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Le Rock Indépendant
"Du rififi chez les indépendants" Un état des lieux du mouvement indépendant français : historique, discographie et bibliographie critique analysée pour vous au scalpel par Alexandre "Bob rud'ment chouette" Meunier.
1) Repères historiques 2) Rage against the majors 3) Quels relais pour les alternatifs ? a) Les fanzines b) Les disquaires c) Salles, associations et radios
Prèsentation des labels majeurs du mouvement alternatif (disparus ou toujours présents) plus quelques structures actuelles.
L'histoire et l'analyse d'un courant politique, philosophique ou musical nécessite une certaine prise de recul ainsi qu'une objectivité souvent difficile à adopter du fait de nos goûts propres. Ce travail de recherche ne vise pas à établir un catalogue exhaustif des groupes et des labels du mouvement alternatif français (et de ses ramifications actuelles), très difficile à mettre en place du fait de leur grand nombre. De plus, la durée éphémère de ces structures- à quelques exceptions près -rend encore plus dur le travail d'identification et de pointage. Enfin, les contradictions et les paradoxes tant nombreux au sein du mouvement alternatif, il est parfois impossible d'établir une ligne directrice claire lors de l'explication des faits et de leurs conséquences. Ce qui oblige à passer sous silence les structures ayant peu contribué à l'épanouissement de ce mouvement ou ayant adopté des politiques tellement contradictoires qu'il est impossible de les situer dans son évolution. Les résultats de cette recherche concernant le rock underground français et ses moyens de production, pour la période 1980-1997, aboutissent à une lecture de l'histoire du rock indépendant français. La mise en relief de ses acteurs principaux, par le biais d'un court historique du mouvement, des labels et des groupes marquants (ceux qui ont existé et ceux qui ont survécu), permettra d'avoir une vision synthétique du monde des indépendants. Des références discographiques et bibliographiques viendront étayer ces données. Les disques, livres (peu nombreux), coupures de presse et fanzines recensés ont fait l'objet d'une sélection (parfois sévère) et de critiques. Cet état des lieux nous permettra de savoir s'il y a encore du rififi chez les indépendants (il y en eut beaucoup) ou bien si le mouvement est définitivement enterré.
1) Repères historiques. A l'aube des années 1980, alors que la crise économique et sociale s'installe un peu plus, une nouvelle tendance musicale et idéologique va naître, portée par ceux que l'on va désormais appeler les alternatifs (ou indépendants). Il convient, dans cette première étape, de définir quels sont les germes de ce mouvement, d'en définir les tenants pour enfin en arriver à la période actuelle. Et même s'il ne reste plus grand chose du mouvement alternatif à proprement parler (il serait mort en 1989 lors du "suicide" organisé du groupe phare Bérurier Noir lors d'un concert à l'Olympia), on peut toujours assister au combat de quelques irréductibles contre les fameuses major productions. Rage against the Majors devient alors un véritable mot d'ordre. Il faut cependant remonter 20 ans en arrière, c'est à dire au début des années 1960, à une époque où Boris Vian, Henri Salvador, alias Henry Cording et Michel Legrand furent les pionniers dans l'enregistrement de disques aux résonances rock en France. C'est aussi une époque qui voit naître et se développer les premiers labels d'autoproduction. On se souvient alors du label Flèche de Claude François, du label Adèle de Pierre Perret ou encore du label Rigolo d'Henri Salvador, pour ne citer qu'eux. Il ne faut pas non plus oublier les travaux de Jacques Cannetti, grand promoteur de la chanson française et découvreur de talents (Jacques Brel, Serge Gainsbourg...) qui, après son entrée chez Polydor en 1929, fera de la production un instrument au service de la promotion musicale et non au service de la rentabilité financière.Mais ces éminents représentants de la chanson française sont-ils pour autant les catalyseurs du rock indépendant français des années 1980 ? Le combat mené pour l'autonomie face aux grandes maisons de production était-il le même ? Il est vrai que pour la plupart d'entre eux (Vian et Salvador en particulier), le rock n'était qu'une tendance passagère, un sous genre facile, une musique de danse "après tout pas plus originale que le Jiteburg ou le Swing" selon Henri Salvador. Des paroles simplistes, beaucoup de parodies burlesques (les "rocks rigolos" d'Henri Cording ou encore "Fever" d'Elvis Presley transformé en "39 de fièvre"par Boris Vian), bref, le rock français était mal parti. On assistera cependant à une bonne cohabitation entre cette dérision et la chanson à textes, plus engagée, plus sérieuse (Colette Magny et Anne Sylvestre par exemple). De part une certaine marginalité intellectuelle, ces artistes ont pu former un groupe à part entière dont les limites n'étaient fixées que par des impératifs éditoriaux ou d'enregistrement (ce qui est déjà beaucoup). De plus, un réseau de café-concert et d'éditeurs, souvent en dehors des grands circuits commerciaux, a permis à cette culture de s'épanouir. La récupération sera pour plus tard. Puis il y eut l'épisode des twisters et des yé-yé. Les teenagers ne jurent plus que par Les Chaussettes Noires (où Claude Moine devient Eddie Mitchell), Les Chats Sauvages (qui dansent le twist à Saint Tropez), Jean-Philippe Smet alias Johnny Hallyday et les virées en D.S. au Golf Drouot, lieu mythique du rock'n'roll jusque dans les années 1980. Mais ce ne sera qu'une version française édulcorée d'un rock 100% anglosaxon. C'est ce que l'on appelle "l'ère du singe". La création n'est pas vraiment présente puisque les groupes reprennent des standards américains ayant, ou non, faits leurs preuves. Sous un aspect gominé et kitch, le rock'n'roll commence à exprimer un certain mal-etre, au son des guitares de l'Ohio. James Dean et Marlon Brando seront les apôtres d'une jeunesse qui étouffe sous le poids trop lourd de la société de consommation toute puissante et ce, malgré l'imageomniprésente du rêve américain. La jeunesse d'alors rejette en bloc toute forme d'autorité et de soumission. La contestation est de mise (voir laguerre du Viêt-nam et mai 1968). Les premiers blousons noirs viennent hanter les réunions entre "copains ". La fin des années 1960 et le début des années 1970 voit naître les premiers véritables chanteurs de rock français avec, dès 1967-1968, Nino Ferrer et Jacques Dutronc. Ils récolterontles graines semées par Ronnie Bird. Viendront ensuite les Jacques Higelin, Bashung, Paul Personne, Serge Gainsbourg... Arrive l'année 1977 et son cortège de No Future. La crise économique fait rage et l'ultra contestation devient le vecteur privilégié des groupes de punk-rock. Toute forme d'Etat et d'autorité est défié par l'affirmation d'une marginalité prononcée. Cette marginalité s'exprime à la fois dans la tenue vestimentaire, dans une musique sourde et saturée très loin des sons propres du rock des sixties et surtout par le biais de paroles revendicatrices à l'extrême. On parle alors pour la première fois de chômage, de précarité, d'injustices sociales, de racisme etc... La tendance rock se radicalise et se politise au son d'Anarchy for the U.K. des Sex Pistols. Même si l'empreinte est anglaise (pub rock du Docteur Feelgood et d'Eddie and the Hot Rods) le mouvement est lancé. En France, Robert Piazza (du Havre) alias Little Bob (deux cent cinquante concerts en Grande Bretagne entre 1976 et 1978) ainsi que les Dogs (encore un nom aux résonances anglosaxonnes !) pronent un retour au rock basique, net, tranchant et véritablement urbain. La vague punk va susciter une première éclosion de groupes rock en France. Métal Urbain, Bijou, Starshooter et Téléphone deviennent vite des références (les trois derniers seront signés dés 1978 par deux gros labels : Phonogram et Pathé-Marconi-alors filiale française d'EMI). Mais de tous, c'est Jean Louis Aubert and CO qui gagnera les faveurs du public avec un rock teinté de Rolling Stones et ce, bien loin des considérations politiques et idéologiques du rock underground naissant. Cette première vague n'est que l'ébauche du rock alternatif français. Les groupes, le public, les majors et les quelques labels indépendants d'alors (Skydog, Mélodie Massacre, Celluloïd - New Rose n'apparaîtra qu'en 1980, un an avant la rose Socialiste) feront tous des erreurs, adaptant des politiques commerciales antinomiques au rock. Des groupes aveuglés par une gloire rapide au public encore sous l'influence de Led Zeppelin, Genesis ou des Doors, l'empreinte du punk rock revendicatif n'est pas encore vraiment marquée. Il faudra attendre le tout début des années 1980 pour voir se former le noyau dur de la scène alternative française. On trouve enfin un rock français, chanté en français (le coup d'envoi ayant été donné quelques années plus tôt avec les groupes de rock progressif Ange et Triangle). Dans l'ombre des squats, les punk-rockers vont crier sus à la variété pâlichonne. L'appellation "alternatif" prend alors tout son sens puisqu'une époque de véritable autoproduction s'ouvre avec des groupes comme Oberkampf, Lucrate Milk, Les Cadavres, Bérurier Noir, MKB... Le "Do it yourself" est enfin mis en pratique. La politique choisie devient celle de l'autarcie face aux major productions, aux structures et courants culturels alors en place. C'est une véritable contre-culture qui naît de la rue, qui refuse toute étiquette et toute publicité (surtout celle du Top 50). Cette fois ça y est : le rock existe bien en France. Peut-on pour autant dire que les alternatifs sont une synthèse de tous les éléments cités précédemment ? Il semblerait que oui. De Paris à Montpellier, de Bourges à Toulouse en passant par Lyon, cette nouvelle contre-culture met à profit les expériences de ses prédécesseurs, que ce soit en matière de gestion propre des groupes et des petites structures de production naissante ou bien tout simplement en matière de création musicale. C'est en effet un véritable art populaire français qui apparaît. Ces nouveaux groupes, qui répondent aux doux noms de La Souris Déglinguée (LSD), VRP, Les Endimanchés, BB Doc, La Mano Negra, Les Sheriff, Los Carayos, Les Crabs, Bérurier Noir etc., vont partir de la culture punk de la fin des années 1970 et y ajouter une conscience politique véritable et très souvent radicale envers les impérialismes de tout poil, les injustices sociales et surtout envers le racisme et la