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Bibliographie pour l’Investisseur Avisé

Philosophie, science et art de l’investissement et de l’analyse financière

Les stratégies de Warren Buffett (The Warren Buffet Way) par R. Hagstrom,Jr – le meilleur livre que j’ai lu sur l’investissement. L’auteur analyse les sources du maître, notamment les lettres aux actionnaires de Berkshire (consultables sur www.berkshirehathaway.com ) pour en tirer les critères d’achat d’actions par Warren Buffet. Un MUST.

The Warren Buffet Portfolio par R . Hagstrom. Axé sur la gestion de portefeuille. L’auteur défend la thèse du focus investing, c’est-à-dire se focaliser sur quelques valeurs que l’on connaît très bien. Il y est aussi question d’évaluation du risque. Pour investisseurs expérimentés. L'ouvrage a été traduit en français par les éditions Valor.

L’Investisseur Intelligent par B. Graham. Un classique par le professeur de Warren Buffet. B. Graham est considéré aux USA comme le père de l’analyse financière. Son ouvrage Security Analysis de 1934 fait encore référence. L’Investisseur Intelligent, bien que partiellement obsolète, frappe par sa philosophie d’investissement saine et sa sagesse profonde.

Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse… (One Up on Wall Street) par Peter Lynch. Science et art du stockpicking par le plus grand gestionnaire de SICAVs américaines. Les idées de ce livre son très nombreuses et très fortes. Epoustouflant. Un MUST.

Beating the Street par Peter Lynch. Le maître poursuit son enseignement. Passionant. A lire après One Up on Wall Street.

Common stocks and Uncommon profits - and other writings par Philip Fisher. L'investissement par la connaissance du business. Les critères de choix d'actions sont essentiellement qualitatifs (comme la qualité du management) et sont obtenus par interviews indirects (fournisseurs, clients, anciens employés...) puis par approche directe (relation actionnaires, direction...). Fisher essaie de trouver les meilleures valeurs de croissance, qu'il garde pour le long terme. Les raisons de vente sont rares: mauvaise analyse (il ne faut pas craindre de prendre une perte dans ce cas, car ne pas reconnaître ses erreurs est la source des plus grosses pertes en finance), détérioration des fondamentaux (la qualité du management s'émousse ou bien le secteur de la société n'est plus porteur) ou encore parce qu'on pense trouver de meilleures perspectives dans une autre entreprise. Cette dernière raison de vendre doit être utilisée avec grande précaution pour ne pas être prétexte à vendre inconsidérément. Lorsqu'on a bien fait son travail, le meilleur moment pour vendre est... jamais !

The gorilla game par G. Moore, P. Johnson et T. Kippola. L'investissement dans le secteur technologique. Lorsqu'une innovation technologique discontinue (c'est-à-dire non compatible avec les systèmes actuels, nécessitant de nouvelles infrastructure, un effort d'apprentissage et un parc installé minimum) est adoptée par le marché de masse, se produit une période d'hyper-croissance (hypergrowth). Pendant cette phase, émerge un leader de ce nouveau marché, c'est le GORILLE. Cette espèce rare et convoitée des investisseurs possède des avantages compétitifs immenses : architecture propriétaire mais ouverte / interopérable, avec des coûts de basculement (switching costs) importants pour les clients. Des exemples de gorilles actuels sont Microsoft, Intel, Cisco et Oracle. Les auteurs expliquent comment détecter précocement, acheter, conserver puis vendre les gorilles. Ils justifient aussi leur capitalisation boursière colossale. Ainsi la phase d'hyper-croissance engendre des performances boursières du gorille égalées par aucun autre secteur économique. L'intérêt théorique du livre est immense. Mais ne nous y trompons pas. La capture d'un jeune gorille est extrêmement ardue. Cependant le jeu en vaut la chandelle car un seul gorille en portefeuille peut largement justifier une vie d'investisseur. Les auteurs ont ajouté dans l'édition de 1999 un chapitre très intéressant sur les valeurs Internet, qui ne sont pas des gorilles.

Built to last. Successful habits of visionary companies par J. Collins et J. Porras. Quelles sont les caractéristiques qui distinguent les entreprises visionnaires (comme Wal-Mart, General Electric ou American Express) des sociétés ordinaires? C'est de posséder une idéologie d'entreprise (core ideology): des valeurs fondamentales (core values), un credo, une philosophie ainsi qu'un but ou un idéal (autre que le simple profit). Ces valeurs guident et inspirent l'entreprise particulièrement en temps de crise. Elles permettent de motiver les salariés, de créer un esprit de corps, de donner un sens à leur travail plus profond que de gagner de l'argent. Pour obtenir une entreprise visionnaire, ce n'est pas tant la justesse de cette idéologie qui compte, mais surtout la sincérité et l'adaptation de l'organisation de manière à la respecter, à l'appliquer et à la transmettre de génération en génération. La clé de la réussite est de préserver le coeur tout en stimulant le progrès : tout change et évolue, la stratégie, l'opérationnel, les produits et services, sauf l'idéologie qui reste immuable et intemporelle. Pour parvenir à cette dualité, les entreprises visionnaires ont recours à divers procédés : les défis et objectifs ambitieux et motivants, une culture d'entreprise poussée jusqu'à l'endoctrinement, l'essai de nombreux produits en n'adoptant que ceux qui ont du succès (pragmatisme), la promotion interne ou encore l'amélioration continuelle.

