|
|
|
|
Je partagerai avec vous plus spécialement des conseils sur les armes traditionnelles comme l’arc et le fusil à poudre noir qui sont les seules que j’utilise en passant. Je vous ferai connaître également, les différentes techniques de call, qui mélangées avec l'utilisation de leurres odorants, font toute la différence pour convaincre un gibier de franchir les derniers mètres ou même parfois centimètres pour ainsi nous permettre de l’apercevoir à découvert. De plus nous tenterons dans un futur rapproché de vous présenter des séquences vidéos des mes différentes excursions de chasse filmées en majorité ici même dans la région Centre-du-Québec. Vous y verrez les preuves que de bonne techniques vous permettrons de voir plus de gibier et du gibier de meilleur qualité. D’ici là, sortez, allez marcher sur votre territoire ou tout simplement en forêt. Vous y trouverez des choses que vous ignorez à son sujet, tel que grattages, frottés sur les arbres et peut être des traces de ce gros buck que vous avez cru disparu à jamais. Et du même coup ça nous aide à patienter à la prochaine saison qui débutera dans seulement neuf mois. Alain Jr Madore
|
Avez-vous
déjà remarqué que certain jour, comme par magie, on peut apercevoir des
chevreuils dans presque tous les champs et que d’autres jours, on n’en voit
que très peu. Et bien, selon certains chasseurs et scientifiques, il y a une
raison à ça. C'est la Lune !..
Et oui..
vous savez, depuis aussi loin que l’on peut reculer dans le temps, la lune est
rattachée à des légendes de toutes sortes. Les scientifiques lui porte une
attention particulière depuis toujours et pour cause. Les premiers signes de
l’intérêt de l’homme pour la lune remontent à plus de 4,000 ans. Déjà
à l’époque Mésopotamienne, on trouvait des calendriers d’une telle précision
que l’on pouvait prévoir les éclipses. On fait même mention 61 fois de la
lune dans les écritures de la Bible. Les Romains avaient une déesse de la
Lune, Diana ! Comme par hasard, elle était aussi la déesse de la chasse et des
animaux sauvages... Hum !... Faits ou folklores ?… Pourtant si vous êtes
un avide pêcheur, vous portez j’en suis sûr, une attention particulière au
phases lunaires pour planifier vos excursions de pêche. Et bien vous devriez en
faire autant pour la chasse !..
Je dois
sûrement vous intriguer !... Et bien une toute nouvelle technique, basée sur
la lune, peut nous permettre de prévoir les faits et gestes des chevreuils. Pas
sûr ? Et bien, comme disait le capitaine Bonhomme, «les sceptiques seront
confondus...dus...dus..dus.
Je vais
donc dans mes prochains articles vous expliquer en détail cette nouvelle
technique qui est un MUST pour tout bon chasseur !
Des
chercheurs du Texas ont longuement étudié les effets de la lune sur le
chevreuils. Mais ce n’est que tout récemment que des signes évidents et
significatifs ont été découvert. Une des contraintes la plus importante était
le manque d’observations de chevreuils dû au coût pour valider une telle
recherche. C’est donc pour cela que certaines recherches ont avorté avec le
temps. Mais avec l’arrivé des émetteurs radios, les pièces du casse-tête
ont finalement commencé à se placer. Le premier fait majeur fut cette
recherche, à l’aide de colliers émetteurs, sur 25 chevreuils mâles trophées
basés sur un territoire de 107,000 acres entre 1985 et 1987. Les données
recueillies ont apporté des changements significatifs sur ce que l’on croyait
savoir sur les habitudes des chevreuils. Mais une des évidences importantes
portait sur le mouvement du chevreuil lors des périodes sombres de la journée,
c'est-à-dire, au levé et au couché de soleil. Un des faits intéressant,
fut les hausses d’activités du chevreuil lors des heures légales de la
chasse lorsqu’il y avait des phases de quarts de lune. Tandis que lors de la
nouvelle et pleine lune, cette période semblait absente. Les déplacements
moindres se produisaient plutôt en pleine journée et en pleine nuit. La cause
de ces changements ne pouvait être reliée à la lumière ou encore la pression
atmosphérique. La seule raison plausible restait la position de la lune par
rapport à la terre… Une deuxième recherche avec des colliers émetteurs
cette fois-ci, avec des mâles et des femelles, confirma cette relation
avec la lune. Suite a ces découvertes, les scientifiques s’accordaient à
dire qu’il y avait un lien direct entre lune et la possibilité de
certain animaux de se repérer avec la position de celle-ci.