xénophobie. On prend, de plus, fait et cause pour les minorités opprimées au Tibet, en Afrique ou en Amérique du Sud. On l'aura compris, l'orientation politique se fait plutôt à gauche, voire àl'extrême gauche. Les Bérurier Noirs seront même accusés d'appartenir à une organisation terroriste d'extrême gauche appelée Black War. On notera au passage que l'optimisme fait également partie de la panoplie des alternatifs même si leur textes font apparaître un cynisme noir et dépressif. Désormais, c'est le Yes future qui l'emporte (expression apparue lors de l'interview du groupe Bérurier Noir- encore eux -avant un concert au Zénith de Paris en 1988). D'autre part, la langue d'expression devient le français. C'est encore une manière de se démarquer du reste de la production musicale, majoritairement exprimée en anglais, mais aussi de rejeter sans ménagement la culture et l'hégémonie américaine. Ces nouveaux rockers recherchent une identité propre. Cette identité passera malgré tout par le mélange d'un rock incisif et contestataire avec la chanson réaliste des Bruant, Sylvestre et autres. On va assister à une cohabitation parfaite entre le rock et les traditions populaires françaises. Les Garçons Bouchers et Pigalle, aux noms évocateurs de la tradition populaire française, reprennent des chansons de Piaf, Fréhel, Aznavour ou Bassiak (Le Tourbillon) avec des arrangements aux résonances rock'n'roll. Cette seconde étape a démarré vers 1987. Beaucoup de ces groupes se sont arrêtés en chemin, souvent faute de moyens financiers. D'autres ont su se reconvertir ou trouver un style de rock propre leur permettant detraverser les tempêtes financières. C'est ici qu'entre en ligne de compte une des caractéristiques majeures du rock indépendant français : le métissage. Outre l'enthousiasme, la fraîcheur, la révolte, la dérision, l'inédit, le punk-rock anglo- saxon et ce phénomène d'autoproduction qui lui est cher, le rock français du début des années 1980 à nos jours bénéficie de cette touche extérieure qui le rend unique. Du trash-musette du groupe Pigalle aux rythmes latino de la Mano Negra en passant par le Raggamuffin des Babylon Fighters, presque tous les "indés" s'associent pour nous montrer que les frontières musicales sont très floues et, de plus, que toute influence extra rock est bonne à prendre. On citera, par exemple, le nom du groupe anglais The Clash. Il viendrait du titre d'un album de Culture (groupe de Reggae), daté de 1978, intitulé Two Sevens Clash. Et si, comme le dit François Truffaut : "Une ouvre d'art, ça n'est pas un règlement de compte", il n'en reste pas moins qu'elle représente un bon moyen d'affirmation. Il est sans doute intéressant d'insister sur le fait que les termes anglo-saxons disparaissent en grande partie des textes des chansons ou des noms des groupes, à l'exception de mots comme "trash" (ordures), "fuck off" etc. - on se souvient du retentissant "Fuck off Le Pen" clamé par les Bérurier Noir et un public en délire lors de leur dernier concert à l'Olympia en 1989. L'emploi de ces expressions anglo-saxonnes relève de l'auto-dérision et peut-être d'une reconnaissance explicite des racines du rock. Certains, comme Little Bob, ne se cachent pas de leurs influences, les affirment et continuent à s'exprimer en anglais. Chacun brouille les cartes à sa manière afin de ne recevoir aucune étiquette. 2) Rage Against the Majors Pour suivre leur logique d'empêcheurs de tourner en rond, les alternatifs vont vite se résoudre à produire et àistribuer eux-mêmes leurs créations. Leur volonté est de rapprocher le plus possible l'artiste du consommateur (même si ce terme ne convient pas tout à fait à leur politique) et de supprimer les intermédiaires que l'on trouve en grand nombre dans les major compagnies. Le prix du disque devient alors un véritable cheval de bataille. Ici encore, le modèle est anglosaxon (britannique avec, par exemple, le label Rough Trade ou américain avec Alternative Tentacles). C'est le fameux "do it yourself" déjà évoqué qui devient la tendance dominante. On assiste alors à l'émergence d'un véritable réseau autonome, associatif et communautaire. Ce collectif s'organise afin de gérer au mieux toutes les étapes de la production d'un disque, de la fabrication à la distribution. Les prix de vente sont bas (disques et places de concert entre 50 et 80 francs), les différents protagonistes rognant le plus possible sur leurs marges. Puis, on évoluera peu à peu du "do it yourself" brouillon vers des structures de production plus organisées où ce ne seront plus seulement les groupes eux-même qui prendront en charge la production mais bien des "managers", issus le plus souvent de ces groupes. Néanmoins, la dynamique de production de l'underground reste présente. Aujourd'hui, les producteurs indépendants ne représente plus que 15 % de la production nationale. Leurs parts de marché sont en régression par rapport aux années 1980 et les major compagnies se taillent la part du lion. Pourtant, quelques irréductibles arrivent à survivre, parfois au prix de douloureux sacrifices (Boucherie Productions a du augmenter de 10 francs le prix des disques de son catalogue l'année dernière dépassant ainsi la barre mythique du "disque à 100 balles"pour ne pas disparaître. Même si le prix reste inférieur aux prix pratiqués par les grandes structures-110 francs-il faut en passer par-là pour survivre). Les risques sont calculés mais personne n'est à l'abris de la dégringolade. La question est de savoir "comment produire étant donné la difficultée, face aux contingences économiques, à se positionner comme artisan, "éditeur" et amoureux du bel ouvrage ? Pour qui produire si les possibilités d'exposition se réduisent de jour en jour au profit de réalisations fortement médiatisées et de séries à bas prix ?" (Louis Bricard, vice président du syndicat national des producteurs-SNEP- et PDG d'Auvidis). Deux problèmes majeurs sont à résoudre. La baisse des coups de production et la maîtrise par les indépendants du réseau de distribution détenu aujourd'hui à 50 % par les hyper et supermarchés, 23 % par la FNAC, 5 % par les Virgin Megastore et 12 à 15 % par des disquaires indépendants ou appartenant àune chaîne (Nuggets, Starter.). Luc Natali, gérant de Boucherie Productions et responsable du syndicat des éditeurs phonographiques et audiovisuels indépendants (SEPI), résume parfaitement la situation : "Notre métier, c'est de produire des disques, pas de sortir des compilations [.], nous sommes là pour repérer les artistes, les guider, leur dénicher un studio, travailler leur image, les aider à trouver un public. Pour les majors, il est bien plus facile d'acheter un fonds de catalogue à "relooker" et "repuber" télé [.]. C'est toute la différence entre eux et nous. Le producteur indépendant est celui qui sème et qui prend le temps de récolter" (interview parue dans Chorus nø18 - hiver 96-97). Là encore, la ligne de conduite choisie est très honorable mais les concessions sont de mise pour éviter le rouleau compresseur conduit par les majors. C'est pourquoi, Boucherie vient de sortir quatre compilations, extraite de son catalogue. Pour François Hadji-Lazaro, directeur artistique de Boucherie, auteur-compositeur-chanteur et multi-instrumentiste c'est, hélas, le seul moyen d'assurer des rentrées financières. L'appui d'un fonds de catalogue assure des bénéfices faciles. Ces bénéfices sont ensuite réinvestis dans les créations nouvelles. Mais si ces moyens de survie devenaient démesurés, le garçon boucher assure qu'il préférerait saborder sa maison de production. On retrouve ici l'aspect collectif évoqué précédemment. En effet, la survie des petits labels (Boucherie, Crash Disques, Willing Productions, Bondage- première formule Mantra, Etoile...) et des petits distributeurs (Scalen, PIAS...) passe par le soutient du public, des réseaux associatifs, des fanzines, des salles de concert à et l'implication des pouvoirs publics dans, par exemple, la baisse du prix du disque. En 1991, Jack Lang, alors Ministre de la culture, fit apporter 2,5 millions de francs au développement des labels indépendants. L'année précédente, dix huit d'entre eux avaient bénéficié de ce programme dont Boucherie Productions, Bondage, New Rose, Blue Line ou Big Blue Records (entrefilet paru dans Le Monde daté du 29 avril 1991). 3) Quels relais pour les alternatifs ? La mise en place de structures commerciales s'accompagne de tout un réseau parallèle comprenant les fanzines, les disquaires, les associations, les salles de concert et certaines radios. De nombreux bénévoles vont ainsi soutenir le mouvement alternatif grâce à leurs dessins, interviews de groupes sur des magnétophones qui n'en ont que le nom, organisation de concerts souvent gratuits... Un seul mot d'ordre : l'information doit circuler librement et chacun doit y avoir accès. a) Les fanzines. (1) Nés de la littérature et de la BD undergroud américaine et anglaise des années 1950, ils arrivent en France dans les années 1960. Mais c'est le mouvement punk qui donnera à cette littérature ses lettres de noblesse. Tout l'hexagone sera concerné (Rock Hardi à Chamalières, Abus Dangereux à Toulouse, Combo et Le légume du jour à Paris, Wake up à Angers, Violence à Saint Etienne, Les Héros du Peuple Sont Immortels dans la région parisienne... La liste est encore très longue). Les formes que peuvent revêtir ces fanzines sont aussi diverses que variées et ce, selon les moyens que l'on possède. "Un tirage qui va de quelques dizaines à quelques milliers d'exemplaires, où la photocopie est reine ; l'offset et la micro-informatique, du luxe. Un terrain où l'autoproduction est l'unique solution, où la subvention n'existe pas" (René Vander Poorte alias Max Well in "Scènes de rock en France"). Ces fanzines font partie intégrante du paysage musical en général et sont un pilier du rock indépendant français puisqu'ils ont largement contribué à soutenir ce mouvement, surtout à partir de 1985, date à laquelle il connu un véritable essor. On notera à ce propos le travail de fourmis effectué à la Fanzinothèque de Poitiers. Ouverte en 1989, elle possède aujourd'hui près de dix mille titres, catalogués, épluchés et en consultation. Chacun peut ainsi avoir accès à cette mine d'information underground, pas toujours facile à localiser. b) Les disquaires. Spécialisés, ils sont le relais indispensable dans la distribution et la promotion du disque et des fanzines. Mais leur présence sur le territoire se réduit comme peau de chagrin au fur et à mesure des années. De deux mille en 1978, ils ne sont plus