On s'aperçoit au passage que de nombreux concepts de management soit-disant récents (plan de participation des salariés, relation clientèle, autonomie et responsabilisation des employés) datent en fait du 19ème siècle. Facile à lire et vraiment instructif.

L’analyse technique

L’analyse technique, pratiques et méthodes. Par T. Béchu et E. Bertrand – La référence en langue française. A lire même si on ne s’intéresse pas particulièrement au sujet.

Analyse technique dynamique par P. Cahen – un système de trading complet pour spéculateurs expérimentés.

Le guide des Indicateurs de Marché par A. Dublanc et F. Barrioz – ou comment prévoir la direction des marchés boursiers. Pour market timers expérimentés. A compléter par l’enseignement de Carl Swenlin sur www.decisionpoint.com

Technical Analysis of the Financial Markets par J. Murphy. Un must pour les anglophones. Complet et pédagogique

Technical Analysis of Stock Trends par R. Edwards et J. Magee. Un classique des années 50. Analyse chartiste pure. Enseignée par des maîtres. Un must pour les chartistes.

La spéculation

L’Alchimie de la Finance par G. Soros. La brillante théorie de la réfléxivité y est dévelopée. On s’aperçoit que la spéculation réussie est un art extraordinairement difficile. Particulièrement sur les devises où Soros avoue y avoir perdu de 81 à 84 (pour se renflouer largement après). Epoustouflant. A lire ne serait-ce que pour se rendre compte qu’il est sage de se tenir loin de la spéculation à moins d’être un génie.

Mémoires d’un spéculateur par E. Lefèvre. Un roman basé sur la vie de Jesse Livermore. On s’aperçoit que les mentalités et la finance étaient au début du XX ème siècle très semblables à notre époque. Avec la notable exception de l’opacité des comptes et des manipulations des cours et de l’information. Depuis, la SEC a mis de l’ordre.

Le e-business, la Nouvelle Economie et les valeurs internet

Comprendre le phénomène récent d’Internet générant le e-business et la Nouvelle Economie n’est pas chose facile. Pour l’investisseur, comprendre les business models des valeurs Internet et leur mode d’évaluation par les marchés financiers, est pour le moins ardu. Les livres apportent une analyse et un recul qui permettent d’y voir beaucoup plus clair que l’information souvent brute diffusée par les journaux, y compris les journaux en ligne spécialisés.

Les business models de la Nouvelle Economie par B. Maître et G. Aladjidi. Le sujet est double : les stratégies de développement des start-ups à l’heure d’Internet, et la présentation des business models (les manières de réaliser du chiffre d’affaires) des valeurs Internet. Les vedettes d’aujourd’hui (yahoo, eBay, AOL…) sont analysées et permettent de comprendre les critères de valorisation boursière des pure players de l’Internet. Un must pour y voir clair dans la jungle d’Internet.

Les nouveaux marchands du Net par P. Gerbert, P. Kaas et D. Schneider. Les auteurs développent les stratégies gagnantes du e-commerce B-to-C. Ils sont très optimistes quant à la validité de ce business model dont le champion est Amazon. Passionnant.

Stratégie des sites qui rapportent par P. Monteiro da Rocha. Comment créer puis animer un site web commercial. L'auteur analyse les caractéristiques, atouts et embûches propres à ce nouveau média qu'est Internet. Le marketing du cyberespace est traité en profondeur. Vaste sujet de méditation pour les internautes, les entreprises et les investisseurs.

e-Business. Roadmap for Success par R.Kalakota et M. Robinson. Les auteurs expliquent comment les entreprises traditionnelles doivent s'adapter au e-business. On se rend compte qu'Internet ne permet pas uniquement d'augmenter les ventes et de conquérir de nouveaux marchés, mais, s'il est utilisé à bon escient, il permet de fantastiques gains de productivité et des réductions de coût très substantielles dans la plupart des secteurs économiques. Par exemple la chaîne logistique inter-entreprises et le e-procurement (achats et communautés spécialisées B to B). Les maîtres mots sont intégration des applications logicielles (une notion absolument fondamentale pour réussir dans le e-business) et adaptation de l'organisation. Cet ouvrage est avant tout destiné aux dirigeants et aux consultants. Sa lecture est souvent très ardue mais il peut intéresser l'investisseur (motivé!) car il apporte beaucoup d'idées fortes sur Internet et le e-business.