Il
est important de comprendre la base de la relation directe de la lune et la
terre pour pouvoir affecter notre succès à la chasse. Premièrement la
dimension de la terre est tout près de 4 fois celle de la lune, 8,000 milles
contre 2,160 milles ce qui est unique dans notre système solaire. Toutes les
autres lunes sont de proportion beaucoup plus petite, ce qui fait qu’elles
exercent une force beaucoup moindre sur leur planète mère. Il y a aussi la
proximité de la lune ( à peine 30 fois le diamètre de la terre ) par rapport
à la terre. Il n’y aucun doute, nous ressentons l’effet de cette planète.
Le cycle ou mois lunaire prend 29.5 jours pour s’effectuer. Si une nouvelle lune est le jour zéro, le premier quart de lune est la 7.4 journée, la pleine lune est la 14.8 journée et le dernier quart est la 22.1 journée et ainsi de suite.
La
lune orbite d’ouest en est autour de la terre. Elle nous paraît
pourtant faire le contraire.
Les phases lunaires portent à confusion. Exemple : une nouvelle lune nous paraît invisible et un quart de lune nous paraît en une demi-lune.
Elle complète une rotation complète sur son axe dans le même temps qu’elle effectue son orbite au tour de la terre.
Elle prend 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2.8 secondes pour faire le tour de la terre mais retourne à sa position originale à l’opposé de la terre en 27.3 jours
Elle maintient une orbite elliptique ( ovale ) qui varie en distance de la terre entre 225,742 milles et 251,968 milles.
La force qu’elle exerce sur la terre ralenti sa rotation sur son axe de .002 secondes, ce qui signifie une journée plus longue du même temps à chaque siècle.
Une journée lunaire dure 24 heures 50 minutes comparativement à 24 heures sur terre.
Donc, elle se lève et se couche à une heure différente à chaque jour. À chaque 24 heures durant que la terre a tourné sur son axe, la lune bouge de 12 degrés vers l’est sur son orbite ce qui occasionne qu’elle se lève une moyenne de 51 minutes plus tard chaque jour.
Finalement, vu son orbite elliptique, la hauteur de la lune à l’horizon varie de saison en saison. Par exemple : tôt au printemps le premier quart est le plus haut tandis que le dernier quart est le plus bas. La nouvelle et pleine lune sont à un niveau presque égal. Cela change à l’automne. Le dernier quart devient le plus haut alors que le premier devient le plus bas et la hauteur de la nouvelle et pleine lune coïncide avec la hauteur du soleil du midi. En décembre, la pleine lune est la plus haute, la nouvelle, la plus basse et les deux quarts sont au milieu. Donc, lorsque l’on dit que la lune est directement au dessus et en dessous on veut vraiment signifier la position la plus haute que la lune atteint au dessus et en dessous de la terre.
Dans mon prochaine article, nous entrerons dans les détails plus directs entre la chasse et la lune !..
À suivre ……… Alain Jr Madore
![]()
Nous sommes à trois jours de l’ouverture de la deuxième saison de chasse à l’arc dans la zone 7. C’est la saison que j’attends avec impatience depuis des mois, parce que c’est la période qui coïncide normalement avec la fin du pré rut et la période du rut chez le chevreuil. Pour ceux qui s’adonnent aux techniques d’appel et à l’utilisation de leurres olfactifs c’est lors de cette période précise que la réponse du chevreuil et son intérêt pour ces techniques est à son apogée. De plus, cette saison 1998 s’annonce très bonne, car les dates de chasse couvrent, pour une des rares fois la période du pré rut.
