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Dès leur
accès à l'indépendance en 1991, les pays baltes ont constitué
pour nous un projet de voyage. Le fait que ces pays aient été
fermés aux touristes occidentaux pendant si longtemps, le désir
de s'engager vers une destination encore peu fréquentée et
celui de visiter ces pays avant qu'ils ne changent trop,
renforçaient d'autant notre idée initiale.
Juin 1994, dans la revue du cycle paraît
un article relatant le voyage d'un jeune français dans cette
région. Ce fut le déclic. Il fallait partir ! Fin juillet de la
même année, nous nous trouvions en Pologne et, bien que sans
visa, nous avons pris la direction de Vilnius.
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GENERALITES :
Les trois pays baltes sont pratiquement plats, hormis les régions de l'est qui sont un peu plus vallonnées. Il s'agit donc d'un terrain idéal pour les familles accompagnées d'enfants, ou pour les personnes n'ayant pas un entraînement très poussé. Nous effectuions couramment des étapes de 60 à 70 km en moyenne par jour, le vent pouvant constituer le seul problème difficile à surmonter. |
Routes
| Tous les grands axes sont goudronnés et ne posent aucun problème particulier. Par contre, dès que l'on souhaite sortir des grandes routes, il convient de bien regarder la carte ou de se renseigner pour connaître la nature du revêtement. Par endroit, le goudron fait subitement place à la terre. Les pistes permettent, certes, de visiter plus en profondeur le pays, mais il faut savoir qu'elles ne sont pas très roulantes parce que très sablonneuses et gravillonneuses. Aussi, les efforts à fournir pour avancer et pour tenir le cap sont parfois importants. | |
Mais les maisons en bois, les villages perdus dans la forêt et les rencontres que l'on peut y faire, valent souvent ces efforts.
Circulation
Bien entendu dans ces pays la situation
évolue très vite et les voitures sont de plus en plus
nombreuses. Mais, dans l'ensemble, nous n'avons rencontré que
peu de véhicules sur les itinéraires que nous avons suivis. Du
reste, il n'était pas rare de rouler une heure ou deux sans en
rencontrer un seul. Toutefois, il faut faire attention aux
camions et aux autobus qui roulent toujours très vite sur les
pistes en envoyant force pierres et poussière.
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Par
contre, la route qui traverse l'ensemble des pays baltes
reliant la frontière polonaise à Tallinn est très
fréquentée, aussi bien par les voitures que par les
camions. Prudence ! Quant à la route polonaise qui conduit de Suwalki à La frontière Lituanienne, elle est particulièrement dangereuse du fait d'un énorme trafic de voitures avec l'Europe de l'ouest. Aussi, ne faut-il pas hésiter à se jeter sur le bas côté en cas de nécessité, quand deux camions vont se croiser par exemple. Le rétroviseur est là absolument indispensable. Dans les villes, à part Riga où circuler en vélo relève parfois de la haute voltige, la circulation n'est pas encore très importante. |
Camping
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Le camping sauvage a partout été possible, simplement, nous nous installions le plus souvent dans des endroits discrets "à l'abri des regards". Mais nous avons rencontré d'autres cyclos allemands qui s'installaient à proximité immédiate des villages sans que cela ne pose aucun problème. De toute manière en Lituanie et Lettonie les campings organisés sont très rares. On en trouve un peu plus le long des côtes. Mais ils ne sont pas toujours en très bon état et certains camps indiqués sur la carte sont même à l'abandon d'autres se sont parfois avérés être en fait des bungalows de location mais il fut toujours possible d'installer sa tente à proximité. |
Ravitaillement
| Sur les trois années où nous avons voyagé dans les pays baltes nous avons pu constater que la situation évoluait très vite mais qu'elle restait malgré tout assez contrastée suivant les pays. En 1994, en Lituanie, où un secteur étatique coexistait avec un secteur privé en pleine expansion, nous avons eu parfois quelques difficultés de ravitaillement dans les petites villes ou, pour le moins, à varier nos menus : pâtes-"saucisson russe" ou "saucisson russe"-pâtes. "C'est comme à envoyé spécial" a dit notre fils aîné en voyant une vendeuse trôner devant des étagères pratiquement vides à part quelques conserves périmées, une paire de ski et un antique et monstrueux chalumeau... | |
On trouve toutefois nombre de petits
kiosques aux horaires très "élastiques" permettant
d'acheter au jour le jour le ravitaillement indispensable. Il
nous était parfois nécessaire d'en faire plusieurs avant
de trouver ce que nous cherchions. Mais, dans l'ensemble, nous
n'avons pas eu trop de problème. En Lituanie et Lettonie, il
était le plus souvent nécessaire de nommer ou désigner à la
vendeuse ce que nous souhaitions acheter, ce qui, parfois, fut
problématique ou bien comique. Nous avons pu constater que
dans ces pays le réseau de distribution, tel qu'on le conçoit
chez nous, n'en était qu'à ses balbutiements. Bien souvent, le
réapprovisionnement se faisait dans des voitures particulières
et bon nombre de boutiques d'alimentation ou de confection,
utilisaient des locaux qui, semblaient bien avoir été il
y a peu des bureaux.