aujourd'hui que deux cents. Là encore, le marché de la grande distribution fait un ravage. Quelques irréductibles survivent malgré tout (Armadillo et Vincent-Atomium à Toulouse, Parallèles, Jussieu Musique et Crocodisc àParis...). A noter également l'existence de boutiques mises en place par les labels eux-mêmes. On y trouve leur propre production ainsi que des productions extérieures, des fanzines, des T-shirts... (voir Spliff à Clermont-Ferrand ou Black et Noir à Angers. Certains comme Vicious Circle et Panx Records à Toulouse ou encore Boucherie Productions à Paris ont mis en place un réseau de vente par correspondance). Mais la mort des petits labels et des distributeurs indépendants entraîne inévitablement la fermeture de ces boutiques (New Rose entre autre). c) Salles, associations et radios. Là encore, il est difficile d'établir une liste exhaustive tant ces structures sont mouvantes et nombreuses surtout en ce qui concerne les salles de concert et les bars. Le Transbordeur et le Globe àLyon ; le Gibus, le Théâtre du Quai de la Gare, l'Olympia, la Salle de la Roquette, le Sentier des Halles, le Bataclan, le New Morning, l'Usine Pali-Kao... à Paris ; Le Bijou, le Bikini, le Barafut, les Trois petits cochons, l'Erich Coffie... à Toulouse ; le Confort Moderne à Poitiers ; le Printemps de Bourges et tous les autres festivals de rock en France ; les bars dans presque tout l'hexagone ; les amphis de facs ; les MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) ; les tournées à l'étranger (Canada, Grande Bretagne, Belgique, Allemagne, Sénégal, Maroc, Côte d'Ivoire, Amérique du Sud...) ; les Fêtes de la musique plus tous les concerts improvisés, les lieux d'expression du rock indépendant français fourmillent. Tous ces lieux (plus ceux qui n'ont pas été cités mais qui sont tout aussi importants) ont porté et portent encore le rock français. En ce qui concerne les associations, on citera par exemple Emmetrop à Bourges. Créée en 1984, cette structure, composée de huit personnes, organise des expositions, des concerts et des festivals. Depuis 1988, le festival Ouff, alternative off au Printemps de Bourges, qui mêle concerts dans les bars (Bar'ouffs !), performances graphiques, vidéos et rencontre entre indépendants, assure une véritable ambiance de fête autour du rock. L'association Bigoudi Impérial, dirigée par Pierre Marty, tente chaque année depuis 1987 un Etat du Rock (la première formule était connue sous le nom d'Etats Généraux du Rock). Tous les ans à Montpellier, c'est une grande réunion entre labels, fanzines, et acteurs de la scène rock. Les colloques qui sont organisés tournent autour de thèmes comme : les collectivités locales, le rock et les autres aventures musicales. Ces retrouvailles se font autour de la scène française, des Bérurier Noir (avant leur séparation) à IAM en passant par Noir Désir et les Thugs. Au total, prés de 160 groupes s'y sont produits. A Tours, Radio Béton organise tous les ans un festival rock nommé Aucard de Tours. Situé sur une île au milieu de la Loire (l'île Aucard), ce festival regroupe depuis 1987 des dizaines de groupes en assurant ainsi la survie du rock en France (non, le rock n'est pas mort !). A Toulouse, c'est l'association Avant-Mardi, qui depuis quelques années assure la promotion du rock dans le département de la Haute-Garonne. Avant-Mardi abrite d'autres associations locales et les aide à organiser concerts et festivals dans la région. De plus, l'association toulousaine est un des correspondants du Centre d'Information et de Ressource pour les Musiques Actuelles (IRMA) stationné à Paris. Enfin, Avant-Mardi collabore au Réseau Printemps, chargé tous les ans de découvrir de nouveaux talents à propulser sur les scènes Découvertes du Printemps de Bourges. Enfin, il ne faut pas oublier l'association SCALP (Section Carrément Anti Le Pen) créée, toujours àToulouse, en 1984. Aujourd'hui disparue, l'association eut de nombreuses antennes à travers l'hexagone. L'idée était d'informer et de combattre la montée des idées nationalistes et xénophobes. De nombreux groupes se sont inscrits dans cette démarche par des concerts de soutien. Un peu en dehors du réseau associatif, des personnes ont su mettre à profit leurs capacités humaines et intellectuelles pour la création de structures underground mais efficaces. C'est le cas de Rascal et Ronan. Ils furent les instigateurs de Paribarrocks. Alors qu'un soir de défection du Gibus (salle parisienne) il fallut trouver une salle en catastrophe, Jimmy prêta son bar situé dans le XXe. C'était en 1984. Ce soir là naissait, officieusement, un nouveau concept : celui d'un réseau organisé de bars, tous au service des alternatifs. Il créa de nombreuses vocations et se fit l'apôtre de nouveaux talents (Los Carayos, BB Doc, Parabellum,.). La quasi-disparition des alternatifs et le déménagement de Rascal à Bourges en 1989, feront que ces scènes rock auront du mal à survivre et ce malgré un bilan positif jusqu'en 1992. En ce qui concerne les radios, on trouve quelques rares émissions dispersées sur la bande FM parisienne (Radio Libertaire, Radio Nova .) plus de petites survivances en province telles Radio Béton à Tours, FMR à Toulouse, Grenouille à Marseille, Mutine à Brest ou encore Primitive à Reims. Ces quelques radios appartiennent à l'association toulousaine FERA ROCK (Fédération des Radios Associatives Rock). Leur politique consiste à diffuser au maximum des artistes sortant des sentiers battus (Paris Combo, Sergent Garcia, Arno, Y Front, Noir Désir et bien d'autres). Malheureusement, les nombreux échecs de ces petites structures montrent que la bande FM se complaît dans les programmations stéréotypées et édulcorées. Si l'on voulait faire une petite synthèse de tous les éléments évoqués dans ces premières pages, on pourrait dire que des trois périodes qui caractérisent le rock indépendant français (1980-1987 ; 1987-1989 ; 1989- ?) c'est certainement la seconde qui restera la plus fertile en créations, que ce soit au niveau associatif - naissance et plein développement de structures créées deux ou trois ans auparavant - ou au niveau des groupes et des labels (sorte de Golden Age) Certains fixent la fin du "mouvement" en 1989 avec la disparition des Bérurier Noir et la refonte de certains labels indépendants en promoteurs de musiques en tube. Seulement, les activités de la constellation alternative continuèrent, amoindries certes, mais toujours en ébullition. _______________________________ 1 Une liste sélective et critique de ces fanzines figure dans la partie intitulée Bibliographie.
Seront présentés ici les labels ayant vraiment contribué à l'existence du mouvement indépendant français. Beaucoup d'entre eux ont disparu à cause de luttes intestines et de règlements de comptes dignes des plus grands westerns. D'autres se sont transformé, selon la volonté de leur directeur artistique. Une volonté parfois antinomique avec le rock indépendant qu'ils avaient défendu quelques années auparavant. Hélas, là encore, la logique du profit devient reine. (Avertissement : les références discographiques citées dans cette partie ne concernent que des vinyls non réédité en C.D. ou partiellement sur des compilations. Si elles sont mentionnées, c'est qu'elles font partie intégrante du paysage discographique indépendant. Consulter la partie Discographie pour avoir des références de C.D. disponibles).
Le label ayant une sympathique tête de rat pour emblème, fondé à Juvisy en mai 1984, a été une nébuleuse d'activistes sous au moins trois formes et dans trois villes (Juvisy (1), Angers et Lyon). Né de la rencontre entre Rico Maldoror et Morback, rassemblés autour du fanzine Les Héros du Peuple Sont Immortels, ce label a toujours su trouver le juste milieu entre punk et rockers frisant parfois un Hardcore encore en gestation. Son effectif oscilla entre cinq et vingt personnes suivant les périodes.
Juvisy 1984 : rencontre avec les Thugs, Parabellum, Les Rats et les Hot Pants (avec, à sa tête, Manu Chao, futur Mano Negra). C'est grâce au premier 45T des Thugs, "Frenetic dancing". Avec sa sortie en janvier 1985 (3000 exemplaires vendus), les "gougnafiers" vont marquer leur territoire. Angers 1986 : l'extension se poursuit. Les Sheriff, Les Boy Scouts, les Noddles et les Happy Drivers rejoignent la raya gougnafière. L'influence du label s'est même élargie aux pays de l'Est et aux Etats Unis. Lyon 1988 : le catalogue pèse de plus en plus lourd. Les Mescaleros, Parkinson Square et Die Trottel (groupe hongrois) viennent grossir les rangs de l'équipe et ce juste avant que le label disparaisse en 1989. Au total, Gougnaf Mouvement aura laissé une cinquantaine de références marquantes dont l'essentiel de la discographie des Rats, des Sheriff, de Parabellum ou encore des Hot Pants et des Thugs (les droits seront ensuite rachetés par d'autres producteurs, indépendants ou non, en vue d'éditions sous forme de C.D.). Distributeurs de Gougnaf : New Rose de fin 1984 à fin 1986. Madrigal de fin 1986 à octobre 1987. New Rose de fin 1987 à 1989. De nombreux graphistes, dessinateurs et photographes (El Rotringo et Vuillemin par exemple) ont été "employés" à la création de ces fameuses pochettes de disque qui sont souvent de petit chef-d'ouvre. Rock et graphisme se complètent parfaitement.
Tout d'abord émission de radio et organisateur de concerts, Black et Noir céda son nom à un magasin, fondé à Angers en 1988. Il allait servir de base à la création du label du même nom en 1989. L'existence de ce label est due à Eric Sourice, guitariste des Thugs. L'idée n'était pas de sortir des albums au coup par coup mais de découvrir des jeunes groupes en les assistant dans l'enregistrement de leurs premiers 45T puis de leurs premiers albums. Ce fut fait avec Mad Monster Party, d'Angoulême, Uptown Bones, de Philadelphie, Drive Blind, de Nîmes, plus des groupes angevins comme les Dirty Hands ou les Shaking Dolls. Black et Noir eut la démarche intéressante d'encourager fortement la scène locale, qui comprenait en 1992 une cinquantaine de groupes. Mais les problèmes inhérents aux structures indépendantes eurent raison de Black et Noir en 1995. La faillite des distributeurs Closer et Danceteria, le passage du vinyl au C.D. avec augmentation des prix publics et surtout la faiblesse de la petite production face aux poids lourds internationaux mis donc fin à une aventure commencée six ans plus tôt dans la douceur angevine. Cependant, le label a toujours su rester fidèle à ses idées premières : "indépendance, création et sincérité pour une aventure passionnante".