C’est pour cette raison que j’arrive tout juste du bois. J’ai fait aujourd’hui une petite tournée sur mon territoire question de voir ce qui si est passé depuis deux semaine. Mais il n’y avait à mon grand étonnement aucun signe réel d’activité, aucun grattage, aucun frottage sauf ceux laissés lors de la perte des velours en début de saison qui sont normalement des arbustes branchus qui ont subi un mauvais sort ayant les branches cassées contrairement aux frottages territoriaux qui sont des arbres de différentes grosseurs qui sont frottés ou même épluchés.
J’ai malgré tout décider de provoquer les choses en simulant trois grattages autour de mon mirador car je sais que ce territoire est normalement occupé par un buck dominant et sûrement pas n’importe lequel. Vous auriez dû voir les frottages qui étaient sur ce territoire l’année passée. Des cèdres, mais pas n’importe quels cèdres. Au bas mot, six à dix pouces de diamètres. Tout bon chasseur sait très bien que seul un gros buck dominant possédant un panache de grande envergure peut laisser une telle signature. Un frottage sur une jeune plaine ou encore un petit sapin peu très bien être fait par ce même buck que par un jeune daguet ou spike, si vous préférez. Pour produire mes faux grattages j’ai utilisé deux leurres odorant, le premier étant un gel de buck territorial que j’ai appliqué dans mon grattage et sur une branche au dessus de celui-si et l’autre étant une urine de femelle en chaleur que j’ai disposé sur un terreau hydrofuge qui garde l’urine en surface. Le tout, bien sûr disposé dans un grattage d’environ 1.5 pieds par 3 que j’ai fait à l’aide d’une branche d’arbre cassée. J’ai effectué ces grattages dans une forme triangulaire à environ dix à quinze mètres de mon mirador, dont deux directement dans des sentiers très utilisés par les chevreuils qui vont se nourrir dans un champs de maïs à environ 40 mètres de mon mirador.
Le lendemain,
Je décide donc de retourner sur mon territoire pour voir si je pouvais trouver des signes d’activités frais, car selon la date de la nouvelle lune qui sera le 18 nov. le pré rut devrait être commencé ou sur le point de commencer. Une surprise m’attendait à mon arrivée et tout une !… Je n’avais plus trois grattages mais bien cinq grattages. Mes trois grattages avaient été retouchés et deux de plus apparaissaient au sol. C’est donc avec fierté que j’ai rafraîchi tous les grattages et j’ai quitté le territoire en essayant de laisser le moins de traces possibles. J'attendais le samedi matin avec impatience.
Samedi matin,
Il est 5h30 du matin. Mon compagnon de chasse passe me chercher et tout en nous rendant à notre territoire, je m’empresse de lui raconter en détail ma surprise du jeudi. Arrivés sur les lieux, on s’habillent, sortons tout l’attirail car j’ai mon arc, mes calls, mes leurres et mon sac à dos contenant ma caméra vidéo ainsi que mon support pour celle-ci. Marc n’en revient jamais de tout le matériel que j’apporte avec moi.
Le soleil commence à apparaître à l’horizon en même temps que nous atteignions le champ de maïs qui nous sert de chemin d’accès à nos miradors. À peine une centaine de pieds plus loin, quand surprise, on peut apercevoir un bon nombres de silhouettes de chevreuils au loin dans le champs. Après quelques minutes d’observation nous prenons la décision de retourner sur nos pas et d’utiliser le sentier dans le bois. Mais que ferions nous pour un chevreuil ? Le sentier était presque impraticable suite au verglas qui a fortement touché notre région. Ce trajet dura une heure au lieu de vingt minutes pour finalement apercevoir mon mirador. C’est donc avec douceur que nous franchissons les derniers mètres. Rien ne semble occupé l’endroit. Quand, comme un fantôme venu de nulle part, apparaît juste devant nous parmi les jeunes repousses à l’endroit précis de l’un des mes grattages, un chevreuil ! Et tout un !
