LES CHANGEMENTS DANS LE DIAGNOSTIC ET LA THERAPEUTIQUE


La médecine s'exerce concrètement sous ses deux facettes que sont le diagnostic et la thérapeutique et les deux aspects sont reliés : quelles que soient les méthodes employées, on traite une maladie suivant la conception qu'on en a. Et sous cet angle, toute approche médicale est logique et cohérente. Ainsi il est logique de suivre un régime ou de prendre des médicaments pour faire baisser le cholestérol à partir du moment où l'augmentation de cette graisse dans le sang est vue comme un facteur de risque de l'infarctus cardiaque. Il est logique de proposer un traitement complémentaire de chimiothérapie après l'ablation d'un cancer dans la mesure ou celui-ci est considéré comme pouvant essaimer partout dans l'organisme. Il est logique aussi de faire subir au patient des examens de contrôle pendant les années qui suivent cette ablation puisque ne sachant d'où vient ce cancer ni où il en est (Est-il en évolution ? Y a t-il des métastases en route ? ... ), on ne peut que traquer une récidive tout aussi inexpliquée. Il est logique enfin de dépister les séropositifs censés être en danger de mort et surtout vecteurs de mort pour les autres.

Mais ces thérapeutiques apparaissent comme totalement inadaptées dès le moment où les postulats sur lesquels elles s'appuient s'avèrent inexacts. La compréhension des lois biologiques et leur maniement amènent à une toute autre attitude. Le cholestérol est un mécanisme de réparation de fissures vasculaires qui apparaissent en phase conflictuelle et il ne monte qu'en deuxième phase. Un "cancer" est, soit une tumeur en phase conflictuelle et l'essentiel est alors d'aider le patient à résoudre son conflit, soit une tumeur de réparation qui finira d'évoluer s'il n'y a pas de restimulation du conflit. Et on peut savoir avant même d'opérer si le patient récidivera en examinant l'état de son conflit. Enfin dépister un séropositif, c'est surtout risquer de provoquer un Syndrome Iatrogène de Dévalorisation et d'Angoisse.

Le diagnostic classique est comme l'examen de la partie surnageante d'un iceberg : l'examen - essentiellement descriptif - de tous les symptômes apparents mais sans tenir compte de leur origine, de leurs liens dans l'histoire du patient et de la globalité de l'être souffrant. Le changement consisterait à investiguer les trois niveaux de la triade pour bien comprendre toutes les manifestations et voir dans quelle phase de la maladie on se trouve. Précisons ici que dans l'examen du cerveau, le scanner est un élément très utile car les foyers perturbés y sont marqués et avec des images différentes suivant le stade du conflit.

Dans l'établissement du diagnostic plus complet, l'anamnèse est un élément prépondérant mais combien laborieux : dans le cas d'une maladie ancienne, complexe ou grave, il faudra souvent des heures de conversation où la confiance et le respect mutuels sont indispensables. Le médecin ne connaît que les lois et son expérience mais c'est le patient seul qui sait ce qu'il a vécu. Et il ne le dira qu'à son propre rythme et suivant ses propres croyances. Deux exemples parmi tant d'autres : il est bien plus facile de trouver l'origine d'un cancer bronchique que celle d'un rhume car si on n'a pas une demi-douzaine de chocs dramatiques, on peut avoir vécu de multiples petits conflits et quel est celui qui a déclenché le rhume ? Le patient peut avoir expliqué longuement tous ses problèmes mais c'est seulement avant de quitter le cabinet qu'il fera une petite allusion rapide et parfois hésitante à ce qui se révélera l'essentiel : le praticien comprendra-t-il que là où s'exprime l'émotion, là est la piste où il se doit d'être détective avant d'être médecin?

La thérapeutique découle de la compréhension complète du cas, ce qui permet de mieux savoir ce que l'on fait exactement. Notre propos n'est pas de discuter sur la valeur intrinsèque de telle ou telle technique et à priori tous les moyens thérapeutiques sont envisageables. Il s'agit d'abord de savoir dans quelle phase de sa maladie se situe le patient et ensuite de le "traiter" aux trois niveaux psychique, cérébral et organique.

Sur le plan psychique, c'est l'aider à résoudre son conflit si cela n'est pas déjà fait. Et ici, il n'y a pas de "recettes" toutes faites face à la situation psychique unique et personnelle du patient. C'est aussi en tant que simple être humain que le praticien interviendra. Au lieu de technique, on pourrait plutôt parler de relation humaine avec tout ce que cela implique de bon sens, d'explication, d'information, de conseil ou suggestion, de discussion mutuelle pour trouver une solution pratique, de disponibilité etc. Mais dans la scène spontanée de la vie, la plupart des conflits se résolvent et cela par suite de plusieurs facteurs entremêlés : l'individu a trouvé en lui les ressources nécessaires ; il a bénéficié d'une aide dans son entourage ; les circonstances ont changé en sa faveur etc... Et vu l'inconfort plus fréquent en phase d'autoguérison, ce sera plus souvent à ce stade qu'il consultera. L'attitude sera alors de lui faire comprendre, de le rassurer et de l'aider à assumer son nouveau vécu.

Sur le plan cérébral, on veillera aux complications éventuelles dues aux phénomènes de compression du tissu nerveux par suite de l'œdème transitoire dans le foyer qui se répare.

Sur le plan organique, il peut être nécessaire de recourir à divers médicaments ou méthodes pour soulager mais en évitant de trop contrarier des processus réparateurs : c’est par exemple les douleurs, les infections trop importantes ou inopportunes (cf. 4ème loi) et tous les troubles fonctionnels qui présenteraient un risque pour le patient. L’indication opératoire est un choix particulièrement délicat. Les urgences éventuelles ne sont guère à discuter : une tumeur provoquant une occlusion des voies intestinales, aériennes, urinaires etc... ou mettant la vie en danger à court terme, sera bien sûr opérée quelque soit le stade de la maladie complète. Mais la "coutume" d'intervenir endéans les quelques semaines après la découverte d'un "cancer qui peut se généraliser si on attend" est plus que discutable.

Hormis l'urgence vitale, et aussi bien dans les deux phases, l'extirpation chirurgicale est le plus souvent contre-indiquée voire dangereuse par l'affaiblissement organique et les conflits de mutilation qu'elle provoque. Le plus haut risque est après la solution d'un conflit majeur car l'anesthésie générale peut gravement compromettre les capacités de récupération cérébrale (en aggravant l'intense vagotomie, normale dans cette situation). Ce n'est qu'après l'achèvement complet de la guérison qu'une opération, pour des raisons d'esthétique ou de confort, peut être effectuée sans risque.