ATELIER D'ECRITURE (Musica Eternal) |
ETAT TERMINAL DE POESIE
Une nouvelle fois perdu dans les désespérances, Le sang tourne plus fort à l'intérieur des tempes. Tour à tour, mon visage se jette dans ses métamorphoses, Se glace, pour apparaître soudain décharné et splendide... Essayant d'étirer son reflet dans un miroir dégoûtant, j'ai trompé mes yeux, je n'ai pas réussi à trouver comment, Il me fallait hurler...et ainsi je retourne à mon sable émouvant, et vous savez ô diable...comme le pas y est ralenti! Si l'ascension vers la vie pouvait se représenter, Comme un échafaudage sur une tour d'ivoire, Nous n'aurions pas besoin d'aller au plus haut, Pour en admirer la vue...chose que nous oublions! Il y a de mauvaises choses qui poussent en nous... Cheuveux fourchus, ongles incarnés, poils rugueux. Tout ceci fait oublier la juste chaleur d'un corps, Ce corps qui de poésie se déchire! Est-ce que l'âme est sensible sans le coeur? Serait-ce elle qui faisait la papillon dans la brume, Tatouant ma peau de sa noire épave, Comme la nuit sur nos étoiles? Oui...et elle m'a chaviré! Musica Eternal, Décembre 1999.
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DERNIER AMOUR Mes souvenirs de toi sans ton visage, Flottent tendrement à l'intime destination d'une larme... Une larme qui vagabonde maintenant, seule, désormais libérée, De ma paupière; comme si elle était emprisonnée... Comme si je pouvais la retenir, moi! Et quand bien même il semblerait qu'elle se solidifie, A la mesure d'un beau regret épars en moi; Que j'ai accepté, nourri à la peur pendant tous ces jours, Nu en ton absence... Elle m'échappera avec un dernier reflet d'adieu; A la première heure de détresse de mon courage! Une larme, est-ce tout ce que tu pouvais me laisser? Est-ce le dernier échange de tout l'amour que je t'ai donné? Autour de quelle loi, m'imposes-tu cet opéra tragique où je dois seul périr? Par derrière je suis poignardé...je pensais notre histoire à jamais épargnée! Plus précieuse dans son aveu, Si délicatement opposée à la perte de ta lumière. Cette lumière, dernier flambeau que je ravive péniblement, A l'art sublime de ta beauté, jamais oubliée...mais, jamais tout à fait reproduite! Je la sens pourtant quelquefois à mes côtés, absolue à conserver ce serment Impérissable de ton harmonie...si chère à mon coeur! Quand je repense à nos joies, à nos plaisirs indécents Même de fantaisie, à ce que ma mémoire en garde; Comme un époux attendrissant et fidèle! Je perds tout âge, toute correspondance avec la tournure Si cruellement amère de notre amour, comme si encor, Il avait été dévoré par des loups que tu aurais dréssés contre moi... Et me laisser ainsi déchu, le coeur paralysé inexplicablement... Personne ne peut décrire ce que mon coeur a subi, Te dire que j'ai ressenti la perte de mon espoir en ton amour, En tout amour, serait une bien faible comparaison! Tel un réfugié nostalgique, j'erre sans but, Conscient que l'on ne m'y reprendrait plus... Me faire voir la belle allure de ton visage ébloui, Par tant d'alchimie amoureuse, que tel Merlin j'ai enchanté; Oh! Le beau mirage! Si l'on m'avait prédit qu'il serait plus tard, Ordonné à ce que gagne perdu dans la folie...un lit de vers! à Frédérique Musica Eternal, Printemps 1994/99.
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LETTRES à MARGOT Extrait lettre XIV Paris, 1 septembre 1902 Ma douce et tendre, Ce soir le soleil est délicat à atteindre... Il n'est pas là et même je ne le désire pas! Pourtant, mon soleil c'est bien vous! Ah! Comme l'heure qui s'avance me laisse à souffrir... Oh! Pardonnez-moi Margot de ne désirer que votre compagnie; 'Ma solitude est une tristesse sans deuil...' Car je ne vous ai pas perdue Margot, Vous êtes seulement dans un autre silence, Amèrement subtil à mon goût! Je ne pouvais vous accompagner au musée du Louvre. Ces statues, me font encor comme un effet mystérieux, Je me sens comme meurtri en les voyant... Peut-être est-ce là un mal que vous saurez guérir? Je m'en veux Margot, et je sais que je rate de merveilleuses choses, Votre passion pour ces oeuvres ne se mesure pas encor dans ma vie, Ni dans l'espoir de mon âme... Car l'âme est avant tout un espoir, Une idole que le temps n'effraie pas, Un sérum d'innocence dans l'amour... Vous me conterez tout ce que vous avez vu D'immédiatement tragique, n'est-ce pas? J'ai hâte de vous entendre flirter avec les mots... Margot, emportez-moi dans une de vos valses légères, Dans le rythme familier de la passion, Autour duquel nous ferons bon acceuil D'un divin verre de champagne... Je suis transporté à vous aimer, infiniment, Dans l'espace-univers, 'quelque part hors du monde...' Et vous entraîner vers je ne sais quelle délicieuse énigme... Margot, ma passion pour vous est une folie! J'essaye d'amener un sourire sur ce visage... Pour quelques heures orphelin de vos baisers! Mais mes yeux hélas sont dévorés! 'Des têtes doivent tomber et je ne peux les retenir...' Excusez-moi Margot tendrement, amour... Gordon. Musica Eternal, 1998.