|
Nous avons eu tout juste le temps de bien voir le panache de ce monstre comme il empruntait notre sentier en direction contraire bien évidemment pour disparaître ! Je venais de voir l’auteur des ces frottages si imposants. Ma tactique fonctionnait mais je doutais d’avoir la chance de le revoir bientôt, car normalement, c’est ce genre de buck ou plutôt machine de survie qui devient nocturne à la moindre présence humaine. |
![]() |
Comme vous pouvez l’imaginer, ma journée de chasse fut longue et pénible étant hanté par cette vision de ce trophée. Nous avons quand même vu des chevreuils et des bucks mais qui ne me disait tout simplement rien suite à cette aventure. Le soir venu, je voyais toujours ces images dans ma tête et la nuit s’annonçait longue. Elle fut si longue que le matin venu, mon compagnon ayant attendu et même frappé à plusieurs reprises à la porte, était parti sans moi. Tout à coup me réveillant en sursaut j’aperçois l’heure 5h50 !… je me lève, m’habille à toute vitesse, ramasse mon arc et au diable la caméra j’ai raté ma chance de toute façon. C’est avec surprise que Marc me voie arriver pendant qu’il s’habille. Je lui raconte mon cauchemar pendant que j’enfile mes vêtements de chasse. Arrivé au champ de maïs, le soleil est déjà levé et on aperçoit encore les chevreuils qui sont là à manger. Marc me regarde et me dit : «qu’est-ce qu’on fait ?» « On continu» que je lui réponds ! Le pire qui peut arriver, c’est qu’ils vont fuir vers le bois ! Tout en avançant, une femelle se lève la tête, elle vient de nous voir ! Puis une autre et une autre et oups… un buck !… Un magnifique huit pointes qui vient de se lever et un autre tout aussi imposant. Que faire ?… Tout juste le temps de se regarder que les deux bucks sont déjà en direction du bois et les femelle emboîtent le pas une à la suite de l’autre. Maintenant il n’y a plus de problème... il n’y en a plus un seul.
Je rejoignis donc mon mirador vers 6h45. Le temps de rafraîchir mes grattages et de grimper, il était finalement 7h00.
Une demi-heure passa, le silence complet mis à part les écureuils qui s’engueulent comme à l’habitude. C’est donc après cette période d’attente (car je patiente toujours au moins 30 minutes avant de faire quelques bruits que se soit) que je décide de faire une séance de rattling, plus précisément de sparring. Cela signifie, un rattling léger comme deux bucks qui s’entraînent en vu des gros combats du rut. À peine une première séance terminée, j’entends un buck qui se frotte le panache dans les branches. Non ce n’est pas vrai !.. Pas une deuxième chance !…
Quelques secondes de silences et je fais entendre deux petits grunts courts !… Quand, tout à coup j’entend le buck me répondre en s’avançant dans ma direction. Quelle surprise quand j’aperçoit ce monstre apparaître au même grattage où il m’avait quitté la veille. Il s’y arrête et quel spectacle, il urine et se met à gratter le sol. On aurait dit un souffleur à neige. La terre s’élève deux ou trois pieds dans les airs et tout ça devant mes yeux à peine à quinze mètres. Puis, il continue son chemin dans ma direction. «Le prochain arrêt, c’est le bon» me dis-je.« Ne regarde plus le panache et concentre-toi !» Comme il se dirige au deuxième grattage, j’étire mon arc… Puis, plus que deux ou trois mètres… Il est là, avançant parfaitement, positionné à 90 degrés.
|
Je place ma mire de dix mètres derrière la patte dans le tiers du bas et décoche flutchhh…Dans le mille. La flèche fait une pénétration complète. Le buck fait deux sauts et s’arrête comme s'il se demande ce qui vient de se passer. Il se met tout à coup à osciller comme si il avait pris un verre de trop et tombe. Mon cœur se met d’un seul coup à battre à un rythme d’enfer… «C’est pas vrai !» Il est là, à pas plus de trente mètres, couché sur le sol. Je me rassoie sur mon mirador regarde |
![]() |
l’heure 7h55 et repense à toute cette aventure qui finalement prend la tournure d’un rêve plutôt qu’un cauchemar.
