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Si par contre l'expérience douloureusement vécue revêt l'aspect d'un choc psychique qui peut être brutal au point de laisser l'individu dans un état mental durable de ressassement, d'obsession, c'est alors immédiatement le début de ce qu'on peut qualifier, avec tout le côté ambigu et réducteur des mots, de conflit. Pour qu'il y ait véritablement conflit, il faut donc un processus de rupture - un effet de contre-pied, un aspect imparable - ou nous n'avons pu réagir par un comportement habituel pour nous et suffisamment efficace. Le Dr Hamer a donné à ce choc le nom de "DHS", initiales de Dirk Hamer Syndrome, en souvenir de la mort de son fils Dirk et à la suite de laquelle il développa lui-même son cancer. Enfin, le conflit peut être engendré par association ou identification à autrui : peur de mourir d'une mère qui a failli voir son enfant écrasé ; reprise à son compte de la dévalorisation vécue par un proche etc. Le conflit est toujours quelque chose de très personnel et donc d'"impliquant". En d'autres mots il n'intéresse pas les événements que nous interprétons seulement comme des coups du destin mais bien des situations où nous nous sentons directement concernés et plus exactement déchirés. Il peut être apprécié sous divers paramètres : son importance, sa durée et sa "teneur subjective". L'importance et la durée du conflit déterminent l'ampleur des dégâts dans le corps car ceux-ci commencent dès l'instauration du conflit et s'accumulent tant que le conflit n'est pas résolu. C'est toute la différence entre un petit rhume, une bronchite ou une grosse tumeur du poumon. Par teneur subjective, nous entendons la façon personnelle dont le choc est ressenti, ce qui va nous amener à préciser le rôle du cerveau. Le système nerveux comprend le cerveau qui peut être conçu comme le superordinateur gérant l'ensemble du corps et ses multiples terminaux que sont les nerfs. Pour tous les fonctionnements automatiques - c. à d. indépendants de notre volonté consciente - le système nerveux possède deux grands circuits qui sont l'orthosympathique et le parasympathique (encore appelé vagosympathique) et dont le tandem se nomme système neurovégétatif. L'orthosympathique stimule tout ce qui est biologiquement prévu pour nous tenir dans un état d'éveil et de combativité potentielle. Il est donc prédominant pendant notre journée d'activité. Quant au parasympathique, il stimule nos fonctions de repos et de récupération et est donc prédominant dans notre phase de sommeil. La santé implique une optimalité et une alternance harmonieuse de ce rythme tout à fait fondamental à la totalité de notre organisme. Dès le début du conflit, il y a deux conséquences sur le système nerveux. D'abord une rupture de l'équilibre neurovégétatif avec une prédominance orthosympathique qui va déjà entraîner tout un cortège de symptômes : diminution du sommeil, de l'appétit, du poids ; augmentation de la tension artérielle, des sécrétions surrénales, de l'agitation et de la "nervosité" etc. La complexité et l'intensité de ce tableau symptomatique sont bien sûr proportionnels à l'ampleur du conflit : ce peut être un état léger d'insomnie et d'énervement associé même à une "boulimie compensatoire" ; mais un conflit très grave peut amener le patient dans un état d'hébétude en lui faisant perdre une dizaine de kilos en quelques semaines. Cette rupture de l'équilibre nerveux est l'état dit de stress et dont il faut comprendre la nature profonde. Les manifestations peuvent en être très désagréables mais elles ont un sens : c'est l'expression dans notre corps d'un surcroît d'éveil nécessaire à la solution du conflit. Sans le stress, la race humaine n'aurait sans doute pas survécu à ses affrontements dans l'existence. Mais il y a un revers à la médaille, qui est le commencement d'un compte à rebours : le déséquilibre neurovégétatif a ses limites, celles qui correspondent en fait à notre capacité à vivre un conflit. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet important. Parallèlement au déséquilibre neurovégétatif, une aire précise du cerveau est touchée et c'est cette perturbation cérébrale qui, en modifiant les informations émises par le cerveau, va entraîner la maladie dans l'organe dont le bon fonctionnement dépend de ces informations. C'est le ressenti subjectif, la coloration du conflit qui va déterminer l'aire précise au cerveau et donc l'organe malade. Cette coloration se ramène à des émotions fondamentales, au-delà du contenu anecdotique de l'événement : peur, dégoût, rejet, souillure, combat, rivalité, dépossession, dévalorisation etc. On peut déjà dire ici que dans l'interrogation (l’anamnèse dans le jargon médical) du patient, s'il est nécessaire de retrouver l'événement initial qui a déterminé le choc, c'est seulement pour situer dans le temps l'origine du conflit. Il faut ensuite en saisir l'importance, cette coloration, puis l'évolution jusqu'au jour de la consultation. Prenons deux exemples pour bien faire comprendre ce point capital de la première loi biologique. Un individu a dû essuyer une réflexion très vexatoire à laquelle il n'a pu faire face et qu'il va ressasser quelques jours, semaines ou mois. Parmi tous les ressentis possibles, prenons en trois. Cela peut être un sentiment de rejet par l'autre - ce que nous pouvons appeler une forme de conflit de séparation - et dans ce cas la région touchée au cerveau sera la zone du cortex sensoriel qui gère le bon fonctionnement de la couche superficielle de la peau : c'est donc cet organe qui sera malade. Mais l'individu pourrait en quelque sorte reprendre à son compte cette vexation et entamer un processus de dévalorisation de lui-même. La région cérébrale est alors la moelle cérébrale et l'organe malade sera le système osseux. Il pourrait enfin vivre cela comme une chose inacceptable et en faire un conflit de type indigeste avec répercussion sur la zone cérébrale et organique correspondante : atteinte de la gorge, de l'estomac, du colon etc. (suivant les multiples nuances propres à ce genre de conflit). Une femme apprenant son infortune conjugale peut être blessée dans son espoir du foyer et ce conflit du nid touchera la partie latérale du cervelet d'où résultera une atteinte au sein. La blessure peut être une frustration sexuelle et la partie temporale de l'hémisphère cérébral gauche entraînera une lésion du col utérin. Elle peut être ressentie comme une dévalorisation d'elle-même ("Je vaux moins que l'autre puisque mon mari va vers elle") avec répercussion osseuse. Ou encore cette femme, par suite des conséquences sociales et matérielles, peut se sentir plongée dans une situation insupportable dont elle ne peut s'enfuir ; et la maladie, via le cortex cérébral péri-rolandique, sera une sclérose en plaques. La liste complète des éventualités serait bien plus longue. La femme peut n'avoir aucune atteinte organique si d'emblée elle surmonte le choc. Elle peut avoir aussi plusieurs impacts du même choc dont certains plus faibles se marqueront peu tandis que l'un ou l'autre amènera une pathologie lourde qui pourra être étiquetée de cancer. SEULE COMPTE LA COLORATION SUBJECTIVE DU CONFLIT POUR COMPRENDRE L'ATTEINTE CEREBRALE ET ORGANIQUE. Cette loi biologique est la première qu'a énoncée son auteur, en la baptisant de "loi d'airain du cancer". Loi parce qu'il s'agit bien de constatations de rapports nécessaires et constants entre des faits (cf. dictionnaire). Airain par allusion à la solidité de sa vérification jamais mise en défaut... si on l'utilise. Et cancer pour des raisons historiques car c'est par ce type de maladie qu'il a commencé ses recherches. Elle est le pivot de tout le système explicatif : en reliant le vécu psychique et les multiples symptômes du corps, elle fait de la maladie non pas le fruit du hasard et des agressions externes mais une histoire personnelle avec une chronologie et un sens à l'échelle humaine. Cette approche exclut bien sûr les cas où notre organisme a subi une agression externe évidente (traumatismes, intoxications, radiations,..), un vice de fabrication (maladies génétiques) ou une carence nutritionnelle grave. Mais même dans le cas d'une cause manifestement extérieure, elle n'empêche pas de considérer comment l'individu va ressentir cette agression et donc les conséquences propres à ce ressenti. " Une science qui ne se préoccupe que de quantité et se fonde exclusivement sur la prise de mesures est intrinsèquement incapable de traiter de l'expérience, de la qualité et des valeurs". Fritjof Capra ![]() |