Au pays des volcans, à Clermont-Ferrand, rue de la Treille exactement, une bande de purs et durs résiste encore et toujours à l'envahisseur. Ouvert en 1982, sous forme de boutique associative, par Gilbert et Buck (aujourd'hui disparu), Spliff (également nom du fanzine qu'ils éditaient quelques années plus tôt) avait pour but d'offrir une alternative à la Fnac dans une ville n'ayant pas grand chose d'intéressant à offrir côté disquaires. Le label Spliff Records en sera la suite logique, publiant les Scuba Drivers, Kambrones, Real Cool Killers (le groupe de Buck), Ambulances. ainsi que des groupes étrangers comme La Secta (groupe espagnol). Patrick, du fanzine Violence, viendra renforcer l'équipe à la fin des années 1980. Le label, qui prend des risques (autoédition et autodistribution), réussit néanmoins à garder la tête hors de l'eau en s'orientant vers des activités annexes comme l'organisation des festivals Rock au Maximum ou Les deux doigts dans la prise ou bien, et c'est plus inattendu, en se plaçant comme l'un des fournisseurs de disques de la Bibliothèque Départementale de Prêt du Puy-de-Dôme, basée à Clermont- Ferrand.
Vicious circle est le label d'Abus Dangereux, association type loi 1901. Créé en 1993 par Philippe Couderc, le label toulousain est né de la volonté de ses fondateurs de s'essayer à la production, de comprendre comment marche le circuit indépendant bref, "[de] passer de l'autre côté de la barrière de la critique et risquer le démontage sévère, la critique exagérée, le foutage de gueule complet" (Petite note de Philippe Couderc dans le fanzine Abus Dangereux Face 51, avril-mai 1997). Car Abus Dangereux est également un fanzine qui a soufflé ses dix bougies en avril 1997. Le premier numéro paru (Face A) était photocopié en petit format et "tiré" à 90 exemplaires. Aujourd'hui, le fanzine se fend d'une belle couverture glacée et d'un tirage à 5000 exemplaires (consulter la partie Bibliographie pour plus de détails). Retour au label. Soutenu par le distributeur Pias France et l'association Transrock de Mérignac, il possède un catalogue important (voir pages suivantes) et base son travail aussi bien sur des artistes français qu'étrangers. Depuis environ un an, il existe une boutique Vicious Circle à Toulouse. Elle propose les produits du label ainsi que les productions d'autres labels indépendants comme Spliff et Pandemonium Records. Cette boutique ne fait plus partie de la structure associative Abus Dangereux ("trop ambigu aux yeux du fisc, dès qu'il s'agit de revendre quoi que ce soit" selon Philippe Couderc) et évolue désormais en tant que SARL. Ajoutons que le label possède également un catalogue de vente par correspondance, créé en 1988 pour diffuser un peu mieux les autoproductions. Et comme il est difficile de survivre quand on est indépendant, Vicious Circle poursuit ses efforts dans Spiral, un groupement réunissant trois labels indépendants français : Aliénor, Total Heaven (basé à Bordeaux) et Vicious Circle.
Elément de la structure associative Radical Records créée en 1982 par Kid Bravo et Vlad, Rock Radical Records (RRR) est né d'un but unique : sortir le premier single des Brigades, dont le chanteur n'est autre que Vlad. Si beaucoup de labels indépendant naissent sous la forme d'associations, c'est surtout pour "être un outils d'agit'-prop', en phase avec le mouvement politique et social de l'Autonomie" (interview de Vlad par Jean-Claude Demari dans Yaourt n°10, mai-juin 1990). L'autofinancement devenant de plus en plus dur, un ami du groupe, Philippe devint le "mécène" du label. Rapidement, RRR devint l'instrument de Kid Bravo et de Philippe. Ils décidèrent alors de sortir le premier 45T des Bérurier Noir. Vlad s'inscrit en faux et explique (toujours dans Yaourt n°10) : "Nous ne voulions pas pas risquer d'être un label généraliste où se retrouvent des groupes à démarche radicale comme les Béru et des gens qui sont là par défaut". C'est pourquoi, après le premier split des Brigades à l'été 1983, RRR laisse place a deux nouveaux labels : Negative Records (fondé par les Brigades nouvelle formule quelques mois après la disparition de la première) et Bondage Records (fondé par Kid Bravo, Philippe et Marsu, devenu manager des Béru). Les rapports entre les deux nouveaux labels restèrent bons jusqu'à ce Bondage devienne Bond Age en 1993 et soit dirigé par une maison de production cinématographique. En 1990, Negative Records disparaît pour laisser place à Dissidence (durée de vie : deux ans), toujours sous la houlette de Vlad et ce après le split définitif des Brigades en 1989. "Ceux qui voulaient continuer dans le même esprit décidèrent un rapprochement avec le fanzine Est-ce bien raisonnable qui avait aussi un projet de label. Pour ménager toutes les susceptibilités, un nouveau nom similaire en anglais et en français sera choisi : Dissidence. Sans aucun groupe "phare " tournant en France, sans un distributeur du genre New Rose, et en étant totalement dépendant de la politique du tout CD et du stock zéro imposé par les grands acheteurs de type Fnac, le label n'avait aucune chance de pouvoir subsister" (interview de Vlad dégotée sur le site Internet Erreur! Signet non défini). Retour sur la scène de Négative Records en 1996 avec la création d'un sous-label, Planet Marx, tourné vers les groupes d'expression française. Distribués au départ par New Rose (distributeur aujourd'hui disparu), RRR, Negative Records et Dissidence auront de nombreux groupes à leur actif qu'ils soient français (Brigades, les Electrodes et Sub Kids),écossais (Oi Polloi et Swine Flu),anglais (Snuff et Apocalypse Babies), américains (Blank 77 et Divide and Conquer). L'aventure continue donc et les projets ne manquent pas. On peut noter, par exemple, une ouverture sur le reggae punk. Le label fera de plus tout son possible pour fixer le prix des disques aux alentours des 80 francs, ce qui parait difficile vu les précédents.
Que dire sur Bondage qui n'ait pas déjà été dit ? Le label a défrayé la chronique avec les Bérurier Noir et Marsu leur manager de l'époque, vers les années 86-87 : les années fastes pour les alternatifs qui n'ont pas pu ou pas su en profiter pour accroître leur influence. Label contesté (à tort et à raison) dont le catalogue retrace l'histoire des hauts et des bas de ces années d'indépendance. Les prémices de Bondage ont vu le jour sous Rock Radical Records (RRR) dont la direction était assurée par Kid Bravo et Philippe. Les groupes phares, hormis les Brigades se nommaient Parabellum ou Bérurier Noir. Le split des Brigades première version a entraîné la fin de RRR. C'est le premier tournant dans l'histoire de Bondage. Bondage Rds (BR) est fondé par la suite par Kid Bravo, Philippe et Marsu. Stop It Baby (sous label) sera sa division garage (dirigée par David Dufresne, l'homme hyper- actif des fanzines Les Héros du Peuple. puis Combo). Selon Marsu, Bondage a été créé "en réaction à l'esprit chiant comme la mort de pas mal de militants. Puis, nous avons évolué et produit des groupes qui n'avaient pas à proprement parler une démarche alternative" (Extrait d'interview parue dans Yaourt n°10, mai-juin 1991). Les VRP, Washington Dead Cats ou Les Satellites signeront chez Bondage avant d'aller voir ailleurs (chez Phonogram pour les VRP et chez Squatt/ Sony pour les Satellites). Mais ce sont surtout les Bérurier Noir qui feront la renommée du label et son image d'indépendant pur et dur. Second tournant en mai 1985. Bondage devient la SARL Bondage Productions. Son catalogue possède environ 80 références. La division internationale sera notée BI (avec des groupes comme Kortatu, MC4...). Mais voilà, il est apparu des différents entre Marsu et les Bérurier Noir, notamment à propos de la Sacem (que les deux parties avaient boycottée jusqu'alors). Des problèmes de droits d'auteurs seraient à l'origine du conflit et de la disparition du groupe qui, jusqu'au bout aura voulu garder son indépendance financière et idéologique. Leur devise : "Vivre libre ou mourir". Les Bérurier Noir sont alors partis chez New Rose, créant au passage le Folklore de la Zone Mondiale (sous-label sans existence réelle). Division Nada, autre sous label de New Rose, sera inauguré en 1991 par François Bergeron (ex-Béru), désormais leader du groupe Molodoï depuis la même année. Ne souhaitant pas constituer d'association ni de SARL, Division Nada lui laisse une totale autonomie financière et artistique. Des groupes comme Gonokox, Sourire Kabyle, Neurones en Folies ou encore Banlieue Rouge y sortiront ainsi leurs albums sous l'étiquette d'un punk-rock plus classique comme celui de Molodoï, lui aussi édité chez Division Nada. Pour Bondage la renaissance post-1989 se fait dans un soupir de soulagement : Houlala. Ce nouveau label est le regroupement de Bondage (moins Kid Bravo et David Dufresne ex-Stop It Baby), de Mix-It (avec Eric Débris comme gérant) et d'une moitié de VISA (avec Yves Lecarpentier, responsable du sous label Zelig dans Houlala). La tête de pont de la nouvelle SARL sera incarnée par les Ludwig von 88. De nouvelles divisions apparaissent : Zelig (New wave, industriel), Indépendance (rap, reggae et dance) ou Houlala International (ancien Bondage International). En 1993, la direction du label est reprise par une société produisant des clips vidéo : Rémanence. Le nom du label devient Bond Age (dirigé par Bruno Venzal). Mais cela n'a plus rien à voir avec Bondage première heure. On mise sur un fonds de catalogue sans prendre de risques (Les Rats, Les Pires, Les Cadavres, Les Nonnes Troppo etc.) en souhaitant surtout que l'argent rentre tout les mois. Plus rien à voir, donc, avec une démarche de producteur indépendant. Marsu étant évincé fonde Crash Disques dans la foulée. Là encore, la prise de risques est minimale puisque figurent sur son catalogue des groupes ayant déjà fait leurs preuves comme Raymonde et les Blancs Becs (droits rachetés à Houlala), Babylon Fighters, Lucrate Milk ou encore Sergent Garcia (groupe formé par un ancien de Ludwig von 88, ce qui est un gage de bonne qualité). De la formidable aventure Bondage, il ne reste plus aujourd'hui que Crash Disques et Bond Age version commerciale.
