LA PRODUCTION DE L'ENERGIE ELECTRIQUE
Elle est indispensable pour les besoins de la Société du Funiculaire.
1) Celle-ci a pour but principal l'exploitation du Funiculaire, mais elle va posséder un excédent de force motrice. Cet excédent fait l'objet d'exploitations annexes :
2) distribution d'énergie électrique dans la ville de LOURDES,
3) fabrication de glace à rafraîchir,
4) scierie de bois de charpente.
LES CHUTES D'EAU
Pour concourir à ce quadruple but, on a utilisé deux chutes d'eau situées :
1) l'une à LUGAGNAN, au confluent du Gave de Pau et du Néez, à deux kilomètres en amont du Funiculaire : elle a 7 mètres de chute avec un débit normal de 3 m3., sa puissance est de 210 chevaux. C'est elle qui actionne par l'intermédiaire de trois turbines : a) un alternateur qui donne des courants diphasés, b) une machine à glace, c) une scierie mécanique.
2) l'autre à VIZENS, sur la rive gauche du Gave, à quatre kilomètres en aval du Funiculaire. Sa chute est de 2,60 m. avec un débit de 10 m3 et une puissance de 260 chevaux. Deux turbines mettent en mouvement deux alternateurs. Elle est donc consacrée à la production d'énergie électrique.
3) En 1935, la Compagnie du Funiculaire a fait construire sur l'emplacement du moulin de Latour une micro-centrale hydroélectrique pour un complément d'énergie. Elle est équipée de trois turbines Francis tournant à 78 tours/minute et produisant un courant de puissance 500 kilowatts.
Dès lors, l'usine de Lugagnan sera abandonnée et vendue à un particulier.
LE TRANSPORT DE L'ELECTRICITE
Il se fait par deux grandes lignes.
1) Ligne de transport de force pour le Funiculaire : deux tronçons, partant de Lugagnan et de Vizens se réunissent dans un pavillon isolé, au voisinage de la gare du bas, en un embranchement qui conduit au moteur. Le couplage se fait dans ce pavillon, suivant les variations de production.
2) Ligne d'éclairage : elle part de Vizens et se rend à LOURDES.
Ces lignes transportent des courants à haute tension : 3250 volts. Elles sont à 3 fils en cuivre de 5 mm de diamètre, supportés par des isolateurs en verre, à triple cloche. Il n'y a pas de transformateur car le moteur de la gare supérieure fonctionne sur le même voltage.
L'USINE DE LUGAGNAN
En 1900. L'usine de Lugagnan comprend un barrage sur le Néez, un canal de dérivation avec déversoir jusqu'à un réservoir d'où partent les conduites forcées aboutissant aux turbines.
LA TURBINE
La turbine, à axe horizontal, est du système Francis, d'une maison de Zurich. Elle est centripète : l'eau arrive par le bas, se répand par un conduit annulaire dans toute la circonférence de la turbine, et gagne le centre en traversant les aubes qu'elle met en mouvement. La puissance recueillie est de 120 chevaux, transmise à l'alternateur.
LE REGULATEUR
Entre la turbine et l'alternateur se trouve le régulateur qui commande l'entrée d'eau dans la turbine, suivant la demande du moteur de la gare supérieure. En effet, il faut beaucoup d'énergie au démarrage des voitures, donc une action forte de la turbine. Puis, en cours de marche, la demande est minime, et il faut fermer l'accès de l'eau dans la turbine. C'est le rôle du régulateur que de moduler ces entrées d'eau.
L'ALTERNATEUR
C'est un alternateur Brown de 120 CV qui donne des courants de 3 250 volts. Il a la forme d'une étoile à 12 branches de fer doux, à induits fixes et à inducteur tournant. L'intensité des courants qui actionnent le Funiculaire dépend évidemment du travail que l'on demande au moteur : 70 CV lorsque les voitures sont chargées, 20 CV en travail normal.
L'excitatrice. C'est une dynamo aidé d'un rhéostat qui crée le départ de l'alternateur, et aussi modifie la tension des courants alternatifs.
