
- ECZEMAS
Voici
maintenant deux histoires d’eczéma. Je les mets ensemble parce
que dans l’une, j’avais toutes les conditions réunies pour faire
un bon diagnostic mais je me suis trompé, tandis que dans l’autre,
avec un minimum d’informations, le diagnostic fut particulièrement
précis. Ce double exemple illustre les difficultés d’une
bonne anamnèse, c. à d. l’interrogatoire du patient.
1er
cas
La
maman, déjà patiente régulière, m’amène
sa petite fille âgée d’une dizaine d’années. L’enfant
avait un tout petit eczéma à une aisselle, de la taille
d’une pièce de vingt francs. Ici, je vous demande de retenir
les dates parce qu’elles sont des clefs importantes pour faire des recoupements
corrects. Je vois cette enfant vers la mi-octobre. Avant même
que la maman ait parlé, je sais que la petite fille a résolu
un conflit de séparation puisque l’eczéma en est la deuxième
phase. Commençant toujours par l’histoire médicale des
symptômes, je demande à la maman depuis quand sa fille
a cet eczéma : au maximum une semaine. Il fallait savoir
quel conflit et surtout sa durée car un eczéma, je vous
l’ai dit, peut durer une semaine ou cinq ans. C’est la mère que
je devrai interroger uniquement, la petite fille toujours souriante,
me répondant qu’elle n’avait pas eu de problèmes. Je lui
demande : " Qu’est-ce qui a pu perturber votre
fille dans les semaines, à la rigueur dans les mois qui ont précédé,
et plutôt dans un domaine affectif ? ". Je pose
le plus souvent d’abord des questions assez générales,
pour ne pas risquer d’influencer les réponses, et pour que le
patient exprime spontanément son conflit : il comprendra
d’autant mieux la démarche. Et cela, même si je dois passer,
comme c’est le cas ici, par un intermédiaire.
La
maman m’explique assez rapidement l’histoire suivante qui est intéressante.
Sa fille a pleuré au début du mois d’octobre, parce l’institutrice
qu’elle avait au mois de septembre, et qu’elle adorait, avait été
remplacée par un professeur qu’elle n’aimait pas. Je me dis que
cela " colle " très bien. Le conflit de séparation
avec cette institutrice commence le 1ier octobre et la solution
datait déjà d’une semaine. Donc le conflit pour moi, n’avait
duré qu’environ une semaine. J’explique mon raisonnement à
la maman, et qu’endéans huit jours, on en parlerait plus. Un
traitement n’était même pas nécessaire.
Dix
jours après, la maman me téléphone : " Docteur,
vous vous rappelez ma fille ? Vous aviez dit que l’eczéma
allait disparaître en une semaine. Maintenant, son eczéma
est devenu beaucoup plus important, et elle a les deux aisselles couvertes
d’eczéma purulent, de la dimension de la paume d’un adulte. "
Je réalise immédiatement ma double erreur : d’abord,
j’ai mal évalué l’importance du conflit que je croyais
unique et ensuite, j’ai raté le deuxième conflit. Celui-ci
était également de séparation, mais dans un autre
domaine puisqu’il touchait l’autre aisselle. De plus, il était
entré en solution après notre premier entretien. Devant
l’inquiétude naissante de la mère, les symptômes
devenus pénibles de l’enfant, et voulant réparer un travail
incomplet, je les revois le jour même.
Après
avoir expliqué les carences de mon diagnostic, je recommence
l’interrogatoire de la maman, à la recherche du deuxième
conflit. Ici, ce fut plus difficile, et j’ai du insister sur le fait
qu’il s’était forcément passé autre chose. Finalement,
un peu embarrassée, la maman se rappelle : " A
la mi-septembre, elle a pleuré quand nous lui avons dit que nous
partions en vacances jusqu’à la fin du mois. Cela nous étonnait,
car ce n’était pas la première fois que nous partions
sans les enfants, et cela n’a jamais posé de problème."
Jamais eu de problème, ça c’était pour les années
précédentes, mais les pleurs de l’enfant témoignaient
que ces vacances-ci avaient été vécues - peu importe
la raison - bien différemment !
Ce
supplément d’informations permettait une " reconstitution "
et un diagnostic complets. Un premier conflit de séparation avec
les parents, qui a duré une dizaine de jours, se résout
en début octobre, avec un premier eczéma dont j’avais
sous-estimé l’importance du conflit préalable. L’eczéma
que j’avais pris pour la résolution du problème de l’institutrice,
était la résolution du conflit de séparation d’avec
les parents. Après seulement, est intervenue, ce qui est d’ailleurs
plus logique, la résolution du conflit avec l’institutrice, quand
la petite fille s’est finalement fait à l’idée de ne plus
l’avoir, l’autre eczéma a commencé à se développer.
