ORIGINE ET MECANISME DES CANCERS ET AUTRES MALADIES :

LES DECOUVERTES DU DOCTEUR R. G. HAMER

Conférence par le Dr. M.Henrard / 16 septembre 1994 à Bruxelles

NOTE EXPLICATIVE : Cette conférence avait été entièrement improvisée sur base d’un petit canevas d’une feuille, et sa transcription littérale à partir des cassettes, se révélait illisible. J’y ai donc apporté quelques modifications : améliorer surtout le style pour le rendre plus présentable, supprimer les redites trop fréquentes, compléter plusieurs explications, combler quelques oublis (notamment sous forme de notes entre parenthèses). J’en ai gardé la longueur d’origine (une cinquantaine de pages), d’où l’ajoute d’une une mini table des matières qui permet de retrouver plus vite les grandes divisions, et d’aller directement aux exemples.

Introduction
1ère loi : l’origine des maladies
2ème loi : les deux phases de la maladie
3ème loi : la nature des symptômes dans les deux phases
4ème loi : le rôle des microbes
Conséquences sur le diagnostic et le traitement
Exemples

BROCHURE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Exemples

       J’ai choisi des exemples variés, des cas bénins, des cas graves, en essayant que chacun illustre plus précisément une notion ou un aspect de la méthode.

  1. CANCER DU SEIN

       Dans le premier cas que je vous présente, je ne raconterai pas toute l’histoire car je l’ai choisi pour témoigner de l’urgence qui se présente parfois. C’est une femme d’environ 45 ans, qui vient d’être opérée d’une petite tumeur du sein, d’environ un centimètre. On n’avait enlevé que la tumeur parce qu’on était persuadé, par les examens préparatoires, que cette tumeur était bénigne. Et on l’avait tranquillisée en lui disant qu’il n’y aurait pas de suite. Mais quelques jours après, un coup de téléphone de l’hôpital la fait paniquer : l’analyse microscopique a montré que c’est un cancer. Une ablation, très probablement totale du sein, fut prévue pour la semaine suivante avec évidemment des ganglions axillaires. Ensuite, une radiothérapie et, si l’on trouve des ganglions atteints, une chimiothérapie. Bref : le schéma thérapeutique classique.

       Je la vois quelques jours avant la date prévue pour le début de l’engrenage. Malheureusement, je ne disposais que d’une heure, ce qui était beaucoup trop court pour lui expliquer une approche qu’elle ne connaissait pas, et faire un diagnostic complet : s’agissait-il d’une tumeur de réparation et dans ce cas, après avoir évalué le conflit, allait-elle encore grossir ? Car si la deuxième phase n’était pas terminée, la prolifération allait reprendre. Ou au contraire, était-ce une tumeur contemporaine de la phase conflictuelle et alors, quel était le stade du conflit ? J’ai donc choisi d’essayer seulement de postposer l’intervention, puisqu’il n’y avait d’urgence que dans le choix, mais un choix lourd de conséquences. Je lui ai donné suffisamment d’explications et d’arguments que pour accepter au moins de remettre à plus tard une opération éventuelle, après un diagnostic qui lui permettrait de prendre sa décision plus à " à froid " et avec davantage de lucidité.

       A la fin de la consultation, la patiente était d’accord mais restant perplexe, elle me dit que l’avis de son mari était indispensable. Le lendemain, c’est donc à mon tour de passer un examen, recommençant le même discours devant le couple. Répétition faite, j’étais content de constater que la femme était déjà plus rassurée et confiante. Mais le mari n’ayant quasiment pas dit un mot, je ne pus m’empêcher de lui demander pourquoi il avait tant insisté pour me voir. Il me répondit : " Quand ma femme m’a raconté l’entretien qu’elle a eu avec vous, je voulais savoir si elle avait consulté un médecin ou un fou ! " Prenant la balle au bond, je lui demandai quel était son diagnostic : il était en ma faveur. Vous riez de l’anecdote, mais j’ai voulu la garder pour évoquer une situation très fréquente : la solitude qu’éprouvent beaucoup de patients, quand ils font le choix d’une démarche qui est souvent critiquée par leur entourage … sans parler de l’opinion médicale classique où le terme " critique " est plus qu’un euphémisme.

       Malgré son angoisse persistante des " métastases ", la pression importante de ses proches, et l’avertissement sévère du chirurgien qui lui confirma que l’ablation devait être totale, j’ai pu faire le travail de diagnostic avec cette femme. Ce fut long et difficile, car dans les quelques années précédent la tumeur, elle avait vécu quatre conflits. Un premier fut rapidement écarté, parce que lié à son travail, et que les problématiques du sein sont affectives. Un deuxième également, car il était trop éloigné et ne comportait pas vraiment de choc. Je n’ai pu savoir lequel des deux derniers était à l’origine de la tumeur, mais ce dont j’étais sûr, c’est qu’ils étaient résolus et que, même s’il s’agissait très probablement d’une tumeur de réparation, la deuxième phase touchait à sa fin. Cette certitude était basée sur plusieurs heures d’entretien, et je lui expliquai mes conclusions : on avait enlevé une tumeur qui n’était plus qu’une cicatrice, une séquelle qui ne présentait plus de danger ; ni récidive, ni bien sûr, de métastases à craindre. Et j’ai plaidé pour le " ne rien faire " - ou plus exactement, ne plus rien faire - pour reprendre l’exemple cité au début de cet exposé. L’opération et ses conséquences risquaient de provoquer un conflit de mutilation, de dévalorisation, de peur etc. J’ai quand même dû l’examiner et la rassurer pendant au moins un an. Puis la confiance initiale s’est progressivement transformée en une conviction devant l’évidence des faits. Et pendant les années qui suivirent, elle n’a jamais regretté … d’avoir conservé son sein !