L'histoire de cette maison de production et de distribution commence dans un magasin de disques : Music Box. Nous sommes en 1977. Patrick Mathé, ancien HEC et gérant du magasin accueille Louis Thévenon, lycéen. Ils commencent a mûrir des projets communs de label. En 1979, Music Box ferme. Le 3 mars 1980 les deux compères inaugurent New Rose, seule boutique spécialisée dans Paris, à l'époque. Des importations de punk de rock et de new wave viennent remplir les bacs du magasin situé dans le 6e arrondissement. Le succès est très rapide et des envies de création d'un label se font ressentir. L'exemple anglo-saxon donne des idées. En effet, les labels Rough Trade, Small Wonder. ont tous commencés comme disquaires. Le magasin permet également d'avoir une vitrine attenante au label. Changement de locaux en 1989. Le nouveau Q.G. du punk rock déménage au Kremlin-Bicêtre laissant ainsi la place à Blue Moon, le New Rose rasta. Derrière le comptoir défileront des gens comme Laurent Rigoulet (journaliste à Libération) ou encore Philippe Manouvre. Le label aura pignon sur rue grâce aux relations des deux gérants mais aussi grâce a son réseau international. La section Fan Club de New Rose servira à l'édition de bandes anciennes inédites (Chris Spending, Elliot Murphy, Taxi Girl, Marie et les Garçons.). 25 à 30% des ventes de New Rose se font à l'export. Côté scène française, on trouvera sur le catalogue des groupes comme La Souris Dégliguée, Warum Joe, Little Nemo, Asylum Party. Le label signera régulièrement des groupes français jusqu'à ce que le mouvement alternatif monte ses propres structures que New Rose distribuera. En ce qui concerne cette distribution, New Rose est passé de 300 000 disques distribués par an en 1983 à 900 000 en 1990. New Rose sera le partenaire fiable et crédible dans la distribution des labels indépendants français (Closer, Eva, Art Traffic, Bondage, Etoile, Division Nada, Boucherie Productions,.) et étrangers (Rough Trade, Beggars Banquet.remplacé aujourd'hui par Pias, One Little Indian.). New Rose assurait également la fabrication des disques, ayant négocié sans trop d'encombres le passage du vinyle au C.D. New Rose profitera ainsi d'une situation de quasi-monopole et de dynamiseur "particulièrement au niveau financier. Tous ces labels se concentraient sur l'artistique tandis que nous devions assurer l'intendance" (P. Mathé et L.Thévenon dans Yaourt n°4, avril-mai 1990). L'aventure s'achèvera en 1992. Les majors se réveillent et de plus en plus de groupes sont attirés par le chant des sirènes, de nouveaux distributeurs arrivent sur le marché et il devient difficile de faire de la résistance face aux grossistes et grandes chaînes de magasins qui ne veulent que "du rentable" à distribuer.
Label majeur dans l'histoire de la production indépendante, Boucherie Productions existe depuis 1986 et détient ainsi le record de longévité face à ses petits camarades moins chanceux ou moins malins. François Hadji-Lazaro, son fondateur, explique : "Il y a environ quatorze ans [en 1983], quand on a monté notre groupe, Les Garçons Bouchers, on s'est vite fait connaître du public grâce aux concerts. Mais les majors ne s'intéressaient pas à nous, et les labels indépendants étaient trop spécialisés. On a donc décidé de monter notre propre boîte, à mis chemin entre le petit label alternatif et la grosse compagnie" (Interview parue dans Télérama n° 2498, 26 novembre 1997). L'auteur-compositeur-chanteur et multi-instrumentiste annonce clairement la couleur lorsqu'il parle de sa démarche d'indépendant dévoué à la musique : "J'adore sortir des artistes de leur chambrette et de les faire découvrir, mais ma démarche est aussi politisée. J'allie l'artistique et le social. C'est important de lutter contre la dictature des majors" (In Télérama n° 2498). C'est donc un refus catégorique de l'enrichissement sur des produits dignes des supermarchés. Car chez Boucherie, c'est la création qui passe avant tout. Associé, entre autre, à Luc Natali (gérant du label), François Hadji-Lazaro prend une sacrée revanche sur les majors. Le parcours ne fut pourtant pas facile. Boucherie a bataillé dur avant de trouver un distributeur qui lui convenait. De New Rose à Musidisc en passant par Island / Polygram et Fnac Music / WMD c'est finalement PIAS (Play It Again Sam) et Scalen qui ont le mieux satisfaits les demandes de Boucherie. "Nous avons enfin trouvé un bon partenariat, sans doute parce que nous travaillons entre indépendants. Il y a un esprit, une démarche, un respect communs." Luc Natali poursuit : "Avant, nos relations avec les distributeurs tournaient toujours à la guerre, nous n'étions pas dans la même logique." (propos tenus dans Chorus n°18, hiver 1996-1997). PIAS est la filiale française d'un gros éditeur- distributeur belge indépendant. Associé à Boucherie Productions et ses quatre labels depuis l'été 1994, PIAS distribue également les labels français indépendants- A Donf, Crash Disques, F Comunication, IX et Pias Records- ainsi que des labels étrangers comme l'Américain Alternative Tentacles. Scalen est quant à lui un distributeur basé à Toulouse. Dirigé par Christian Anne depuis 1985, il est le distributeur exclusif du label Acousteack sur la France. Associé à Boucherie depuis la mi-97, Scalen base son catalogue sur la chanson francophone et les musiques traditionnelles. Après cette parenthèse, revenons aux quatre labels de Boucherie Productions qui possèdent chacun leurs spécialités. Car la spécificité de Boucherie est de s'ouvrir aux nouvelles musiques tout en gardant un oil attentionné sur le rock dit traditionnel et la musique folklorique. Abatrash existe depuis 1986. Ce label est plus destiné à l'export qu'à l'hexagone. On y retrouve par exemple : Y Front, Hoax ou encore Near Death Experience. Un label destiné aux "musiques nouvelles" (Industriel et Hardcore). Il semblerait que ce label s'essouffle faute de groupes français dans ce secteur. Acousteack, qui existe depuis près de deux ans, est destiné aux musiques traditionnelles. François Hadji-Lazaro, issu de la musique folk précise que c'est "un label à deux faces, l'une avec mes vieux souvenirs et l'autre avec la nouvelle vague". Y figurent Malicorne, Trio Patrick Bouffard, les Pires ou encore les 4 Jeans. Chantons sous la truie, lui, regroupe plutôt un répertoire de voix avec Les Elles, Sttella, Wally ou Paris Combo. Sur le label Boucherie sont regroupés quelques figures marquantes du rock français. Avec Pigalle, Les Garçons Bouchers, BB Doc, Happy drivers ou encore les Roadrunners, c'est un peu de l'histoire du rock français qui nous est racontée. Reste à signaler l'existence de L'Echo des Côtelettes, le "Bulle au thym des 4 labels", qui, tous les trois mois nous raconte tout sur Boucherie et ses poulains (sorties d'albums, concerts plus le catalogue de vente par correspondance). Terminons ce tour d'horizon des labels et des distributeurs de la période dite alternative en évoquant simplement d'autres structures un peu moins importantes mais néanmoins significatives dans la promotion du rock hexagonal et de ses dérivés. Elles appartiennent en effet au groupe des labels indépendants. On y trouve quelques références intéressantes mais elles sont souvent noyées dans une mare de variétés pâlichonnes. Tous les labels dont la liste suit sont basés à Paris et leurs activités continuent toujours. A Donf : (une division de Pias France) dirigé par Yves Lecarpentier et distribué par Pias France. Catalogue : Burning Heads, Ludwig von 88, Les Sheriff, Mush, Drive Blind, Timide et sans Complexe (très bon groupe de rap de la banlieue parisienne). Les Compagnons de la tête de mort : dirigé par Jean-Michel Dajon et distribué par Mélodie. Catalogue : Castafiore Bazooka (six femmes dans un sextuor vocal et instrumental impressionnant) et la Grande Sophie. FGL Productions : dirigé par Thierry Wolf et distribué par WMD ainsi qu'Arcade. Catalogue : outre John Cale, Iggy Pop et les Cours de l'Armée Rouge, on trouve les Têtes Raides, les Rolling Bidochons et Parabellum (bizarre de voir figurer un tel groupe sur un catalogue qui accueille également Carole Laure !). Last call : dirigé par Patrick Mathé (anciennement New Rose) et distribué par WMD, Sony (hé oui !). Catalogue : Bérurier Noir, les Sheriff (du temps du label Etoile), Lama Gyomé et Jean Philippe Rykielle, Alex Chilton, Bill Husley. Pias Records : dirigé par Kenny Gates et distribué par Pias France. Catalogue : Mush, Burning Heads, Ludwig von 88, Miossec, les Sheriff, Trisomie 21, Young Gods, Front 242, Soulwax. Roadrunner : dirigé par Olivier Lebeau et distribué par Musidisc. Catalogue : Demain les Poulpes, les Thugs, Naked Apes, Mass Hysteria, Machine Head, Sepultura,. _______________________________ 1 Ville de la banlieue parisienne
"L'alternative ne s'est pas arrêtée". Pour François Béru, les gens "ont eu le choc du 11 novembre 1989 : de faux bruits ont circulé comme quoi, si les Béru s'arrêtaient, tout allait partir en déconfiture. Le temps d'un délire de six mois et tout a redémarré". (Propos recueillis par Jean-Claude Demari dans Yaourt(1) n° 10, mai-juin 1991). Près de dix ans plus tard, le constat n'est pas si noir que cela. Même si beaucoup de groupes, de fanzines et de labels sont aujourd'hui enterrés, il n'en reste pas moins que les survivants et la jeune garde du rock français secouent encore le cocotier. "Après septembre 1990, ceux qui ont soutenu le choc ont commencé à se compter, à se redynamiser et à se relancer dans l'aventure" selon Thierry de Lavau, fondateur du label ViSA , aujourd'hui disparu (In Yaourt n°10). Le travail effectué par le label Boucherie Production ou Scalen et par des groupes comme les Ludwig von 88, les Thugs ou encore les Sheriff nous montre à quel point il est dur, certes, d'être indépendant mais que l'aventure est encore possible pour peu que l'on soit passionné. Les Ludwig vendent entre 20 000 et 25 000 albums sans l'aide de grosses structures. "Le but des multinationales est de rentabiliser un groupe. Nous, c'est de faire ce qu'on aime" affirment les Thugs. Loin de toutes considérations économiques, ces groupes survivent grâce au système D et surtout grâce à leurs convictions, leurs engagements politiques et sociaux : "On critique la société libérale" explique Christophe, le batteur des Thugs. "Alors, autant être cohérents et travailler en indépendants. [.] Nous ne sommes pas en guerre sainte ; nous respectons des groupes comme Zebda, Noir Désir ou IAM. Qu'ils soient sur des majors ne les empêche pas d'avoir une démarche alternative" (In Télérama n°2456, p.44). Karim, des Ludwig pense qu'il est encore possible pour un jeune groupe de fonctionner en marge. Selon lui, "pour 20 000 francs, on peut se débrouiller pour sortir 1 000 albums. Si le groupe se démène pour les revendre 60 francs pièce, il s'y retrouve et peut continuer. C'est sûr, il faut d'abord trouver les trouver les 20 000 balles." (In Télérama n° 2456, p.44).