Le tableau de distribution. Comme il n'y a qu'une seule ligne, le tableau comporte l'interrupteur, le rhéostat de l'excitatrice, un ampèremètre et un voltmètre.
En 2000. Cette usine a été abandonnée en 1935 après la construction, par la Compagnie, de l'usine de Latour, sur une boucle du Gave, au droit du Pic du Jer. A ce jour, elle appartient à une Société qui l'exploite avec celle de Saint Créac, et qui vend sa production à E.D.F.
L'USINE DE VIZENS
En 1900. Elle comprend deux turbines, l'une de 120 CV, actionnant un alternateur Brown, identique à celui de Lugagnan, l'autre, de 80 CV fait mouvoir un alternateur Labour. On transforme donc à Vizens 200 CV en énergie électrique.
LA TURBINE BROWN
Elle est de même nature que celle de Lugagnan. Si elle a une faible chute, elle a par contre un grand débit, ce qui lui assure 46 tours à la minute. Elle a une double destination : la nuit, elle sert à l'éclairage : c'est son emploi normal. Le jour, elle sert de secours à celle de Lugagnan.
Le régulateur sert à compenser les très fréquentes variations de résistance que produisent l'allumage et l'extinction des lampes dans le circuit de l'éclairage.
L'ALTERNATEUR LABOUR
La seconde turbine fait mouvoir un alternateur Labour formé de deux alternateurs qui donnent des courants différents de 120 volts, transformés en courants de 3250 volts. C'est en agissant sur l'excitatrice que ces courants deviendront identiques.
En l'An 2000. Cette usine, comme celle de Latour, appartient toujours à la Compagnie du Funiculaire. Mais elle s'est modernisée. Elle est dotée de trois turbines Francis et Pelton à 74 tours/minute, qui produisent un courant de 15000 volts et de puissance 750 kw, vendu exclusivement à E.D.F.
Les deux usines avaient été entièrement automatisées en 1965, sous la direction de M. Frémaux.
DISTRIBUTION DE L'ENERGIE ELECTRIQUE
La Société du Funiculaire du Grand Jer a donc à sa disposition trois sources d'énergie électrique :
a) L'alternateur Brown de Lugagnan : 120 CV = 3250 volts,
b) L'alternateur Brown de Vizens : 120 CV = 3250 v.,
c) L'alternateur Labour de Vizens : 80 CV = 120 v. transformés en 3250 v.
Il s'agit d'utiliser ces trois sources suivant les besoins.
Les appareils consommateurs d'énergie sont :
a) Le moteur du sommet du Pic, 80 CV (3250 volts),
b) L'éclairage dans la ville de LOURDES, 50 CV (120 v.),
c) L'éclairage du bas et du haut du Pic (120 v.).
LA GARE DU BAS
Un petit pavillon en bois, élevé à côté de la gare, reçoit les deux lignes issues de Lugagnan et de Vizens.
Les conducteurs sont disposés de façon que l'on puisse mettre à volonté en relation la ligne de la voie du Funiculaire à celle venant de Lugagnan ou à celle venant de Vizens, ou avec les deux, si nécessaire.
A cet effet, on intercale sur chaque conducteur un cylindre en porcelaine faisant coupe-circuit, que l'on peut enlever ou remettre suivant la combinaison désirée.
Une petite dérivation est prise à la gare du bas pour servir à l'éclairage de la gare, après avoir passé par un transformateur qui abaisse la tension de 3250 volts à 120 volts.
LA GARE DU HAUT
Le moteur, d'une puissance de 80 CV, est formé d'une carcasse cylindrique en acier contenant deux enroulements (bobines) dans lesquels circulent les deux séries de courants amenés par les lignes. L'énergie produite est ainsi utilisée :
a) une dérivation va servir à l'éclairage de la gare et des établissements du sommet,
b) une autre va alimenter le frein électrique,
c) une troisième arrive au commutateur inverseur qui a un double objet :
- Ouvrir ou fermer le courant pour mettre en marche le moteur ou l'arrêter.
- Modifier le sens de rotation du moteur, ce qui est nécessité par le mouvement alternatif du câble et des voitures.
C'est le mécanicien qui manipule la commande du commutateur par une manuvre très simple : inversion d'une manette.