La suite fut aussi cohérente que le diagnostic corrigé :
les deux eczémas disparurent l’un après l’autre dans un
délai de six semaines, ne laissant aucune trace. Un traitement
homéopathique fut ajouté pour soulager l’enfant.
(note :
J’ai parlé d’" erreur " diagnostique dans
cet exemple et je voudrais aborder rapidement cette réalité.
Dans le maniement des lois biologiques, on peut faire de multiples erreurs.
Une des plus conséquentes par exemple, serait de rassurer un
patient, en lui parlant de tumeur de réparation qui va s’arrêter,
alors que le tissu atteint prolifère en première phase,
et surtout si l’on n’a pas compris que son conflit est toujours actif !
Mais la majorité des erreurs sont à relativiser, car elles
proviennent d’une collecte insuffisante d’informations, notamment sur
l’évaluation du conflit. Or cette collecte est le fruit d’une
collaboration et d’une confiance indispensables entre médecin
et malade. Rappelez-vous la difficulté d’une implication chez
le patient, que j’ai évoquée dans l’introduction :
il peut avoir oublié un élément-clef de son vécu,
ou le juger trop anodin que pour en parler, ou être gêné
de l’exprimer. Quant au médecin, il peut ne pas être assez
à l’écoute de toute une série de détails,
mais qui peuvent pourtant se révéler essentiels :
une hésitation, un silence, une émotion sur le visage,
dans la voix ou même le choix d’un mot. C’est l’occasion de citer
un des principaux conseils du Dr.Hamer : " Avant d’être
médecin, soyez d’abord un détective, et traitez le patient
avec tout le respect que vous lui devez, comme s’il s’agissait d’un
ami ".)

2ème
cas
Les
deux parents viennent avec leur petit garçon, également
âgé d’une dizaine d’années. L’eczéma durait
depuis dix jours, était fort marqué aux bras et aux jambes,
et démangeait beaucoup. Mais ici, l’anamnèse s’annonçait
très mal : les quelques questions habituelles, pour savoir
ce qui avait perturbé cet enfant, n’eurent pas le moindre effet.
Bref : inutile de commencer à parler de lois biologiques,
de conflits etc. D’ailleurs les parents, que je voyais pour la première
fois, voulaient seulement essayer l’homéopathie. Mais, comme
dans le cas précédent, je voulais savoir pendant combien
de temps l’enfant souffrirait … et sans pouvoir expliquer aux parents
pendant combien de temps, il faudrait " essayer l’homéopathie ".
Alors, j’ai essayé par une voie détournée, en posant
prudemment deux sortes de questions.
Prétextant
d’abord qu’un eczéma pouvait parfois suivre un état de
nervosité, j’ai demandé aux parents s’ils n’avaient pas
remarqué ces derniers temps chez l’enfant, une modification inhabituelle
de son comportement : à l’école, chez eux, n’importe où ;
donc une question très vague, sans plus d’allusion à un
problème psychique. C’est le père qui répond :
" L’institutrice nous a convoqué, parce qu’il avait
des résultats scolaires en nette baisse, alors que d’habitude,
cela va très bien ". J’apprends ainsi que cette baisse
a duré environ deux mois, pour se terminer par un dernier rapport
scolaire normal, et celui-ci remontait à deux à trois
semaines. Or l’eczéma avait commencé il y a dix jours !
Je me contente de ce renseignement, puisque je n’ai rien d’autre. Cela
témoignait simplement que l’enfant avait été en
conflit, mais lequel ?
Deuxième
question, un peu plus " risquée " car elle
concernait également les parents : " Est-ce que
dans la vie de tous les jours, chez vous, dans votre rythme de vie,
dans les événements, est-ce qu’il s’est passé quelque
chose de différent récemment ? " C’est
la mère qui prend alors la parole : " C’est que
j’ai été travailler en intérim . "
Et j’apprends ensuite, que cette femme ne travaille pas en dehors de
chez elle, qu’elle a du s’absenter le soir, quand l’enfant rentrait
de l’école. Vous aurez déjà deviné la dernière
question : de quand à quand cet intérim inhabituel?
A quelques jours près, la période correspondait aux mauvais
résultats scolaires !
Le
conflit de séparation avec la mère ayant duré deux
mois, je pouvais jouer au sorcier et au voyant. J’ai prescrit un premier
traitement homéopathique de 40 jours, en disant que l’eczéma
ne sera peut-être pas tout à fait fini, mais ira beaucoup
mieux. Et s’il restait quelque chose, je ferai un deuxième traitement
et là, ce sera fini. Après six semaines, les parents me
remontrent l’enfant, enchantés du résultat : 80% de l’eczéma
avait disparu. J’ai refait un traitement d’un mois, ne demandant à
revoir l’enfant que s’il avait à nouveau de l’eczéma,
et en précisant que cette affection n’est pas du tout chronique.