  1. ECZEMAS

       Voici maintenant deux histoires d’eczéma. Je les mets ensemble parce que dans l’une, j’avais toutes les conditions réunies pour faire un bon diagnostic mais je me suis trompé, tandis que dans l’autre, avec un minimum d’informations, le diagnostic fut particulièrement précis. Ce double exemple illustre les difficultés d’une bonne anamnèse, c. à d. l’interrogatoire du patient.

1er cas

       La maman, déjà patiente régulière, m’amène sa petite fille âgée d’une dizaine d’années. L’enfant avait un tout petit eczéma à une aisselle, de la taille d’une pièce de vingt francs. Ici, je vous demande de retenir les dates parce qu’elles sont des clefs importantes pour faire des recoupements corrects. Je vois cette enfant vers la mi-octobre. Avant même que la maman ait parlé, je sais que la petite fille a résolu un conflit de séparation puisque l’eczéma en est la deuxième phase. Commençant toujours par l’histoire médicale des symptômes, je demande à la maman depuis quand sa fille a cet eczéma : au maximum une semaine. Il fallait savoir quel conflit et surtout sa durée car un eczéma, je vous l’ai dit, peut durer une semaine ou cinq ans. C’est la mère que je devrai interroger uniquement, la petite fille toujours souriante, me répondant qu’elle n’avait pas eu de problèmes. Je lui demande : "  Qu’est-ce qui a pu perturber votre fille dans les semaines, à la rigueur dans les mois qui ont précédé, et plutôt dans un domaine affectif ? ". Je pose le plus souvent d’abord des questions assez générales, pour ne pas risquer d’influencer les réponses, et pour que le patient exprime spontanément son conflit : il comprendra d’autant mieux la démarche. Et cela, même si je dois passer, comme c’est le cas ici, par un intermédiaire.

       La maman m’explique assez rapidement l’histoire suivante qui est intéressante. Sa fille a pleuré au début du mois d’octobre, parce l’institutrice qu’elle avait au mois de septembre, et qu’elle adorait, avait été remplacée par un professeur qu’elle n’aimait pas. Je me dis que cela " colle " très bien. Le conflit de séparation avec cette institutrice commence le 1ier octobre et la solution datait déjà d’une semaine. Donc le conflit pour moi, n’avait duré qu’environ une semaine. J’explique mon raisonnement à la maman, et qu’endéans huit jours, on en parlerait plus. Un traitement n’était même pas nécessaire.

       Dix jours après, la maman me téléphone : " Docteur, vous vous rappelez ma fille ? Vous aviez dit que l’eczéma allait disparaître en une semaine. Maintenant, son eczéma est devenu beaucoup plus important, et elle a les deux aisselles couvertes d’eczéma purulent, de la dimension de la paume d’un adulte. " Je réalise immédiatement ma double erreur : d’abord, j’ai mal évalué l’importance du conflit que je croyais unique et ensuite, j’ai raté le deuxième conflit. Celui-ci était également de séparation, mais dans un autre domaine puisqu’il touchait l’autre aisselle. De plus, il était entré en solution après notre premier entretien. Devant l’inquiétude naissante de la mère, les symptômes devenus pénibles de l’enfant, et voulant réparer un travail incomplet, je les revois le jour même.

       Après avoir expliqué les carences de mon diagnostic, je recommence l’interrogatoire de la maman, à la recherche du deuxième conflit. Ici, ce fut plus difficile, et j’ai du insister sur le fait qu’il s’était forcément passé autre chose. Finalement, un peu embarrassée, la maman se rappelle : " A la mi-septembre, elle a pleuré quand nous lui avons dit que nous partions en vacances jusqu’à la fin du mois. Cela nous étonnait, car ce n’était pas la première fois que nous partions sans les enfants, et cela n’a jamais posé de problème." Jamais eu de problème, ça c’était pour les années précédentes, mais les pleurs de l’enfant témoignaient que ces vacances-ci avaient été vécues - peu importe la raison - bien différemment !

       Ce supplément d’informations permettait une " reconstitution " et un diagnostic complets. Un premier conflit de séparation avec les parents, qui a duré une dizaine de jours, se résout en début octobre, avec un premier eczéma dont j’avais sous-estimé l’importance du conflit préalable. L’eczéma que j’avais pris pour la résolution du problème de l’institutrice, était la résolution du conflit de séparation d’avec les parents. Après seulement, est intervenue, ce qui est d’ailleurs plus logique, la résolution du conflit avec l’institutrice, quand la petite fille s’est finalement fait à l’idée de ne plus l’avoir, l’autre eczéma a commencé à se développer. La suite fut aussi cohérente que le diagnostic corrigé : les deux eczémas disparurent l’un après l’autre dans un délai de six semaines, ne laissant aucune trace. Un traitement homéopathique fut ajouté pour soulager l’enfant.

