la Lettre Calédonienne : novembre 1 998
Dimanche 01/11/98 Social : la réforme de la manutention portuaire a été une nouvelle fois à l'origine du blocage du port de Nouméa, où, depuis près de dix ans, les dockers réclament une mensualisation de leur salaire aux acconiers qui ont toujours montré leur préférence pour un traitement horaire, le nombre de touchées des bateaux ne justifiant pas, selon ces derniers, un salaire mensuel fixe. Depuis ce soir, le SLUA bloque les accès au port. Lundi 02/11/98 Coopération régionale : critiquée pour sa politique "colonialiste" sur le territoire dans les années 80, puis dénoncée après la reprise des essais nucléaires en Polynésie Française, la France s'est refait une virginité diplomatique et apparaît aujourd'hui comme un partenaire apprécié des pays du Pacifique Sud qui saluent l'originalité de sa solution au problème calédonien. Le 5 mai dernier, tous les pays de la région, à l'instar de la Nouvelle Zélande, ont "chaleureusement" salué la signature de l'accord de Nouméa. "La Nouvelle Calédonie n'existera que si elle s'ouvre sur le Pacifique", estime Pierre GARRIGUE GUYONNAUD, ambassadeur de France auprès de la Communauté du Pacifique. La contribution française a été portée cette année à 13.5 millions métropolitains, soit près de 20 % du budget global, ce qui place Paris au second rang des bailleurs de fonds derrière l'Australie. La France souhaite également accentuer la dimension régionale du centre de recherche de l'ORSTOM de Nouméa et de l'Université Française du Pacifique. Le Royaume Uni, qui avait quitté la Commission du Pacifique Sud (devenue depuis "Communauté du Pacifique") en 1996, a été réadmis, à l'unanimité, au sein de cette organisation de coopération régionale, lors d'une réunion officielle à Nouméa. Politique : deux émissaires du Parti Communiste Français sont arrivés et viennent apporter leur soutien au FLNKS dans le cadre de sa campagne en faveur du oui. Social : Louis Kotra UREGEI a menacé d'une grève générale si le SLUA maintenait son blocage du port mardi. Il avait estimé que ce syndicat était manipulé par le RPCR. "Nous demandons aux pouvoirs publics des crédits pour pallier la crise et maintenir nos emplois en brousse. Ils doivent s'engager rapidement, en nous offrant notamment des activités de substitution pour les 3 prochains mois", a déclaré Sylvain NÉA, secrétaire général du SOENC mines, alors que le barrage filtrant se mettait en place à Tomo. Mardi 03/11/98 Politique : c'est par la coutume qu'a débuté la réunion publique du RPCR à Lifou qui a duré près de deux heures. Simon LOUECKHOTE -originaire d'Ouvéa- et Robert Paouta NAXUE ont passé un même message : il faut voter oui lors du référendum. Le sénateur a rappelé que c'est pour la première fois, "nous les Mélanésiens, nous sommes véritablement pris en considération et nous sommes au coeur des Accords. La France a accepté de nous accompagner dans notre recherche de vie commune, de destin commun. Destin commun à nous tous qui avons décidé de vivre ici. La France demain, elle serait déçue si nous les Calédoniens, on vote contre l'accord de Nouméa, car elle a tout fait pour nous satisfaire." À la salle omnisports de Boulari, le RPCR a tenu sa réunion de fin de campagne en présence de Nicolas SARKOZY. Pour ce dernier qui a largement animé le débat, les Accords sont le fruit de concessions réciproques, la majorité n'a pas écrasé la minorité et c'est la meilleure solution puisque c'est celle de la paix. Jacques LAFLEUR a rappelé qu'il avait "parlé volontairement avec des adversaires politiques, pour faire en sorte que la Nouvelle Calédonie demeure en paix pendant vingt ans, et ensuite, ma conviction est qu'on n'a pas fait mieux que les accords de Nouméa et que la Nouvelle Calédonie ne sera jamais indépendante et qu'elle maintiendra sa place dans la République Française." Le secrétaire général du RPR a ajouté "que c'était la seule solution, la meilleure, la plus forte ... nous sommes incontestablement les plus forts ... qui ne veut pas pousser leurs avantages dés cette année car j'humilierais ceux que je battrais, je les pousserais dans des recoins d'où on ne peut sortir qu'en provoquant l'irréparable." Social : les forces de l'ordre sont intervenues de manière musclée ce matin pour déloger le piquet de grève du SLUA installé au port. Quatre membres du piquet de grève ont été interpellés et une trentaine conduits au commissariat de police pour vérification d'identité après l'intervention des forces de police et de gendarmerie qui ont tiré des grenades lacrymogènes. Le SLUA avait édifié un véritable mur de conteneurs autour de port. Il entendait ainsi exiger l'accélération du paiement d'indemnités de départ à des dockers par une entreprise d'acconage et les pouvoirs publics. La FPME regrette les événements du port qui risquent de créer des difficultés à l'économie calédonienne alors qu'il s'agit d'un conflit de quelques personnes qui ne concerne pas l'intérêt général. Mercredi 04/11/98 Politique : la campagne pour le référendum "prouve une nouvelle fois que la droite française continue de tromper sans vergogne ses électeurs en tenant un double langage", estime Huguette FATNA. La secrétaire nationale aux DOM TOM au Front National, qui fait campagne pour le non, estime notamment que Nicolas SARKOZY s'est rendu coupable de "tromperie manifeste" à l'égard des Calédoniens quand il les a invités à voter oui. Social : dockers et mineurs se sont retrouvés au congrès pour discuter avec les élus du territoire. La délégation de plus de 50 personnes était menées par la présidente du SLUA, le président du SOENC mines et celui du syndicat des rouleurs. Ils se retrouveront avec tous les élus demain au haussariat. À Tomo, les mobiles tiennent toujours le pont de la Tontouta. La circulation a été rétablie après un long et violent accrochage à l'entrée nord du pont de la Tontouta où rouleurs et mineurs ont tenté une percée à travers le dispositif des gendarmes mobiles. Un nouveau barrage filtrant a été mis en place. la RT1 est toujours "encadrée" par des camions de chaque coté de la chaussée qui oblige les automobiliste à ralentir au niveau de la chapelle ; le barrage est parfois filtrant ou bloque totalement la circulation. Divers : à la gendarmerie de Fayaoué tout juste débarrassée de ses barbelés, sacs de sable, sentinelles mais pas de ses blindés légers, les familles mélanésiennes se pressent pour retrouver leur nom d'origine à l'état civil. Même le gendarme auxiliaire a de la famille à Gossanah. Jeudi 05/11/98 Politique : Lionel JOSPIN, a déclaré dans une interview à RFO, qu'il ne "doute pas d'une réponse positive" au référendum. Soulignant le "choix historique" offert aux Calédoniens, le premier Ministre s'est dit animé d'une "sorte de tranquille certitude". "le fait de savoir si le score sera plus important ou moins important est relativement secondaire". Social : table ronde au haut commissariat pour résoudre le problème du barrage de Tomo. Après cinq heures de discussions avec les banques, les élus, le