En Estonie, non seulement les magasins
étaient très bien achalandés mais le moindre village
avait sa supérette et ses paniers à l'entrée. Pour les
enfants, nous étions partis dès le départ avec un nombre
important de barres vitaminées pour tenir le coup au cas
ou...
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En ce qui concerne l'eau, c'est au retour de notre premier voyage que nous avons appris que l'eau des pays baltes n'était, la plupart du temps, pas potable. Il n'était d'ailleurs pas toujours facile d'en trouver et nous nous sommes souvent servi dans les puits des particuliers. Si, toutefois, nous n'avons pas eu de problème au retour notre médecin nous a fait les gros yeux : "Attention à l'hépatite !". L'année suivante nous nous sommes donc fait vacciner et nous avons utilisé des pastilles de micropur. En Estonie, nous buvions de l'eau finlandaise que l'on trouvait partout en bidon de quatre litres. |
Accueil
D'une manière générale, l'étonnement des
personnes nous voyant arriver dans des endroits où
manifestement, on n'avait pas vu d'étranger depuis très, très,
longtemps, nous a souvent amusés et garanti un certain succès.
Bien souvent les gens nous ont accostés pour nous demander
d'où nous venions : " Quelle est ta république ?
". Des groupes d'enfants se sont formés à notre approche,
avides de question, nous ont applaudis ou ont couru avec nous
jusqu'à la sortie des villages. La présence de nos enfants nous
a, c'est certain, largement facilité les contacts avec les
habitants. "Oy, oy ,oy,oy ! "
disaient les Babouchka en les montrant et en
apprenant que nous étions français.
Bref à aucun moment,
nous ne nous sommes sentis en danger ou menacés de quelque
façon que ce soit, alors que les amis polonais nous avaient mis
en garde contre tous les désagréments, le mot est faible,
auxquels nous allions nous heurter en allant dans ces régions.
Nous avons pris les précautions d'usage à l'étranger et
c'est tout. Les cyclos rencontrés, une douzaine en trois ans,
nous ont tous confirmé cette vision des choses, à part peut
être un allemand qui avait vu à Riga tous les rayons de l'une
de ses roues découpés par des buveurs de vodka. Attention
toutefois aux Week-End, "jours de Vodka", où les
"accros" ont parfois des mines et des comportements
inquiétants.
Langue
Peu de personnes parlent anglais mais nous n'avons pas rencontré de problème particulier pour nous faire comprendre. Certains possèdent l'allemand de base. Quant aux quelques mots de russe, vague souvenir d'une scolarité passée, ils nous ont bien rendu service même si, curieusement, les baltes semblent avoir tout oublié de cette langue. Ce n'est qu'en cas d'incompréhension totale que le recours à celle-ci peut être envisagé.