       (note : J’ai parlé d’" erreur " diagnostique dans cet exemple et je voudrais aborder rapidement cette réalité. Dans le maniement des lois biologiques, on peut faire de multiples erreurs. Une des plus conséquentes par exemple, serait de rassurer un patient, en lui parlant de tumeur de réparation qui va s’arrêter, alors que le tissu atteint prolifère en première phase, et surtout si l’on n’a pas compris que son conflit est toujours actif ! Mais la majorité des erreurs sont à relativiser, car elles proviennent d’une collecte insuffisante d’informations, notamment sur l’évaluation du conflit. Or cette collecte est le fruit d’une collaboration et d’une confiance indispensables entre médecin et malade. Rappelez-vous la difficulté d’une implication chez le patient, que j’ai évoquée dans l’introduction : il peut avoir oublié un élément-clef de son vécu, ou le juger trop anodin que pour en parler, ou être gêné de l’exprimer. Quant au médecin, il peut ne pas être assez à l’écoute de toute une série de détails, mais qui peuvent pourtant se révéler essentiels : une hésitation, un silence, une émotion sur le visage, dans la voix ou même le choix d’un mot. C’est l’occasion de citer un des principaux conseils du Dr.Hamer : " Avant d’être médecin, soyez d’abord un détective, et traitez le patient avec tout le respect que vous lui devez, comme s’il s’agissait d’un ami ".)

2ème cas

       Les deux parents viennent avec leur petit garçon, également âgé d’une dizaine d’années. L’eczéma durait depuis dix jours, était fort marqué aux bras et aux jambes, et démangeait beaucoup. Mais ici, l’anamnèse s’annonçait très mal : les quelques questions habituelles, pour savoir ce qui avait perturbé cet enfant, n’eurent pas le moindre effet. Bref : inutile de commencer à parler de lois biologiques, de conflits etc. D’ailleurs les parents, que je voyais pour la première fois, voulaient seulement essayer l’homéopathie. Mais, comme dans le cas précédent, je voulais savoir pendant combien de temps l’enfant souffrirait … et sans pouvoir expliquer aux parents pendant combien de temps, il faudrait " essayer l’homéopathie ". Alors, j’ai essayé par une voie détournée, en posant prudemment deux sortes de questions.

       Prétextant d’abord qu’un eczéma pouvait parfois suivre un état de nervosité, j’ai demandé aux parents s’ils n’avaient pas remarqué ces derniers temps chez l’enfant, une modification inhabituelle de son comportement : à l’école, chez eux, n’importe où ; donc une question très vague, sans plus d’allusion à un problème psychique. C’est le père qui répond : " L’institutrice nous a convoqué, parce qu’il avait des résultats scolaires en nette baisse, alors que d’habitude, cela va très bien ". J’apprends ainsi que cette baisse a duré environ deux mois, pour se terminer par un dernier rapport scolaire normal, et celui-ci remontait à deux à trois semaines. Or l’eczéma avait commencé il y a dix jours ! Je me contente de ce renseignement, puisque je n’ai rien d’autre. Cela témoignait simplement que l’enfant avait été en conflit, mais lequel ?

       Deuxième question, un peu plus " risquée " car elle concernait également les parents : " Est-ce que dans la vie de tous les jours, chez vous, dans votre rythme de vie, dans les événements, est-ce qu’il s’est passé quelque chose de différent récemment ? " C’est la mère qui prend alors la parole : " C’est que j’ai été travailler en intérim . " Et j’apprends ensuite, que cette femme ne travaille pas en dehors de chez elle, qu’elle a du s’absenter le soir, quand l’enfant rentrait de l’école. Vous aurez déjà deviné la dernière question : de quand à quand cet intérim inhabituel? A quelques jours près, la période correspondait aux mauvais résultats scolaires !

       Le conflit de séparation avec la mère ayant duré deux mois, je pouvais jouer au sorcier et au voyant. J’ai prescrit un premier traitement homéopathique de 40 jours, en disant que l’eczéma ne sera peut-être pas tout à fait fini, mais ira beaucoup mieux. Et s’il restait quelque chose, je ferai un deuxième traitement et là, ce sera fini. Après six semaines, les parents me remontrent l’enfant, enchantés du résultat : 80% de l’eczéma avait disparu. J’ai refait un traitement d’un mois, ne demandant à revoir l’enfant que s’il avait à nouveau de l’eczéma, et en précisant que cette affection n’est pas du tout chronique. Je ne l’ai plus revu, et personnellement, je n’étais pas enchanté comme les parents. Je regrettais de ne pas avoir pu leur expliquer pourquoi leur fils avait eu cet eczéma, et de les avoir laisser croire que je l’avais guéri par homéopathie. Chaque consultation est pour moi, l’occasion d’amorcer, ou d’approfondir chez le patient sa connaissance des lois biologiques.