patronat et les syndicats, Dominique BUR a présenté six propositions dont 1) l'examen a plus haut niveau de la situation social sur le territoire, c'est à dire au gouvernement, 2) 150 millions CFP dans l'immédiat pour le maintien de l'emploi dans les entreprises minières en position financière difficile grâce à des dispositions fiscales, 3) l'accord du congrès pour le dégagement de 250 à 340 millions CFP destiné à la création d'un fond de soutien conjoncturel qui servirait à payer les salariés de la mine victime du chômage en leur offrant du travail, 4) la proposition du congrès d'instaurer une nouvelle commission spéciale afin de veiller à l'évolution de la conjoncture -y compris la chute du ¥en et 5) la création d'un observatoire économique pour examiner les crises qui s'annonce et surtout d'en anticiper les conséquences. Le FLNKS a lancé de nouveau "un appel solennel en vue d'un retour au calme très rapidement", mettant en garde contre une possible "stratégie de déstabilisation". Le parti n'a pas pris part à la réunion, expliquant que chacun des conflits peuvent être réglés par des instances ad hoc. Le syndicat des rouleurs a maintenu et renforcé son barrage de Tomo où l'on note plusieurs kilomètres de files de véhicules bloqués. Il a également disposé des camions à la sortie de Nouméa, ralentissant la sortie des voitures. Les mesures de sécurité ont été renforcées dans la capitale où d'importantes forces de gendarmes mobiles, bouclier à la main, étaient visibles en différents points. Le SOENC BTP-Industrie-Commerce empêche lance un mouvement de grève aux imprimeries du quotidien les Nouvelles Calédoniennes. Le syndicat s'inquiète de la restructuration de l'imprimerie de Ducos et craint la suppression de postes avec l'arrivée de nouvelles machines courant 1 999. Les deux réunions de la journée avec la direction n'ont débouché sur aucun accord et Benoît LUIZET considère cette action comme un chantage à 48 heures du référendum. À l'exception des bus scolaires et des véhicules d'urgence, aucune circulation n'est possible sur la RT1 à hauteur de Tomo. À Poya, les employés et contracteurs de la mine SMO86 ont bloqué l'entrée de la mine en soutien à la SMSP pour la reprise de MNC. Les mineurs de la SPUR -Poum- se sont rendus en cortège sur Koumac en fin de matinée. Enfin, à Nouméa, la circulation est très difficile au rond point du Pacifique. POLYNÉSIE FRANÇAISE Politique : Oscar TEMARU a décliné l'invitation lancée par Gaston FLOSSE qui souhaitait évoquer avec lui le projet de révision constitutionnelle. "C'est la France qui a ôté au peuple maori sa souveraineté" a répondu le leader indépendantiste, "c'est donc avec l'État français et non avec vous que le Tavini estime devoir discuter". Vendredi 06/11/98 Culture : concert de chants canaques "Coeurs Canaques" au Centre Culturel TJIBAOU. Cette manifestation est réalisée par la chorale de Koutio avec la participation du groupe de Wetch. La chorale est plutôt axée sur les chants religieux contemporains tandis que le Wetch travaille sur les chants et danses mélanésiennes. Ainsi, la réunion de ces deux groupes propose un spectacle en trois parties : en premier lieu les chants datant d'avant la colonisation dont parfois le sens des paroles est inconnu, certaines langues ayant disparu, puis des chants religieux avec l'arrivée des missionnaires sur le territoire et enfin la fusion des deux, l'apothéose étant un gospel qui a été plébiscité par le public. Politique : le FLNKS a clos sa campagne en faveur du oui par sa seule réunion à Nouméa devant quelque 300 personnes. Roch WAMYTAN a rappelé ses consignes pour "un oui massif". "Cet accord donne à toutes les ethnies vivant ici la possibilité de réaliser un pays ensemble, demain, autour du peuple kanak". "Voter oui, c'est réaliser notre rêve d'être libres chez nous. Ce ne sera pas facile, mais il nous faut lever la tête et cesser d'être des assistés". Le FLNKS a lancé de nouveau "un appel solennel en vue d'un retour au calme très rapidement", mettant en garde contre une possible "stratégie de déstabilisation", à trois jours du référendum. Social : une réunion d'explication s'est déroulée à Tomo en présence de Simon LOUECKHOTE, Pierre FROGIER et des élus de la FCCI avec les responsables du SLUA, les rouleurs du Sud et les responsables du SOENC Mine, ces derniers ayant souhaité consulté leur base. C'est vers 11:30 que le barrage a été levé. La grève aux Nouvelles Calédoniennes a empêché la parution des 22 000 journaux du seul quotidien du territoire. Tandis que l'imprimerie reste cadenassée par les grévistes, le travail a pu reprendre au Surcouf. Les dockers du SLUA ne bloquaient plus le port mais l'activité restait réduite. Samedi 07/11/98 Politique : tout est "fin" prêt pour le référendum de dimanche. Seules les quelques urnes des bureaux de vote non surveillées durant la nuit seront installées dimanche matin avant 08:00, heure d'ouverture des bureaux de vote. Social : le SOENC BTP-Industrie-Commerce empêche toujours la parution du quotidien les Nouvelles Calédoniennes. Dimanche 08/11/98 Politique : le oui l'a emporté avec 71.86% des suffrages exprimés soit 11% de plus qu'il y a dix ans lors du référendum sur les accords de Matignon. 77 097 électeurs ont voté oui, et 21 697 ont voté non, soit 28.14%. 79 202 personnes ont pris part au vote, soit un taux de participation de 74.23% des 106 698 inscrits dont 33 061 à Nouméa, 10 448 au Mont Dore et ... 83 à Bas Coulna et 45 à Haut Coulna. La province Nord a voté à 73.40% et le oui l'a emporté à 86.79% contre 13.21%. La province Sud a voté à 80.71% avec 62.99% de oui et 37.01% pour le non Dans la Province des Iles Loyauté, 95.47% des votants ont dit oui, mais plus de la moitié des électeurs n'y ont pas voté, la participation n'atteignant que 48.55% des inscrits. Enfin, dans la ville de Nouméa, la participation a été de 80.69%. Le oui l'a emporté avec 57.74% contre 42.26% pour le non (63.71 % au dernier référendum) : Jacques LAFLEUR s'est dit, lui, "un peu amer qu'il y ait tant de non. Ceux qui ont voté non n'ont pas compris les enjeux de l'Accord. Je pensais que la province Sud et Nouméa voteraient plus oui." Roch WAMYTAN a estimé que le "message" du FLNKS était bien passé, et qu'il était un "signe fort" pour l'avenir, synonyme pour lui d'indépendance à terme : "aujourd'hui, il y a une majorité de gens qui veulent travailler ensemble et décider de notre propre destin.''