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"malaise" lycéen ... et ''droits de l'enfant'' :
JAUNE DEVANT,
MARRON DERRIÈRE.

(dessin d'un élève de 5°, paru dans "Possible" en 1977)
       DU P.Q. ... POUR LE Q.I.

      Aussi étonnant que cela puisse paraître,
      lorsqu'on oblige 400, 800, 1200, voire 2000 enfants ou adolescents à être présents de 8 heures à 16 - 17 heures ou plus, dans un lieu clos (école, collège, lycée),

    il peut arriver que plusieurs dizaines, ou centaines d'entre eux, en fonction du menu du jour, aient, à un moment ou un autre, des besoins - dont on dit qu'ils sont "naturels" - à satisfaire.

    Aussi étonnant que cela puisse paraître,
    dans un pays qui se passionne considérablement, depuis quelques années surtout - américonnerie oblige - pour les fesses de ses enfants et adolescents, à en juger par le volume consacré en pages magazine ou heures de radio/TV à leur défense et illustration, comparé à celui consacré au fonctionnement des écoles, collèges et lycées, il semble qu'on ne s'intéresse pas non plus au fonctionnement du tube digestif de ceux qui les fréquentent.

    SANS P.Q. LE NIVEAU BAISSE ...
    Aussi étonnant que cela puisse paraître,
    le tube digestif des humanoïdes, fussent-ils mineurs, comporte une entrée et ... deux sorties.
    L'entrée, c'est-à-dire le menu, mais aussi et peut-être surtout, les conditions dans lesquelles il est absorbé, n'intéresse à peu près personne. Que de plus en plus d'enfants-ados en soient exclus pour cantine non payée a ému quelque peu l'an dernier. Mais on voit toujours à l'heure des repas des "scolaires" de tous âges se partager une frite ou un sandwich aux abords de beaucoup d'écoles publiques comme privées.

    Le profit que peut en tirer l'organisme pour la reconstitution des réserves énergétiques permettant notamment une attention soutenue pendant 2 à 4 heures de cours, et  une activité physique normale jusqu'au repas du soir, est généralement assez faible. En cause : le menu, mais aussi les conditions d'absorption.

    Quant à la "sortie", c'est-à-dire les conditions dans lesquelles un individu, fût-il mineur, peut satisfaire à des besoins qualifiés de naturels, elle sont généralement dignes d'un pays dit "en voie de développement". Encore peut-on là-bas, trouver un buisson et quelques feuilles ad-hoc. Sans doute remplacées par un glaçon dans les pays de l'Est ?
    Mais ici, sans P.Q., comment peut-on espèrer améliorer le Q.I. de notre belle jeunesse ?

    Ici, dans un pays on ne peut plus civilisé,
    qui s'apprête à équiper toutes ses écoles en "tuyauterie" électronique, celle des WC scolaires - et celle des individus qui tentent de les utiliser - sont soumises à rude épreuve, et souvent même débordées.
    Les guides touristiques ont longtemps déploré l'état des WC de nos bistrots. La plupart de ceux qui se sont améliorés sont passés au tarif "sanisette" : il faut payer pour se soulager. Mais un patron de bistrot ne connaît pas tous ses clients, n'en est pas responsable, et ... il ne les oblige pas à séjourner dans son établissement de 8 heures du matin jusqu'en fin d'après-midi..
     

    Les résultats d'un "sondage" qu'un organisme habilité, ou une association de parents, pourrait reprendre de façon systématique, effectué depuis quelques mois au hasard des rencontres avec des profs, parents ou élèves, fait apparaître :

    - que la plupart des établissements, publics surtout, sont habituellement démunis de papier hygiénique. "Ca coûte cher", dit une affichette placardée par le proviseur dans les WC ... des profs. "Ils le gâchent", disent en choeur les enseignants.

    - lorsqu'il y en a, c'est dans le bureau d'une personne, adulte, salariée, qui le distribue feuille à feuille sur demande. J'ignore s'il existe un quota, s'il faut signer un reçu, et restituer les feuilles non utilisées.

    - beaucoup de portes ne ferment plus, et doivent être tenues par un-e camarade qui en attend la réciprocité, mais il faut faire vite, très vite. Et l'on s'étonne que nous soyons dans un pays de constipés !

    - le nombre de cabines est insuffisant par rapport à l'effectif. Il le serait largement si leur usage relevait du bon sens qui voudrait qu'on les utilise quand on en a besoin. Il ne l'est pas puisque le régime militaire en vigueur dans nos établissements scolaires - mais plus dans nos casernes -  exige qu'on ouvre toutes les portes des classes au même moment. Seuls les plus rapides, ou les plus forts, arrivent aux fosses d'aisance. C'est la vie, soupire Madame Michu. Faut leur apprendre la compétition, seuls les plus forts survivront, affirme Mr Ducon, responsable des stages d'endurance et donc de la DRH chez Americo & Con illimited. (*)
    Et donc délégué de Parendélève-sarl.