Il est toujours possible de se tourner vers les petites structures de production qui opèrent un réel travail de soutien et de promotion des groupes sans penser forcement au profit que l'on peut en tirer. Alors, tous unis pour "shooter Babylone" ? (2)
________________________ (1) Les références exactes des articles de périodiques cités figurent dans la bibliographie. (2) Titre de morceau du groupe de rap Assassin.
La première partie de cette discographie concerne des groupes qui n'existent plus mais qui sont des incontournables la scène alternative française. Les notices biographiques des groupes cités ont été élaborées avec l'aide de l'ouvrage "Scène de rock en France", signalé dans la bibliographie. Note : les notices des C.D. sélectionnés contiennent, quand l'information est disponible, le titre de l'album, le producteur, le distributeur, la référence commerciale et le nombre de titres.
Composition : Thierry Oï (batterie, percussions et harmonica), Bruno Marande (basse, banjo et guitare accoustique), Stephane Hermlyn (voix, guitare et orgue), Eric Petit (guitare lead). REF : Aldila / Danceteria, 1992 / DANCD 096 / 13 titres
Leur second opus, Letters for kings, apparaît comme leur album le plus mûr avec des morceaux comme "When is the future" rappelant les Doors. Composition : Gilles (guitare et chant), Doume (guitare), Patrice (batterie) et Alain (basse). Letters for kings / Sans date / Produit par Black & Noir / Distrib. par Danceteria / BNCD10 / 8 titres
L'album mentionné ici en regroupe deux autres : Réussite (autoproduit en 1984) et Sur des charbons ardents. Leurs meilleurs titres y figurent. Réussite / Sur des charbons ardents / Cop. 1984-86 chez Art Traffic / Distrib. par New Rose / 452039 / 23 titres
The Beast off ! / Bondage / Distrib. par New Rose / ABCD 002 / 22 titres Go-lden Age 86-90 / Houlala/Bondage / Distrib. par Danceteria / HHCD 9114 / 21 titres Whatchamacallit / Musidisc, 1991 / 107902 / 11 titres
Sur cet album figure une reprise d'Alexandrie Alexandra de Claude François (la fin du morceau est assez inattendue).Aujourd'hui, les VRP sont revenus à leurs premières amours : les Nonnes Troppo (première formation datant de 1985). Remords et tristes pets / Phonogram, 1989 / (Cop. Bondage sans date) / 842326 2 / 11 titres
Mais le chanteur fit d'abord ses armes dans deux autres groupes des années alternatives. Il y eu les Hot Pants (cf. l'album "Loco Mosquito" paru chez All or nothing records en 1986) et Los Carayos, "Rois du pinard et du calendos", où l'on retrouve également François Hadji-Lazaro, Didier Wampas, Schultz (futur Parabellum) et Tonio Chao ( futur Chihuahua). Un groupe qui aimait transformer les classiques du rock en versions musette. Manu Chao fait aujourd'hui un carrière solo et vient tout juste de sortir un album chez Virgin : "Clandestino" (16 titres, dont trois reprises de la Mano Negra, réf. 724384578329). Los Carayos / Ils ont osé ! / All or nothing records /Distrib. par Média 7 / ANCD 01 /8 titres
tête du label Bondage. Ne restait plus qu'une seule solution à leurs yeux : le suicide du groupe. C'est ce qu'ils ont fait lors d'un concert ultime à l'Olympia en 1989 (9,10 et 11 novembre) précipitant ainsi le mouvement alternatif dans une longue période de remise en question. Concerto pour détraqués / Last Call/Folklore de La Zone Mondiale (enr. 1986) / Distib. par WMD / 422003 / 16 titres Abracadaboum / Folklore de la Zone Mondiale Cop. 1991 / P. 1987. / Distrib. Par New Rose / 422032 / 20 titres (Ce C.D. est la compilation du 45T. "L'Empereur Tomato Ketchup", de l'album "Abracadaboum", du maxi 45T. "Ils veulent nous tuer" et du 45T. "Vietnam Laos Cambodge"). Viva Bertaga / Concert à l'Olympia les 9, 10 et 11 novembre 1989. / Folklore de la Zone Mondiale / Distrib. par New Rose / 422039 / 22 titres Souvent fauché, toujours marteau (Dernier album) / Bondage Records / Folklore De la Zone Mondiale, 1989 / Distrib. par New Rose / BNCD 8908 / 12 titres.
Avec l'album Du Groove et des Souris, le temps du délire et des histoires hurlantes à sonné (album sorti chez Bondage en 1987, droits rachetés par Sony et distribution sous l'enseigne de son label Squatt- réf. SQT 4685532). Retenons également l'album Pied Orange qui dénote une ouverture vers les musique du monde. N'ayant pas réussi à toucher un autre public que celui qui lui était acquis, le groupe terminera sa carrière en 1994. Polo, le chanteur, à depuis entamé une carrière solo. (Autres albums : Riches et célèbres et 4). Pied Orange / Squatt / CBS, 1990 / Distrib. par CBS Disques France / SQT 467586 2 / 12 titres
L'album Historik reprend leurs plus grands titres et surtout, propose de nombreux inédits en C.D. Historik 85-88 / Crash Disques, 1997 ,P.1988 / Kronchtadt tapes / Proselyt /Distrib. par PIAS France / Crash CD 13 / 16 titres
Dans cette seconde partie sont recensé les "survivants" du mouvement alternatif.
Nineteen Something / Labels, 1998
Chamboultou / Tôt ou tard / WEA, 1998
Blues Stories / Sony Music, 1998
"Après tout, [.] pas de raisons que les Sheriff, rescapés de la diligence punk- rock, caracolant seuls en tête d'un front largement décimé, raccrochent les guitares au râtelier" (Max Well). Les Sheriff / Label Etoile, sans date / Distrib. par New Rose / 422321 /25 titres (Ce C.D. est la compilation des albums "Pan" et "3,2,1, zéro." sortis en LP chez Gougnaf en 1987 et 1988). Soleil de plomb / Label Etoile / Last Call, 1993 / Distrib. par WMD / 422456 / 12 titres Allegro Turbo / A Donf', 1995 / Distrib. par Pias France / ADF 005 / 16 titres
Après de nombreux remaniements au sein du groupe et de multiples Maxi 45T., les Ludwig connurent un vif succès radiophonique avec New Orleans en 1991, offrant du même coup un nom pour une division de Bondage Records : Houlala. Leur neuvième album Prophètes et Nains de Jardin, le dernier en date, fait toujours preuve de la même passion qui anime le groupe pour une musique tous azimuts, où Charly Oleg est célébré comme il se doit ("featuring Charly, l'authentique"). Hiroshima, quant à lui, propose une réflexion intéressante à propos du nucléaire en s'appuyant sur l'événement du 6 août 1945 et en proposant de nombreux témoignages, inclus dans le livret. Houlala 2 "La mission" / Bondage Productions, 1992 / Distrib. par WMD / HH CD 9133 / 28 titres Hiroshima (concept album) / A Donf', 1995 P.& C. Ludwig von 88 pour 3C Productions / Distrib. par Pias France / ADF 008 CD / 6 titres Prophètes et Nains de Jardin / A Donf', 1996 P.& C. Ludwig von 88 pour 3C Productions, Zonga 96 et Les Jardiniers du Futur / ADF 018 CD / 22 titres
Après l'épisode Los Carayos, François "Zharbi" HadjiLazaro se lance dans l'aventure Garçons Bouchers en 1985 avec Henri "Riton Mitsuko" Escudier, "Lizt" Eric Dabda, Daniel "Belleavoine" Hennion et Blank "Neige et les sept nains". Leur répertoire intégralement français, leur rock dévastateur et leur humour grinçant attireront petit à petit les faveurs d'un public grandissant. La création du label Boucherie Production en 1986 les propulsera au niveau supérieur. Attachés au répertoire de la chanson française (Piaf, Fréhel, Aznavour.repris version Garçons Bouchers), ils ne reculeront devant rien ni personne. Témoin cette adaptation de No milk today des Herman's Hermits (No milk today / My love has gone away) transformé en Du Beaujolais / Du bon et du bien frais / Pour oublier la nuit / Où est partie Marie. L'arrivée de Pierrot Sapu (du groupe BB Doc) au chant, d'un nouveau guitariste et d'une section cuivres redonnera de la vitalité au groupe. - La Saga, Boucherie Productions, 1990 (BP 1011)-2 C.D. - On a mal vieilli, Boucherie Productions, 1990 (BP 1012 ) - Vacarmélite ou la nonne bruyante, Boucherie Productions, 1992 (BP 1013) Leur dernier album, Ecoute petit frère, mélange Hardcore et instruments traditionnels (vielle, cornemuse.) tenus par François (musicien issu du folk).C'est certainement l'album le plus mûr des Garçons Bouchers. Ecoute petit frère / Boucherie Productions, 1995 / Distrib. par Pias France / BP 1014 / 13 titres
Avec Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs (figurant sur l'album-concept Regards affligés.), le groupe se taille une solide réputation. Pigalle prend alors une tournure résolument rock tout en conservant les instruments folk (vielle, cornemuse, banjo, violon, dulcimer(1), accordéon.) ce qui, au final, donne un mélange savoureux dont on se délecte sans jamais se lasser. Ajoutez à cela les paroles ciselées de François, inspirées de la chanson réaliste française des années 1930, décrivant des tableaux de personnages imaginaires ou réels et l'on obtient le fameux Trash-musette. Le slogan du label trouve ici tout son sens : "Enfin le Rock a du goût" ! Le dernier album Alors. reste bien dans la tradition Pigalle. Les arrangements mélodiques y sont toujours aussi subtiles. - Pigalle / Pigallive, Boucherie / Productions, 1992 / (BP 1033)-2 C.D. - Rire et pleurer, Boucherie Productions, 1993 / (BP 1035) - Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais ô combien attachant / Boucherie Productions, 1990 / Distrib. par Pias France / BP 1034 / 18 titres - Alors. / Boucherie Productions, 1997 / Distrib. par Pias France / BP 1036 /15 titres
François detexte Topor / Boucherie Productions, 1996 / Distrib. par Pias France / BP 1371 / 14 titres
Aujourd'hui, les Roadrunners cherchent toujours le coyote. Instant trouble / Boucherie Productions, 1993 / Distrib. par Fnac Music082027 / 11 titres
Autre particularité : posséder un parolier extra musicien, Géant Vert Inc., "plutôt doué pour les provocations cyniques et les formules choc du genre : Parabellum est au rock'n'roll ce que la braguette est à une envie de pisser" (In Scènes de rock en France). Géant Vert sera également le parolier des Rats, de Sourire Kabyle et de Karbala 413, son propre groupe. Il tiendra, de plus, des chroniques dans le fanzine Les Héros du Peuple Sont Immortels. Parabellum deviendra le plus crédible des groupes de rock, "croisement canaille de Chuck Berry, Ramones et Audiard" (Max Well). Le groupe décide d'arrêter le 16 juin 1991 sur une scène canadienne. Roland rejoindra les Rats, Schultz forme un nouveau groupe, Les Tontons Flingueurs, Sven et Patrick rejoindront Gas Gas Gas, groupe qu'ils avaient formé en 1989. 1998 : retour des Parabellum sur le devant de la scène et grande tournée dans tout la France. Est-ce une nouvelle déclaration de guerre ?
