacrées qu'aucune récompense ne semble devoir leur être décernée!....

En revanche Julie Bertuccelli, voilà un nom couronné par la semaine de la critique qui, avec "Depuis qu'Otar est parti", aura montré que le mensonge peut être élevé en art de vivre dignement la perte insupportable d'un fils!...

Des vibrations similaires secouent "Shara" de Naomi Kawase qui transgressent la disparition soudaine et inexpliquée d'un enfant, pour en sublimer l'imaginaire d'une nouvelle naissance!...

Emily Young aurait pu mériter pareillement des honneurs pour son "Kiss of life" qui révèle en temps réel l'abrogation du temps et de l'espace, lorsque des êtres en empathie se ressentent en danger vital mutuel!...

 KISS OF LIFE 
 Un certain regard

Bref comme à l'accoutumé, une respiration cinéphilique exigeante, faisant fi de la diversité des accréditations se télescopant dans le savant ordonnancement des gardiens du temple, a cherché par delà les marches fastueuses, l'immersion en apnée dans la dialectique des cinématographies venues de partout.... jusqu'aux mythiques auras des phares de La Croisette!...

Theothea le 03/06/03

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CANNES 2002,      V.O.    INTEGRALE

    Festival de Cannes 
    Le  PALMARES

Du 54ème au 55ème Festival du Film de Cannes, un simple article défini passant du féminin au masculin aura réussi à transformer trois prix remis en 2001 au film de Michael Haneke  (Jury, interprétations féminine et masculine) en un seul pour celui de Roman Polanski (Palme d’Or 2002), en les réunissant autour du titre magique de «PIANISTE»!...

S’il y avait une «LECON» à retenir de cette transformation, c’est bien celle «du PIANO» qui, déjà lauréat de la Palme en 1993 (Jane Campion), s’avère donc être un instrument conceptuel, fidèle aux plus grandes récompenses cannoises !...

          Laila Marrakchi 
 - Deux cents dirhams -
 Prix SACD court métrage 
Quinzaine des Réalisateurs

De même, la Palme 2001 attribuée à «LA CHAMBRE DU FILS» s'est synthétisée en un audacieux «LE FILS» pour décerner le prix d’interprétation masculine 2002!...

Ainsi irait l’épopée syntaxique aléatoire du Festival du Film que son Président délégué Gilles Jacob aura si bien suggérée dans un premier court métrage de mémoire toute Fellinienne en montrant les jurys annuels qui se succèdent par strates différenciées tout en se fondant dans une continuité rigoureusement cinéphile!...

Ainsi le Festival de Cannes se définirait d’abord et avant tout, par son histoire!... Il était judicieux d’en témoigner à l’occasion de son 55ème anniversaire!...

A commencer par celle des oubliés des palmarès composites, voire des laissés pour "contes" en remue-mémoire qui en exaltent les réminiscences sans jamais pouvoir en épuiser tous les profits!….

   Ralph Fiennes  - SPIDER -

Ainsi en l'occurrence, emmêlée dans les mailles du puzzle, surgit la souvenance tourmentée de "SPIDER" (de David Cronenberg) ne sachant différencier dans la substitution auprès d'un père respecté et craint, le fantasme de la mère tant aimée de celui de la maîtresse détestée, ne pouvant en conséquence distinguer la symbolique du meurtre de sa culpabilité!…

Inéluctablement l'insistance du temps développera en spirales infinies sa confrontation avec l'inconscient, sans pouvoir laisser s'exprimer d'autres signes que celui d'une schizophrénie errante, en quête de désespoirs sur elle-même!….

   Valeria Golino  - RESPIRO -

Dénié par le jury de la compétition officielle, l'inspiration de ce tourment mental resurgira grâce à celui de la "Semaine de la critique", dans une allégresse tonique!...