    SANS P.Q., LE NIVEAU MONTE ...

    pas de papier, mais quelquefois une trombe d'eau...

    - beaucoup de cabines sont impraticables : risques de dérapage et/ou montée des eaux, les canalisations supportant difficilement les divers objets-susbstituts au PQ (foulards, tee-shirts, casquettes, cahiers, emballages et autres, "trouvés" dans les couloirs ou salles de classe en cas de besoin incompressible).

    - les lavabos, en nombre insuffisant, à l'eau froide évidemment, lorsque l'eau coule encore, sont la plupart du temps dépourvus de savon (ça coûte cher...)

    - l'essuie-mains, s'il existe, intéresserait sans doute beaucoup les chercheurs de l'Institut Pasteur. Plus modestement, si la DDASS, dont c'est une des prérogatives, effectuait des contrôles à l'entrée de la cantine, on pourrait avoir des chiffres intéressants.

    Le Dr Frédéric Saldman (*), nutritionniste, attirait récemment l'attention sur le fait que le passage aux toilettes même "confortables" accroissait considérablement le nombre de germes sur les mains des individus même bien élevés. La proportion d'une bactérie particulièrement dangereuse - parfois tueuse -  passe de 4% en entrant à 25% en sortant, et faute d'un lavage et essuyage soignés des mains, est à l'origine de nombreuses infections.
    Les élèves savent ce qu'il leur reste à faire à la veille d'une interro, d'un bac blanc ou d'une journée ensoleillée : téléphoner à la DDASS, aux pompiers, au maire et à toutes les ligues passionnées par ce qui se passe dans leur culotte et leurs jeux de main. Inspection-surprise à l'entrée du réfectoire, prise d'empreintes digitales sans même besoin d'un tampon encreur ... et arrêté de fermeture de l'établissement pour raisons sanitaires. Comme une vulgaire friterie de la Côte d'Azur au mois d'août.

    (*) "On s'en lave les mains" - Flammarion

    Élevons le débat. Qui n'est pour l'heure qu'un monologue!
    A l'heure où la "citoyenneté" est sur toutes les bouches officielles et militantes, sans parler du respect de son corps et de celui des autres, et plus hystériquement, de ses fesses et de celles des autres, ne conviendrait-il pas de commencer par permettre aux enfants et adolescents de satisfaire leurs besoins organiques non seulement dans des conditions d'hygiène élémentaire, mais aussi de respect élémentaire de soi et des autres ?

    Attend-on que la situation soit suffisamment désespérée pour confier la gestion de sanisettes scolaires à Decaux & Co ?. Et leur surveillance à Vigile & Co ? L'opinion, qui n'en a pas plus sur ce sujet que sur d'autres, trouverait ça très bien. Avec des distributeurs automatiques ... de tout (jeton, papier, eau, savon, serviette, aspirine, pansements, calmants, remontants, cigarettes, friandises, coca..). Avec des caméras vidéos, ce serait encore mieux ("Quand on n'a rien à se reprocher ...").
    Il ne vient plus à l'idée de personne de mettre en cause le rôle et le coût, officiel et officieux, des cantines reliées à une cuisine centrale livreuse de "plats" à réchauffer, et faire ingurgiter le plus vite possible. Et lorsque chez les Deschiens, on tombe, vraiment par hasard, sur un reportage montrant des lycéens (du lycée expérimental de St Nazaire) en train de faire le menu, le devis, les courses, la cuisine, le service, la vaisselle et le rangement ... on en conclut qu'il ne peut s'agir que d'un lycée hôtelier.  - Non, madame, c'est un lycée, ordinaire, avec des gens ordinaires. - Et c'est en faisant les pluches que mon fils va devenir informaticien et ma fille attachée de direction ? Ca va pas la tête ?

    On s'indigne, à gauche en tout cas, de ce que depuis les dernières élections, des représentants d'un parti raciste et xénophobe puissent sièger désormais de droit dans les Conseils d'Administration des lycées de leur région. Mais que peuvent-ils inventer de "mieux" en matière de mépris de la personne humaine, de mépris de soi, et des autres ? Ils trouveront certainement, d'autant plus que le terrain aura été bien préparé. Le papier des invendus de Minute est-il plus doux que celui de Présent ? Plus résistant que celui de National Hebdo ? Je ne connais pas bien le sujet.
     