3) CANCER BRONCHIQUE METASTASE AU CERVEAU

       Ce troisième exemple est triste et dramatique. Je l’ai choisi parce qu’il met en évidence un problème auquel je suis souvent confronté, c.-à-d. la découverte fortuite du cancer, et notamment lors d’un dépistage. Et aussi, parce qu’il montre les tragiques méprises, qui naissent de la seule prise en considération des lésions physiques, sans tenir compte de l’histoire du patient, et même souvent, comme dans ce cas-ci, de l’évolution de ces lésions.

       C’est au mois de mai, que cette femme d’une soixantaine d’années vient me consulter. Sa très grande faiblesse, son teint grisâtre et sa perruque me laissaient augurer du genre de diagnostic. Elle m’explique qu’elle a un cancer du poumon métastasé au cerveau, ainsi que son désespoir d’avoir appris qu’on ne lui donnait guère plus de six mois de survie. La découverte datait de janvier et ici, j’ai perdu un peu de temps en lui posant d’emblée toute une série de questions sur son état clinique à l’époque : " Vous toussiez à ce moment-là ? Vous crachiez ? Vous étiez oppressée ? Vous aviez mal ? Vous aviez maigri ? Vous étiez fatiguée ? Vous aviez perdu l’appétit ? " etc. La réponse était chaque fois négative : en fait, cette femme était en pleine forme, menant une vie sportive, mondaine et de loisirs. J’aurais mieux fait de poser d’abord la question : " Comment a-t-on découvert ce cancer ? " Alors, elle me tend la radiographie pulmonaire et le scanner cérébral de janvier. Sur la radio, on voit une importante masse de 3-4 cm de diamètre en plein milieu du lobe inférieur du poumon droit, et sur le scanner, une petite masse blanchâtre d’environ 5-7 mm de diamètre au lobe frontal gauche. Puis elle commence son histoire, qui est assez hallucinante.

       Cela se passait à la fin de l’année précédente. " Je me sentais tellement bien, Docteur, depuis des années, mais bon, vu mon âge, j’avais envie de me faire faire une opération de chirurgie esthétique, un lifting du visage ". Mais un lifting est une opération, donc : prise de sang, électrocardiogramme et radio du thorax, trois examens que je ne conteste nullement car ils sont utiles pour le chirurgien et l’anesthésiste. La prise de sang ? Rien de spécial. L’électrocardiogramme ? On lui a dit qu’elle avait un cœur excellent. Elle continue : " Mais on m’a dit que pour l’opération du lifting, il fallait y renoncer ou le faire plus tard, parce qu’on avait trouvé, hélas, un cancer du poumon à la radio. " Et la machine se met en marche. Qui dit cancer dit bilan de généralisation, c.-à-d. toute une série d’examens pour voir s’il n’y pas de métastases ailleurs. La petite tache au scanner est interprétée comme une métastase, ce qui exclut l’opération de la tumeur bronchique. Et là dessus, on fait comprendre au mari qu’elle en a environ pour six mois, peut-être un peu plus. Elle-même l’apprend assez vite, et se considère comme condamnée. On entame un traitement de chimiothérapie intensive, mais avec peu d’espérance de succès.

       En examinant les documents de janvier, tout en tenant compte des lois biologiques, je comprends la méprise. Sur la radio du poumon, on voit que la tumeur, qui est de toute évidence une tumeur bronchique, est parfaitement circonscrite : la limite entre la tumeur et le reste du tissu pulmonaire, est très bien délimitée. C’est ce que le Dr.Hamer appelle un " vieux coucou " c.-à-d. une lésion complètement terminée et stabilisée, vestige d’un conflit résolu et d’une deuxième phase achevée. Rappelez-vous le schéma de l’atteinte bronchique, que j’avais décrit en exposant la troisième loi, avec ses deux phases : la deuxième provoque un resserrement de la zone du poumon, qui n’est plus aérée, vu la prolifération de la muqueuse bronchique, car celle-ci en arrive à boucher les bronches . En fin de deuxième phase, il ne reste qu’une partie non fonctionnelle du poumon, mais qui est sans importance et ne s’accompagne plus de symptôme. Il faut garder son bon sens : pourquoi s’inquiéter - et à fortiori opérer - une simple séquelle, même si elle à la taille d’une orange, alors qu’on peut vivre avec un seul poumon ?

       La " métastase " au cerveau témoignait tout autant de son ancienneté. Elle ne se voyait que sur les clichés faits après l’injection de contraste, qui fait particulièrement ressortir les proliférations gliales du cerveau. Et aucun œdème n’était visible autour de cette petite masse blanchâtre : preuve d’un foyer cérébral dont la réparation était finie, laissant encore ici, une trace inoffensive. Mais à propos de ce scanner, j’ai commis une erreur de diagnostic. A l’époque, je ne connaissais pas suffisamment bien la carte du cerveau, et je me suis trompé de côté. Je croyais que la tache correspondait à la lésion pulmonaire. Mais le relais des bronches est en position fronto-latérale droite, et sa cicatrice gliale étant au même niveau, mais à gauche, devait se rapporter à une ancienne atteinte de la thyroïde ou du larynx. La patiente m’avait signalé qu’elle avait eu d’autres cancers dans sa vie, mais je ne m’étais occupé que de son cancer pulmonaire. Voilà encore un autre type d’erreur possible : dans la lecture du scanner. Heureusement, elle était sans conséquence, car cela ne changeait rien au fait que la tumeur bronchique et la tumeur au niveau du cerveau étaient de vieilles histoires.