Je ne l’ai plus revu, et personnellement, je n’étais pas enchanté
comme les parents. Je regrettais de ne pas avoir pu leur expliquer pourquoi
leur fils avait eu cet eczéma, et de les avoir laisser croire
que je l’avais guéri par homéopathie. Chaque consultation
est pour moi, l’occasion d’amorcer, ou d’approfondir chez le patient
sa connaissance des lois biologiques.

3)
CANCER BRONCHIQUE METASTASE AU CERVEAU
Ce
troisième exemple est triste et dramatique. Je l’ai choisi parce
qu’il met en évidence un problème auquel je suis souvent
confronté, c.-à-d. la découverte fortuite du cancer,
et notamment lors d’un dépistage. Et aussi, parce qu’il montre
les tragiques méprises, qui naissent de la seule prise en considération
des lésions physiques, sans tenir compte de l’histoire du patient,
et même souvent, comme dans ce cas-ci, de l’évolution de
ces lésions.
C’est
au mois de mai, que cette femme d’une soixantaine d’années vient
me consulter. Sa très grande faiblesse, son teint grisâtre
et sa perruque me laissaient augurer du genre de diagnostic. Elle m’explique
qu’elle a un cancer du poumon métastasé au cerveau, ainsi
que son désespoir d’avoir appris qu’on ne lui donnait guère
plus de six mois de survie. La découverte datait de janvier et
ici, j’ai perdu un peu de temps en lui posant d’emblée toute
une série de questions sur son état clinique à
l’époque : " Vous toussiez à ce moment-là ?
Vous crachiez ? Vous étiez oppressée ? Vous
aviez mal ? Vous aviez maigri ? Vous étiez fatiguée ?
Vous aviez perdu l’appétit ? " etc. La réponse
était chaque fois négative : en fait, cette femme
était en pleine forme, menant une vie sportive, mondaine et de
loisirs. J’aurais mieux fait de poser d’abord la question : " Comment
a-t-on découvert ce cancer ? " Alors, elle me
tend la radiographie pulmonaire et le scanner cérébral
de janvier. Sur la radio, on voit une importante masse de 3-4 cm de
diamètre en plein milieu du lobe inférieur du poumon droit,
et sur le scanner, une petite masse blanchâtre d’environ 5-7 mm
de diamètre au lobe frontal gauche. Puis elle commence son histoire,
qui est assez hallucinante.
Cela
se passait à la fin de l’année précédente.
" Je me sentais tellement bien, Docteur, depuis des années,
mais bon, vu mon âge, j’avais envie de me faire faire une opération
de chirurgie esthétique, un lifting du visage ". Mais
un lifting est une opération, donc : prise de sang, électrocardiogramme
et radio du thorax, trois examens que je ne conteste nullement car ils
sont utiles pour le chirurgien et l’anesthésiste. La prise de
sang ? Rien de spécial. L’électrocardiogramme ?
On lui a dit qu’elle avait un cœur excellent. Elle continue : " Mais
on m’a dit que pour l’opération du lifting, il fallait y renoncer
ou le faire plus tard, parce qu’on avait trouvé, hélas,
un cancer du poumon à la radio. " Et la machine se
met en marche. Qui dit cancer dit bilan de généralisation,
c.-à-d. toute une série d’examens pour voir s’il n’y pas
de métastases ailleurs. La petite tache au scanner est interprétée
comme une métastase, ce qui exclut l’opération de la tumeur
bronchique. Et là dessus, on fait comprendre au mari qu’elle
en a environ pour six mois, peut-être un peu plus. Elle-même
l’apprend assez vite, et se considère comme condamnée.
On entame un traitement de chimiothérapie intensive, mais avec
peu d’espérance de succès.
En
examinant les documents de janvier, tout en tenant compte des lois biologiques,
je comprends la méprise. Sur la radio du poumon, on voit que
la tumeur, qui est de toute évidence une tumeur bronchique, est
parfaitement circonscrite : la limite entre la tumeur et le reste
du tissu pulmonaire, est très bien délimitée. C’est
ce que le Dr.Hamer appelle un " vieux coucou " c.-à-d.
une lésion complètement terminée et stabilisée,
vestige d’un conflit résolu et d’une deuxième phase achevée.