    Vite ! entre la journée du dromadaire et celle de la citoyenneté, instituons la journée du PQ. Si le DirCom du DirCab du ministère concerné est en panne d'idées pour les slogans, les affiches, les petites phrases et les gestes forts du ministre pour le JOUR J, qu'il me fasse signe. Je pense que Cabu, Charb ou Faujour ne refuseraient pas de se pencher sur le problème s'il s'agit d'une Grande Cause Nationale.

    Roger Auffrand
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    (*) Anti-américanisme ? Non, mais ... :
    " Et le New-York Times imagine notre avenir ... "
LUZARCHES

UNE MANIF "HYGIÈNIQUE"

Malgré les vacances de la Toussaint, les élèves du lycée Gérard-de-Nerval, à Luzarches, ont décidé de ne pas baisser les bras. Voilà un peu plus de deux semaines, le 8 octobre, deux cents d'entre eux s'étaient déplacés au rectorat de Versailles (Yvelines) pour demander des dotations budgétaires supplémentaires et protester contre l'insécurité. Une de leurs revendications · et pas de moindres · concerne « l'absence systématique de papier hygiénique dans les toilettes de l'établissement ». Las de voir perdurer cette situation embarrassante, les lycéens ont décidé de se munir, pour la rentrée du mardi 3 novembre, de rouleaux de papier toilette. Des rouleaux qu'ils devraient symboliquement déposer par centaines dans la cour de Gérard-de-Nerval.

 ("Le Parisien" du 27 10 98)
 
 
Affiché dans les W.C "profs" d'un lycée d'Ile de France (97/98) :
 
Proposition de sujet de bac :

Sachant qu'un lycée comporte en moyenne 526 élèves, 20 WC, dont 3 inondés, 4 sans chasse d'eau, 7 sans porte, 3 avec porte fermée de l'intérieur, que le temps moyen d'utilisation légale est de 4 fois 20  minutes dans la journée, que le lundi - donc lendemain de dimanche mac'do - est jour d'épinards congelés, le mardi c'est interro-surprise, le jeudi -donc lendemain de mercredi mac'do - c'est lentilles aux haricots verts à fils ou flageollets offerts par la coopérative de Tchernobyl, que le jeudi on a les notes de l'interro, et que le vendredi - donc veille de samedi mac'do, c'est poisson pané pas frais, que le rouleau de PQ coûte entre 50 centimes (modèle kraft léger, simple épaisseur mais robuste, camaïeu-matière, camouflage ton sur ton, surplus JMJ, fourni par l'armée sur les surplus d'Algérie) et ... 1 franc (triple épaisseur, ouaté, rose pour les filles et bleu pour les garçons, parfumé à la rose synthétique, avec dévidoir musical fourni pour 500 rouleaux, vu à la TV, made in France), que l'eau est fournie par la Vivendi, que le karaté n'est pas encore obligatoire dès la maternelle, que le port d'armes est en principe interdit, que les Conseils généraux disposent de 40 milliards pour la rénovation des lycées, que les prochaines élections vont coûter très cher en affiches et bakchiches, que les bureaux d'études n'ont plus la cote, mais que le beau-frère du conseiller dirige une entreprise de rénovation, et sa belle-soeur une imprimerie éditrice de catalogues sur l'architecture scolaire du 21° siècle, que le proviseur est à deux ans de la retraite, que le conseiller principal d'éducation est garé en double file-faut-qu'on-en-reparle-demain, et que les syndicats syndicatent, et que les associations parendélèvent, et que finalement onypeurien-toulemondesenfou-onatoutessayé-çavapété-yaka,

