Origines
de la ville
Croissance
et destruction de Liège
Destruction
de la ville
La
reconstruction
La
révolution liégeoise
La
révolution industrielle
Liège en 1693
Origines de la ville :
Les recherches archéologiques réalisées dans le sol
de la place St-Lambert ont permis de dater
au paléolithique les premières traces doccupation du site
par lhomme. Au cours de ces fouilles de nombreux
témoignages de peuplement ont été mis à jours et cette
occupation humaine paraît avoir été continue à travers la
préhistoire. Ce peuplement préhistorique ne sest
dailleur pas limité à cette partie de la vallée. Sur les
hauteurs, boisées à cette époque on retrouve aussi des traces
d'occupation (Saint-walburge, Cointe, Fragnée, Thier-à-Liège).
Mais la découverte principale a été celle
de la villa romaine, en 1907, sur le site de lactuelle
Place St-Lambert. Cette villa est remarquable par la présence
dun hypocauste, nom donné par les Romains à un ingénieux
dispositif qui pouvait à la fois servir à chauffer des
établissements de bains, dautres locaux plus ou moins
vastes ou de simple pièces dhabitation.
Lorigine moderne de la cité de
Liège remonte quant à elle, au VIème siècle, lorsque saint
Monulphe, évêque de Tongres qui se rendait de Dinant à
Mastricht, sarrêta dans un vallon où se trouvaient
éparses quelques chaumières construites sur le bord dun
ruisseau appelé Légia. Surpris par le paysage pittoresque
quil apercevait de toutes parts il sécria : «
Cest ici la place que Dieu a choisie pour le salut
dun grand nombre, cest ici que doit sélever
plus tard une ville puissante ; nous y ferons nous même bâtir
un petit oratoire en lhonneur de saint Cosme et de saint
Damien ».
Croissance
et destruction de Liège :
Quand Notger accède au poste dévêque de Liège, en
lan 972, le coeur de Liège est constitué par le complexe
de St-Lambert avec la cathédrale et ses annexes, le palais, léglise Notre-Dame. Vers lest
la population sest établie autour du marché. Au
nord-ouest, lévêque Richaire, constatant la fixation de
la population sur la rive gauche de la Légia, y avait fondé une
église dédiée à St-Servais. Le Publémont était quant à lui occupé
par la collégiale St-Martin
et léglise St-Laurent édifices inachevés à
lépoque.
A partir du XIe siècle, Liège sépanouit. Les successeurs
de Notger inspirés par loeuvre de celui-ci, suivent
lexemple : Baldéric fonde labbaye St-Jacques sur lîle et la collégiale St-Barthélemy au nord de la ville, Réginard achève
létablissement de léglise St-Laurent sur le
Publémont.
Mais surtout Liège souvre sur le monde. La route de
France, actuelle rue St-Gilles, est reliée directement à la
cité par le pont dAvroy. La route dAllemagne est
accessible par la construction dun ouvrage dart
remarquable : le pont des arches. Liège qui était déjà
capital dun diocèse et dune principauté devient
également une des capitale du savoir. De tous les coins de
lEurope on vient suivre lenseignement des maîtres
liégeois. Cet épanouissement est aussi perceptible dans les
arts plastiques avec lart mosan, ses oeuvres
dorfèvrerie, ses manuscrits à miniatures, ses ivoires.
Plus tard la formation des paroisses va progressivement assembler
les fils du tissu urbain, renforcer les groupements humains,
établir entre eux des chaussées, des rues, des ruelles et des
impasses. Le territoire de Liège est en fait réparti en 24
entités paroissiales dont 17 comprises dans lenceinte
notgériene. Mais, dés 1071, la création de léglise de
St-Remacle-au-Pont consacre la reconnaissance dun secteur
extra-muros. Ainsi nait le quartier
dOutremeuse.
A linstar des villes de la France, de lEmpire, de
lItalie, lexplosion démographique qui éclate au
XIIIe siècle rompt les fortifications primitives de Liège.
Cest pourquoi de nouvelles enceintes sont construites
début du XIIIe siècle.
Destruction
de la ville :
La volonté des ducs de Bourgogne est de créer un puissant état
entre la France et lEmpire, ils rassemblent progressivement
les Pays-Bas sous leur pouvoir. Seule la principauté de Liège,
attachée profondément à ses libertés, refuse la tutelle
bourguignonne. Au terme de violents affrontements, la ville est
mise à feu et à sang en 1468 et sa population victime dun
terrible génocide, perpétrer par Charles le Téméraire.
Le visage médiéval de la cité mosane disparaît
irrémédiablement. Dautre traits vont le remodeler, lui
donner vie et vigueur. Une nouvelle période d'évolution urbaine
souvre avec le XVIe siècle, la Renaissance, les Temps
modernes.
La reconstruction :
Des édifices de plus en plus considérable par leurs proportions
voient le jour. Ce sont des bâtiments à fonction publique et
des maisons canoniales. Ces dernières abritent les dignitaires
ecclésiastiques de la cathédrale et des 7 collégiales. Rien
nest trop beau pour loger les membres de leur famille, les
domestiques, le mobilier et les collections.
