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                          Charles Baudelaire

                                                     ( 1821 - 1867 )

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Frédéric Vignale

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   Naissance à Paris en 1821.Très jeune,orphelin de père.

   Quelques années plus tard,sa mère se remarie avec le commandant Aupick.

Baudelaire vit très mal ce remariage : difficultés d'entente entre Baudelaire le

révolté et son beau-père,conformiste et ambitieux.

   Etudes secondaires et vie de Bohème au Quartier Latin.

   Aupick  pousse le jeune homme à s'embarquer en 1841 sur un paquebot à

destination des Indes.Il va jusqu'à l'île Bourbon,d'où il rapporte des images

fortes,qui l'impressionneront et marqueront son oeuvre.

   A son retour,il rencontre Jeanne Duval,avec laquelle il aura une liaison tu-

multueuse mais durable.( Jeanne Duval est la " Vénus noire " des " Fleurs du

Mal ").

   1842 : majeur,il hérite de la fortune considérable de son père et mène une

vie fastueuse à l'Hôtel Pimodan; c'est l'époque du " dandysme",durant laquelle

il rencontre Théophile Gautier,Balzac...C'est aussi l'époque du "Club des Has-

chischins".( Il écrira plus tard " Les Paradis Artificiels " ).Nombreuses dettes.

   1844 : sa famille saisit un conseil judiciaire pour limiter Baudelaire dans ses

excès financiers.Le poète est humilié.Il pardonnera difficilement à sa mère...

   Devient critique d'art et journaliste.Dans ses articles, Baudelaire propose de

nouvelles conceptions artistiques,qu'il désigne sous le terme global de "Moder-

nité".

   Dans ses "Salons" de 1845 et de 1846,il exprime pleinement ses idées et cont-

ribue à mettre en lumière le génie du peintre Delacroix ,alors très contesté pour ce

que l'on considère comme un usage excessif de la couleur,au détriment de la li-

gne.( Ingres est alors le "modèle " officiel ).

   1847 : publication de " La Fanfarlo ",sorte d'autobiographie romanesque.

   1851 : Baudelaire lit Poë dont l'influence sur lui sera considérable et dont il ent-

reprend de traduire les " Contes ".

   Ses poèmes paraissent dans différentes revues.

   De 1852 à 1855,son amour pour la " Présidente",Madame Sabatier ( la Vénus

blanche des " Fleurs du Mal " ),renouvelle son inspiration : elle incarne à ses yeux

la Muse ( Femme inaccessible,immortelle Beauté ),alors que Jeanne Duval représen-

te la maîtresse sensuelle dont la chevelure parfumée le fait "voyager".

   Il poursuit son travail de critique artistique avec " Exposition Universelle de 1855 ".

(Série de trois articles ).

   1857 : publication par Poulet-Malassis ( " Coco Mal-Perché " ) des " Fleurs du Mal ",

qui regroupent les poèmes écrits depuis 1842 : recueil architecturé s'il en est,de facture

apparemment classique quant à la forme,mais révolutionnaire par la nouveauté des thè-

mes abordés : rompant délibérément avec le courant et l'influence romantiques,Baude-

laire chante la modernité ( la ville et ses passants,ses tableaux toujours changeants;la

femme " artificielle " - N'écrira t'il pas un " Eloge du Maquillage " ?-  et, de manière

générale,tout ce qui n'est pas "naturel"...).

   Le recueil des " Fleurs du Mal " est condamné en correctionnelle pour outrage à la

"bonne"morale : le poète,qui n'est pas "littérairement correct", est condamné à verser

une amende importante et à éliminer de son oeuvre quelques poèmes jugés particulière-

ment scandaleux.Ces derniers seront plus tard publiés sous le titre significatif de "Epa-

ves".

Baudelaire,qui avait soigné l'architecture de son recueil,en conçoit beaucoup d'aigreur.

C'est la seconde et la plus terrible humiliation de sa vie.

   Il remplace les poèmes qui ont fait scandale,et,en 1861,le recueil,enrichi,est réédité.

   1862 : publication du " Spleen de Paris ",qui reprend des thèmes chers à Baudelaire

et déjà traités dans les " Fleurs ",mais dans la forme plus souple et alors révolutionnaire

du poème en prose : c'est une "première"dans le genre et Baudelaire fera école puisque

Rimbaud écrira ses " Illuminations " et sa " Saison en Enfer " en prose.(On peut dire

que ces deux poètes furent les premiers dans notre littérature à donner ses lettres de

noblesse au poème en prose,forme si souvent reprise depuis).

   Les souffrances morales et la maladie épuisent Baudelaire,qui doit aussi faire face à

de lourdes dettes.

   1864 : il part faire une série de conférences en Belgique,mais ses espoirs sont déçus.

Cela lui inspirera un pamphlet grinçant " Pauvre Belgique ".

   Baudelaire continue d'écrire des textes qui seront publiés à titre posthume sous le titre:

" Petits Poèmes en Prose ".

   Depuis 1861,il poursuit la rédaction de ses journaux intimes ( "Fusées "et" Mon Coeur

mis à nu " ),qui seront publiés après sa mort,en 1887.

   Il meurt paralysé en 1867,à l'âge de 46 ans.

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                                               Silvaine Arabo

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