. Le président Jacques CHIRAC s'est réjoui que le territoire ait fait "le choix du consensus". Lionel JOSPIN a estimé pour sa part que le résultat allait permettre au territoire "d'exercer davantage de responsabilités pour mieux affirmer leur identité". Pour Jean Jack QUEYRAN-NE, le résultat est "une victoire" pour tous ceux qui ont voulu l'accord de Nouméa. Le RPR a salué "la forte participation" qui "accorde une légitimité incontestable à ce scrutin". Pour le PS, "il était essentiel que ce pacte fondateur pour une nouvelle Nouvelle Calédonie reçoive l'adhésion d'une très large majorité d'habitants du Territoire". Le PCF a affirmé quant à lui que "ce résultat marque une étape décisive dans le processus ouvert par les accords de Nouméa". Mgr Michel Marie CALVET, l'évêque de Nouméa, s'est réjoui du résultat du référendum et a souligné que "les Églises ont accompagné le processus" menant au référendum "de manière utile et efficace". "L'appartenance chrétienne est profonde en Nouvelle Calédonie", a-t-il précisé. Au contraire, le Front national a souligné "l'excellent score réalisé par les tenants du non". Le Conseil des ministres doit approuver d'ici la fin du mois un projet de loi organique qui traduit juridiquement l'accord en 261 articles. Par ailleurs, Didier LEROUX estime, "avoir atteint son objectif, car 21000 Calédoniens ont clairement demandé, en votant non, que ces accords soient améliorés". Le président de l'UNCT voit plus dans le large vote pour le oui la victoire du FLNKS que du RPCR. Pour conclure, aucun mouvement de joie n'était notable dans les rues de Nouméa à l'issue de cette journée historique. Dimanche 08/11/98 Politique : le oui l'a emporté avec 71.86% des suffrages exprimés soit 11% de plus qu'il y a dix ans lors du référendum sur les accords de Matignon. 77 097 électeurs ont voté oui, et 21 697 on voté non, soit 28.14%. 79 202 personnes ont pris part au vote, soit un taux de participation de 74.23% des 106 698 inscrits dont 33 061 à Nouméa, 10 448 au Mont Dore et ... 83 à Bas Coulna et 45 à Haut Coulna. La province Nord a voté à 73.40% et le oui l'a emporté à 86.79% contre 13.21%. La province Sud a voté à 80.71% avec 62.99% de oui et 37.01% pour le non. Dans la Province des Iles Loyauté, 95.47% des votants ont dit oui, mais plus de la moitié des électeurs n'y ont pas voté, la participation n'atteignant que 48.55% des inscrits.Enfin, dans la ville de Nouméa, la participation a été de 80.69%. Le oui l'a emporté avec 57.74% contre 42.26% pour le non (63.71 % au dernier référendum) : Jacques LAFLEUR s'est dit, lui, "un peu amer qu'il y ait tant de non. Ceux qui ont voté non n'ont pas compris les enjeux de l'Accord. Je pensais que la province Sud et Nouméa voteraient plus oui." Roch WAMYTAN a estimé que le "message" du FLNKS était bien passé, et qu'il était un "signe fort" pour l'avenir, synonyme pour lui d'indépendance à terme : "aujourd'hui, il y a une majorité de gens qui veulent travailler ensemble et décider de notre propre destin.''. Le président Jacques CHIRAC s'est réjoui que le territoire ait fait "le choix du consensus". Lionel JOSPIN a estimé pour sa part que le résultat allait permettre au territoire "d'exercer davantage de responsabilités pour mieux affirmer leur identité". Pour Jean Jack QUEYRANNE, le résultat est "une victoire" pour tous ceux qui ont voulu l'accord de Nouméa. Le RPR a salué "la forte participation" qui "accorde une légitimité incontestable à ce scrutin". Pour le PS, "il était essentiel que ce pacte fondateur pour une nouvelle Nouvelle Calédonie reçoive l'adhésion d'une très large majorité d'habitants du Territoire". Le PCF a affirmé quant à lui que "ce résultat marque une étape décisive dans le processus ouvert par les accords de Nouméa". Mgr Michel Marie CALVET, l'évêque de Nouméa, s'est réjoui du résultat du référendum et a souligné que "les Églises ont accompagné le processus" menant au référendum "de manière utile et efficace". "L'appartenance chrétienne est profonde en Nouvelle Calédonie", a-t-il précisé. Au contraire, le Front national a souligné "l'excellent score réalisé par les tenants du non". Le Conseil des ministres doit approuver d'ici la fin du mois un projet de loi organique qui traduit juridiquement l'accord en 261 articles. Par ailleurs, Didier LEROUX estime, "avoir atteint son objectif, car 21000 Calédoniens ont clairement demandé, en votant non, que ces accords soient améliorés". Le président de l'UNCT voit plus dans le large vote pour le oui la victoire du FLNKS que du RPCR. Pour conclure, aucun mouvement de joie n'était notable dans les rues de Nouméa à l'issue de cette journée historique. Lundi 09/11/98 Politique : au lendemain du OUI aux accords de Nouméa, le projet de loi organique doit faire l'objet de discussions, aussi bien sur le territoire qu'en métropole. L'UC souligne que la forte participation dans les communes non-indépendantistes n'a pas amené le soutien massif attendu par Jacques LAFLEUR et traduit plus une démarche d'opposition au RPCR qu'un rejet aux accords de Nouméa. Le parti de Bernard LEPEU estime que le discours de la peur sur l'émancipation et l'indépendance ne porte plus et que le processus d'évolution vers la pleine souveraineté est admis dans les mentalités. La FCCI est satisfaite des résultats qui confortent l'avenir commun pour les populations du pays. Ceux qui ont choisi le NON sont une préoccupation et la fédération entend rassurer cet électorat. Social : Le mouvement se durcit aux Nouvelles Calédoniennes s'étendant aux deux entreprises après l'échec de la réunion direction - grévistes. POLYNÉSIE FRANÇAISE Religion : rarement une décision de justice concernant le différend opposant les trois associations culturelles de Raiatea au CABEEPF [Conseil dAdministration des Biens de lÉglise Évangélique de Polynésie Française] naura soulevé autant dintérêt paroissial. Reconnaissant la propriété des terres et des immeubles édifiés à Opoa, Vaiaau et Tevaitoa à lÉglise Évangélique, la dernière décision du tribunal civil marque un tournant dans la procédure judiciaire engagée depuis presque trois années. Santé : lÉtat et le Territoire ont signé ce soir, à la Présidence du gouvernement, un protocole qui stipule que lÉtat sengage à céder au territoire lensemble immobilier composé de lhôpital Jean PRINCE et du domaine de Taaone Villa. En échange, le Territoire sengage à lui céder des terrains nus lui appartenant à Pirae et Arue. Le coût global de cet échange est estimé à 2.9 milliards CFP. Mardi 10/11/98 Politique : le projet de loi organique a été présenté Comité Consultatif qui a émis un avis favorable avec quelques réserves. Il sera soumis le 15 novembre au Conseil d'État puis sera ensuite présenté au gouvernement en Conseil des ministres le 25 novembre et l'examen en première lecture à l'Assemblée Nationale aura lieu les 22 et 23 décembre. Le Comité Consultatif a également examiné le dossier de la mine avec la mise en place du fond conjoncturel demandé par les mineurs et s'est penché sur le budget primitif de 1 999. Ce budget de 70 milliards CFP apporte une progression des dotations de 4.8 % pour les provinces et de 5 % pour les communes. Le PALIKA souligne la forte mobilisation de la jeunesse canaque qui signifie l'ambition et la volonté de relever tous les défis à venir. La fédération socialiste du territoire se réjouit du niveau exceptionnel de participation au référendum de dimanche et de l'importance du oui. Le Front National salue le courage de tous les Calédoniens qui ont osé exprimer leur refus de l'accord de Nouméa, malgré toutes les pressions exercées. Social : une partie du personnel de Air Calédonie International