En effet, sur "RESPIRO" souffle la liberté du grand large et le désir du "grand bleu", car la mère (Valeria Golino) s'y inscrit malgré le carcan psycho-social de l'île sicilienne, en pourfendeur des contraintes coercitives!…

Cependant la faille existentielle y affirme les cassures contradictoires et même violentes de la cyclothymie familiale alors que l'humour distancié du metteur en scène (Emanuele Crialese) saisit   l'opportunité de multiples portraits truculents!…

  - Double Vision -

Même en séance spéciale à minuit dans la sélection "Un certain regard", nul besoin d'un don de "DOUBLE VISION" pour remarquer la maîtrise du style et la force de l'écriture agissant comme une série de coups de poing formels et dialectiques sur une assistance médusée et sachant exprimer sa ferveur à l'égard d'un jeune metteur en scène taïwanais (CHEN KUO-FU) !…

    TATIVILLE

Comblons les trous du canevas et voilà que surgit plus de trente ans plus tard, le temps du "je" (jeu) restauré et plébiscité : "PLAY TIME" dans sa version originelle intégrale!…

Jacques Tati y poétise la déshumanisation annoncée avec le développement exacerbé de la technologie moderne!… Le manège de "Jour de Fête" a laissé place à une ronde d'individualités en mal d'inadaptations patentes!…

Pendant ce temps sur la Croisette, la Palme d'or trône virtuellement dans le faisceau des projecteurs tentant de l'identifier!…. Sur ce manège, d'aucuns s'essaieront à la décrocher, tous célébreront son aura!... Tournent donc les Films et  Le Palmarès!…

Theothea le 12/06/02

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CANNES 2001, LE RETOUR DE LA CINEPHILIE

 

 L'affiche officielle du 
 Festival de cannes 2001

   

Le Festival du film de Cannes 2001 avait été annoncé comme celui de l'émotion cinéphilique; ainsi le fut-il effectivement!... Assurément en surfant au travers des différentes sélections (compétition, un certain regard, quinzaine des réalisateurs, semaine de la critique etc...), les amoureux du cinéma y trouvent chaque année l’assouvissement de leur passion!...

Cependant la caractéristique du premier Festival du troisième millénaire, fut que la plupart des films de la sélection officielle pouvaient également correspondre aux critères des autres sélections!... C’est donc dire le haut niveau d’ouverture, de découverte, et d’éclectisme inhérent à la compétition 2001!...

Peut-être d’ailleurs le jury s’est-il laissé décontenancer par cette profusion de talents tous azimuts, sans être en mesure de récompenser la qualité dans sa diversité et son originalité!...

 Isabelle Huppert
 Prix d'interprétation féminine 
  - La Pianiste -
 de Michael Haneke    Nanni Moretti 
 - La chambre du Fils - 
    Palme d'or 2001

Cela a été maintes fois affirmé depuis la proclamation du palmarès; Nanni Moretti (La chambre du fils) et Isabelle Huppert (La pianiste) méritaient d’être plébiscités avec passion!...

Cela étant dit, d’autres talents majeurs auraient pu partager avec eux les différents prix du jury, de mise en scène, d’interprétation, de palme...

Ainsi, il nous semble que pareillement aux cinq Molières attribués pour la saison théâtrale 00-01 à «Une bête sur la lune», les trois prix décernés à «La Pianiste» font pléonasme, ne rendant pas suffisamment compte des oeuvres en présence, lors de cette 54ème édition du Festival du film!...

 Michel Piccoli 
 - Je rentre à la maison - 
  de Manoel de Oliveira

Comme nous en témoignons plus loin et sans prétendre à l’exhaustivité, Michel Piccoli ( Je rentre à la maison), «De l’eau tiède sous un pont rouge», et «Moulin rouge» auraient dû, selon notre point de vue, faire partie de ce palmarès!...

Par ailleurs sachant qu’à Cannes la rencontre avec un film tient bien souvent de la roulette russe, citons pêle-mêle des films comme «Mariage tardif» de Dover Kosashvili (notre préférence pour le prix de la Caméra d’or) , «Shrek» de Victoria Enson & Andrew Adamson, et «Carrément à l’ouest» de Jacques Doillon qui selon des modalités propres à chacun, ont su éveiller notre engouement!...

 Béatrice Dalle 
 - H Story - 
  de Suwa Nobuhiro

Maintenant nous aimerions associer Michel Piccoli («Je rentre à la maison» de Manoel de Olivera), Béatrice Dalle ( «H Story» de Suwa Nobuhiro) et Jean-Pierre Léaud («Et là-bas, quelle heure est-il ?» de Tsai Ming-Liang) dans le culte qu’ils ont suscité chez trois metteurs en scène étrangers, révélant ainsi que le cinéma français continue de créer des références universelles, voire intemporelles!...

