Cette page est dédiée à Tom et Saïga, mes chiens toujours vivants au fond de mon coeur. Au fond de vos yeux, j'ai vu tant d'amour, je ne peux que m'incliner...

Je vais te raconter mon expérience de végétarien, qui a commencée il y a neuf ans.
Je suis né en Alsace, et tu sais que là-bas, on aime bien la bonne chère, et en particulier la viande. Ma famille et moi suivions la tradition (sur ce plan au moins) ! Pour autant, je me suis toujours senti proche des animaux, en particulier des chiens. Comme ce goût était partagé par mes parents, nous avons eu un premier chien, qu'on a appelé Tom. C'était un cocker spaniel, avec une curieuse tâche blanche sur le museau... Un brave chien, qui a partagé ma solitude d'enfant unique, avec un caractère assez affirmé par moments. Il a mal vieilli, touché par des crises d'épilepsies, et nous avons dû le faire piquer vers l'âge de dix ans. J'ai accompagné mon père chez le vétérinaire. Je n'ai pas réussi à suivre la scène jusqu'au bout. Quand mon père est ressorti, il avait les larmes aux yeux... Après un an de deuil, papa, maman et moi avons tous eu envie d'un autre chien. Et nous avons eu Saïga : toujours un cocker, cette fois-ci noir et blanc (bleu comme disent curieusement les pros). Saïga m'a tout de suite frappé par sa vivacité, son intelligence: elle comprenait tout, semblait lire dans nos pensées par moments, ça en devenait même troublant ... Mais ce qu'elle nous apporté de plus beau et de plus profond, c'est son amour, et là je peux te dire que depuis les 33 ans que je suis sur cette terre, c'est un des plus beaux témoignages que j'aie reçus... Saïga nous a quittés il y a quelques années, devenue aveugle, mais elle vit toujours dans nos coeurs.
Après mes études et mon service militaire, j'ai pu vivre de façon plus indépendante: je me suis installé dans un petit appartement à Strasbourg. Plus prosaïquement, j'ai commencé à faire ma popote, et c'est à ce moment que les idées ont commencé à germer, si je puis dire. D'autant plus que je traversais une période assez turbulente sur plusieurs plans (professionnel, sentimental, spirituel, etc !). Toujours est-il que décidément, je ne voulais pas manger Säiga, et que donc je ne voulais pas manger d'animal. Après cette noble décision, il a fallu affronter les affres de la vie quotidienne: renoncer au cordon-bleu de sa grand'mère, le filet de poisson frit avec de la bonne mayonnaise... Mais enfin, j'étais motivé, et personnellement mon passage de l'état carnivore à végétarien n'a pas été trop dur, et maintenant j'y suis totalement habitué. Non, le plus dur a été la réaction de mon entourage, à commencer celle par mes parents : consternation, est-il devenu fou, ou alors influencé par une secte douteuse, un livre sulfureux, de toutes façons c'est une lubie qui prendra fin d'elle-même, et j'en passe...
Après ces neufs années, je suis resté moi-même, et je pense que mon entourage accepte ma façon de me nourrir, peut-être l'approuve au fond de son coeur, même si les estomacs restent les plus forts jusqu'à présent ! Mais il ne faut pas désespérer, j'ai moi aussi été carnivore... Dans mes relations aux autres sur ce sujet, ma grande difficulté est de trouver un équilibre entre l'affirmation de mes idées, et la tolérance. Chaque être humain a le droit de penser ce qu'il veut. Pour autant, puis-je-tolérer tous ses actes ? Certes non. Je peux condamner un acte, mais en aucun cas une personne dans son intégralité, parce qu'elle est toujours suceptible d'évoluer.