affilié à l'USTKE a déclenché une grève et une trentaine de personnes bloquent les entrées de l'agence de la compagnie. Les grévistes demande la création d'un poste de chef de cabine principal, des primes d'intéressement, une promotion interne et un rééquilibrage ethnique. Au cinquième jour de grève à l'imprimerie des Nouvelles Calédoniennes, l'hebdomadaire Dimanche Matin devient exceptionnellement un quotidien. Avec à peine une douzaine de personnes, le journal réalise l'exploit d'informer les Calédoniens, en particulier au lendemain du référendum où l'édition de 08 pages a permis de diffuser les résultats et commentaires. Divers : en 1 915, un contingent de 800 Calédoniens partait renforcer la 15 ème division sur le théâtre des opérations. Les dépouilles mortelles de cinq combattants Mélanésiens de la grande guerre ont été retrouvées en métropole et identifiées et les familles ont été informées sur le sort de leurs ancêtres. C'est Dominique DAVID, membre des associations d'anciens combattants et de l'Union National des Parachutistes, qui est à l'origine de ces recherches. Un travail long, difficile et minutieux qui a été possible grâce à des documents rarissimes découverts dans les archives territoriales : avec simplement quelques noms, il a recherché dans les cimetières du nord-est de la métropole afin d'arriver à retrouver les noms, qui étaient parfois erronés au départ et encore plus déformés sur les tombes quant ce n'était pas des noms coutumiers ou des surnoms. POLYNÉSIE FRANÇAISE Social : une vingtaine de salariés de RFO a entamé une grève illimitée et réclame la signature d'un protocole d'accord d'une vingtaine de points ayant pour objet le règlement de situations individuelles. Les grévistes ont réussi à interdire la diffusion des journaux télévisés locaux en français et tahitien en occupant les studios de la station. Mercredi 11/11/98 Divers : 80 ans après la fin de la première guerre mondiale, les autorités civiles et militaires étaient réunies devant le monument aux morts de la place Bir Hakeim. Pour la première fois dans l'histoire du territoire, un hommage appuyé a été rendu aux Mélanésiens morts aux champs d'honneur ; jusqu'à présent, il y avait une sorte d'oubli ce ceux morts pendant la grande guerre alors qu'ils furent nombreux à tomber sous les drapeaux. Les familles des victimes des cinq combattants retrouvés récemment, venant de Grand Couli, l'Île des Pins, Koné, Lifou et Sarraméa, étaient très émues, la plupart ignorant où étaient leurs ascendants. Par ailleurs, Jean LÈQUES a prononcé le discours d'Auguste BRUN, maire de Nouméa en 1 922, qui avait salué les premières dépouilles mortelles des Calédoniens morts pour la patrie. Social : quatre des cinq points du cahier de revendications des grévistes ont été acceptées et un protocole d'accord à été signé. Jeudi 12/11/98 Politique : le Congrès du territoire a formulé un avis favorable sur le projet de loi organique par 31 voix sur 54, 2 voix contre et 17 abstentions. Le vote de l'avis était l'unique objet de la séance. La séance s'est déroulée en présence de Dominique PERBEN, ancien ministre des DOM TOM, mais l'absence de Jacques LAFLEUR a été remarquée. Le vote à main levée a été précédé des explications de vote de chacune des formations politiques représentées au Congrès. Les élus qui avaient fait campagne pour le non au référendum ont choisi l'abstention, à l'exception des deux élus du Front national qui ont voté contre. L'UNCT de Didier LEROUX s'est abstenue tout comme le FLNKS qui demande une nouvelle réunion du comité des signataires de l'Accord de Nouméa "au plus haut niveau" afin de reprendre les discussions sur les points de désaccord. L'attitude des élus indépendantiste, à la demande du porte- parole du groupe au Congrès, Richard KALOÏ, a surpris des membres de l'hémicycle et le député Pierre FROGIER s'est opposé à la réunion du comité des signataires. Roch WAMYTAN a pris la parole à son tour pour calmer les débats devenus houleux, expliquant que sa coalition souhaitait "une dernière réunion avant que le texte entre dans le circuit parlementaire" et pas une "nouvelle négociation". Cette requête, a expliqué le président du FLNKS, a pour objectif de faire en sorte que "la loi organique respecte l'Accord de Nouméa dans l'esprit et dans la lettre". Le FLNKS veut ainsi "aménager" le texte de loi "pour se donner une marge de manoeuvre", d'autant que le projet de loi a connu plusieurs versions, la dernière, en date du 6 novembre, ayant été allégée de plusieurs articles : le projet initial en comportait 261, il n'y en a désormais que 227. De leur côté, les partis qui avaient fait campagne pour le oui au référendum ont voté pour. Le RPCR a émis comme unique réserve le souhait de conserver le système actuel de financement des Provinces alors que le projet de loi prévoit une nouvelle formule. Enfin, la FCCI et le LKS ont voté pour. Social : les ambulanciers ont bloqué le passage devant les locaux de la CAFAT pendant quelques heures afin de réclamer l'application de la convention signée l'an dernier au Congrès qui autorisé l'augmentation de 20 % du tarif appliqué depuis 1994. Ce prix unique est invariable, que ce soit les nuits ou les jours fériés. Au 7 ème jour de grève, le syndicat FO des Nouvelles Calédoniennes dénonce le mouvement de grève qui prend le journal en otage et lance un appel aux partis en conflit pour mettre fin à cette situation. Les mineurs de la mine SMSP de Boakaine (Canala) sont en grève pour le 10 ème jour : ils demandent une prime forfaitaire de 20 000 CFP par mois et l'ouverture de négociations avec la direction. Faits Divers : un accident de la circulation, dû à un dépassement sans visibilité à vitesse plus qu'excessive, a fait 05 morts à La Foa. La route a déjà tué 45 fois depuis le début de l'année contre 41 pour l'année 1 997 : l'alcool est la cause de près de la moitié des accidents suivi de près par les excès de vitesse. Vendredi 13/11/98 Économie : l'hôtel Méridien de la baie d'Oro a été inauguré par Jacques LAFLEUR et Dominique BUR. Après plusieurs années de recours devant les tribunaux, d'interruptions de travaux, sur un site classé réserve naturelle intégrale en 1950, mais déclassé en 1980, cet établissement 5 étoiles, d'un coût de 1.4 milliards CFP, compte 39 bungalows cachés dans une cocoteraie au bord d'un lagon couleur d'opale, 10 chambres, piscine, restaurant, bar. Pour Michel QUINTARD, l'ouverture du premier hôtel cinq étoiles hors de Nouméa est un grand pas en avant. Le président de la C.C.I. est également directeur de la Société des Hôtels de Nouméa (SHN) qui finance la construction. Elle a bénéficié pour ce faire de 25 millions d'apports de PROMOSUD, société d'économie mixte de la Province Sud présidée par Jacques LAFLEUR. Pour l'association Action Biosphère, un tel établissement, "dans un paysage exceptionnel, mais qui constitue un site fragile", est "une mauvaise politique d'aménagement du territoire" et va à l'encontre de "l'intérêt général". L'affaire de l'hôtel de la baie d'Oro s'est