   Misa Shimizu & Koji Yakusho 
 - De l'eau tiède sous un pont rouge -
 de Shohei Imamura  

Evoquons donc la sublissime Misa Shimizu venue avec son partenaire Koji Yakusho présenter seuls «De l’eau tiède sous un pont rouge» de Shohei Imamura dans l’incapacité de faire le déplacement à Cannes, et qui ensemble sont repartis les mains vides, non sans avoir imprégné ceux qui restaient vigilants en cette toute fin de festival, du symbole poètique de l’écoulement de l’eau jusqu’au torrent, suggérant avec une grâce indicible les mystères oniriques de l’attirance sexuelle, de l’accouplement et de la reproduction de la vie!...

En outre, reconnaissons volontiers que visionner le merveilleux «Moulin rouge» au sein d’une sélection officielle dense plutôt qu’en ouverture de Festival, c’était être grandement tenté de lui décerner la palme d’or, à l’instar l’année précédente pour «Dancer in the dark»!...

Enfin «last but not the least», EN COULISSE souhaitant établir un pont effectif entre spectacle vivant et septième art, quel film plus subtil, quelle interprétation plus remarquable que celle de Michel Piccoli (trois fois nommé dans cette chronique) pour «vous para casa», c’est-à-dire «I’m going home», soit en français «Je rentre à la maison»?

 Manoel de Oliveira 
 dirigeant Michel Piccoli 
 - Je rentre à la maison -

Manoel de Olivera qui, toutes sélections confondues, livre à Cannes depuis des lustres, sa création cinématographique annuelle, a composé ici un portrait d’acteur se reflétant dans le double de son metteur en scène!...

Cette union constitue de fait un testament artistique sur la dimension du geste théâtral confronté à celle du temps selon toutes les acceptions, y compris celle de l’humour en sa «solitudine»!...

Ce film mérite tous les honneurs suprêmes!... Il les gagnera assurément avec la postérité!..

Alors, jouant les prolongations après la clôture pour cause de tournage de «Femme fatale» par Brian de Palma, le décor des marches du Palais s’accorda un délai de grâce, semblant s’attarder quelques journées pour mieux annoncer à l'avance la 55ème édition!... Que vive donc le Festival du film en 2002!...

Theothea le 28/05/01

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Cannes 2000, un Festival mythique !

Oui, le Festival de Cannes est magique!...

La 53ème édition a confirmé de nouveau avec superbe, cet adage qui bruisse sur la Croisette, de l'hôtel Miramar jusqu'au vieux port du Suquet!...

Comme choyés dans une bulle qui se loverait depuis les projections du petit matin jusque dans les profondeurs des fêtes de la nuit, les festivaliers investissent tous les recoins de temps et d’espace que chaque année, ces dix jours de mai offrent à la discrétion des cohortes sans cesse renouvelées des porteurs de badges!...

En effet des marches du Palais aux halls des Palaces, un ballet incessant d’affairement et de connivence ludiques invente une planète qui aspire avec compulsion ses initiés vers des écrans où l’exaltation se décline en affinités thématiques!....

En un cocktail de soleil paradisiaque et de chambre noire, cette retraite cinéphilique à dose massive lave les têtes et élève les esprits hors des contingences environnantes, échafaudant au passage une solidarité messianique de cartons d’invitations partagés entre adeptes!...

Mais où donc se trouve la Palme? Elle est passée par ici mais se trouve déjà là-bas!... A chacun de saisir au vol ce qui pourrait fort bien rappeler le pompon des manèges forains de l’enfance!...

Cependant la compétition officielle possède ses propres antidotes en faisant la part belle aux célèbres sélections parallèles, «Quinzaine des réalisateurs», «Semaine de la critique» ainsi qu’en galvanisant habilement et toujours plus le vivier de «Un certain regard»!...

Face à cette profusion cinématographique, nul ne peut sortir indemne et quoi qu’il arrive le sentiment de frustration s’invite en surcroît au programme!... et pourtant combien sont passionnantes et réjouissantes les découvertes qu’elles soient marginales ou fédératrices!...