Parabellum l'intégrale vol.1 / Mantra, 1996 / Distrib. par Pias France / Mantra 094-96 01 / 26 titres. Les Parabellum possèdent une discographie importante chez Gougnaf Mouvement. Cette compilation regroupe des titres parus en LP, maxi 45T. ou 45T. , enregistrés de 1985 à 1991.
La troisième et dernière partie de cette discographie concerne ce que l'on pourrait appeler "la relève". On y trouve des groupes souvent issus du mouvement alternatif, certains même ayant déjà eu une expérience musicale dans les années 1980 voire 1970. D'autres, en revanche, débarquent et nous en mettent plein les oreilles.
Subconcious nocturnal activity / Vicious Circle,1997 / Distrib.par Pias France Reverb 28 / 10 titres
Sur l'album Hard Gore Yellow Dick, les Greedy Guts partagent la vedette avec un groupe australien : Frenzal Rhomb, tout aussi explicite dans son surf-punk bruyant, le tout chez un petit label marseillais du nom de Lollipop.
Hard Gore Yellow Dick (ep) / Lollipop, 1997 / Certainement auto-distribué / Lolli 05 3 titres (Greedy Guts) 3 titres (Frenzhal Rhomb)
- Y Front, "Patchwork of a happier place", Boucherie Productions (Abatrash),1997 (BP 5401). - Young Gods, "TV sky", Pias Records (BIAS 201 CD). - Near Death Experience, "v 3.0", Abatrash / Boucherie Productions (BP 5261). - Tantrum, "Twisted and Anguish", Vicious Circle, 1997 (Les noms et titres d'albums de ces groupes sont à 95 % en anglais. Est-ce un gage de meilleure diffusion outre-hexagone ?).
Paris Combo / Boucherie Productions, 1997 / Distrib. par Pias France / BP 3411 / 15 titres
En peu de temps, Les elles sont devenues une des références de la scène française. Fausses ingénues, leurs images en font des anges, mais leurs chansons des petites diablesses avec, par exemple l'ambiance des Water closets et les facéties de Tonton Amédée. Atmosphère, atmosphère Les elles / Boucherie Productions, 1995 / Distrib. par Pias France / BP 3211 / 17 titres
Fly and the Tox Live / Willing Productions, 1997 / Distrib. par Scalen / WG 9701 / 15 titres Cet album live dans le sud a été enregistré les 12 et 13 septembre 1997 à Montpellier (chez Mimi la Sardine) et les 24/25 septembre de la même année à Toulouse (Erich Coffie).
Entends-tu ma blonde le tonnerre qui gronde / Boucherie Productions, 1996 / Distrib. par Mélodie / BP 9361 / 14 titres
L'interlude nous est proposé par le groupe Palmeras Kanibles venant tout droit de Caracas au Venezuela avec, dans ses valises, le son latin. Il serait le seul groupe de ska vénézuélien que l'on pourrait baptiser Latin-Ska. 20 groupes pour un régal 20 fois renouvelé. La seconde compilation quant à elle ne regroupe que des formations made in France. Là encore, le bonheur est total et l'on redécouvre le ska-punk avec beaucoup de plaisir. Le livret comporte des mini- biographies de chaques groupes.
The Big Skank Theory / Le Silence de la Rue, 1996 / Distrib. par Gearbox / SI 2001 / 20 titres Ni Jah ni maître / On a faim , 1994 / Distrib. par Mélodie / OAF ! D016 / 18 titres
L'éventail sonore (2 C.D.) / Boucherie Productions, 1998 / Distrib. par Pias France / BP 1046 / 44 titres "Ce double C.D. dresse un inventaire de styles incroyablement différents et d'ambiances polychromes : 11 ans de qualité et d'inventivité toujours renouvelée et de musique sans limites"(1)
Acousteack et ses proches / Boucherie Productions, 1998 / Distrib. par Pias France / BP 9045 / 20 titres
"Le trad / folk se réveille enfin d'une longue sieste post baba cool entamée dans les 70's. Les groupes de la nouvelle génération et ceux de l'ancienne qui ont su évoluer et continuer à créer, se retrouvent sur ces plages de bonheur acoustique".
Boucherie.c'est la reprise / Boucherie Productions, 1998 / Distrib. par Pias France / BP 1048 / 26 titres "26 titres revus et corrigés par des artistes- maison au sommet de leur forme : I shot de sherif, Potemkine par les Happy Drivers, La Lambada, Je ne regrette rien et No milk today par les Garçons Bouchers .". Voix de femmes à tout bout d'chant / Boucherie Productions, 1998 / Distrib. par Pias France / BP 3047 / 22 titres "A Boucherie Productions, on a toujours aimé les vocalises de tous horizons et donc bien sûr, les voix féminines qui sont elles-mêmes multiples. Mesdemoiselles et Mesdames, en place !".
_______________________________ (1) Cithare à cordes pincées. (1) Les présentations de ces quatre compilations sont tirées de L'Echo des Côtelettes n° 9 et 10.
Cette bibliographie sélective et critique recense les ouvrages généraux et spécialisés, les fanzines, les articles de périodiques et de revues spécialisées utilisés pour l'élaboration de ce dossier de recherche. Les ouvrages concernant les rocks nationaux sont rares et souvent datés. Par contre, l'information est très présente dans les périodiques et les fanzines (quand on peut les trouver). Ont été retenus les articles proposant des historiques du mouvement alternatif, des groupes et des labels ainsi que ceux signalant des discographies, critiques ou non. Certains périodiques et fanzines portent la mention "DP" pour Disparu. Le choix s'est également porté sur des articles faisant référence à l'édition phonographique. Tous font preuve d'un grand sérieux dans leurs analyses. Une seconde partie sera consacrée aux rares vidéos qui existent sur le sujet concerné ainsi qu'aux sites Internet et ce, même si ce ne sont pas des références bibliographiques à proprement parler.
1)Ouvrages généraux.
Vocation rock : l'état acide et l'esprit des minorités rock / Jean-Marie Seca. - Paris : Méridiens, 1988. - 328 p. Le rock sous un aspect sociologique mais sans références discographiques.
Le guide du rock / Philippe Bouchez. - Paris : Syros, 1989. - 258 p. L'auteur définit les spécificités du rock en évoquant les sources et les prolongements actuels c'est à dire jusqu'en 1989. Peu de références discographiques.
Le guide du rock : les 500 CD indispensables / Anne et Julien. - Hors Collection, 1994. - pp. 443-446. Dans ces quatre pages consacrées au rock français, seulement quatre groupes sont cités : les Négresses Vertes, Bérurier Noir, Pigalle et Mano Negra. Un petit historique de chaque groupe est présenté ainsi que la sélection d'un disque pour chacun de ces groupes. Les quatre disques font l'objet d'une courte critique : Famille nombreuse pour les Négresses Vertes, Concerto pour détraqués est celui des Bérurier, Regards affligés. pour Pigalle et enfin Puta's fever pour Mano Negra.
La discographie du rock français / Francis Grosse.- Notes, 1985. Repères discographiques intéressants agencés par ordre alphabétique de nom de personne ou de groupe. Seulement, le recensement s'arrête en 1985.
Vingt ans de rock français / Christian Victor, Julien Regali. - Rock & Folk/Albin Michel, 1978. Ouvrage ancien mais qui permet d'apprécier l'état du rock en France des années 1960 jusqu'à la fin des années 1970 et d'assister aux prémices du punk rock à la française. Un court chapitre en fin de volume est consacré à deux maisons de production indépendante françaises. Il s'agit de Cobra et de Gratte Ciel. Le premier, branche rock des productions folk du label Cezame, produisait Trans Europe Express, Asphalt Jungle, Heldon et Spheroe. Le second quant à lui assurait la promotion de Treponem Pal, Forgas et Etron Fou.
Le rock : star-système et société de consommation / David Buxton. - La Pensée Sauvage, 1985.
Le Printemps de Bourges / Stéphane Davet, Frank Tenaille. - Paris : Gallimard, 1996.- pp.40-51. - (Gallimard Découverte, 283). Aperçu du passage des indépendants à Bourges avec de belles photos à la clef.