Rappelez-vous le schéma de l’atteinte bronchique, que j’avais
décrit en exposant la troisième loi, avec ses deux phases :
la deuxième provoque un resserrement de la zone du poumon, qui
n’est plus aérée, vu la prolifération de la muqueuse
bronchique, car celle-ci en arrive à boucher les bronches .
En fin de deuxième phase, il ne reste qu’une partie non fonctionnelle
du poumon, mais qui est sans importance et ne s’accompagne plus de symptôme.
Il faut garder son bon sens : pourquoi s’inquiéter - et
à fortiori opérer - une simple séquelle, même
si elle à la taille d’une orange, alors qu’on peut vivre avec
un seul poumon ?
La
" métastase " au cerveau témoignait
tout autant de son ancienneté. Elle ne se voyait que sur les
clichés faits après l’injection de contraste, qui fait
particulièrement ressortir les proliférations gliales
du cerveau. Et aucun œdème n’était visible autour de cette
petite masse blanchâtre : preuve d’un foyer cérébral
dont la réparation était finie, laissant encore ici, une
trace inoffensive. Mais à propos de ce scanner, j’ai commis une
erreur de diagnostic. A l’époque, je ne connaissais pas suffisamment
bien la carte du cerveau, et je me suis trompé de côté.
Je croyais que la tache correspondait à la lésion pulmonaire.
Mais le relais des bronches est en position fronto-latérale droite,
et sa cicatrice gliale étant au même niveau, mais à
gauche, devait se rapporter à une ancienne atteinte de la thyroïde
ou du larynx. La patiente m’avait signalé qu’elle avait eu d’autres
cancers dans sa vie, mais je ne m’étais occupé que de
son cancer pulmonaire. Voilà encore un autre type d’erreur possible :
dans la lecture du scanner. Heureusement, elle était sans conséquence,
car cela ne changeait rien au fait que la tumeur bronchique et la tumeur
au niveau du cerveau étaient de vieilles histoires.
Elle
avait aussi déposé le reste des examens destinés
à contrôler l’effet du traitement : trois autres radiographies
pulmonaires, faites à un mois d’intervalle, et un deuxième
scanner cérébral, effectué en avril. En les comparant
attentivement, je constate ce qui était parfaitement prévisible :
il n’y avait pas le moindre changement. Grâce à ces documents,
je commence à lui fournir les premières explications :
pourquoi elle pouvait se sentir en si bonne santé avec un cancer
du poumon métastasé au cerveau, pourquoi la chimiothérapie
ne pouvait modifier ses " tumeurs " , cette
thérapeutique n’agissant que sur les cellules en voie de multiplication,
et non sur de quelconques cicatrises, que celles-ci soient atélectasiques
, gliales ou autres.
Je
recherche ensuite le conflit, qui pouvait dater de six mois comme de
10 ans. Elle me raconte un gros conflit professionnel, qu’elle a eu
il y a quelques années, et qui a duré un peu moins d’un
an. Elle l’avait résolu complètement en mettant l’affaire
dans les mains d’un avocat. Après, elle a été très
fatiguée, mais ne se rappelle plus si elle avait beaucoup toussé
ou craché. Elle pense quand même avoir eu peu de symptômes
respiratoires, ce que j’attribuerais alors au fait que la tumeur était
très périphérique. Le recoupement étant
fait entre son conflit et ses lésions, je termine mes explications :
on avait découvert par hasard les traces d’un ancien problème,
elle n’a aucun cancer évolutif et il n’y a pas de danger. Quant
au traitement qui l’affaiblissait beaucoup, je lui répète
son inutilité. La patiente, ainsi que son mari qui l’accompagnait,
me semblaient avoir très bien compris, et nous prenons congé
après ce premier entretien.
La
semaine suivante, elle me téléphone et me confirme qu’elle
avait manifestement tout compris et retenu : " Vous vous
rappelez, je vous ai consulté la semaine passée longuement.
Vous m’avez expliqué qu’il n’y avait rien de grave, que mon cancer
c’était une vieille histoire, qu’il était guéri,
que ma métastase au cerveau, ce n’était pas une métastase,
mais que c’était la cicatrice au cerveau, etc. " Puis
elle continue : " Ecoutez Docteur, comme j’aimerais vous croire.
Ce que vous dites est rassurant et plein d’espoir, mais je n’y arrive
pas ! J’ai vu plusieurs cancérologues avant de vous voir.
Je ne vous l’ai pas dit, mais je n’ai pas seulement consulté
à la clinique qui me soigne et tous étaient unanimes à
dire que j’avais un cancer du poumon métastasé au cerveau,
et que je n’en avais plus que pour quelques mois à vivre, et
que la seule chose que je pouvais faire pour prolonger ma vie, était
la chimiothérapie. Alors, vous comprenez … " Elle a
raccroché poliment, tandis que j’éprouvais un sentiment
de tristesse et d'impuissance, je ne vous le cache pas. Je n’ai jamais
revu cette patiente.