Louis de Cortenbach est de ceux-là. Aux abords de la
cathédrale, il fait bâtir un somptueux hôtel . Arnold van
Mulcken, larchitecte qui a conçu cet ensemble, cherche une
voie nouvelle, encore inspiré par le gothique on le sent attiré
par les innovations qui viennent de France et dItalie. Une
occasion exceptionnelle va lui permettre de donner toute la
mesure de son talent. Le prince Erard de la Marck va lui confier
la réalisation du palais épiscopale, entre 1526 et 1536.
Avec Erard de la Marck qui fait sa joyeuse entrée en tant que
prince évêque de Liège, le 30 mai 1506, la paix et
lhomme moderne pénètre dans la Cité. Il fréquente les
têtes couronnées et les humanistes les plus réputé.
Cest au contact de ces personnalités très diverse, mais
qui ont fait passer lEurope du moyen âge à la
Renaissance, quErard de la Marck jette les bases dun
mécénat dont il fit avant tout profiter Liège et son pays. Sa
première préoccupation fut, comme nous lavons déjà vu,
de reconstruire le palais.
Lextension de lhabitat établit une communication
directe entre la ville et les faubourgs, mais elle est freinée,
dans la partie nord, par la présence des portes et des remparts.
Dés que lon passe Hocheporte, on se retrouve à la
campagne, au milieu des fermes au toit de chaume. En revanche,
lindustrie sest installée sur certaines îles de la
Meuse : une « fournaise où lon fait le fer » occupe,
depuis 1566, la moitié de lîlot en Boverie.
A la force économique dun peuple conscient de ses droits
et jaloux de ses libertés sassocie un nouveau pouvoir :
celui du capitalisme qui se forme et dessine peu à peu ses
structures. Les industries nouvelles comme le salpêtre, la
poudre, jointes à celle du fer trouvent une application
extrêmement rémunératrice dans la fabrication des armes, des
canons et des munitions. Cest ce qui va faire la fortune de
celui qui représente, dans la principauté, la réussite
exemplaire du grand capitalisme. Jean Curtius a laissé à Liège le symbole fastueux de
sa puissance : le « palais » qui porte encore aujourdhui
son nom et qui constitue le spécimen le plus caractéristique de
larchitecture privée liégeoise du début du XVIIe
siècle.
La
révolution liègeoise :
Chez un peuple où tous les événements français trouve un
écho immédiat, la prise de la bastille détermine, le 18 août
1789, la révolution liégeoise. Après deux brèves restauration
du pouvoir épiscopal, Liège accueille avec chaleur les troupes
françaises qui libèrent le territoire de la Principauté.
Celle-ci disparaît avec le rattachement à la France, le premier
octobre 1795, huit cent quinze ans dhistoire viennent de se
clore. Pour en abolir définitivement le souvenir, il faut
détruire le symbole monumentale. Cest ainsi que la
cathédrale Saint Lambert est stupidement et systématiquement
démolie. Elle ne renaîtra jamais de ses cendres. Le régime
français passe, le régime hollandais lui succède et, avec lui
Liège entre définitivement dans lère industrielle. Cette
révolution va entraîner une réorganisation importante du tissu
urbain.
La
révolution industrielle :
Lessor économique dont bénéficie le bassin liégeois à
partir du régime hollandais a, sur les travaux publiques, des
répercussions immédiates qui se prolongeront jusqu'à la grande
crise de 1929-1930. On cherche dabord à gagner du terrain
à bâtir en comblant les biefs et rivelettes de la Meuse qui
sillonnent le cur de la ville. Sur la rive droite, on
assiste à la même victoire du sol à bâtir dans les quartiers
des Vennes et de Fétinne. Mais la décision la plus importante
concerne laffectation de lespace laissé vide par la
destruction de la cathédrale. On décide dy construire une
place. Celle-ci voit le jour en 1827 et devint petit à petit la
plaque tournante dun trafic important et le point de
concentration dun commerce très actif. Au nord, la façade
de lancien palais des princes-évêques ferme avec
solennité le nouvel espace. Il faut cependant attendre 1885 date
de la construction du Grand Bazar pour équilibrer cet imposant
vis-à-vis. La rectification du bras principal de la Meuse
entraîna, dautre part, des modifications fondamentales
dans lîle située devant lancienne abbaye
St-Jacques, plus connue sous le nom dîle du commerce. La
conquête de cette plaine se fit progressivement : établissement
de bassin pour la navigation, qui vécurent à peine 20 ans, puis
peuplement systématique de toute la superficie, construction de
maisons bourgeoises, installation du conservatoire de musique
(1887), aménagement des terrasses. Auparavant, dés 1844, le
canal de la Sauvenière est voûté. De ces travaux naquit le
boulevard de la Sauvenière, qui trouve sa continuation dans le
boulevard dAvroy. La gare des Guillemins est créée en
1842 dans un espace encore vert.
La présence de la gare provoque le développement dun
nouveau quartier, sillonné par de grandes artères. A mis
parcours de la rue du Louvrex, un jardin botanique apporte la
fraîcheur de ses ombrages. Sur la rive gauche, les
transformations ne sont pas moins importantes. A son tour la gare
de Longdoz, qui assure depuis 1861 la liaison ferroviaire avec
Maastricht, détermine lextension dun quartier
commerçant et industriel. Quand au quartier de lest, il
est radicalement transformé par la création de la dérivation
de la Meuse, depuis Fétinne.