C’est ainsi qu’en cette année 2000, qui aurait pu ignorer, au terme de la projection de «Dancer in the dark» mis en scène par Lars van Trier et avec l'interprétation faramineuse de Björk, qu’il venait assurément de visionner le film Lauréat?

Tellement différent!... Tellement poignant!... Comme un état de grâce qui aurait  envahi les imaginaires déjà saturés d'images de très haute qualité mais que le génie artistique n’avait pu jusque-là différenciées!...

Ainsi avec évidence en ce mois de mai 2000, un film d'emblée mythique venait sous l'ensemble des regards admiratifs, de naître en direct du Festival du Film International de Cannes!...

Theothea le 25/05/00

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Cannes 99 ou d’un certain regard l’autre!...

Récompenser et encourager le cinéma de «L’Humanité» (Bruno Dumont), «Rosetta» (frères Dardenne) et «La lettre» (Manoel de Oliveira), voilà qui réconfortera ceux qui apprécient l’étrangeté, la poésie, la force spécificique du style et de l’écriture cinématographique mais alors au nom de ces valeurs de référence, pourquoi oublier «l’Eté de Kikujiro» (Takeshi Kitano) en perpétuelle recherche entre imposture et génie artistique et à qui nous aurions volontiers attribué la Palme d'or? (illustration ci-dessous -dossier de presse-)

Par ailleurs pourquoi ne pas admettre que ce qui transcende les personnages de «l’Humanité» et «Rosetta», ce sont précisément le charisme et la détermination de leurs metteurs en scène respectivement primés qui, en pygmalions inspirés, ont façonné les rôles dans le «matériau vierge» que sont les non-acteurs professionnels choisis?

Serait-ce donc l'emblême «Antoine Doisnel» consacrant jadis le Jean-Pierre Léaud des «Quatre cents coups» qui rejaillirait par intermittences à Cannes? Encore que François Truffaut eut le talent de perpétuer son personnage, le faisant évoluer de l’autobiographie à la fiction en plusieurs films jusqu’à le faire passer définitivement par pertes et profits dans «L’Amour en fuite»!

Mais suite à leur prix d'interprétation que pourra-t-il advenir d’une Emilie Dequenne (Rosetta), d'une Séverine Caneele et d'un Emmanuel Schotté  (L'Humanité) pour un prolongement de leurs destins dans le 7ème Art? Pourraient-ils a contrario composer en acteurs professionnels d’autres personnages, d’autres vécus différents? Qu’il nous soit permis ici d’en douter!...

Le travesti de «Tout pour ma mère» (Pedro Almodovar) déclare en substance que la véritable authenticité n’apparaît que dans le projet que l’on a de soi-même, fût-il hors normes conventionnelles! Alors quelle vérité artistique pour quel film et pour quel comédien? Certes pas simple d’être jury!...

Pas simple non plus d’être Cinéphile dûment accrédité!... Souhaitant assouvir son désir de projections avec satisfaction, ce festivalier doit nécessairement s’appuyer sur la solidarité,  certes sympathique, des accrédités professionnels!... toutefois cette conviviale redistribution «à la criée» des invitations sur le parvis du palais incite à penser qu’une meilleure répartition initiale de ces dernières serait sans doute souhaitable!...

En outre contredisant les potentialités du badge «Forum Cannes 99», devenu en la circonstance plus une décoration qu’un sésame, l’accès au Palais du Festival sans invitation ponctuelle fut irrémédiablement refusé à ses détenteurs désappointés pour cause officieuse de "vigi-pirate"!... Sans doute le syndrome du bouc-émissaire a encore sévi chez les responsables bien pensants que le danger viendrait comme il se doit des non-professionnels de la profession!...

Vous avez dit «cohérence» pour le Festival de Cannes 99, alors disons que dans cette perspective, la «Sécurité» ne  fut pas «raccord» avec le Palmarès!... Une preuve de l’esprit d’escalier en quelque sorte, c'est-à-dire celui des «fameuses Marches»  bien évidemment!...