Musique en bibliothèques / sous la dir. de Michel Sineux. - Edition du Cercle de la Librairie, 1993. - pp. 130-154. Consultation du chapitre rédigé par Yves Alix intitulé : "l'édition phonographique : aspects d'une économie spécifique" et relevé de données chiffrées.
Dictionnaire Larousse de la chanson mondiale depuis 1945. - Larousse-Bordas, 1996. - 875 p. On trouve ici des entrées aux noms de certains groupes du rock alternatif français comme les Bérurier Noir, les Satellites ou encore Parabellum. Le dictionnaire propose surtout une entrée à Alternatif (mouvement). Les petits labels, le mouvement punk et la récupération y sont abordés.
2)Ouvrages spécialisés.
Bérurier Noir : conte cruel de la jeunesse / Erwan Marcil. - Malzeville : Camion Blanc, 1997. - 287 p. L'auteur, ancien Lieutenant du désordre du groupe Molodoï, nous propose ici une biographie très complète et très documentée du groupe phare du rock alternatif français : les Bérurier Noir. L'ouvrage est ponctué de nombreuses photos inédites prises par Roland Cros, photographe attitré du groupe de décembre 1986 à novembre 1989. De plus, on trouve un recensement quasi exhaustif des articles concernant le groupe dans la presse francophone et les fanzines. Toujours en fin d'ouvrage, figure la discographie du groupe et toutes les dates de concert donnés. Ouvrage indispensable.
Scènes de rock en France / Max Well, François Poulain. - Paris : Syros Alternatives, 1993. - 157 p. Les textes sont de René Vander Poorte alias Max Well, ancien rédacteur du fabuleux fanzine Le Légume du jour et discothécaire à Lagny-sur-Marne. Les photos sont de François Poulain. Cet ouvrage, lui aussi indispensable, retrace l'histoire du rock français de la fin des années 1970 à 1992. L'ouvrage, outre ses notices concernant les groupes, les labels.(recensement non exhaustif) propose une discographie sélective couvrant la période 1982-1992.
3) Périodiques.
Le Monde :
- "Printemps de Bourges : le pied de nez des Négresses Vertes". 06/04/1989, p. 14. - "Après l'attentat revendiqué par Black War, une douzaine de personnes toujours en garde à vue" (Bérurier Noir cités).23/04/1988, p. 14. - "Le rock aux oufs d'or. Le succès des groupes alternatifs attire le multinationales du disque". 07/10/1989, p. 1. - "Le rock alternatif a vécu jusqu'à présent à côté du show-business. Les grandes compagnies commencent à s'y intéresser".07/10/1989, p. 17. - "Douze groupes à l'étal. Le label des Garçons Bouchers est devenu un pôle d'attraction pour le rock français". 11/04/1991, p. 12. - "15e Printemps de Bourges : la loi de l'off et de la demande". 02/05/1991, p.17. - "Pour la nébuleuse libertaire des Sections Carrément Anti-Le Pen (SCALP), tous les moyens sont bons pour lutter contre le Front National".30/01/1992, p.11. - "Les majors se segmentent".27/01/1993, p. 17. - "La longue marche des Roadrunners". 11/05/1993, p.20. - "Les rencontres transmusicales de Rennes, voyage dans les profondeurs du rock français, indépendants et fiers de l'être". 25/11/1993, p. R01. - "Les indépendants du disque bataillent contre les majors au MIDEM". 31/01/1995, p.30. - "Les bonnes idées du " Gros François ". L'histoire inachevée du rock alternatif français". 09/02/1995, p.28. - "L'histoire inachevée du rock alternatif français. Mano Negra, les Satellites, les Garçons Bouchers, Négresses Vertes : le règne des groupes phares des années 80 est passé. Mais, grâce à ces pionniers, le rock hexagonal a perdu ses complexes". 09/02/1995, p.28. Télérama : - "Destop 50 : Attention, courant alternatif". Article d'Olivier Cena concernant le rock alternatif. N° 2037, 25 janvier 1989, pp.16-17. - "Rock around the système". Céline Plet enquête sur le mouvement alternatif en 1997. "Mort, le mouvement alternatif ? Pas si sûr". N° 2456, 5 février 1997, pp. 41- 44 (+ petite discographie). - "Les oreilles renifleuses". Olivia Benhamou s'intéresse au métier de directeur artistique en s'appuyant sur les expériences de François Hadji-Lazaro (Boucherie Productions) et de Thierry Planelle (Virgin). Le contraste entre les deux est saisissant. Les Inrockuptibles : n° 128, novembre-décembre 1997, p.74.(voir interview de François Hadji-Lazaro page 32).
3)Revues spécialisées.
Chorus : les cahiers de la chanson :
- "François Hadji-Lazaro : de Pigalle aux Garçons Bouchers" entretient réalisé par Marc Legras. N ° 3, 1992, pp. 32-36. - "Les producteurs indépendants". Enquête réalisée par Valérie Lehoux. N° 18, hiver 1996-1997, pp. 106- 114 + p. 35 pour la critique du disque "François détexte Topor" (cf. discographie). - "Le monde du disque : le prix de la distribution. Première partie". Enquête réalisée par Daniel Pantchenko. N° 21, automne 1997, pp. 124-128 + p. 156 pour la critique concernant le groupe Paris Combo. - "Le monde du disque : la grande distribution. des prix. Seconde partie". Enquête réalisée Daniel Pantchenko. N° 23, printemps 1998, pp.121-126.
Ecouter Voir (revue trimestrielle éditée par la Médithèque Musicale de Paris) : - "Les rocks nationaux". Dossier réalisé par Bertrand Bonnieux, Jean-Christophe Bonneau, François Bensignor, François Mosnier, Rémy Castan et Frédéric Pomiés. N° 2, janvier 1990, pp.19-34 + bibliographie et discographie. - "Généalogie du rock français" par Dominique Fénies. N° 11, novembre 1992, p.8. - "Edition rock : la situation s'améliore !" par René Vander Poorte. N°34-35, octobre-novembre 1994, pp. 4-11. - "Les petits labels du Sud" par Gérard Nicollet. N° 40, avril 1995, pp. 10-14. - "La presse rock en France" par Eric Cuisset, discothécaire. N° 61, janvier 1997, pp. 21-25. - "Autoproduire son C.D." par Didier Laurent, journaliste. N° 70, octobre 1997, pp. 12,13.
Trad Mag : - "Boucherie : Hadji pour la vie". Interview de François Hadji-Lazaro réalisée par Philippe Krümm. N° 49, septembre-octobre 1996, pp. 8,9 + discographie du label Acousteack. Worst (DP) : - " Déclaration d'indépendance". Dossier réalisé par D. Steveniers, E. Languérand et P. Vanso. N° 2, novembre-décembre 1990, pp. 20-27. Yaourt (DP): - "L'utopie c'est fini" dossier réalisé par Fabrice La Teigne, Jean-Luc Manet et Gilles Castagnac. N° 1, octobre-novembre 1989, pp. 20-23. - "Mais qui a donc récupéré l'alternatif". Second volet du dossier commencé dans le premier numéro. Dossier réalisé par Fabrice La Teigne, Jean-Luc Manet, Gilles Castagnac et Jean-Claude Demari. N° 10 mai-juin 1991, pp. 17-25. - "New Rose : légende et bilan". Article écrit par Stéphane Davet. N° 4, avril-mai 1990, pp. 31-33. L'Officiel de la musique 1998 : Consultation des listing de labels ainsi que les synthèses effectuées sur l'édition phonographique.
Les "gratuits" (liste non exhaustive) : consultés pour les références discographiques et les critiques.
- Blah Blah News (Mensuel) : années consultées : 1996, 1997 et 1998. - Mix n° 20, juin 1995 (dossier sur les Garçons Bouchers). - Buzz n° 19.
4) Les fanzines : choisis pour leurs critiques d'albums, interview de groupes, dessins désopilants et surtout par ce qu'ils sont les meilleurs représentants du mouvement alternatif (liste non exhaustive). Ils sont tous consultables à la Fanzinothèque de Poitiers (dont l'adresse figure dans la partie intitulée Démarche).
- L'Echo des Côtelettes n° 6, hiver 96-97, n° 7, printemps 1997, n° 8, automne 1997, n° 9, hiver 97-98 et n° 10, printemps 1998. - Dig It n°4 (Toulouse). - Abus Dangereux (Bimestriel) Face 51, avril-mai 1997 et Face 53, oct.-nov. 1997. - Le Légume du Jour (DP) (édité par l'association Fruit Again) n° 5 et n° 6, sept. 1986. - Nineteen (DP) (Trimestriel de Toulouse édité par l'association Nineteen) n° 22, mars 1987. - Rock Hardi n° 7/8 et n° 10. - Spliff (DP) (Clermont-Fd) n° 7 et 8. - Les Héros du Peuple Sont Immortels (DP) n° 5 et 7. - On a faim (DP)(Saint Etienne) n° 8, octobre 87, n° 14, mai 1990 et n° 15, novembre 1990. - Wake Up (DP) (Angers)n° 4 automne 1989. - Violence (DP) (Saint Etienne) n° 5, automne 91, n° 10, été 93 et n° 11, hiver 93.
Mémoire de Licence IUP Ingénierie documentaire (option sonothèque), Université de Toulouse Le Mirail. "La presse musicale rock toulousaine" présenté par Anne-Laure Grude, année universitaire 1995-1996.
Ces documents sont tous au format VHS.
- Bar'Ouffs 1990 (Golan-Cyclope/Emmetrop) - Bar'Ouffs 1991 (Ankou Productions/Emmetrop) - "Viva Bertaga" concert des Bérurier Noir à l'Olympia, nov. 1989 (New Rose). Toujours disponible mais rare. - Concerts des Washington Dead Cats, des Nonnes Troppo (chez Virgin) et des Ludwig von 88 (chez Bondage, CO 97 141, 60 min., enregitré le 15 déc 1995 à Lyon) sont toujours disponibles. - L'Etat du rock 1990 (Bigoudi Impérial)
Après avoir défini le sujet à l'aide d'ouvrages et de revues, spécialisées ou non, disponibles en bibliothèques ou en librairies (par le biais du CD ROM Electre qui recense les ouvrages disponibles en librairies), la première étape de la recherche documentaire proprement dite, à savoir le pointage et la localisation des sources |