Je
voudrais terminer cet exemple en vous parlant du dépistage.
Si vous décidez d’en passer un, n’oubliez pas ce conseil très
important : si l’on vous trouve un jour quelque chose, peu importe
où, assurez-vous de savoir si c’est évolutif ou non. A
quoi cela sert-il d’opérer, de mutiler quelqu’un, qui a fait
un conflit cinq ou dix ans avant, et qui en garde les traces dans son
corps ? Si l’on devait passer au scanner ou à la résonance
magnétique quelqu’un âgé de 50 ou 60 ans, et cela
de la racine des cheveux jusqu’au bout des orteils, vous pouvez être
sûr, que chez tout le monde, on trouverait une anomalie. A cet
âge de la vie, qui n’a pas vécu ne fut-ce qu’un conflit,
de quelques semaines ou mois, mais suffisant pour le " marquer "
physiquement? Et qui donc, n’abrite pas dans son corps, un polype, un
kyste ou autre forme de tumeur, des microcalcifications, des anticorps
etc. ? Ces découvertes fortuites peuvent être jugées
suspectes, et le patient se trouver plongé dans l’angoisse et
les traitements incisifs. J’ai vu trop de vies, paisibles avant le dépistage,
basculer dans un cauchemar, comme celui que je viens de vous présenter.
Face à de tels " quitte ou double ", les
lois biologiques sont précieuses, car l’analyse minutieuse d’un
diagnostic complet permettra de prendre une décision en connaissance
de cause.

4)
LUMBAGO
La
personne dont je vais raconter le cas est dans la salle. Mais la connaissant
suffisamment bien et voyant son regard, je pense pouvoir garder ce quatrième
exemple. J’essaierai toutefois d’être discret. Cette femme d’une
quarantaine d’années, est venue me consulter pour un mal au dos
qui durait depuis quelques jours. Après l’habituel examen des
symptômes, je l’interroge sur ce qui s’est passé, et elle
me parle d’un effort physique qu’elle avait fait lors d’une séance
de yoga. Je lui demande alors si elle se moque de moi !
Pourquoi
un tel manque de tact de ma part ? En réalité,
je lui avais posé cette question gentiment, comme un clin d’œil,
en évoquant un passé très récent. Je l’avais
déjà vue il y a quelques mois, pour compléter un
diagnostic très alarmant : récidive d’un cancer du rein,
qui pourtant avait été enlevé, et avec diverses
métastases. A part l’angoisse bien compréhensible, elle
se sentait bien et avait refusé la chimiothérapie. Elle
venait simplement pour comprendre. Quelques heures de travail mutuel,
où la collaboration était excellente, m’avait permis un
constat tout à fait rassurant : tous ses conflits étaient
résolus. Le seul qu’on aurait encore pu craindre, était
un conflit de peur de mourir suite au ressenti du diagnostic. Mais avant
moi, elle avait consulté plusieurs fois un psychologue qui était
au courant des travaux du Dr. Hamer, et qui l’avait déjà
bien aidée. Nos propres entretiens avaient terminé de
désamorcer ce que je considère comme une des pires " bombes
à retardement " : un diagnostic d’affection très
grave. C’est donc en raison de toute l’expérience qu’elle avait
acquise, que je m’étais permis la petite question impertinente.
Je
reviens à la charge, en écartant cette histoire d’effort
physique. Elle me relate une dispute assez dure avec un de ses enfants.
Ne recueillant pas d’autre piste, il me fallait savoir pourquoi un lumbago
et évaluer sa durée en fonction du conflit. Le lumbago
s’expliquait par son vécu : elle s’était sentie humiliée,
diminuée, non reconnue ; le conflit de dévalorisation
était évident. Pour déterminer son importance,
elle m’apporta tous les éléments. La dispute avait eu
lieu une dizaine de jours avant le début de ses douleurs. Le
conflit avait été résolu notamment avec l’aide
de son mari, qui avait parlé à leur enfant. Et le lendemain,
son réveil fut particulièrement pénible !
La consultation prenait fin : je lui annonce un soulagement rapide,
elle me fait confiance et décline un traitement, puisque son
mal est supportable et qu’il serait fini dans quelques jours …
Une
quinzaine de jours après, c’est son mari qui vient me consulter.
Avant de m’occuper de lui, je lui demande comment va Madame. " Elle
est mal arrangée, Docteur. Elle ne quitte plus son lit pour le
moment. Elle a très mal et ne serait même pas en état
de venir vous voir. " Je n’ai rien trouvé d’autre à
dire : " C’est que j’ai dû me tromper dans mon diagnostic.