       Elle avait aussi déposé le reste des examens destinés à contrôler l’effet du traitement : trois autres radiographies pulmonaires, faites à un mois d’intervalle, et un deuxième scanner cérébral, effectué en avril. En les comparant attentivement, je constate ce qui était parfaitement prévisible : il n’y avait pas le moindre changement. Grâce à ces documents, je commence à lui fournir les premières explications : pourquoi elle pouvait se sentir en si bonne santé avec un cancer du poumon métastasé au cerveau, pourquoi la chimiothérapie ne pouvait modifier ses " tumeurs " , cette thérapeutique n’agissant que sur les cellules en voie de multiplication, et non sur de quelconques cicatrises, que celles-ci soient atélectasiques , gliales ou autres.

       Je recherche ensuite le conflit, qui pouvait dater de six mois comme de 10 ans. Elle me raconte un gros conflit professionnel, qu’elle a eu il y a quelques années, et qui a duré un peu moins d’un an. Elle l’avait résolu complètement en mettant l’affaire dans les mains d’un avocat. Après, elle a été très fatiguée, mais ne se rappelle plus si elle avait beaucoup toussé ou craché. Elle pense quand même avoir eu peu de symptômes respiratoires, ce que j’attribuerais alors au fait que la tumeur était très périphérique. Le recoupement étant fait entre son conflit et ses lésions, je termine mes explications : on avait découvert par hasard les traces d’un ancien problème, elle n’a aucun cancer évolutif et il n’y a pas de danger. Quant au traitement qui l’affaiblissait beaucoup, je lui répète son inutilité. La patiente, ainsi que son mari qui l’accompagnait, me semblaient avoir très bien compris, et nous prenons congé après ce premier entretien.

       La semaine suivante, elle me téléphone et me confirme qu’elle avait manifestement tout compris et retenu : " Vous vous rappelez, je vous ai consulté la semaine passée longuement. Vous m’avez expliqué qu’il n’y avait rien de grave, que mon cancer c’était une vieille histoire, qu’il était guéri, que ma métastase au cerveau, ce n’était pas une métastase, mais que c’était la cicatrice au cerveau, etc. " Puis elle continue : " Ecoutez Docteur, comme j’aimerais vous croire. Ce que vous dites est rassurant et plein d’espoir, mais je n’y arrive pas ! J’ai vu plusieurs cancérologues avant de vous voir. Je ne vous l’ai pas dit, mais je n’ai pas seulement consulté à la clinique qui me soigne et tous étaient unanimes à dire que j’avais un cancer du poumon métastasé au cerveau, et que je n’en avais plus que pour quelques mois à vivre, et que la seule chose que je pouvais faire pour prolonger ma vie, était la chimiothérapie. Alors, vous comprenez … " Elle a raccroché poliment, tandis que j’éprouvais un sentiment de tristesse et d'impuissance, je ne vous le cache pas. Je n’ai jamais revu cette patiente.

       Je voudrais terminer cet exemple en vous parlant du dépistage. Si vous décidez d’en passer un, n’oubliez pas ce conseil très important : si l’on vous trouve un jour quelque chose, peu importe où, assurez-vous de savoir si c’est évolutif ou non. A quoi cela sert-il d’opérer, de mutiler quelqu’un, qui a fait un conflit cinq ou dix ans avant, et qui en garde les traces dans son corps ? Si l’on devait passer au scanner ou à la résonance magnétique quelqu’un âgé de 50 ou 60 ans, et cela de la racine des cheveux jusqu’au bout des orteils, vous pouvez être sûr, que chez tout le monde, on trouverait une anomalie. A cet âge de la vie, qui n’a pas vécu ne fut-ce qu’un conflit, de quelques semaines ou mois, mais suffisant pour le " marquer " physiquement? Et qui donc, n’abrite pas dans son corps, un polype, un kyste ou autre forme de tumeur, des microcalcifications, des anticorps etc. ? Ces découvertes fortuites peuvent être jugées suspectes, et le patient se trouver plongé dans l’angoisse et les traitements incisifs. J’ai vu trop de vies, paisibles avant le dépistage, basculer dans un cauchemar, comme celui que je viens de vous présenter. Face à de tels " quitte ou double ", les lois biologiques sont précieuses, car l’analyse minutieuse d’un diagnostic complet permettra de prendre une décision en connaissance de cause.

4) LUMBAGO

       La personne dont je vais raconter le cas est dans la salle. Mais la connaissant suffisamment bien et voyant son regard, je pense pouvoir garder ce quatrième exemple. J’essaierai toutefois d’être discret. Cette femme d’une quarantaine d’années, est venue me consulter pour un mal au dos qui durait depuis quelques jours. Après l’habituel examen des symptômes, je l’interroge sur ce qui s’est passé, et elle me parle d’un effort physique qu’elle avait fait lors d’une séance de yoga. Je lui demande alors si elle se moque de moi !