Enfin pour la bonne bouche, alors que le film de Pedro Almodovar (TODO SOBRE MI MADRE compétition) se déroule sous fond de représentations théâtrales d’un «Tramway nommé désir», nous souhaitons mentionner spécialement pour EN COULISSE deux superbes films l’un concernant la liberté d’expression théâtrale avec le jeune Orson Welles dans le New York de 1936 (CRADLE WILL ROCK - Tim Robbins - compétition), l’autre les tourments amoureux et paternels confrontés à la pratique du Kathakali (mime et théâtre) durant les années 30 au Kerala dans le sud de l’Inde. (VANAPRASTHAM - Shaji Karun - Un certain Regard).

Que vive désormais le fastueux Festival de Cannes 2000!...

Theothea le 25/05/99

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LES MARCHES DU PALAIS

One Man Show filmé par Bernard Dartigues

Mise en scène: Philippe Caubère

avec Philippe Caubère 

Le "Festival de Cannes" qui se regarde à travers les yeux de Philippe Caubère? Ce 4ème épisode du "Roman d'un Acteur" filmé par Bernard Dartigues et présenté en séance spéciale à l'occasion du cinquantenaire du Festival, constitue un tableau surréaliste de la présentation du "MOLIERE" d'Ariane Mouchkine sélectionné en 1978 en compétition officielle.

Ce film rejeté alors par la presse, lors de sa présentation à Cannes est l'occasion pour Philippe Caubère d'observer ce phénomène médiatique et culturel annuel qu'est le Festival de Cannes en multipliant les points de vue, navigant des contraintes du protocole officiel aux soucis de l'hébergement et de la restauration organisés par la production, en passant par la hantise des conférences de presse, le photo call, les rencontres avec la profession, le voyage aller et retour avec les autres membres de l'équipe etc....

Philippe Caubère pointe le Festival de Cannes comme le lieu de toutes les exacerbations qu'elles soient bénéfiques au film ou destructrices; en effet remontent lors de la présentation aux Festivaliers toute l'Histoire et toutes les histoires qui ont participé à la réalisation du film sélectionné avec en premier lieu évidemment le montage financier auquel viennent s'associer immédiatement les louables intentions artistiques....

Alors fleurissent les jugements à l'emporte pièce et définitifs sur tel ou tel comédien, sur l'incompétence de tel producteur, sur la mauvaise foi des critiques, sur ce linge sale qu'on ne peut laver qu'en famille, fût-elle de théâtre ou de cinéma!....

Ces portraits féroces tracés sens dessus dessous et tout azimut accumulent une énergie de passion dont seuls les sentiments humains portés à leur incandescence peuvent connaître l'intensité! Goûter à ce trop plein, c'est à coup sûr vouloir s'en débarrasser pour mieux s'en délecter la fois suivante....

Un peu comme si bourreaux et victimes s'interchangeaient au fur et à mesure des palmarès ces rôles de poupée chiffon qui cachent en fait un incommensurable plaisir de la confrontation dans la sphère de l'expression artistique....

Philippe Caubère ignore les amertumes car il montre cette nécessité qu'ont les créateurs de s'opposer, de construire les conflits, de compliquer les situations pour parvenir enfin à la re-connaissance de leurs pairs....

Et c'est ainsi que sur la toile de fond d'une Sélection officielle à Cannes, il interprète cette scène d'Anthologie entre Ariane Mouchkine et lui-même confinés dans une vieille 2cv où les noeuds oedipiens vont être malmenés à souhait pour mieux les faire rompre au grand jour et aux yeux de tous.....

Dire que le film de Dartigues/Caubère est hilarant et savoureux est bel et bien euphémisme, mais affirmer qu'il pourra plaire à tous est néanmoins une contre-vérité car si l'interprétation en forme de charge caricaturale de Caubère est constamment efficace quoique quelquefois redondante, il est indéniable que la connaissance du contexte est indispensable pour apprécier à sa juste valeur ce numéro exceptionnel d'un comédien au paroxysme de ses moyens...

Par conséquent une connaissance relative de l'histoire de la troupe d'Ariane Mouchkine élaborée tout autour du Théâtre du Soleil à la Cartoucherie de Vincennes et une vision du film "MOLIERE" ne sont pas inutiles si l'on ne veut pas laisser aux seuls "Happy few" la satisfaction de sourire en hurlant de rire aux contorsions hystériques et généreuses d'un acteur en plein roman!.....

Theothea le 21 Mai 97

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