Chacun connaît
la kyrielle syllabique "J'en ai marre, marabout, bout de
ficelle ... " On peut également jouer sur les lettres en kyrielles
d'initiales et de finales, chaque mot commençant par la lettre qui
termine le mot qui le précède, comme le
montre le sonnet ci-après :
Neige en novembre.
Elle est tombée, étrange, élégante et ténue,
Et toi, immaculée, évite et touche enfin
Nos suaves sportifs, skiant, toujours sanguins.
Soleil léchant, transi, igloo, océan nu.
Univers seuls, sans soif. Faim minable, émaciée
Epi ivoire, épine en nuages sensés
Sans surprise elle écorche et ternit tristement
Tout tardif flocon, noble, éternel, long, glaçant.
Timide elle est très sombre et travestit ton nom,
Mièvre elle est teintée en nectar réséda
Acide elle est triviale, en névés sans saison.
Noël lointain. Non, noir rayon, nous surprendra
Avec cent tons salis. Seule euphorisation,
Nette, enfant tourbillon, neige étincellera
Alain (Neige en novembre)AZ
Festival in folio. Octobre 2000 |
François
Almaleh propose, dans cet esprit, un texte en prose qu'il appelle
"lettres jumelles" :
...
joyeux xylophone épars, sourd, d'un nigaud désuet très sage et
tapageur, répétant tic, chanta annuellement ...
Il se démarque de la contrainte des élisions en
considérant que dans "d'u" le d' n'est pas un mot, pas plus que le "de" dont
il est issu.
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