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MON PETIT OISEAU DE PARADIS Quand vînt un jour Au regard de ma nature, un petit oiseau de paradis; Une étoile où nulle autre s'émerveille, Se mira dans nos yeux... A l'aurore sublime de notre découverte. Je perçu alors, ce qu'il y avait de gracieux Dans votre si lumineux sourire; Et consolant mon espoir, Que vous m'ayez déjà aimé, Aimé dés ce premier instant d'ivresse, Où vous invitiez mon regard à vous jouer sa mélodie Nostalgique...celle qui je crois, N'appartient qu'à l'amour; Je vous ai sentie alors me traverser, Pour écouter mon coeur d'amour vous envahir, A prolonger notre ombre d'un baiser véritable... Je m'en souviendrai toujours, Mon petit oiseau de paradis. Comme j'aurais voulu garder son éternité! Mon coeur tourne encor... Au jour de votre Beauté, A votre désir ingénu à se perdre en moi, A mon désir d'égal amour pour vous, A votre sourire dévoué à me plaire... je vous ai trouvé, j'ai confiance , je vous prends sur mon doigt! à Sandrine. Musica Eternal, Mars 1998. |
ESSAI SUR LA POESIE La lumière est l'insomnie du poète, La lumière n'est pas la connaissance, Tout comme l'eau n'est pas la musique! Elle émet son reflet infernal, Au coeur même de cette obscurité désirée, Et seule muse du poète! Cette notion d'obscurité peut-être perçue comme Véritable inspiration, Au jour de quelques esprits effacés face à sa torture. Car elle est le symptôme récurrent de la paralysie partielle du poète. Et combien lui faut-il de sutures pour se remettre de son désastre? Alors vivant caché de celle-ci, Le poète se fabrique un monde moins effrayant Où tous les éléments de la nature, Sont ravissants de poèsie; Devenus indolores de par sa seule imagination... Hélas pour lui, Il lui faudra toujours rendre des comptes, Payer l'eau trouble de sa vérité, De quelques humiliations, de quelques avatars, Où des apôtres du hasard, N'auront d'autre cible Que le coeur du poète... Ce coeur rapiècé à grand renfort De preuves d'amour, Est son océan, Absolu à tout recueil de pensée; Aura dès son premier jet, Le choix habile Des vers les plus coupables de beauté! Musica Eternal, Automne 1998. |
ET S'IL NE FALLAIT QUE MOURIR SANS AIMER? Le vent courtisait des corps de poussière, Laissés à regret par des âmes égarées... Ma vue se lassait de regards et de misére, L'onde des chagrins m'obligeait à ramper. Dans ma tête, un embryon de démence, dégageait d'infectes douleurs de déraison... J'abritais le mal d'un esprit sans défense, Et mon corps s'enivrait de perversions! Mes doigts décorés de sang et de souillures, Cherchaient dans la terre mon visage. Mon regard se perdit dans un cadavre d'ordures, Sous le ciel qui s'éteignait en noir présage... La beauté ici avalait son cyanure; Tous ces drames éparpillés en bouquets, Marchaient sans ombre sur mes déchirures... Et s'il ne fallait que mourir sans aimer? Musica Eternal, 'L'arbre aux mouchoirs'...Mai 1995. MES ADIEUX. Mes adieux mon amour, il nous faut nous quitter un beau jour, je penserais à toi pour toujours, et refermerais l'infernale plaie de l'amour... et puisse qu'un regret n'efface ton secours... Je t'embrasse, adieu, adieu, insolente musique du nouveau jour... que tes airs sordides s'égrainent et se périssent en ta beauté à laquelle je serais désormais pour toi l'aveugle et le sourd... Musica Eternal 'L'arbre aux mouchoirs', 1995.
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