Quelques minutes passent qui me paraissent des heures quand je décide d’aller rejoindre Marc, mon compagnon de chasse. Lorsque j’arrive non loin de son mirador, Marc me fait signe qu’un chevreuil n’est pas loin. Je continue en lui disant que ce n’est pas grave car la chasse est fini pour ce matin. Il me regarde d’un air songeur. Il me dit alors : «c’est toi qui as tiré ? Je crois que je t’ai entendu tout à l’heure». Il y a au plus 750 pieds qui nous séparent et on aurait pu entendre une mouche voler ce matin tellement c’était tranquille. «Puis, c’est quoi ?» «Bof ! un six pointes !… C’est fait !… de toute façon je n’aurais jamais revu mon gros buck d’hier» Un peu surpris, Marc descend et on se dirige aux camions pour ramener les arcs et chercher les cordages. Je lui raconte du même coup mon histoire tout en gardant le six pointes comme résultat. Rendu à mon mirador, je regrimpe pour ainsi indiquer à Marc la direction où serait parti mon buck. Marc se dirige dans cette direction quand j’entend tout à coup, «il est là !.. Calvaire ! As-tu vu la grosseur !… Un six pointes hein !… J’aurais du m’en douter !» Puis, je le rejoins et reprends mon récit tout en admirant ce magnifique 11 pointes de 22 pouces et quelques de largeur qui fut mesuré à 152.75 net Pope & Young.

Ce fut une chasse mémorable qui restera marquée dans ma mémoire à jamais. Le seul malheur fut de ne pas avoir ma caméra. Les images auraient été tout simplement superbes. Ce sera pour une prochaine fois !
Alain Jr Madore
![]()
Le 20 Nov. 2001 il est 11h45 .
Tout va mal, je reviens chez-moi après un avant midi de chasse infructueuse. À vrai dire depuis la dernière fin de semaine il ne se passe plus rien et je viens de m’apercevoir qu’on m'a volé mon VTT en mon absence ce matin. Je me dis que la chasse c’est fini pour cette année.
Je dois vous dire que depuis le début de la saison, j’ai vu et filmé des bucks magnifiques mais mon objectif était cet empereur qui se promène sur un de mes territoires en me laissant des signes dignes de sa magnifique ramure, douze pointes symétriques d’une ampleur à faire rêver ainsi que deux magnifiques pointes retombantes qui, je me dois vous le dire, lui donne toute sa prestance. J’ai eu la chance de l’apercevoir à quelques reprises depuis les trois dernières années. Je croyais même l’avoir récolté en 1998. Mais c’est plutôt là que je l’ai aperçu pour la première fois, et ce à ma grande surprise, après la saison en allant chercher mes miradors ( Je vous raconterai ma saison 1998 dans un prochain article). Revenons à nos moutons, euh ! Chevreuils… Comme je le disais, tout allait mal car ma saison allait de malchance en malchance. Aucun de mes partenaires réussissait à avoir un tir parfait tout en filmant. Quand vous verrez les bucks qu’on a vu... des huit pointes et des dix pointes, c’est déprimant ! Donc, étant infructueux à filmer mes partenaires, cela signifiait moins de temps pour moi à chasser. Puis la malchance continuait, obligé de travailler la fin de semaine d’ouverture de la vraie saison, celle du Rut et de plus, des intrus sur mon territoire occasionnant ainsi une pression de chasse non prévue ! Tout allait à merveilles.