Je n’ai pas fait suffisamment le tour du problème. Dites de ma
part à votre femme que je suis désolé, et qu’elle
peut me téléphoner, et venir me voir dès qu’elle
est en état. " Un mois plus tard, elle accompagne son
mari à la consultation. Embarrassé, je parle d’abord un
peu avec elle, lui disant que j’avais appris par son mari, que le petit
lumbago que j’avais prédit, et pour lequel je n’avais pas fait
de traitement, avait finalement duré cinq à six semaines,
qu’elle avait eu fort mal etc. M’interrompant avec un large sourire,
sa réaction m’a complètement scié : " Mais
ce n’est pas votre faute, Docteur. Après notre entretien, j’ai
encore longuement réfléchi à ce que vous m’aviez
dit, conflit de dévalorisation, le dos et tout cela. J’ai retrouvé
en fait, que j’avais résolu pas seulement le conflit dont je
vous avais parlé, mais qu’en l’espace de deux ou trois jours,
j’avais résolu quatre conflits de dévalorisation, dont
le plus grand avait duré environ six semaines. " Elle
m’expose avec précision les quatre conflits, puis elle ajoute :
" Je n’ai pas voulu vous déranger, parce que j’ai compris
que j’aurai mal pendant bien plus de temps, et je me suis débrouillée. ".
Je l’ai félicitée d’avoir fait le travail à ma
place … et je l’aurais embrassée. Des patients comme cela, on
n’en voit pas tous les jours.
(Par
après, elle m’a dit qu’elle s’était bien amusée
de la façon dont j’avais racontée son histoire. Elle-même
en parlait, ainsi que de son cancer généralisé,
à des personnes qu’elle essayait d’aider par son témoignage.)

5)
DIAGNOSTIC EXPRESS
Le
cas suivant sera très court. Il s’agit seulement d’une esquisse
de diagnostic. Je l’ai choisi, parmi de nombreux exemples de cette sorte,
pour deux motifs. Les patients posent souvent, lors de leur propre consultation,
des questions sur des proches. Et dans cette demande, la conversation
est forcément très courte et n’apporte que peu de renseignements.
Mais le maniement des lois biologiques permet alors de sélectionner
quelques questions essentielles, qui seront suffisantes pour une première
compréhension.
Une
patiente me dit à la fin de notre entretien : " C’est
quand même bizarre, je n’ai jamais compris comment ma mère
est morte deux ans après son cancer du sein, à la suite
de métastases pulmonaires, alors qu'elle s'était sentie
si bien pendant ces deux ans. " Je rédigeais mes papiers,
mais comme il s’agissait de sa mère, et que cette demande de
compréhension ne nécessitait que deux questions, j’ai
prolongé un peu la consultation. Je lui ai d’abord expliqué
qu’il n’y a pas de métastase, et que l’atteinte pulmonaire était
due à un nouveau conflit, deux ans après celui qui avait
provoqué la tumeur du sein.
Première
question : les médecins avaient-ils parlé d’une métastase
unique ou de plusieurs ? Cette première distinction s’appuie
sur la 3ème loi : si les lésions étaient
multiples, c’était le tissu alvéolaire qui avait été
touché, et le conflit était la peur de mourir ; si
la " métastase " était unique, et
vu son importance puisque la femme en est décédée,
c’était une atteinte bronchique, et le conflit était la
menace du territoire. Avec cette information, je pouvais chercher plus
rapidement le conflit. Réponse : " Ils m’ont dit
que tous ses poumons étaient envahis. "
Deuxième
question : dans les semaines ou mois qui ont précédé
le diagnostic de métastases, de quoi sa mère avait-elle
eu si peur ? La patiente réfléchit un peu et elle
dit : " Oui, je vois une chose. Quelques mois avant,
mon frère a eu un très grave accident de voiture. Il est
resté dans un coma pendant des semaines avant de mourir, et ma
mère s’est fait un sang d’encre pour lui. " Je lui
explique alors, que ce drame est à l’origine des lésions
alvéolaires du poumon, et en précisant que sa mère
avait fait un conflit de peur de mourir par association.
Ce
cas m’amène à évoquer une autre caractéristique
du conflit : il peut avoir lieu par un processus d’association
avec ce que vit une autre personne. Mais bien sûr, cela implique
que l’autre à une telle importance pour nous, que nous nous identifions
à lui. Par exemple, un parent peut ressentir en lui-même
le problème d’échec ou d’humiliation de son enfant, et
développer un conflit de dévalorisation. Et ceci indépendamment
du vécu propre de l’enfant, qui peut entraîner le même
conflit, ou un autre … ou aucun si ce vécu n’a pas été
conflictuel.
