Scènes de vie...

Je veux sur cette page raconter certaines situations que j'ai vécue et qui m'ont marquées d'une façon ou d'une autre, ne considérez pas cette page comme du déballage de vie privée mais comme des exemples de situations que l'on peut vivre quand on découvre l'endoctrinement au quotidien.

J'emploie volontairement le "Elle" avec une majuscule comme prénom afin de respecter un certain anonymat.

Que les personnes qui liront peut-être un jour ces pages en reconnaissant leur propre personnalité dans mes propos ne m'en veuillent pas , ce n'est pas seulement votre vie que je raconte mais c'est d'abord la mienne avec mes sentiments, mes regrets et mes peines.

Sachez que vous aurez toujours toute mon affection...

 

Lundi soir, Elle est plongée dans un cahier d'écolier dans lequel elle prend ses notes de "cours". Comme toujours, tous les Lundi soir la communication devient difficile , elle s'enferme sur elle même au moins 1 heure avant d'aller suivre son "cours" , elle se replonge dans un environnement différent et angoissant. Je sais moi maintenant qu'il ne faut pas trop insister pour lui parler ces jours-là, car à chaque fois l'agressivité ressurgit en elle, mieux vaut la laisser seule.

Ce soir pourtant, alors que je l'emmène en voiture, Elle m'explique qu'elle a été obligée de réviser car elle passe ce soir une sorte d' examen qui correspond à la fin d'un stade d'enseignement, elle est à la fois inquiète et enthousiaste. Je la pose devant le local de l'I.G.A. et rendez vous est pris le lendemain à midi pour déjeuner ensemble à la maison.

Le lendemain matin, mardi, je vais faire quelques courses, puis je profite d'avoir un peu de temps ce-jour là pour faire un peu de cuisine et préparer un repas pour elle .Je devais passer la prendre chez elle vers midi, vers 11 h je tente de lui téléphoner pour confirmer, personne ne répond... Je renouvelle mes appels pratiquement tous les quarts d'heure jusqu'à 13 h ( pendant que le gratin brûle...).

Quand enfin, le téléphone décroche, sa maman me répond:

" Bonjour c'est Jean-Marc, comment allez-vous?

- Ca va merci et vous ?

- Je vais bien merci .Est ce qu'Elle est là?

- Oui , je vous l'appelle...

- Allo...

- Oui c'est moi alors ou étais-tu? J' ai préparé à manger!

- J'avais quelque chose à faire à l'usine de mes parents, j'allais justement t'appeler.

- Tu n'aurais pas pu y penser plus tôt, il y a bien le téléphone à l'atelier.

- Oui je sais mais j'y suis allée très tôt .

- Tu aurais quand même pu prendre cinq minute pour me prévenir!

- Non je ne pouvais pas penser à autre chose qu'à ce que j'étais en train de faire, je devais rester concentrée.

- Mais qu'est ce que tu as fait de si important? ( il faut savoir que l'atelier en question ne contient que des outils et des machines pour travailler le métal, on peut se demander, que peut on demander de réaliser à une jeune fille de 18 ans. Réponse: des sandales en cuir.)

- C'est un secret , je ne peux pas te dire, je devais faire quelque chose c'est tout!

- Bon d'accord, je passe te prendre maintenant?

- Non je ne peux pas maintenant.

- Pourquoi? On peut passer l'après midi ensemble.

- Non je dois retourner à l'atelier pour finir.

- Mais finir quoi? Enfin tu vas m'expliquer. ( J'insiste)

- Non tu ne comprends pas , j'ai des responsabilités! (elle s'énerve)

- Bon je te laisse alors , viens-tu dîner avec moi ce soir?

- Pourquoi?

- Pour rien , Tu me manque, j'ai besoin de te voir.

- Ok, si tu veux.

- Bien à ce soir alors, bisous

- Bisous."

Je me retrouve donc à déjeuner tout seul ,et je l'ai attendue pour rien.

Le soir je vais la chercher chez ses parent pour dîner chez moi, arrivé chez moi et durant le repas j'essaye d'en savoir un peu plus sur cette journée et sur son contrôle de la veille:

"- Comment s'est passé ton contrôle hier?

-Très bien, j'ai réussi, ( et là elle m'explique un peu) justement, ce matin j'étais à l'atelier de mes parents avec la fille qui prend les cours avec moi; elle a franchi elle aussi le niveau.

- Mais qu'est-ce que vous avez fait?

- Ne me demande pas, je ne peux pas te dire, c'est en rapport avec notre réussite, c'est une chose que l'on doit faire seule, et pour ca je ne pouvais parler à personne ce matin, j'avais besoins d'être dans un certain état de préparation et de concentration. Tu comprends? (ces explications sont assez confuses)

- Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi tu ne peux pas me dire ce que tu as fait?

-C'est secret! ( elle s'énerve à nouveau) Tu ne peux pas comprendre toi car tu n'as pas la connaissance... C'est comme moi je ne sais pas ce qui ce passe le samedi là ou vont mes parents; personne n'a le droit de savoir , même mon frère et ma grand-mère ne sauront jamais. Moi maintenant que j'ai réussi une étape je vais bientôt savoir.( je ressens chez elle une impatience et une certaine fierté)"

La discussion est clause, nous changeons de sujet.