compliquée de rivalités entre clans au sein des tribus de l'île, dont le grand chef est aussi le maire RPCR qui compte quelque 1 671 habitants. Ceux-ci ont depuis longtemps manifesté leur hostilité aux implantations touristiques lourdes. Cette fois-ci cependant, raconte Michel QUINTARD, c'est le Grand Chef Hilarion VENDEGOU qui est venu lui-même proposer à l'administration de la Province Sud de réaliser ensemble "quelque chose de très bien" dans l'île qui n'offrait jusqu'alors que des gîtes plus simples. Après deux ans de négociations fut créée la société anonyme Magénine dans laquelle sept Kunié détiennent 66% des parts, reçues en échange de l'apport en jouissance du terrain où se trouve l'hôtel. La SHN détient les 34% restant. Un groupe de 29 Kunié, soutenu par Action Biosphère, a lancé plusieurs actions en justice pour tenter de stopper le projet, réussissant seulement à le retarder. Il a notamment soutenu que le Grand Chef aurait dû respecter "le principe de base de la coutume" en "recueillant l'avis de chacun des membres de leur clan pour l'utilisation du sol". De plus, le site d'Oro "était pour les Kunié un lieu sacré". Les contestataires ont accusé le Grand Chef de "mélanger politique et coutume". Les promoteurs pour leur part accusent Biosphère d'avoir "semé la zizanie" entre les habitants. Depuis le 1er novembre, quelques privilégiés ont "testé" ce que la directrice de l'hôtel, Dominique LAPOINTE, qualifie de "petit bijou de la chaîne Méridien". Au risque de choquer les mélanésiens, quelques seins nus bronzent sur la plage et des habitants se plaignent des "vigiles" et de ne plus pouvoir circuler librement. L'ITSEE vient de publier le dernier indice des prix à la consommation avec une augmentation générale de 0.4 % pour le mois d'octobre. Le poisson a augmenté de 09 %, la viande de 0.8 % et les fruits de 05 % tandis que les légumes baissent de 03.8 %, ce qui fait, sur un an, une baisse de 01.1 % pour l'alimentaire. Télécommunication : Mobilis couvre désormais Vao et la partie sud de l'Île des Pins tandis qu'une deuxième station installée à Xépénéhé permet de couvrir la zone de Wé et la baie du Santal. Grâce à son absence de relief, Ouvéa est totalement couverte par le téléphone GSM alors qu'à Maré, c'est Tadine et le sud de l'île. Politique : ouverture du 19 ème congrès de l'Union Progressiste Mélanésienne à Nédivin (Houaïlou) dont le thème est les enjeux découlant des accords de Nouméa sur les plans économique, institutionnel, politique, social et de l'identité canaque. POLYNÉSIE FRANÇAISE Religion : les dissidents de lÉglise Évangélique font appel de la décision prononcée à laudience du 6 novembre 1998 au tribunal de Raiatea qui confirme la propriété des biens du conseil dadministration. Social : la direction régionale de RFO s'est adressée au tribunal des référés qui impose aux grévistes une astreinte de 45 000 CFP par journal non diffusé. Samedi 14/11/98 Culture : opération portes ouvertes au musée territorial. Divers : un obus a été découvert à Tindu. Il a aussitôt été désamorcé par l'armée. Sport : finale de la coupe de Calédonie de football. Dimanche 15/11/98 Politique : Victor TUTUGORO, 42 ans, a été réélu président de l'Union Progressiste Mélanésienne, l'une des cinq composantes du FLNKS. L'UPM, dont les travaux doivent faire l'objet d'un point de presse en début de semaine à Nouméa, a salué la large ratification, le 8 novembre par les Calédoniens, de l'accord de Nouméa sur l'avenir institutionnel du Territoire, conclu entre l'État, le FLNKS et le RPCR. Cette ratification augure d'une phase nouvelle, positive, pour la construction du pays, a déclaré son président. Social : les Calédoniens sont privés, depuis dix jours, de leur journal quotidien, Les Nouvelles Calédoniennes et, depuis trois jours, de leur seul journal télévisé local, celui de RFO, en raison de deux mouvements de grève différents. À RFO, une intersyndicale FO-CGT-USTKE a débrayé, vendredi, samedi et aujourd'hui, empêchant ainsi, à chaque fois, la diffusion du journal télévisé du soir, qui rend compte de l'actualité locale, mais aussi nationale et internationale. Elle entend ainsi exprimer sa solidarité avec RFO Tahiti en grève, et appuyer sa demande de sanctions envers un journaliste et envers le rédacteur en chef adjoint de la station de Nouméa. Par ailleurs, RFO Wallis et Futuna fonctionne toujours, et ce depuis le 29 octobre, de façon autonome et sans aucune direction, après que les personnels locaux ont interdit l'accès de leurs bureaux au responsable technique et au rédacteur en chef, a indiqué RFO Nouméa. POLYNÉSIE FRANÇAISE Politique : avec 17 maires, 5 maires délégués, 30 adjoints, 4 secrétaires généraux et 33 conseillers municipaux, le territoire débarque en force à Paris pour le 81ème congrès annuel de lassociation des maires de France, qui se tient du 17 au 19 novembre au Parc des expositions de la Porte de Versailles. Grâce à cette participation plus importante que jamais, les élus polynésiens espèrent faire connaître davantage leurs communes, les contextes dans lesquels elles évoluent et les problèmes auxquels elles sont confrontées. Lundi 16/11/98 Social : les ouvriers des services municipaux de Ponérihouen bloquent les services de la mairie. POLYNÉSIE FRANÇAISE Social : la vingtaine de grévistes des syndicats SNFORT-FO et CSTP-FO, qui campe depuis mardi devant le portail de l'immeuble de RFO, a désormais instauré un blocage total de la station et empêche toute entrée ou sortie, a pu constater l'AFP. Ce personnel en grève a refusé toutes les offres de négociation faites par la direction régionale ou la direction centrale parisienne, qui avait proposé une table ronde à Paris avec un représentant des quatre syndicats présents à la station. Les grévistes souhaitent la venue à Tahiti d'un représentant de la direction générale qui, de son côté, s'est donné jusqu'à lundi pour répondre à cette exigence. Actuellement, les téléspectateurs du territoire disposent sur le premier et deuxième canal du seul programme Tempo diffusé depuis la métropole, et des deux chaînes codées, Canal+ et Téléfenua. En radio, France Inter est diffusée en continu sur l'ensemble de la Polynésie. Les grévistes réclament des contrats à durée indéterminée pour les animateurs de la station et des promotions et augmentations pécuniaires pour une quinzaine de journalistes et techniciens. Mardi 17/11/98 Politique : le 19 ème congrès de l'UPM a salué l'approbation des accords de Nouméa par la population. Pour son président, la période de 15 à 20 ans doit être celle d'une véritable décolonisation du peuple Kanak. Il a aussi souligné la nécessité du renforcement des structures politiques de la mouvance indépendantiste en prévision des prochaines provinciales : "le FLNKS doit s'y présenter de façon unitaire sinon les militants ne le comprendraient pas". Social : 11 ème jour de grève aux Nouvelles Calédoniennes où les bureaux du Surcouf sont toujours cadenassés. De ce fait, le personnel de la station NRJ, qui appartient au même groupe, ne peut plus se