(note :
Ce genre de " diagnostic express " est évidemment
très limité, et n’aboutit tout aussi souvent qu’à
émettre des hypothèses, à donner seulement des
pistes de recherche en indiquant le type de conflit. Mais il n’est pas
à négliger car il permet au patient qui s’interroge sur
la maladie des autres, d’élargir encore son champ de vérification
des lois biologiques. Il s’ajoute à l’intérêt pédagogique
des exemples, que j’utilise souvent lors des entretiens, pour compléter
les explications. Les résultats en témoignent, car j’entends
de plus en plus des réflexions comme : " Je comprends
maintenant pourquoi mon mari a fait cette hépatite, et que moi,
je n’ai rien eu. " " Je me disais bien qu’il devait
y avoir un lien entre le cancer de mon collègue et l’accusation
qui l’a fait mettre à la porte. " " J’ai
demandé à ma fille ce qui s’était passé
avant sa trachéite. Elle m’a confirmé qu’elle avait très
mal vécu tel type de situation. " etc.

6)
POLYARTHRITE
L’exemple
suivant démontrera une fois de plus la difficulté et la
rigueur nécessaires à une analyse approfondie. Je l’intitulerais :
" le chaînon manquant ". C’est une femme d’environ
35 ans, qui est atteinte de polyarthrite : une inflammation touchant
plusieurs articulations.
C’est
en juillet que je la vois, et retenez à nouveau les dates. La
maladie avait commencé en mars, en plein milieu de vacances,
où elle se sentait bien et avec un moral excellent. Après
deux mois d’aggravation, et malgré des médicaments antalgiques
et anti-inflammatoires, au mois de juin, elle marchait péniblement
avec deux cannes, souffrant aussi des membres supérieurs et du
dos. Des examens plus poussés aboutirent alors au diagnostic
pessimiste de polyarthrite chronique évolutive, et un
traitement à fortes doses de cortisone fut prescrit, ce qui l’avait
très vite et remarquablement soulagée. Elle venait me
consulter six semaines après le début de ce traitement,
parce que les doses ayant été fort diminuées, les
douleurs avaient tendance à revenir. Après l’histoire
des symptômes, j’en viens à celle du conflit. Le but étant
comme à chaque fois, de comprendre ensemble, et de savoir combien
de temps il faudrait encore la soigner.
Sans
lui dire que la polyarthrite est la deuxième phase d’un conflit
d’entrave, ressenti de façon plus ou moins généralisée,
je lui pose les habituelles questions sur ce qui l’aurait perturbée
avant son affection. Mais il n’y avait rien de spécial, et devant
mon insistance, elle m’explique qu’elle se sent fort coincée
avec ses enfants : elle ne peut quasiment plus rien faire, c’est
difficile de sortir sans tout le temps faire appel au baby-sitter, leur
liberté de couple s’est beaucoup restreinte etc. Cela avait commencé
avec la naissance de son aîné il y a trois ans, et continuait
avec l’arrivée du second deux ans après. Elle me relate
donc une situation d’entrave, mais dans laquelle je ne vois rien de
conflictuel, ni aucun choc marquant. Pourtant, c’est le domaine qu’elle
aborde, et en appuyant sur son sentiment de contrainte. Je me dis qu’il
y a peut-être un lien, et qu’il faut d’abord explorer cette seule
piste.
Je
lui fait d’abord remarquer que sa situation est celle de beaucoup de
mères avec deux jeunes enfants, et que je ne pense pas que cela
puisse être à l’origine de sa maladie. Puis je lui demande
si, depuis ce changement contraignant de sa vie, il ne s’est pas passé
un événement imprévu, où elle s’est sentie
nettement plus entravée et coincée. La question était
maintenant précise, et en abordant le thème de l’entrave
en rapport avec sa pathologie, j’espérais que la porte s’ouvrirait.
Elle réfléchit un peu et me dit : " Si,
il y a quelque chose qui m’a fort préoccupée pendant au
moins six mois. " Et l’histoire devient alors intéressante.
" Voilà, à la naissance du deuxième enfant,
quand on a fait des tests de la mort subite, on m’a dit que mon enfant
avait un test positif et qu’il y avait un risque. On nous a donc remis
un monitoring à installer chez nous. " En parlant longuement
de ce monitoring et de ses conséquences, il se révéla
être l’occasion du " dérapage ". Ce
n’était plus du tout une simple " toile de fond ",
la restriction bien normale de liberté d’une femme avec des jeunes
enfants. C’était devenu un véritable cauchemar, une obsession :
l’appareil sonnait souvent sans raison, elle montait et descendait dix
fois par jour les escaliers, pour voir comment allait son bébé,
y compris les nuits qui étaient sérieusement amputées ;
quant aux sorties, elles pouvaient se compter sur les doigts d’une main.