       Pourquoi un tel manque de tact de ma part ? En réalité, je lui avais posé cette question gentiment, comme un clin d’œil, en évoquant un passé très récent. Je l’avais déjà vue il y a quelques mois, pour compléter un diagnostic très alarmant : récidive d’un cancer du rein, qui pourtant avait été enlevé, et avec diverses métastases. A part l’angoisse bien compréhensible, elle se sentait bien et avait refusé la chimiothérapie. Elle venait simplement pour comprendre. Quelques heures de travail mutuel, où la collaboration était excellente, m’avait permis un constat tout à fait rassurant : tous ses conflits étaient résolus. Le seul qu’on aurait encore pu craindre, était un conflit de peur de mourir suite au ressenti du diagnostic. Mais avant moi, elle avait consulté plusieurs fois un psychologue qui était au courant des travaux du Dr. Hamer, et qui l’avait déjà bien aidée. Nos propres entretiens avaient terminé de désamorcer ce que je considère comme une des pires " bombes à retardement " : un diagnostic d’affection très grave. C’est donc en raison de toute l’expérience qu’elle avait acquise, que je m’étais permis la petite question impertinente.

       Je reviens à la charge, en écartant cette histoire d’effort physique. Elle me relate une dispute assez dure avec un de ses enfants. Ne recueillant pas d’autre piste, il me fallait savoir pourquoi un lumbago et évaluer sa durée en fonction du conflit. Le lumbago s’expliquait par son vécu : elle s’était sentie humiliée, diminuée, non reconnue ; le conflit de dévalorisation était évident. Pour déterminer son importance, elle m’apporta tous les éléments. La dispute avait eu lieu une dizaine de jours avant le début de ses douleurs. Le conflit avait été résolu notamment avec l’aide de son mari, qui avait parlé à leur enfant. Et le lendemain, son réveil fut particulièrement pénible ! La consultation prenait fin : je lui annonce un soulagement rapide, elle me fait confiance et décline un traitement, puisque son mal est supportable et qu’il serait fini dans quelques jours …

       Une quinzaine de jours après, c’est son mari qui vient me consulter. Avant de m’occuper de lui, je lui demande comment va Madame. " Elle est mal arrangée, Docteur. Elle ne quitte plus son lit pour le moment. Elle a très mal et ne serait même pas en état de venir vous voir. " Je n’ai rien trouvé d’autre à dire : " C’est que j’ai dû me tromper dans mon diagnostic. Je n’ai pas fait suffisamment le tour du problème. Dites de ma part à votre femme que je suis désolé, et qu’elle peut me téléphoner, et venir me voir dès qu’elle est en état. " Un mois plus tard, elle accompagne son mari à la consultation. Embarrassé, je parle d’abord un peu avec elle, lui disant que j’avais appris par son mari, que le petit lumbago que j’avais prédit, et pour lequel je n’avais pas fait de traitement, avait finalement duré cinq à six semaines, qu’elle avait eu fort mal etc. M’interrompant avec un large sourire, sa réaction m’a complètement scié : " Mais ce n’est pas votre faute, Docteur. Après notre entretien, j’ai encore longuement réfléchi à ce que vous m’aviez dit, conflit de dévalorisation, le dos et tout cela. J’ai retrouvé en fait, que j’avais résolu pas seulement le conflit dont je vous avais parlé, mais qu’en l’espace de deux ou trois jours, j’avais résolu quatre conflits de dévalorisation, dont le plus grand avait duré environ six semaines. " Elle m’expose avec précision les quatre conflits, puis elle ajoute : " Je n’ai pas voulu vous déranger, parce que j’ai compris que j’aurai mal pendant bien plus de temps, et je me suis débrouillée. ". Je l’ai félicitée d’avoir fait le travail à ma place … et je l’aurais embrassée. Des patients comme cela, on n’en voit pas tous les jours.

       (Par après, elle m’a dit qu’elle s’était bien amusée de la façon dont j’avais racontée son histoire. Elle-même en parlait, ainsi que de son cancer généralisé, à des personnes qu’elle essayait d’aider par son témoignage.)

5) DIAGNOSTIC EXPRESS

       Le cas suivant sera très court. Il s’agit seulement d’une esquisse de diagnostic. Je l’ai choisi, parmi de nombreux exemples de cette sorte, pour deux motifs. Les patients posent souvent, lors de leur propre consultation, des questions sur des proches. Et dans cette demande, la conversation est forcément très courte et n’apporte que peu de renseignements. Mais le maniement des lois biologiques permet alors de sélectionner quelques questions essentielles, qui seront suffisantes pour une première compréhension.

       Une patiente me dit à la fin de notre entretien : " C’est quand même bizarre, je n’ai jamais compris comment ma mère est morte deux ans après son cancer du sein, à la suite de métastases pulmonaires, alors qu'elle s'était sentie si bien pendant ces deux ans. " Je rédigeais mes papiers, mais comme il s’agissait de sa mère, et que cette demande de compréhension ne nécessitait que deux questions, j’ai prolongé un peu la consultation. Je lui ai d’abord expliqué qu’il n’y a pas de métastase, et que l’atteinte pulmonaire était due à un nouveau conflit, deux ans après celui qui avait provoqué la tumeur du sein.