rendre aux studios. Les non-grévistes, au nombre d'une centaine, ont diffusé 10 000 exemplaires gratuits d'un quatre pages petit format intitulé les Nouvelles de la grève, qui dénonce les méthodes des grévistes. Dimanche matin, l'hebdomadaire de loisirs lancé en août 97, et qui avait mis en vente avec succès le 9 novembre un Lundi Matin exceptionnel au lendemain du référendum, suivi d'un Mardi Matin, s'apprête à rééditer l'opération cette semaine avec un Mercredi Matin. Depuis 06:00, les bureaux de la SMSP de l'immeuble Carcopino sont investis par les salariés de la mine de Boakaine et les coutumiers de Canala, soit une quarantaine de personnes qui demande la prise en compte d'un cahier de revendications datant de 1 997. Les coutumiers demande la rétrocession de l'exploitation minière. POLYNÉSIE FRANÇAISE Économie : la défiscalisation de la loi PONS représente plus de 166 milliards CFP en 1997, à retirer des recettes du budget de la République. La Polynésie Française bénéficie de près de la moitié de la manne prévue sur lensemble des DOM TOM. Les deux paquebots Renaissance Cruise représentent la majeure partie du pactole polynésien alors que les Antilles présentent dix fois plus de dossiers (806) que la Polynésie (83). Larrivée dun nouveau texte de lAssemblée de Polynésie Française concernant la création du GIP [Groupement dIntervention de la Polynésie] et devant être adopté dici à la fin novembre, na pas permis au tribunal administratif de juger, sur le fond, les recours de lÉtat qui demandait lannulation dune première mouture du GIP datant du mois de mai dernier. Politique : Boris LÉONTIEFF, président du Fetia Api, a fait part, des inquiétudes que lui inspire le projet de réforme du statut du territoire. Dans une déclaration à l'issue d'un entretien avec Jean Jack QUEYRANNE, il s'est en particulier demandé si la citoyenneté polynésienne qui doit être créée n'était pas une étape vers l'indépendance. Le maire d'Arue a également émis des réserves sur les lois de pays que le territoire pourra voter après la mise en place de ce nouveau statut et a suggéré l'organisation d'un référendum d'autodétermination qui, après la réponse négative attendue, permettrait, selon lui, d'écarter pour longtemps les revendications des indépendantistes. Le secrétaire d'État à l'Outre Mer a assuré Boris LÉONTIEFF que l'État entendait maintenir une présence en Polynésie notamment en continuant à aider les communes. Mercredi 18/11/98 Économie : le port autonome de Nouméa a réuni son conseil d'administration qui est désormais présidé par Patrice MULLER. Son premier dossier sera le dossier des indemnités de licenciement des dockers de Manucal. Par ailleurs, une commission spéciale de réflexion a été créée pour étudier l'évolution de la manutention portuaire. Politique : les élus de la province Sud ont adopté le projet de délibération qui transfert la gestion, et donc le remboursement, de l'aide médical à la CAFAT. En revanche, les demandes d'admission de l'aide médicale et l'examen des dossiers seront toujours traités par la province Sud. La province Sud vient de créer un prix d'encouragement à la recherche. Ce prix de 120 000 CFP par mois sera accordé à des étudiants chercheurs du centre universitaire présentant un intérêt pour le territoire. le FLNKS a organisé une réunion d'information à la tribu de Nakéty pour évoquer la journée du 18 novembre qui est une journée historique dans la lutte du peuple Kanak. La mairie de Yaté a été fermée toute la journée afin de marquer la commémoration du 18 novembre. Social : les négociations rompues hier n'ont pas repris aux Nouvelles Calédoniennes mais la rotative de l'imprimerie a été mise en marche cet après midi à la demande des grévistes de Pacific Print afin de préserver l'outil de travail qui vaut environ 200 millions CFP. La machine est désormais en veille et prête à redémarrer en 03 heures. André DANG, président de la SMSP, est retenu dans son bureau à Nouméa avec deux collaborateurs par des membres du SOENC Mines. Plusieurs dizaines de syndicalistes présents exigent que la SMSP cède aux revendications salariales des 84 salariés de sa mine de Boakaine. Ils sont accompagnés de responsables coutumiers de la région. Sport : les finales territoriales de l'Union Sportive de l'Enseignement du Premier Degré se sont déroulées aujourd'hui. Jeudi 19/11/98 POLYNÉSIE FRANÇAISE Justice : l'ex président du gouvernement territorial, Alexandre LÉONTIEFF, a comparu devant le Tribunal correctionnel de Paris, soupçonné d'avoir perçu en 1990 un pot-de-vin pour autoriser la construction d'un hôtel à Tahiti. Social : le conflit à RFO s'enlise. Les grévistes ont décidé de ne plus négocier avec la direction régionale et un médiateur de Paris devrait arriver dans les prochains jours. En attendant, les Polynésiens sont privés de l'actualité locale depuis une dizaine de jours puisque seul le programme Tempo est diffusé en continue depuis Paris tout comme France Inter sur l'ensemble des émetteurs de radio. Vendredi 20/11/98 Social : fin de conflit sur la Voie de Dégagement Est où un protocole d'accord a été signé vers 16:00. Il prévoit un partage du transport des remblais entre l'entreprise de Jean Paul WAMYTAN et une autre aux rouleurs du Mont Dore. Cinquième jour de conflit des ouvriers municipaux de Ponérihouen qui entendent protester contre le licenciement de deux employés jugé abusif par l'USTKE. Après 6 heures de négociations, la direction des Nouvelles Calédoniennes et l'USOENC ont signé un protocole d'accord qui prévoit un nouveau système de calcul des primes intégrées dans les salaires et une réorganisation des repos hebdomadaires qui devrait permettre d'accroître le nombre de numéros publiés chaque année Sport : début des 6 jours cyclistes ce soir au vélodrome de Magenta remportés par la formation australienne. POLYNÉSIE FRANÇAISE Justice : le Parquet de Paris a requis une peine de 4 ans demprisonnement, dont 2 ans fermes, un million métropolitain damende et 5 ans de privation des droits civiques contre Alexandre LÉONTIEFF, poursuivi pour corruption. Le jugement devrait être mis en délibéré au 15 janvier 1999. Transport aérien : Air Tahiti Nui, grâce à son Airbus 340 200 baptisé Bora Bora et arrivé il y a quelques jours, a effectué son premier vol inaugural Tahiti Los Angeles. La compagnie, qui a reçu un certificat dexploitation de la part des autorités françaises depuis un bon moment, va prendre son envol sur deux lignes, est financée par des capitaux polynésiens avec une participation de 13% du gouvernement territorial. Notre ambition , a déclaré le président du gouvernement, M. Gaston FLOSSE, est d'augmenter très rapidement notre flottille pour atteindre un objectif : dépasser les 300.000 visiteurs avant cinq ans (AFP) Samedi 21/11/98 Justice : la cour dappel de Nouméa a confirmé que la SMSP était choisie comme repreneur de la NMC de Kouaoua. Social : après 14 jours de grève, les Nouvelle Calédoniennes sont de retour dans les kiosques avec une édition de 60 pages dont une double page spéciale