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Voici
une interview de Rumiko Takahashi traduite par mes soins et réalisée
par Animerica, un magazine américain de manga. L'interview
date de 7ans mais il est tellement rare d'entendre Rumiko... Lorsqu'on
la verra à Nulle Part Ailleurs c'est que le monde aura beaucoup
changé ;-);
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ANIMERICA:
Depuis
que Viz a publié Lum il y a de ça 5 ans, de nombreux autres éditeurs
ont fait paraître des traductions anglaises de mangas. Certains se vendent
très bien. Mais savez-vous que c'est votre oeuvre qui bénéficie
de la plus grande popularité?
TAKAHASHI:
Vraiment ? C'est la première fois que j'entends ça.
ANIMERICA:
Akira est un rival sérieux en terme de ventes mais vos fans vous sont
plus fidèles, ils vous suivent quel que soit le titre. Doucement mais
sûrement, vous devenez un nom familier auprès des fans américains
de manga. Que pensez-vous de ça?
TAKAHASHI:
C'est une surprise pour moi.
[...] ANIMERICA:
Une idée sur le pourquoi de cette popularité?
TAKAHASHI:
Aucune. Peut-être si je pouvais comprendre ce que les lecteurs américains
aiment dans mes mangas...
ANIMERICA:
Au Japon votre travail rencontre un franc succès et est suivi par de
nombreux fans. Les fans américains et japonais doivent avoir quelque
chose en commun.
TAKAHASHI:
Parce que j'ai fait souvent fait apparaître des moments de la vie japonaise
dans mes mangas, comme les festivals ou les traditionnelles fêtes de nouvel
an, je me demande parfois si les lecteurs américains comprennent ce qu'ils
lisent [moi aussi ;-)]. Peut-être que ce qu'ils aiment dans ma BD c'est
son côté exotique.
ANIMERICA:
Il y a sûrement des lecteurs qui n'ont aucune connaissance des coutumes
japonaises. Mais d'un autre côté les lecteurs qui s'intéressent
au manga sont souvent également intéressés par d'autre
aspects de la culture japonaise.. Par example, il y aurait probablement beaucoup
de lecteurs qui ne trouveraient rien d'étrange dans une scène
de dîner dans laquelle chacun est assis sur un tatami dans une maison
japonaise traditionnelle. Pensez-vous que le gros des lecteurs qui ne sont pas
si familiers avec le mode de vie japonais, peuvent être effrayés
par les trop nombreuses références culturelles?
TAKAHASHI:
Un jour quand je dessinais "Maison Ikkoku" un journaliste américain
m'a posé une question à ce propos. Comme vous le savez, j'ai pensé
Maison Ikkoku comme une histoire d'amour qui prend place dans le monde de tous
les jours. Je suis toujours curieuse de savoir ce qui attire les lecteurs non-japonais
dans mon travail alors j'ai demandé son opinion à ce journaliste.
Il me répondit que les américains sympathisaient avec les émotions
décrites dans mes mangas. Par example ce sentiment quand vous tombez
amoureux et que vous voulez l'exprimer...ce sentiment est toujours le même
quel que soit le pays dont vous venez. J'ai réfléchi à
ça un petit bout de temps et finalement je me suis dit que c'était
assez vrai.
ANIMERICA:
Maison Ikkoku apparait comme une histoire invraisemblable pour un américain.
Il y a des choses difficiles à comprendre pour lui. Cependant, c'est
également vrai que l'original japonais [qui n'était pas traduit
en anglais à l'époque ndt] à déja ses fans ici malgré
l'obstacle linguistique. En tant qu'éditeur, Viz [gros éditeur
américain qui a traduit de nombreux mangas, notamment ceux de Rumiko
Takahashi.ndt] est constamment à la recherche de BDs qui pourraient avoir
du succès aux Etats-Unis. Ce qui plait dans vos mangas, je dirais que
c'est l'attrait de vos personnages, l'histoire, votre talent de dessinatrice...
probablement une combinaison des trois.
TAKAHASHI:
A propos du dessin je précise que la partie de Lum publiée aux
Etats-Unis est ancienne, très différente de ce que je dessine
aujourd'hui.
ANIMERICA:
Il y a des fans qui parlent de l'évolution de votre style. Parce que
vos récentes histoires bénéficient d'un meilleur dessin,
ils préféreraient les voir publiées plutôt que les
anciennes. Mais chez Viz on pense que c'est important d'inclure la première
histoire où Lum apparait, c'est pourquoi on a commencé du début.
Les fans qui pensent ainsi possèdent les mangas originaux de toute façon.
TAKAHASHI:
Mais comment les ont-ils eu ?
ANIMERICA:
Il est facile de se procurer les BDS aux nombreux centres culturels japonais
à travers le pays. [...]
Etonnament, Lum semble aussi populaire au Japon qu'aux Etas-Unis. Vous postuliez
dans une interview précédente que ce qui attirait les fans américains
pouvaient être le côté exotique d'une fille venue de l'Orient.
Avez-vous changé d'opinion?
TAKAHASHI:
Eh bien , voyons. Le concept d' "oni" existe-t-il aux Etats-Unis?
ANIMERICA:
Je ne pense pas. Le "devil" est un concept proche de l' "oni"
mais c'est un concept très associé avec la notion d'occulte. L'
"oni" est plus proche du monstre mythologique. [très bonne
analyse ndt].