1 - 1515 ?
2 - Le trou de la sécu en 2015 sera-t-il plus ou moins bouché que celui du fondement de notre belle jeunesse ?
3 - Imaginez l'émerveillement d'un spéléologue du 6° millénaire découvrant sous le glacis de la croûte terrestre une cabine de WC scolaire "intacte" et s'interrogeant sur le sens des signes tracés sur les murs avec un matériau d'origine mystérieuse. Croquis autorisés, originaux déconseillés.
4 - Combien de jours dure une semaine citoyenne ?
5 - A partir de l'état de fait, et des lieux, décrits ci-dessus, imaginez une campagne de sensibilisation du grand public à ce douloureux problème occulté par les médias et la loi du silence, destinée à pousser un grand cri du genre "Mon corps, c'est mon corps" et avec l'accent québécois de préférence.
6 - Qui se fout de qui ?
7 - Qui accepte ?
8 - Pourquoi ?
9 - Jusqu'où ?
10 - Les Francs-maçons en sont-ils responsables ?
11 - Le bébé qu'on a vu à la TV pendant des années sortir cul nu des WC en déroulant un rouleau de PQ dans l'appartement, aujourd'hui lycéen ne regrette-il pas son geste ? Ses géniteurs ont-ils été condamnés pour proxénétisme ou pour gaspillage ?
12 - Vous venez d'être élue présidente de la coordination lycéenne, et vous envisagez d'en faire un thème de campagne. Envisagez-vous toujours également un poste de conseillère au cabinet du ministre ? Avez-vous renoncé à remplacer Georgette Lemaire au Conseil Economique et Social ? Un poste d'administrateur de la MNEF ne vous tente plus ? Résumez vos dilemnes en trois points, et concluez.
13 - Démontrez que  PQ +3,14-7 = 3,14-3,14-K-K. Graphiques sur papier millimétré.
                                QI
14 - Qu'attend-on pour exiger plus de moyens, afin de pouvoir équiper chaque élève du dispositif ci-dessous ?



 
 
 

Propreté des toilettes à l'école : l'état d'urgence
 (Ouest France - dimanche 1 avril 2007)
Hygiène déplorable, problèmes de santé, etc. Après les vacances de Pâques, le ministère de l'Éducation va lancer une vaste enquête en France. 
Du papier toilette par terre qui baigne dans l'eau, des savons crasseux, des endroits pas chauffés situés au fond de la cour, des odeurs épouvantables et du pipi partout... Les toilettes des écoles françaises sont dans un sale état. 

Une enquête de la Fédération des délégués départementaux de l'Éducation nationale, réalisée fin 2006 auprès de 32 000 écoles, l'a en partie démontré. C'est maintenant à l'Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires (1) de mettre le nez dedans. Et ce n'est pas si simple. « La propreté des toilettes dans les écoles dépend, pour les petites écoles, de la mairie, pour les collèges, des départements et pour les lycées, de la région, précise Marie Hélène Bourcheix, chargée de mission à l'Observatoire. Donc pour avoir des informations fiables, c'est un peu galère. Certains élus n'aiment pas que l'on montre du doigt les sanitaires de leurs écoles. En plus, à un an des élections municipales, les choses se compliquent. Pourtant, c'est un vrai problème de santé publique. » Un gros problème même. L'Observatoire a donc décidé de lancer après les vacances de Pâques une grande enquête auprès de toutes les écoles françaises « sur la base du volontariat et de manière anonyme » note Marie Hélène Bourcheix. « On va envoyer des questionnaires aux enseignants pour qu'ils nous fassent part de leurs remarques. On épluchera ensuite les résultats. » 

L'Observatoire possède déjà quelques données issues d'enquêtes de fédérations de parents d'élèves. « On sait qu'il y a des problèmes d'hygiène qui provoquent des troubles intestinaux et urinaires. On ne comprend pas pourquoi, dans certaines écoles, les WC ne sont nettoyés qu'une fois par jour. On ne comprend pas pourquoi il n'y a pas de portes pour préserver l'intimité des enfants. C'est désagréable, même quand on est tout petit, de se faire déshabiller devant ses camarades. » Autre problème, l'incontinence des enfants liée à la propreté des WC : « Devant des toilettes sales, les enfants se retiennent. Découragés. Surtout les filles. Et c'est un vrai problème » explique Marie Lenoir, médecin à l'Éducation nationale, qui a rédigé un rapport sur ce sujet : « La vessie doit être vidée cinq à six fois par jour, dont deux à trois fois à l'école. Certaines petites filles, que j'ai rencontrées, m'ont expliqué attendre le soir pour faire pipi. Se retenir peut provoquer de graves infections urinaires. Autre problème, on oblige parfois les enfants à faire pipi lors de la petite sortie du matin. C'est une erreur. Car l'enfant va pousser en vain. Et cela peut provoquer des dégâts sur le bassin. »

L'enquête terminée, l'Observatoire veut faire de la pédagogie : « Via les enseignants, nous pensons donner quelques règles pour que les toilettes restent propres. Il faudrait les nettoyer cinq à sept fois par jour. Nous souhaitons également rééduquer les enfants pour leur rappeler qu'il faut, par exemple, se laver les mains avant et après. C'est important pour l'avenir. Regardez l'état des toilettes dans certains restaurants ou, pire, dans les trains. Les grands sont très mal éduqués. Mais ça, c'est un problème plus global. Il faut donc apprendre tout jeune les bonnes habitudes. »

Vincent JARNIGON. 
(1) Instance indépendante régulièrement missionnée par le ministère de l'Éducation nationale. 

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