consacrée aux faits divers des deux dernières semaines. Sport : les 10 kilomètres de la course pédestre de Païta se sont déroulés cet après midi et les recettes de cette manifestation seront versés au Téléthon. Divers : à Moindou se déroule le concours de pêche au bossu doré. Cette manifestation est avant tout une grande fête qui permet de mieux faire connaître le potentiel touristique de la commune dont l'ouverture de la table d'hôte. POLYNÉSIE FRANÇAISE Social : les syndicats SNFORT-FO et CSTP-FO ont décidé après dix jours de grève de reprendre le travail et lever le blocage qui empêchait l'entrée de la station de RFO. Ce résultat a été obtenu grâce aux efforts d'un médiateur, Alain DEBUYSSON, directeur des affaires juridiques de RFO Paris. De son côté, l'intersyndicale CFDT- SNJ et CGT a estimé que le droit au travail du personnel non gréviste avait été bafoué et a demandé à son tour l'ouverture immédiate de négociations. Lundi 23/11/98 Économie : les produits exotiques du territoire ont séduit les professionnels lors du Salon International de lAgro-alimentaire qui se déroulait à Paris : le cerf, la crevette, le squash et la cosmétique. Divers : pour ses 40 ans et durant cette semaine, l'association de la sauvegarde de l'enfance ouvre chaque jour les portes de l'un de ses foyers. WALLIS ET FUTUNA Politique : la semaine dernière a été marquée par les changements survenus au sein de la grande chefferie de Wallis. Le lavelua (roi coutumier) a en effet procédé au remplacement de deux de ses ministres coutumiers. Mika HOATAU succède ainsi à Stefano HANISI pour conduire les actions de la grande chefferie, qui sera notamment impliquée dans la négociation de laccord particulier entre la Nouvelle Calédonie et le territoire induit par laccord de Nouméa. Mardi 24/11/98 Politique : seulement quatre élus étaient présents à l'assemblée de la province Nord qui n'a pas eu lieu, faute de quorum. Social : les employés de Air Calédonie sont en grève. Tous les appareils sont restés au sol et aucun vol n'a été assuré pour les 900 passagers réservés. L'USTKE souhaite l'embauche d'un personnel technique des Îles suite à l'accord intervenu au mois d'août et qui n'est toujours pas appliqué, selon le syndicat. Richard KALOÏ souhaite que du personnel des Loyauté soit embauché puis celles-ci représentent 81 % du chiffre d'affaires. À Ponérihouen, le personnel des ateliers municipaux est à son 9 ème jour de grève suite au licenciement de deux employés, jugés abusif par l'USTKE. Sport : les Calédoniens sont toujours en tête aux 6 jours cyclistes. Mercredi 25/11/98 Politique : le conseil des ministres a adopté deux projets de loi qui déterminent les modalités de mise en oeuvre de l'accord de Nouméa. Le premier, un projet de loi organique, organise la "souveraineté partagée" entre l'État et de nouvelles institutions calédoniennes, dont un gouvernement collégial. Il prévoit notamment d'importants transferts de compétences à compter du 1er janvier 2000, l'État ne conservant à terme que les compétences dites régaliennes. Il définit également la citoyenneté calédonienne, le statut coutumier des mélanésiens et le régime des terres coutumières. Ce texte de 221 articles définit en outre les règles applicables à la consultation sur l'accession du territoire à la pleine souveraineté, consultation prévue à partir de 2014. Le deuxième projet de loi - une loi simple de 23 articles - complète le premier et précise notamment les compétences du Haut commissaire de la République et apporte des précisions en matière électorale et de compétences locales. Le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Daniel Vaillant, a indiqué lors du compte rendu du conseil que le gouvernement souhaitait voir ces textes examinés en première lecture par l'Assemblée Nationale les 22 et 23 décembre, et adoptés définitivement en avril prochain. Social : le conflit continu à Air Calédonie. Pour Olivier RAZAVET, le président du directoire, il a d'abord eu appel à candidature puis audition des différents candidats puis choix par la compagnie. Pour l'USTKE, le fait que la direction ne veuille pas présenter le CV du candidat retenu empêche toute comparaison avec le candidat des Îles souhaité par le syndicat. Les non grévistes ont apporté un service d'assistance aux passagers en maintenant ouverte l'agence du Manhattan. Transport : un problème de maintenance sur la Boeing 737 de la compagnie Air Calédonie International reporte le vol vers Wallis de près d'un jour. Sport : l'adjudant chef Alain THOMAS a débuté les 800 kilomètres à pied des 11 jours de son tour de Calédonie afin que les dons récoltés au cours de son circuit soient versés au Téléthon. Sa première journée l'a amené de Thio à Kouaoua. POLYNÉSIE FRANÇAISE Économie :cest devant la presque totalité des conseillers que Gaston FLOSSE et son ministre des finances, Patrick PEAUCELIER, ont présenté et défendu le budget pour lannée 1999 qui ne présente ni emprunts, ni impôts mais seulement la croissance. Laccent a été mis sur lexcellence des recettes de la TVA et son bon fonctionnement dans un contexte économique très favorable avec une progression du produit intérieur brut de 4.6 % pendant lannée écoulée. Politique : Gaston TONG SANG, président du Syndicat pour la Promotion des Communes de Polynésie Française (SPCPF), a fait un bilan à chaud du Congrès des maires de France. La spécificité des communes de Polynésie Française semble de plus en plus marquée et si les résolutions présentées par les représentants du Territoire ont été nécessairement prises en compte, il nen reste pas moins que certaines questions nont pu être abordées. Éducation : Nicolas SANQUER dresse le bilan de sa mission qui a permis de fixer les modalités du renouvellement de la convention décennale qui lie le Territoire et lÉtat en matière déducation pour les dix années à venir. Au menu également, des négociations ayant trait au second volet du Contrat de développement et la préparation de la rentrée 1999 où lÉtat continuera de participer massivement au budget de léducation du territoire. Jeudi 26/11/98 Audiovisuel : André Michel BESSE a été désigné par le CSA au poste de PDG de RFO. L'actuel directeur de la stratégie industrielle de RFO et des affaires financières a recueilli six des neuf voix des conseillers. Il succédera le 30 novembre à Jean Marie CAVADA. Le nouveau PDG devra poursuivre la mutation de l'entreprise sur fond de réforme de l'audiovisuel public. L'entreprise est dans l'incertitude quant à son rattachement ou non à la future holding regroupant les télévisions publiques alors que Catherine TRAUTMANN s'est pourtant déclarée favorable à l'entrée de RFO dans la nouvelle structure qui pourrait se faire sous forme d'amendement. Avant de quitter l'entreprise après 18 mois de présidence, Jean Marie CAVADA avait dit sa fierté d'avoir renouvelé l'offre de programmes de RFO. Parmi les différentes réalisations, il avait souligné le passage au numérique, le lancement de RFO SAT, le changement d'identité des chaînes régionales de télévision et