       Première question : les médecins avaient-ils parlé d’une métastase unique ou de plusieurs ? Cette première distinction s’appuie sur la 3ème loi : si les lésions étaient multiples, c’était le tissu alvéolaire qui avait été touché, et le conflit était la peur de mourir ; si la " métastase " était unique, et vu son importance puisque la femme en est décédée, c’était une atteinte bronchique, et le conflit était la menace du territoire. Avec cette information, je pouvais chercher plus rapidement le conflit. Réponse : " Ils m’ont dit que tous ses poumons étaient envahis. "

       Deuxième question : dans les semaines ou mois qui ont précédé le diagnostic de métastases, de quoi sa mère avait-elle eu si peur ? La patiente réfléchit un peu et elle dit : " Oui, je vois une chose. Quelques mois avant, mon frère a eu un très grave accident de voiture. Il est resté dans un coma pendant des semaines avant de mourir, et ma mère s’est fait un sang d’encre pour lui. " Je lui explique alors, que ce drame est à l’origine des lésions alvéolaires du poumon, et en précisant que sa mère avait fait un conflit de peur de mourir par association.

       Ce cas m’amène à évoquer une autre caractéristique du conflit : il peut avoir lieu par un processus d’association avec ce que vit une autre personne. Mais bien sûr, cela implique que l’autre à une telle importance pour nous, que nous nous identifions à lui. Par exemple, un parent peut ressentir en lui-même le problème d’échec ou d’humiliation de son enfant, et développer un conflit de dévalorisation. Et ceci indépendamment du vécu propre de l’enfant, qui peut entraîner le même conflit, ou un autre … ou aucun si ce vécu n’a pas été conflictuel.

       (note : Ce genre de " diagnostic express " est évidemment très limité, et n’aboutit tout aussi souvent qu’à émettre des hypothèses, à donner seulement des pistes de recherche en indiquant le type de conflit. Mais il n’est pas à négliger car il permet au patient qui s’interroge sur la maladie des autres, d’élargir encore son champ de vérification des lois biologiques. Il s’ajoute à l’intérêt pédagogique des exemples, que j’utilise souvent lors des entretiens, pour compléter les explications. Les résultats en témoignent, car j’entends de plus en plus des réflexions comme : " Je comprends maintenant pourquoi mon mari a fait cette hépatite, et que moi, je n’ai rien eu. " " Je me disais bien qu’il devait y avoir un lien entre le cancer de mon collègue et l’accusation qui l’a fait mettre à la porte. " " J’ai demandé à ma fille ce qui s’était passé avant sa trachéite. Elle m’a confirmé qu’elle avait très mal vécu tel type de situation. " etc.

6) POLYARTHRITE

       L’exemple suivant démontrera une fois de plus la difficulté et la rigueur nécessaires à une analyse approfondie. Je l’intitulerais : " le chaînon manquant ". C’est une femme d’environ 35 ans, qui est atteinte de polyarthrite : une inflammation touchant plusieurs articulations.

       C’est en juillet que je la vois, et retenez à nouveau les dates. La maladie avait commencé en mars, en plein milieu de vacances, où elle se sentait bien et avec un moral excellent. Après deux mois d’aggravation, et malgré des médicaments antalgiques et anti-inflammatoires, au mois de juin, elle marchait péniblement avec deux cannes, souffrant aussi des membres supérieurs et du dos. Des examens plus poussés aboutirent alors au diagnostic pessimiste de polyarthrite chronique évolutive, et un traitement à fortes doses de cortisone fut prescrit, ce qui l’avait très vite et remarquablement soulagée. Elle venait me consulter six semaines après le début de ce traitement, parce que les doses ayant été fort diminuées, les douleurs avaient tendance à revenir. Après l’histoire des symptômes, j’en viens à celle du conflit. Le but étant comme à chaque fois, de comprendre ensemble, et de savoir combien de temps il faudrait encore la soigner.

       Sans lui dire que la polyarthrite est la deuxième phase d’un conflit d’entrave, ressenti de façon plus ou moins généralisée, je lui pose les habituelles questions sur ce qui l’aurait perturbée avant son affection. Mais il n’y avait rien de spécial, et devant mon insistance, elle m’explique qu’elle se sent fort coincée avec ses enfants : elle ne peut quasiment plus rien faire, c’est difficile de sortir sans tout le temps faire appel au baby-sitter, leur liberté de couple s’est beaucoup restreinte etc. Cela avait commencé avec la naissance de son aîné il y a trois ans, et continuait avec l’arrivée du second deux ans après. Elle me relate donc une situation d’entrave, mais dans laquelle je ne vois rien de conflictuel, ni aucun choc marquant. Pourtant, c’est le domaine qu’elle aborde, et en appuyant sur son sentiment de contrainte. Je me dis qu’il y a peut-être un lien, et qu’il faut d’abord explorer cette seule piste.