Puis arrive ce 20 Nov. C’en était trop !.. J’abandonne !.. Ma saison est FINIE !…
Frustré, je rente chez moi pour voir mon fils et ma conjointe (qui va être contente d’apprendre ça, la fin de ma saison et non mon VTT disparu.)
Ce même après-midi, il est environ 14h00, ma conjointe me dit d’aller prendre un peu d’air ! Ça ferait sûrement passer ma mauvaise humeur. Puis, je me retrouve dehors et pas beaucoup de temps devant moi pour planifier quelques choses d’intéressant. Je décide dons d’aller voir le territoire chez un de mes bons copains à Wickam. J’arrive sur les lieux. Il est déjà presque 15h00, plus précisément 14h40. Je traverse la partie de terre cultivée puis j'arrive à un endroit que j’aime beaucoup : "la bouteille de bois". Ce que je veux dire par "bouteille de bois", c’est une partie boisée reliée au grand bois qui entre parmi des terres cultivées. C’est un endroit stratégique pour un buck. Il peut ainsi observer ce qui se passe au champ sans se montrer le bout du nez, sauf la nuit tombée. Et Dieu sait qu’un gros buck occupe le territoire et il y a moi qui s’en doute un peu. Il y a des traces qui voyagent d’une île de bois voisine à la bouteille pour ainsi joindre le grand bois. Mais il y a un problème... l’heure. Il est 14h50, pas question de déranger cette petite partie de bois car si quelque chose s’y trouve, il n’y restera pas longtemps. Je décide donc de ne rien déranger et de m’installer sur un monticule de branches et de terre laissée par les travaux d’irrigation.
Je me fais une cache de fortune avec des branches, installe ma caméra vidéo et me voilà prêt à peut-être voir ce qui fait ces fameuses traces. 15h10, ne pouvant rester à rien faire, je me décide à faire une séance de rattling, car il y a un léger vent qui est en ma faveur. À peine quelques minutes plus tard, j’aperçois quelques choses à l’orée du bois. Non... pas déjà un chevreuil ! C’est plutôt de la neige qui commence à tomber et ça se dirige vers moi. Je relève donc mon collet de manteau et m’écrase bien au chaud pour attendre patiemment.
Tout à coup, j’entends un bruit juste à côté de moi, je me sors la tête de mon collet puis, quelle surprise, un magnifique buck est là à peine 50 pieds de moi, debout dans les labours. Il sort tout juste de la bouteille de bois et cherche qui sont ces intrus dans son territoire. Le temps que je me réveille un peu. Qu’est-ce que je fais ? J’active la caméra ou je m’épaule pour tirer. Les secondes passent, puis Monsieur Le buck décide d’avancer pour aller voir plus loin. Je n’ai pas d’autre choix, j’épaule car si je filme, je n’aurai probablement que des images. ( C’est ça les plaisirs de faire de la vidéo.) Un coup épaulé, je positionne le réticule de ma lunette sur Monsieur et qu’est ce que je vois ? Un V blanc, un cou et un derrière de tête portant un magnifique rack. Plus il avance, plus je me dis qu’il faut que je provoque les choses car je ne peu tirer avec le chevreuil dans cette position et être sûr de mon coup. Je décide donc d’émettre un bleat de femelle ( cri de la femelle ). Monsieur s’arrête sur le coup ! Puis se retourne. Parfait le coffre est là et Bouuum….
Pouha! La fumée me revient au visage car j’ai tiré face au vent. Lorsqu'elle se dissipe, j’aperçois Monsieur le buck légèrement plus écrasé mais embrayé comme un 4x4, la queue collée aux fesses qui avance pour rejoindre l’autre extrémité du labour. Puis il disparaît !
Je suis sûr de mon coup. Il y avait à peine 80 pieds qui nous séparaient et à voir sa démarche, il n’y avait aucun doute que mon fusil Knight, calibre 50, avait fait son boulot. Je dois dire que j’étais content, car c’était la première fois que j’avais la chance de l’utiliser moi-même pour abattre un gibier. Je possède des fusils à poudre noire depuis plusieurs années mais j’ai seulement vu mon père et quelques copains de chasse avoir du succès avec eux ayant toujours eu du succès à l’arc par le passé.