de radio et le passage de RFO 2 à Tempo, considérée comme une nouvelle chaîne éducative et de découverte. Éducation : les dirigeants de lensemble des établissements catholiques du territoire ont clôturaient les trois jours de réunion durant lesquels ils ont dressé le bilan 1998 et abordé les points de relance pour 1999. Ils nont pas caché leur inquiétude quant au fait que lenseignement privé ne figure pas de manière explicite dans les accords de Nouméa, ni dans la loi organique. Ils se demandent en effet pourquoi lenseignement privé, dont les attributions sont réparties sur lensemble du Territoire, nest pas reconnu comme un service public. Politique : l'adoption du projet de loi organique, est une grande déception pour le FLNKS. Pour Roch WAMYTAN, ce projet devait coller au texte des accords de Nouméa or il se trouve que, sur les questions de la composition du corps électoral, de la citoyenneté et de la protection de l'emploi, ce texte ne va pas assez loin. Il dénature l'esprit des accords et il faut donc le dénoncer puisque tricherie de la part de l'État Français. Social : propositions et contre-propositions se multiplient de part et d'autre mais les avions ne décollent toujours pas. La direction a affrété la compagnie Aviazur afin de rapatrier les touristes bloqués sur les Îles. Vendredi 27/11/98 Enseignement : les résultats des BAC technologiques ont été publiés. Justice : l'ancien comptable de Renault a été condamné à deux ans et demi de prison pour son détournement de 60 millions CFP. Social : les appareils de la compagnie Air Calédonie ont décollé de nouveau vers 10:30 avec quatre rotations supplémentaires dans la journée. La grève a pris fin avec la signature d'un protocole d'accord jeudi soir qui prévoit que l'embauche d'un jeune mélanésien qui recevra une formation à Air Calédonie mais l'embauche de l'autre calédonien est maintenue, a indiqué le président du directoire. La grève a coûté environ 20 millions CFP à la compagnie. Samedi 28/11/98 Armée : la journée des armées a eu lieu au quai Jules FERRY avec des baptêmes de l'air et s'est terminée par un festival de musiques militaires avec la participation des formations des Fidji, du Vanuatu et des Tonga vers 22:00. Économie : le groupe BALLANDE serait sur le point d'acquérir une entreprise vinicole dans l'état du Victoria. L'entreprise australienne a fermé ses portes en 1 997. Grâce à cette acquisition, le groupe calédonien espère produire 45 000 caisses dès la première année dont la moitié à l'exportation et le reste pour le marché local. Politique : la FCCI s'est réunie à la mairie de Poya pour présenter un bilan positif puisqu'il n'y a que cinq communes où le parti doit s'implanter correctement. La stratégie pour 1 999 a également était présentée en prévision des élections provinciales car, bien que indépendantiste, il faille une politique réaliste qui permette à toute la population de participer à la construction du pays. La majorité et lopposition de la province Nord promettent de se retrouver pour voter le budget supplémentaire avant la fin de lannée. Lopposition au président proposera aussi des changements de nom à la tête des commissions. Divers : une grande réunion coutumière a eu lieu à Hnathalo -Lifou- où le conseil de district de Wetch a travaillé sur le conflit qui oppose un clan au reste de la tribu de Mucaweng où six cases et un véhicule avaient été incendiés le 04 octobre dernier. Le grand chef a accepté le retour du clan dissident et a demandé à tous de reconstruire les cases brûlées, ce qui clos l'affaire sur le plan coutumier. Par contre, la justice continue son cours. POLYNÉSIE FRANÇAISE Politique : Henri FLOHR du Hitiaa O Te Ra rejoint la majorité du président Gaston FLOSSE. Dimanche 29/11/98 Politique : le PALIKA, est réuni à la mairie de Koné, estime que les fautes reprochées aux deux agents USTKE de la mairie de Ponérihouen sont indiscutables et qu'il n'y a aucun motif valable de poursuivre la grève. Sport : dès la 90 ème seconde, le ton était donné au stade de Magenta où l'équipe d'Argentières marquait son premier but face à celle de Traput dans le cadre du 7 ème tour de la coupe de France de football. À la fin du match, le club de Lifou était battu par 4 buts à 0. Divers : la Fête du Buf de Païta est annulée car les intempéries ne permettent pas la mise en place des infrastructures nécessaires dont celles du rodéo. Lundi 30/11/98 Écologie : l'escale imprévue de trois baleiniers japonais au port de Nouméa suscite la colère des associations écologistes du territoire. Ces navires, qui se sont vu refuser toute escale en Australie et en Nouvelle Zélande, ont dû interrompre leur mission dans l'Antarctique en raison d'une série de d'incident et le suicide d'un des marins. Politique : le PALIKA estime satisfaisante la décision du tribunal administratif concernant la crise politique que traverse actuellement la province Nord, en donnant raison à la majorité DECA, FLNKS et UNI sur l'interprétation de l'article 16 de la loi référendaire. Pour le parti, ce choix permettra à l'institution provinciale de fonctionner normalement. Le Front National a estimé que les masques commencent à tomber après la déclaration du président du FLNKS accusant la France de ne pas respecter sa parole. La secrétaire nationale aux DOM TOM Huguette FATNA demande dans un communiqué combien de temps le RPCR pourra cacher aux Calédoniens quil a déjà consenti à leur abandon. Quel avenir la Nouvelle Calédonie peut-elle espérer avec de tels dirigeants, conclut-elle. Santé : pour quatre jours, une soixantaine de spécialistes de la région est réunie pour le lancement à la CPS de la conférence régionale sur la télésanté. Il s'agit de l'ensemble des mesures de santé qui s'appliquent à distance tel l'accès à des spécialistes ou a une expertise en matière de lutte contre les épidémies. Cette conférence marquera la mise en commun de deux réseaux de santé opérant dans le Pacifique : le Réseau Océanien de Surveillance de la Santé Publique (ROSSP), présent dans les pays de Mélanésie, Polynésie et Micronésie membres de la Communauté du Pacifique, et le Réseau de santé du Pacifique occidental (Western Pacific Healthnet), appartenant aux États et Territoires américains de Micronésie. Le premier s'est spécialisé depuis sa création, il y a deux ans, dans les problèmes de santé publique et de lutte contre les épidémies, alors que le second est un réseau de télémédecine offrant des consultations spécialisées. La télésanté devient un outil essentiel dans la politique sanitaire des petits pays insulaires dépourvus d'infrastructures médicales ou hospitalières lourdes par manque de moyens. Social : une centaine de parents d'élèves ont occupé symboliquement le GOD de Heinghène car le manque de classes et de matériel pédagogique compromettent la rentrée scolaire 1 999. L'APE demande a être reçu par l'assemblée de la province Nord et par le représentant de l'État dans cette province. POLYNÉSIE FRANÇAISE Audiovisuel : lautorisation démettre de Téléfenua a été annulée au Conseil dÉtat.