       Je lui fait d’abord remarquer que sa situation est celle de beaucoup de mères avec deux jeunes enfants, et que je ne pense pas que cela puisse être à l’origine de sa maladie. Puis je lui demande si, depuis ce changement contraignant de sa vie, il ne s’est pas passé un événement imprévu, où elle s’est sentie nettement plus entravée et coincée. La question était maintenant précise, et en abordant le thème de l’entrave en rapport avec sa pathologie, j’espérais que la porte s’ouvrirait. Elle réfléchit un peu et me dit : " Si, il y a quelque chose qui m’a fort préoccupée pendant au moins six mois. " Et l’histoire devient alors intéressante. " Voilà, à la naissance du deuxième enfant, quand on a fait des tests de la mort subite, on m’a dit que mon enfant avait un test positif et qu’il y avait un risque. On nous a donc remis un monitoring à installer chez nous. " En parlant longuement de ce monitoring et de ses conséquences, il se révéla être l’occasion du " dérapage ". Ce n’était plus du tout une simple " toile de fond ", la restriction bien normale de liberté d’une femme avec des jeunes enfants. C’était devenu un véritable cauchemar, une obsession : l’appareil sonnait souvent sans raison, elle montait et descendait dix fois par jour les escaliers, pour voir comment allait son bébé, y compris les nuits qui étaient sérieusement amputées ; quant aux sorties, elles pouvaient se compter sur les doigts d’une main. Et pendant toute cette période : aucun symptôme au niveau articulaire.

       Nous aurions pu en rester là, les éléments essentiels étant réunis. Le conflit était bien l’entrave. Il avait duré six mois, ayant commencé avec le monitoring et résolu avant le début de ses douleurs. Et comme je la voyais en juillet, la deuxième phase touchait à sa fin, puisqu’elle souffrait depuis cinq mois. Mais je voulais avoir un recoupement plus complet entre symptômes et vécu, en vérifiant également comment le conflit avait été résolu. Et ici, le cas devient encore plus didactique.

       Mais avant de raconter cette solution, je voudrais revenir un moment sur ce conflit d’entrave. Vous pourriez vous demander pourquoi cette femme n’a pas fait un conflit de peur pour son enfant, plutôt qu’un conflit d’entrave, ou au moins les deux. L’explication se trouve dans l’observation des faits, et non dans une interprétation personnelle de ceux-ci ! D’abord, la lecture au niveau du corps est évidente : c’est une polyarthrite qu’elle a développée et pas d’autre pathologie. Ensuite, l’écoute attentive de son ressenti fait clairement ressortir la prédominance d’un sentiment d’entrave. Elle a bien sûr parlé d’inquiétude mais celle-ci fut de courte durée, seulement lors de l’annonce du risque de mort subite. De plus, elle était solutionnée par le monitoring, et il n’y eu pas de restimulation car pendant les six mois pénibles, l’enfant n’a jamais été en danger. Et enfin, le bon sens logique est respecté dans cette analyse : d’une part son inquiétude de mère n’était pas conflictuelle, car elle a fait tout ce qui dépendait d’elle pour aider son enfant ; d’autre part l’absence de troubles chez l’enfant, ne la remettait pas en cause. C’est donc bien le monitoring qui est très vite devenu " ingérable " pour elle.

       Comment le conflit a t-il été résolu ? Deux mois après le premier test fatidique, l’enfant en repasse un autre qui se révèle négatif. Mais on ne le dit pas à la mère. Les médecins estimant qu’il fallait deux tests successifs négatifs, pour que le risque de mort subite n’existe plus, on lui explique qu’il faudra encore faire un examen dans deux mois, et continuer le monitoring. En janvier, le troisième test est négatif, et le pédiatre la rassure complètement : il n’y a plus aucun danger, ils reprennent le monitoring, et elle peut dormir sur ses deux oreilles. Pressentant que le diagnostic allait être plus difficile que prévu, je lui demande son ressenti : " J’ai enfin été soulagée, bien sûr. " A quoi je réponds : " Alors, ça ne va pas ! " Devant sa surprise, je lui justifie mon raisonnement : si le conflit avait été vraiment résolu par cette bonne nouvelle, elle aurait commencé sa polyarthrite dans les jours qui suivent, et non deux mois après, pendant les vacances de mars! Après le retour de clinique, il avait dû encore se passer un problème, qui avait retardé la véritable solution. Elle ne se rappelait pas, mais comme je devais la revoir prochainement pour ajuster les doses de cortisone, je lui proposai de discuter avec son mari pour trouver le " chaînon manquant ".

       La semaine suivante, j’aborde tout de suite le sujet et elle me dit : " Oui, j’ai oublié de vous dire quelque chose la fois passée, et mon mari me l’a rappelé. J’avais tout à fait oublié. " Et elle me rapporte le chaînon : après avoir remis le monitoring à la clinique, dès qu’elle est rentrée chez elle, elle a installé un baby-phone entre la chambre de son bébé et la sienne, qu’elle faisait fonctionner en permanence. On en parle, et elle me confirme qu’elle n’était pas vraiment rassurée en revenant de clinique. Donc en fait, le conflit n’était pas encore résolu, le baby-phone prenant le relais du monitoring. Ultime question : " Quand avez-vous rangé le baby phone? " Nouveau trou de mémoire, et même conseil de ma part.

       La dernière pièce du puzzle sera pour la consultation suivante : " Avant de partir en vacances. " OK. Maintenant, elle pouvait déclencher le nouvel handicap que furent ses 6-7 mois de polyarhrite : elle partait en vacances rassurée … et libérée.

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