Environ quinze minutes passent puis, je me décide à aller jeté un coup d’œil pour voir s'il y a bien du sang. Et oui du sang, des poils et les traces changeantes de Monsieur Le buck. Et quelles traces ! Je suis maintenant convaincu que c’est un gros buck car la distance entre les traces arrières et celles avant sont assez distancées et ne se rejoignent pas. Tout en dissipant ce rush d’adrénaline... «j’y pense mon VTT !»… Je dois rejoindre quelqu’un pour me donner un coup de main. Tout en laissant tout le temps voulu à Monsieur Le buck pour s’endormir en paix, je me dirige vers la maison de mon copain pour trouver de l’aide. Je sais, on devient lâche un peu avec la technologie. Mon grand père ou son frère aurait embarqué sur leur dos leur trophée et l’aurait ramené avec honneur !
Rendu chez mon copain... Surprise, il n’est pas là. Seulement sa femme et sa fille sont présentes. Je tente donc de rejoindre un autre de mes copains passionnés de chasse comme moi. Il me dit qu’il arrive dans deux minutes !.. Il faut au moins qu'il prenne le temps de se rendre. De plus je lui ai seulement dit que j’avais tiré un beau buck pas plus.
Une vingtaine de minutes plus tard j’aperçois mon copain qui arrive. Puis, il me dit : " Yé-tu gros ?". " Je ne sais pas trop" que je lui réponds. J’ai eu le temps de manigancé une histoire avant son arrivée. Tout en lui racontant mon aventure, nous nous rendons sur les lieux. Son fils nous accompagne tout attentif lui aussi ayant récolté son premier buck à l’arc cette année. Il était fait comme on dit. Il était atteint du virus du buck !
Une fois sur les lieux, on aperçoit deux chasseurs dans le champ même où était mon buck. Ah non ! Pas encore une malchance. Les deux chasseurs étaient des connaissances, des compagnons de chasse qui possèdent des territoires voisins à mon copain. Ils nous racontent qu’ils viennent de tirer un buck qui traversait le champ en boitant, il y a à peine 15 minutes. Le doute m’envahi tout d’un coup… "Non c’est pas vrai !", me dis-je en me dirigeant subitement vers l’endroit où a disparu MON buck. Tout en avançant, je remarque des traces et du sang qui me remet en confiance. Puis les détails qui me sont apportés m'indiquent que se n’est probablement pas MON buck. Les "flash light" allumées, on avance pas à pas sur le sang. Nous avons déjà franchi environ 200 pieds depuis le lieu d’impact. Tout en avançant, je distingue la direction des traces qui se dirige directement vers le fausset de ligne. Je me dis alors qu'il faut qu’il soit là car si tout est comme prévu il ne devrait pas être loin. Yéeee!..
Il est là, étendu de tout son long, juste de l’autre côté du fausset. Denis me dit comme je lève la tête de Monsieur Le buck . « Je ne sais pas trop ?.. J’aurais du m’en douter avec toi !»
Monsieur Le buck porte huit belles pointes égales et une belle pointe retombante sur la corne de gauche. Il y a aussi une petite pointe de chaque côté qui ne fait cependant pas un pouce comme le demande le ministère de la faune. Son envergure intérieure doit faire vingt et quelques pouces et les bases, tout prêt de six pouces.
Quelle joie de voir ce magnifique buck... mais en même temps quelle déception car je n’ai pas les images encore une fois ce qui étaient mon objectif (vous comprendrez en lisant le récit de ma chasse en 1998 ). Mais finalement, je crois que le 20 novembre est une belle date et qui il y a un Dieu ou peut être mon grand-père qui nous guette là haut !…..
Alain Jr Madore
![]()
|
|