Et pendant toute cette période : aucun symptôme au
niveau articulaire.
Nous
aurions pu en rester là, les éléments essentiels
étant réunis. Le conflit était bien l’entrave.
Il avait duré six mois, ayant commencé avec le monitoring
et résolu avant le début de ses douleurs. Et comme je
la voyais en juillet, la deuxième phase touchait à sa
fin, puisqu’elle souffrait depuis cinq mois. Mais je voulais avoir un
recoupement plus complet entre symptômes et vécu, en vérifiant
également comment le conflit avait été résolu.
Et ici, le cas devient encore plus didactique.
Mais
avant de raconter cette solution, je voudrais revenir un moment sur
ce conflit d’entrave. Vous pourriez vous demander pourquoi cette femme
n’a pas fait un conflit de peur pour son enfant, plutôt qu’un
conflit d’entrave, ou au moins les deux. L’explication se trouve dans
l’observation des faits, et non dans une interprétation personnelle
de ceux-ci ! D’abord, la lecture au niveau du corps est évidente :
c’est une polyarthrite qu’elle a développée et pas d’autre
pathologie. Ensuite, l’écoute attentive de son ressenti fait
clairement ressortir la prédominance d’un sentiment d’entrave.
Elle a bien sûr parlé d’inquiétude mais celle-ci
fut de courte durée, seulement lors de l’annonce du risque de
mort subite. De plus, elle était solutionnée par le monitoring,
et il n’y eu pas de restimulation car pendant les six mois pénibles,
l’enfant n’a jamais été en danger. Et enfin, le bon sens
logique est respecté dans cette analyse : d’une part son
inquiétude de mère n’était pas conflictuelle, car
elle a fait tout ce qui dépendait d’elle pour aider son enfant ;
d’autre part l’absence de troubles chez l’enfant, ne la remettait pas
en cause. C’est donc bien le monitoring qui est très vite devenu
" ingérable " pour elle.
Comment
le conflit a t-il été résolu ? Deux mois après
le premier test fatidique, l’enfant en repasse un autre qui se révèle
négatif. Mais on ne le dit pas à la mère. Les médecins
estimant qu’il fallait deux tests successifs négatifs, pour que
le risque de mort subite n’existe plus, on lui explique qu’il faudra
encore faire un examen dans deux mois, et continuer le monitoring. En
janvier, le troisième test est négatif, et le pédiatre
la rassure complètement : il n’y a plus aucun danger, ils
reprennent le monitoring, et elle peut dormir sur ses deux oreilles.
Pressentant que le diagnostic allait être plus difficile que prévu,
je lui demande son ressenti : " J’ai enfin été
soulagée, bien sûr. " A quoi je réponds :
" Alors, ça ne va pas ! " Devant sa
surprise, je lui justifie mon raisonnement : si le conflit avait
été vraiment résolu par cette bonne nouvelle, elle
aurait commencé sa polyarthrite dans les jours qui suivent, et
non deux mois après, pendant les vacances de mars! Après
le retour de clinique, il avait dû encore se passer un problème,
qui avait retardé la véritable solution. Elle ne se rappelait
pas, mais comme je devais la revoir prochainement pour ajuster les doses
de cortisone, je lui proposai de discuter avec son mari pour trouver
le " chaînon manquant ".
La
semaine suivante, j’aborde tout de suite le sujet et elle me dit :
" Oui, j’ai oublié de vous dire quelque chose la fois
passée, et mon mari me l’a rappelé. J’avais tout à
fait oublié. " Et elle me rapporte le chaînon :
après avoir remis le monitoring à la clinique, dès
qu’elle est rentrée chez elle, elle a installé un baby-phone
entre la chambre de son bébé et la sienne, qu’elle faisait
fonctionner en permanence. On en parle, et elle me confirme qu’elle
n’était pas vraiment rassurée en revenant de clinique. Donc
en fait, le conflit n’était pas encore résolu, le baby-phone
prenant le relais du monitoring. Ultime question : " Quand
avez-vous rangé le baby phone? " Nouveau trou de mémoire,
et même conseil de ma part.
La
dernière pièce du puzzle sera pour la consultation suivante :
" Avant de partir en vacances. " OK. Maintenant,
elle pouvait déclencher le nouvel handicap que furent ses 6-7
mois de polyarhrite : elle partait en vacances rassurée
… et libérée.


