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L'amour humain et le mariage

Il me tient à coeur de vous entretenir de ce sujet qui est de la plus haute importance. En effet, aujourd'hui nous ne savons plus ce qu'est l'amour, nous disons "j'aime le chocolat" comme on dirait "j'aime mon épouse", cela ne va pas du tout ! Rendons nous compte à quel point nous tenons quelque chose de vraiment essentiel. Pour vous en rendre compte, rappelez vous la souffrance d'un déchirement d'un histoire d'amour mal vécue, terminée, rappelez vous à quel point les blessures de l'amour sont celles qui sont les plus lourdes.

C'est pour cela que je voudrais refaire un point rapide sur ce sujet.

Je voudrais d'abord remercier Marcel Clément, qui fut mon maître dans ce domaine et de qui j'ai découvert le sens profond de ce qu'est l'amour.

Qui n'a jamais eu peur de l'engagement ?  qui un jour ne s'est pas posé cette question : Est ce que je fais le bon choix, est ce que je ne vais pas le regretter ? Est ce la bonne ? Est ce le bon ? Comment l'aimer toujours ? tous les jours de ma vie ?

C'est une question banale. pour ma part, je me suis aussi posé la question "Est ce que je l'aime assez pour m'engager ?" La réponse est : on aime jamais assez, mais notre amour n'est pas lié à notre affectivité essentiellement.

Vouloir aimer, c'est aimer !

Et là il y a quelque chose de crucial à comprendre et de libérateur. Il faut retenir que "vouloir aimer c'est aimer". Oui, il faut un certain sentiment, pour commencer une relation amoureuse en couple. Donc on peut dire que il y a un certain ressentie, une affectivité relative. Mais le danger c'est de s'établir dans ce ressentie. Or l'amour à partir d'un certain moment n'est plus dans le ressentie mais dans l'acte même d'aimer. Ce qui est radicalement différent. car aimer et se sentir amoureux n'est pas du tout pareil. Or quand on est jeune, on crois que parce que l'on est amoureux, on aime. Aimer c'est un acte et non un ressentie !

Nous avons tous fais l'expérience d'un amour qui s'étiole, d'un sentiment que l'on a plus, d'un bien être que l'on ne retrouve plus, du fait de la maladie, de la souffrance, des épreuves, de la météo, des périodes féminines, des examens, des soucis de travail ... On ne sent plus qu'on aime l'autre. Et alors là, au bout de quelques années, quelques mois, on se dit que l'autre n'est pas fait pour nous. c'est à se moment là que tous va mal dans les couples. Puisque l'on ne sent plus qu'on aime l'autre, c'est qu'on ne l'aime plus, on ne parle plus de volonté d'aimer, donc on se laisse couler gentiment, jusqu'à ce que l'autre, qui sent que ça part du mauvais côté à une réaction tout à fait inverse donc étouffante, et qui un jour vous dis : "On dirais que tu ne m'aimes plus". C'est le clash, la fin d'un rêve et le début d'une souffrance. On s'est endormie sur quelque chose que l'on croyait acquis. Et on se dit que l'amour n'existe pas, donc c'est la déprime, donc la vie ne sert à rien ... et bla bla bla ... Le schéma typique d'un amour qui s'étiole avec le temps.

Oui tout amour passionnel s'étiole au bout de quelques mois, quelques années. N'est ce pas ecoeurant que de toujours manger du chocolat ? Voilà que nous ne "sentons" plus. Mais l'amour Vrai, l'amour d'amitié n'est pas l'amour passionnel, il est à un autre niveau. Nous ne sommes plus au niveau de l'amour "eros" mais de l'amour "philia". Cet amour qui veut aimer l'autre pour lui même, contrairement à l'amour qui aime pour le bien qu'il nous fais.(où l'on ne fais que s'aimer en fin de compte, puisque nous aimons ressentir ...)
Nous ne pouvons pas bâtir notre vie sur du sable, sur du ressentie, "je sens, je ne sens plus, je ressens, mais je ne ressens plus..." nous sommes ambivalents.

Notre vie repose sur des actes concret de l'amour de l'autre pour l'autre et non pour soi même. Par exemple, cet amour va s'exprimer dans un geste concret, incarné dans la vie de tous les jours : porter le sac trop lourd de l'autre, être attentif à lui/elle, aller le chercher à la gare, etc. c'est à dire dans un continuel effacement de soi pour rendre l'autre heureux. Oui je crois que c'est une offrande de soi pour l'autre qui est le véritable cadeau, la source du bonheur de l'autre. "Je m'offre à  toi", "je me donne à toi". Nous parlons bien d'un don, donc d'un cadeau, c'est à dire de quelque chose que l'on quitte et que l'on ne reprend pas, donc d'une promesse.

Et si deux personnes s'aiment ainsi nous sentons que c'est là la vérité, car deux amours qui sont une offrande de soi pour l'autre c'est non plus deux façades qui s'aiment mais deux être qui veulent s'aimer et construire. nous voyons qui si les deux veulent donner plus que recevoir alors le dialogue est total, l'amour est véritable, car chacun reçoit à la mesure de son don, et le don est premier. Au contraire si l'un donne et l'autre ne fait que recevoir, il y a un étouffement, donc nous retombons dans notre schéma de l'amour qui meurt.

Quel espérance formidable, car comment vivre 60 ans de vie commune sans s'ennuyer, sans que la passion s'étiole, disparaisse, où l'on vit de concession en petit bonheur volé, de médiocrité accepté "on a encore de bon moments" "c'est comme cela, on y peut rien " en espérance de ce qui viendra (Où l'on ne vit pas le moment présent mais on vit de l'espérance d'un bonheur qui viendra peut être). La solution c'est l'amour le véritable amour, le don de soi, l'effacement pour l'autre, ne pas toujours vouloir faire sa volonté mais vouloir faire celle de l'autre avant la sienne.

Voilà, ce que j'ai commencer de découvrir en essayant d'aimer, et en m'engageant dans cette promesse de fidélité au cadeau donné et à celui reçu.

Prochainement, d'autres "variations" sur ce thème