Climat
Si l'on en croit les guides touristiques, les étés baltes sont relativement humides et parfois frais. En ce qui nous concerne, sur les trois années, nous n'avons eu que très peu de jours de pluie et il a fait, la plupart du temps, chaud voire très chaud. Question de chance, peut être ?
Réparation vélo
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Nous n'avons vu ni en
Lituanie, ni en Lettonie de marchands de cycles et
encore moins d'accessoires et bien peu de
cyclistes. En Estonie, la dernière année, il y avait des VTT. Mais de manière générale, il convient d'apporter avec soi ce qui risque de casser. Attention toutefois aux roues. A cet égard, nous avons rencontré un cyclo berlinois qui devait abréger son voyage faute de trouver une chambre à air pourvue de la valve adéquate. |
Train vélo
| Par
trois fois, nous avons pris le train avec nos vélos en particulier
pour revenir à notre point de départ. Les tarifs sont
ridiculement bas et il suffit de prendre son vélo avec
soi dans le wagon. Ceci n'est d'ailleurs pas
toujours facile puisque souvent la seule place disponible
se trouve près de la porte et qu'à chaque arrêt
il faut se précipiter pour qu'ils ne tombent pas sur la
voie. Inutile de dire qu'avec une famille disposant de
cinq vélos et de 18 sacoches ou ballots
divers, il était nécessaire de faire vite à chaque
montée ou descente avant que le train ne parte
sans nous. Il est très facile, après avoir traversé l'ensemble des pays baltes, de revenir à son point de départ en prenant le Baltic Express qui va de Tallinn à Varsovie mais dont les billets ne se prenaient pas, en 1995, à la gare centrale. Attention, toutefois d'acquérir des billets spécifiques pour les vélos, car conformément aux dires des employées des lignes internationales, qui nous avaient affirmé que rien n'étaient prévu pour les vélos, nous sommes partis sans. Ce qui nous a valu ensuite quelques difficultés avec la chef de train estonienne ainsi qu'avec les contrôleurs polonais. |
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Argent
En 1994 et 1995, en Lituanie et
Lettonie, nous n'avons pas pu nous servir de la carte de
crédit et très difficilement des traveller's chèques. Les
banques étaient encore rares et nous n'avons pas vu de
distributeur de billets. C'est donc principalement avec de
l'argent liquide ( DM et Dollar) que nous nous sommes
débrouillés. Attention, il était absolument nécessaire que
les billets utilisés soient pratiquement neufs. Un trou
d'épingle et la coupure était impitoyablement refusée. Mais
là encore la situation a vraisemblablement évoluée.
En 1996, en Estonie, nous n'avons
rencontré aucune difficulté. Les banques étaient nombreuses,
certains achats pouvaient être effectués avec la carte de
crédit et il existait des distributeurs de billets. Au
bureau de poste de Parnu l'employée très aimable utilisait
même un excellent anglais.
Visas
Il est préférable de les prendre au départ à l'ambassade concernée. Un visa pour n'importe lequel des trois pays baltes est théoriquement valable pour les deux autres. Mais si vous comptez revenir par le train, ou faire une boucle passant par plusieurs pays, il est indispensable de prendre un visa à entrées multiples. En 1995, il était encore possible de prendre ses visas au consulat de Lituanie à Sejny situé 10 km avant la frontière. Mais, il faut arriver avant midi sous peine d'attendre jusqu'au lendemain : C'est ce qui nous est arrivé !
Bibliographie
"Etats baltes et Kaliningrad", Lonely planet, 1994
"Pays baltes", Guides Arthaud, 1995
"Pays baltes : Estonie, Lettonie; Lituanie : Le réveil, Autrement n°50
Carte "États baltes", Marco Polo, IGN
Carte "Litwa", Eurocart, Geo center International, Varsovie
Sites Web
Estonian Tourist Board :( en anglais)
Estonia country guide : Site officiel estonien très complet (En anglais)
Estonian State Web Center (en anglais)
In your pocket : Site concernant plusieurs villes de l'est européen (En anglais)
Office du tourisme de Lettonie (en anglais)
Estonia-Wide Web (en anglais)
The Baltics Worldwide (en anglais)