 

"J'ai des responsabilités" On retrouve là un des principes utilisés par pratiquement tous les groupes sectaires, on va persuader l'adepte qu'il a de grandes responsabilités envers son groupe ou même envers l'humanité.Le nom-respect des tâches liées à ces responsabilités entraîne chez lui un grand sentiment de culpabilité. Pour sa réussite et celle de sa mission divine il va faire aveuglément et en toute sincérité ce que l'on lui demande. Nous avons là un des engrenages de la grande roue de la soumission.

"C'est secret!" Voila une autre spécificité de ce type de mouvement; le secret. Comment le percer? Impossible à mon sens, encore une fois, l'adepte est soumis au secret sans savoir forcément pourquoi, parler serait pour lui une haute trahison. On lui explique qu'il ne faut pas parler aux personnes extérieures car il serait pris pour un fou ou un illuminé, ceux qui ne possèdent pas la connaissance ne peuvent pas comprendre. L'adepte lui a dû suivre un enseignement plus ou moins long et subir bon nombre de sacrifices pour accéder à ce niveau. Il a le sentiment d'être privilégié et tient à le rester, il ne peut divulguer gratuitement quelque chose qu'il a, lui, mérité par ses efforts.

" Même mon frère et ma grand-mère se sauront jamais" Cette phrase a une importance plus personnelle et particulière à mon histoire. Je connais tout le respect et toute la confiance qu'Elle porte à ces deux personnes:" Ma grand-mère , c'est comme ma meilleure amie, on se dit tout...", son frère jouit de la même affection. Qu'est ce qui justifie cette perte de confiance et cette mise au secret des deux êtres les plus aimés de sa propre famille? Pour moi, ces mots ont été comme un choc, c'est certainement ce qu'Elle m'a dit de plus effrayant, c'était la première fois qu'elle parlait de sa grand-mère et de son frère sur ce ton.

Et oui, la réponse à tous ces secrets c'est tout simplement la confection de sandales en cuir destinées à être portées par l'adepte avec une tunique bleue, ce qui lui permet de passer à une étape supérieure de son enseignement: l'entrée en 2ème chambre. Cela peut paraître fantaisiste aujourd'hui mais je peux vous assurer que c'est très pris au sérieux par les adeptes qui sont en phase de terminer les cours de niveaux C de la première chambre. Voir chronologie.

Même le cliché le plus habituel d'une secte à savoir le conformisme accentué par la tenue vestimentaire la plus souvent remarquée dans les groupes sectaires :Tunique + Sandales est bien présent au sein de l'I.G.A. Qui aurait pu s'en douter? C'est vrai que tout cela est bien caché derrière cette obligation au secret imposé à ce stade de l'enseignement.

Un autre petit exemple assez révélateur de la nocivité de la manipulation mentale, le jeûne:

Fin Août, Elle est avec moi dans la voiture, nous nous rendons chez des amis, Elle me dit;

" Tu sais, aujourd'hui j'ai pris un malaise dans le métro.

- Ah bon , mais pourquoi qu'est-ce qui ce passe?

- Rien, mais je n'ai pas mangé depuis 3 jours.

- Ca va pas! Pourquoi ne manges-tu pas?

- Je ne sais pas , mon ventre grogne tout le temps mais je n'ai pas faim.

- Mais enfin si tu prends des malaise et que ton ventre grogne c'est que tu as faim, il faut manger!

- Non, je te dis que je n'ai pas faim"

Le soir nous restons à dîner chez nos amis et là bien évidemment elle mange avec appétit.

Voilà quelque chose de dramatique, comment devant l'une des fonctions les plus vitales de l'homme à savoir se nourrir, peut-on se persuader de refuser les symptômes physiques qui se manifestent suite à un manque évident d'alimentation pendant une période plus ou moins longue?

Comment au nom d'une-soit disant purification nécessaire, peut on se laisser convaincre, du bien fait de cette pratique, qui apparaît chez l'adepte comme quelque chose de conseillé et non imposé. Mais certains témoignages ne sont pas aussi modérés.

Je suis réellement scandalisé par ce type de raisonnement.

L'explication de cette soumission aussi bien acceptée, m'a été expliquée de la manière suivante par un ancien adepte; la personne est persuadée de la séparation entre son corps et son esprit. Ce corps qui a faim n'est qu'une enveloppe, un véhicule terrestre mais l'esprit, lui n'a pas faim. L'adepte s'habitue ainsi à ne pas dépendre tout le temps de cette enveloppe charnelle qu'est son corps, attiré par toutes les perversions et les pêchés et qu'il s'efforce de purifier.

N'oubliez pas que sans ce corps, l'esprit n'existe pas, affaiblir ce corps physique, c'est affaiblir son esprit et lui enlever ses capacités de raisonnement et de défense afin de mieux vous assouvir.

 

Copyright © Jean-Marc JOLIVET 1997

Page suivante: Témoignages.

Retour haut de page

 

Page d'accueil: Il est le mystificateur...

Leçon de contradictions

Pensées pour Elle

Et la science?

I.G.A. Présentation interne

Avec l'aide des Marsiens, Lettre ouverte

Historique et doctrine

La médecine de Samaël Aun Weor

L'Humanisme selon...

L'origine de l'homme

Scène de vie

La fin est proche!?

Témoignages

Message...

Recherche, dépendance et substitution

Avant de partir